Lettre de prison de Cesare Battisti

Publié le 13 février 2019 par le PCF

 

Bonjour Gérard, Comme c’est bon d’écouter la voix de cette inoubliable France qui fait chaud au cœur (excuse le mauvais français, j’ai un peu oublié depuis !). Je suis heureux de l’initiative des vieux camarades polardeux, il n’y a pas de mot pour vous remercier tous.

Je trouve précieuse cette aide à caractère international, sans compter que ma petite famille est toujours parisienne. Vous pourriez peut-être élargir votre pétition à des auteurs italiens en passant par le camarade Valerio Evangelisti de Bologne ou aussi la faire arriver au Brésil en l’envoyant au mail suivant, à l’attention de Magno de Carvalho : sintusp@sintusp.org.br.

Je dois vous expliquer un peu ce qui s’est passé après que Fux, le ministre de la Cour suprême fédérale, s’est honteusement vendu au fasciste Bolsonaro, autorisant ainsi mon extradition. Étant avisé de cette possibilité par avance, j’ai pris contact avec le gouvernement bolivien avant de passer la frontière vers ce pays. Là j’ai été accueilli par du personnel de la chancellerie et logé dans un local appartenant au gouvernement, en attendant que ma demande de refuge (d’asile ? GS) soit discutée par le CONARE (Comité national des réfugiés).

Quatre semaines ont passé pendant lesquelles, aujourd’hui c’est une évidence, l’Italie et le Brésil faisaient pression sur le gouvernement bolivien en agitant surtout la question économique et ses conséquences sur le pays. Bref, samedi 13 (12 ? GS), j’ai été enlevé manu militari, me privant ainsi d’être jugé régulièrement par un procès d’extradition selon les lois boliviennes (procès que j’aurais gagné puisque en prescription depuis 15 ans). On m’a amené de pure force à l’embarquement.

Et voilà où les bandits du gouvernement d’extrême droite italien exécutent leur sale jeu : il y avait sur la piste un avion brésilien qui aurait dû me transporter jusqu’à Brasilia et, de là, m’embarquer dans un avion italien pour Rome. J’étais en train de monter dans l’avion brésilien lorsqu’un contre-ordre nous a fait faire demi-tour.

Et voici que commence une discussion animée entre les autorités des trois pays en question. Finalement c’est l’Italie qui gagne le tour et on m’embarque dans leur propre avion dans un vol sans escale jusqu’à Rome. Pourquoi ? Simple : les salauds ont évité le Brésil pour ne pas appliquer l’accord d’extradition brésilien qui interdit la perpète et oblige l’Italie à la concession de remise de peine. Résultat : un enlèvement pur et proprement criminel pour m’infliger en toute illégalité une peine cruelle exclue par le traité d’extradition.

Je ne sais pas si j’ai été clair. C’était pour vous donner quelques éléments en plus. Bien sûr les avocats sont en train de faire tomber les effets de cette action mercenaire mais, comme vous le savez, toute aide dans le sens de l’info est de vitale importance.

Je vous embrasse.

Cesare

PS : Avez-vous des nouvelles de Fred Vargas ?

 

Source: http://www.pcf.fr/lettre_de_prison_de_cesare_battisti

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Déclaration Georges Abdallah – 2 février 2019

 

Cher«e»s Camarades, Cher«e»s ami«e»s,
Vous savoir tenir ce meeting aujourd’hui même, me remplit de force et me réchauffe le cœur aussi. Certainement c’est grâce à l’effort déployé tout au long de ces années passées et à travers les multiples initiatives que vous avez su développer dans la diversité de l’expression solidaire sur le terrain de la lutte anticapitaliste et anti-impérialiste que l’on arrive aujourd’hui à faire bouger quelque peu les lignes.

D’une manière générale Camarades, c’est toujours en fonction de cette mobilisation solidaire sur le terrain de la lutte en cours que se construit et s’affirme le rapport de force dont on a besoin pour arracher les camarades aux griffes de leurs geôliers.

Bien entendu c’est d’une importance capitale de savoir – et surtout de pouvoir – inscrire la démarche solidaire dans la dynamique globale des luttes en cours aussi bien ici qu’ailleurs dans la région de l’autre bord de la Méditerranée.

Sans se bercer de douces illusions Camarades, quant à ma situation, il y a encore « beaucoup » à faire pour favoriser une issue favorable. Comme vous savez, il ne suffit pas que l’État du Liban « exige » ou plutôt « demande » ma libération, il faut encore que le rapport de force réellement existant puisse faire comprendre aux représentants de l’impérialisme français que mon incarcération commence à peser réellement plus lourd que les possibles menaces inhérentes à ma libération. C’est seulement dans ce cas que l’ordre de mon expulsion vers le Liban ne trouvera plus alors d’opposition.

C’est pourquoi, chers Camarades, la solidarité la plus appropriée que l’on peut apporter à tout protagoniste révolutionnaire incarcéré, c’est de la développer toujours plus sur le terrain de la lutte contre le système d’exploitation et de la domination.

Chers Camarades, la cause palestinienne traverse un moment très difficile. La principale composante de la bourgeoisie arabe, en particulier celle de l’Arabie et celle du Golfe, s’est rangée sans fard dans le camp de l’ennemi sioniste sous la direction de l’impérialisme. Les masses populaires palestiniennes payent au quotidien un lourd tribut de sang et de privation de tout genre. La Résistance globale la plus résolue est plus que jamais incarnée dans ces milliers de Résistants qui font face à leurs geôliers dans des conditions particulièrement difficiles. Il y a lieu de s’attendre à ce que les sionistes fassent tout ce qu’ils peuvent pour détruire cette citadelle de la révolution. Certainement il est de notre devoir de faire le nécessaire pour être aux côtés de nos Camarades, et chacun dans le rôle qui lui revient, faire le nécessaire pour les libérer.

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur de la Palestine et de sa prometteuse Résistance !

La solidarité, toute la solidarité avec les Résistants dans les geôles sionistes, et dans les cellules d’isolement au Maroc, en Turquie, en Grèce et aux Philippines et ailleurs de par le monde !

La solidarité toute la solidarité  avec les militants révolutionnaires du Yémen !

La solidarité toute la solidarité avec les jeunes prolétaires des quartiers populaires !

La solidarité toute la solidarité avec les prolétaires en lutte !

Honneur aux Martyrs et aux masses populaires en lutte !

À bas l’impérialisme et ses chiens de garde sionistes et autres réactionnaires arabes !

Le capitalisme n’est plus que barbarie, honneur à tous ceux et celles qui s’y opposent dans la diversité de leurs expressions !

Ensemble Camarades, et ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons !

À vous tous Camarades et ami«e»s mes plus chaleureuses salutations révolutionnaires.

Votre camarade Georges Abdallah

 

Source: http://liberonsgeorges.samizdat.net/g/declaration-georges