Plate-forme du RHI-SRI

(English version follows)

1. Introduction

Le projet de construction d’un Secours Rouge International s’est constitué à l’automne 2000. Cette plate-forme a été reformulée en avril 2016, sur base de la plate-forme adoptée en décembre 2000 et sur base de quinze années d’expérience de construction d’un organisme international de solidarité de classe

2. Objectifs

Alors que la répression bourgeoise approfondit et étend son offensive en prenant une dimension toujours plus transnationale, l’organisation de la solidarité de classe par dessus les frontières devient un impératif vital. Le Secours Rouge International comprend la solidarité de classe face à la répression comme une partie de la lutte révolutionnaire.

Son activité vise à :

  • Augmenter les capacités de résistance à la répression des mouvements de lutte, et cela par l’analyse des évolutions et progrès (techniques, légaux, organisationnels) de la répression et des moyens d’y résister.
  • Soutenir les militants révolutionnaires ainsi que les combattants des luttes de libération nationale emprisonnés, les travailleurs, chômeurs, étudiants, jeunes et femmes des masses populaires, réprimés pour leur activité anticapitaliste, antifasciste et anti-impérialiste (grève, manifestation, etc.). Ce soutien peut revêtir différentes formes (politique, économique, juridique, aide aux proches des prisonniers) mais garde toujours une dimension et une déterminante politiques.
  • Reconnaître les détenu.e.s révolutionnaires en tant que patrimoine précieux de la lutte de classe et de l’expérience de la révolution prolétarienne, en tant que présence vivante dans l’actuelle redéfinition du camp révolutionnaire, en tant que présence forte dans la recherche d’une nouvelle avancée révolutionnaire.
  • Ils/elles sont l’expression des tentatives les plus avancées qui se soient développées dans certains pays impérialistes, en particulier là où a été affrontée avec courage la question de la violence révolutionnaire, aspect indissociable de tout processus révolutionnaire pour abattre le pouvoir de la bourgeoisie impérialiste.

Leurs conditions de détention et l’acharnement répressif sur eux/elles sont la partie la plus visible de l’ensemble de la politique répressive qui frappe toute la classe ouvrière. D’où la nécessité d’unifier les différents sujets de cette répression politique de classe.

Sont considéré/es comme prisonnièr.e.s politiques toutes et tous les militant.e.s révolutionnaires détenu.e.s pour leurs activités politiques et politico-militaires, ainsi que tous les ouvriers, paysans, chômeurs, étudiants, jeunes et femmes des masses populaires et autres, persécutés et emprisonnés dans le cadre de la lutte anticapitaliste, antifasciste et anti-impérialiste. Là où il y a oppression, il y a résistance. A la résistance des opprimé.e.s s’oppose la répression de la bourgeoisie, quels que soient ses représentants politiques à la direction de leurs régimes, fascistes, réactionnaires ou soit disant démocratiques.

Le SRI soutient les combattant.e.s détenu.e.s à cause des luttes anticapitalistes, de libération nationale, lorsqu’elle est une étape sur le chemin vers le socialisme, sur la base du critère de l’affaiblissement et du renforcement du mouvement ouvrier dans son ensemble. Le SRI exclut de son travail de soutien tous les prisonnièr.e.s luttant pour des causes réactionnaires, obscurantistes et antipopulaires comme le chauvinisme, la religion ou le racisme.

Le SRI affirme que la solidarité envers les prisonniers doit être le lieu où les divergences politiques, idéologiques et organisationnelles doivent être les moins influentes. Le devoir d’unité autour des prisonnièr.e.s et face à la répression bourgeoise amène le SRI a, par avance, rejeter l’éventualité d’une prise de position dans un conflit interne au mouvement révolutionnaire que ce soit au sein d’une organisation ou entre deux organisations.

Le Secours Rouge International défend l’identité politique des prisonniers révolutionnaires, travaille à faire connaître la réalité des révolutionnaires prisonniers aux masses en lutte, exige la libération des prisonniers malades, soutient les revendications et les luttes des camarades prisonniers, dénonce toutes les formes d’isolements, toutes les formes de torture, les longues peines, les mesures dites “de sécurité”, les restrictions à la libération conditionnelle, les lois d’exception, la double peine, les expulsions et les extraditions.

Le processus de construction d’un SRI ne peut donc se faire que si les projets politiques différents peuvent coopérer loyalement à l’application stricte de la plate-forme, du cadre de travail du SRI. L’activité du Secours Rouge International n’est pas de nature humanitaire ni caritative, elle est politique. Elle n’est pas neutre, elle fait partie du grand mouvement anticapitaliste, anti-impérialiste, antifasciste, qui vise à renverser l’exploitation et l’oppression.

Cela signifie forcément que les forces constitutives du SRI ont chacune leur projet politique et stratégique de lutte anti-capitaliste. Et il est logique que ces forces considèrent le SRI comme un élément d’une stratégie globale révolutionnaire. Cette « instrumentalisation » du SRI est légitime pour autant:

  • qu’il y ait un strict respect de la plate-forme du SRI.
  • que le SRI ne soit pas impliqué dans des luttes de lignes, ou transformé en champ de bataille pour les luttes de lignes.

Les groupes constituant le Secours Rouge International sont différents :

  • parce qu’ils ont une nature différente: certains sont liés à des organisations et ont donc une identité politique bien définie, d’autres réunissent des membres ayant des identités politiques différentes;
  • parce qu’ils ont des identités politiques différentes;
  • parce qu’ils ont des réalités militantes différentes: certains groupes sont très importants en effectifs, d’autres sont très réduits, certains sont anciens, d’autres récents, etc.
  • parce qu’ils proviennent de différents pays et de différentes histoires, et qu’ils ont donc une « culture politique » particulière.
  • parce qu’ils ont des réalités subjectives particulières, parce qu’ils sont dans des réalités objectives particulières, parce que les développement des uns et des autres sont inégaux.
  • C’est pour cela qu’au fil des années, au fil des conférences, des méthodes de travail, de discussion, de gestion des divergences ont été mises au point. Ces méthodes sont devenues partie intégrantes du processus de construction du SRI. Ne sont admis dans ce processus de construction que les forces qui approuvent, assimilent et pratiquent ces méthodes.

Le SRI ne remet aucunement en cause l’importance fondamentale des luttes de lignes pour le mouvement révolutionnaire. La situation du mouvement révolutionnaire dans la période actuelle, le nombre de questions stratégiques, tactiques, etc. restant à résoudre appellent nécessairement ce genre de débats et de luttes. Mais ceux-ci doivent servir de moteur à la lutte révolutionnaire et non de frein à la solidarité.

L’unité autour des questions des méthodes est une chose qui se découvre dans la pratique commune. Outre un accord sur les principes, l’établissement de relation de travail est un préalable à tout rapprochement d’une force avec le SRI. L’espace privilégié de ces relations de travail est la participation aux campagnes thématiques, internationales et ponctuelles, qu’engage le SRI (parfois à l’appel d’un de ses membres, parfois à l’appel d’une force extérieure, parfois de l’initiative de son secrétariat international). La manière dont les groupes contribuent (en fonction de leurs forces) aux campagnes internationales de solidarité s’est révélé un bon critère d’évaluation.

Le SRI s’inscrit dans la tradition d’une des plus belles expériences du mouvement communiste international : le Secours Rouge International qui existait dans la période des luttes prolétariennes et antifascistes dans les années 20 et 30, ainsi que de ses tentatives de reconstruction dans les années 70. Il ne s’agit pas de reproduire cette expériences, tant les conditions ont changé, mais d’en tirer des leçons et en assumer l’héritage et le lier à une perspective.

 

RHI-SRI.ORG

Source: https://rhisri.secoursrouge.org/fr/about-us/

 

************************************************

(English version)

About Us
Published on April 28, 2016

About Us

The project to build an International Red Help began in autumn 2000. This platform was reworded in April 2016 on the base of the platform that was adopted in December 2000 and on the base of 15 years of experience in building an international organization for class solidarity.

As the bourgeoise repression deepens and spreads its offensive by making itself even more transnational, the organisation of class solidarity accross the borders becomes a vital necessity. The International Red Help includes the class solidarity against repression as a part of the revolutionary struggle.

Its activity aims to:

  • raise the capacities of resistance of the struggle movements against repression through the analysis of the evolution and progress (technical, legal, organizational) of repression and of the means of resistance.
  • support the revolutionary militants as much as the inprisoned fighters of the national liberation struggles, workers, unemployed, students, young people and women among the popular masses, repressed for their anticapitalist, antifascist and anti-imperialist activities (strikes, demonstrations, etc.) This support may take different forms (political, economical, legal, support to relatives of the prisoners) but always keeps political dimension and definition.
  • recognize revolutionary militants and inprisoned fighters of the national liberation struggles as a valuable patrimony of the class struggle and of the experience of the proletarian revolution. As a living presence of the current redefinition of the revolutionary camp. As a strong presence in the search of new revolutionary progress.

They are the expression of the most advanced attempts that have developed in some imperialist countries, especialy where the question of the revolutionary violence has been bravely faced as an inseparable aspect of the revolutionary process to tear down the power of the imperialist bourgeoisie.

Their prison conditions and the repressive fury against them are the most visible part of the whole repressive politics that target the whole workers class. Hence the necessity to unite the different subjects of this political class repression.

Are considered as political prisoners: all revolutionary militants jailed because of their political and politico-military activities, all the workers, farmers, unemployed, students, young people and women of the popular masses and others, persecuted and inprisoned in the frame of the anticapitalist, antifascist and anti-imperialist struggles. Where there is oppression, there is resistance. To the resistance of the oppressed, the bourgeoisie opposes its repression, whatever the direction of their regimes: fascist, reactionary or so-called democratic.

The IRH supports the fighters that are inprisoned because of the anticapitalist struggle and of the national liberation struggle when it is a step on the path to socialism, on the basis of the criteria of the weakening and the strengthening of the workers movement as a whole. The IRH excludes of its supports all prisoners that are struggling for reactionary, obscurantist and antipopular causes, such as chauvinism, religion or racism.

The IRH affirms that solidarity towards prisoners must be the common place where political, ideological and organizational divergences must be the least influential. The duty of unity around the prisoners against repression brings the IRH to -in advance- reject the possibility of a stance in an internal conflict inside the revolutionary movement, wheter inside an organization or between two organizations.

The International Red Help defends the political identity of the revolutionary prisoners, works at making their reality known by the struggling masses, demands the release of sick prisoners, supports their claims and their struggles, denounces all forms of isolation, all forms of torture, the long terms, the so-called “safety” measures, the restrictions to conditional liberation, the exception laws, the double penalty, the deportations and the extraditions.

The building process of an IRH can only exist if the different political projects are loyally cooperating to strictly apply the platform and the framework of the IRH. The International Red Help activity is neither humanitarian aid nor charity, it is political. It is not neutral, it is part of the great anticapitalist, anti-imperialist and antifascist movement aiming to overthrow exploitation and oppression.

It obviously means that the constituent forces have their own political projects and strategies in the anticapitalist struggle. And it is logical that these forces are considering the IRH as an element in a global revolutionary strategy. This “instrumentation” of the IRH is legitimate as long as:

  • there is a strict respect of the IRH platform.
  • the IRH is not involved in line struggles or transformed into a battlefield to serve line struggles.

The constituent forces of the IRH are different:

  • because their natures are different: some are linked to organizations and therefore have well-defined political identities, others gather members with various political identities.
  • because their political identities are different.
  • because their militant realities are different: some groups are very important in terms of numbers, others are small, some are old, others are new, etc.
  • because they come from different countries and have different histories, therefore have a specific “political culture”.
  • because they have specific subjective realities, because they are in specific objective realities, because their developpements are unequal.

That’s why, over the years and the conferences, work and discussion methods as well as management strategies of divergences have been developed. These methods have become an integral part of the building process of the IRH. Only are allowed in this process the forces that approve, assimitale and apply these methods.

The IRH is not questionning the fundamental importance of the line struggles in the revolutionary movement. The current situation of the revolutionary movement and the number of unresolved strategic and tactival questions are necessarly calling this kind of debates and struggles. But they should drive the revolutionary struggle and not brake the solidarity.

The unity around the questions of methods is to be discovered through common practice. Besides an agreement on the principles, the establishing of a work relationship is an essential condition to any approach of a force to the IRH. The privileged space of these work relationships is the participation to the thematic, international and punctual campaigns, engaged by the IRH (sometimes by the call of one of its member, sometimes by the call of its international secretariat). The way the groups take part (according to their means) to the international solidarity campaigns has proved to be a good evaluation criterion.

The IRH is a part of the tradition of one of the most beautiful experiences of the international communist movement: the International Red Help as it existed in the 1920s and 1930s, as much as the attempts to rebuild it in the 1970s. It is not a matter of reproducing this experience, as conditions have changed, but to learn the lessons and to assume the heritage and to link it to a perspective.

 

Source: https://rhisri.secoursrouge.org/en/about-us/

Publicités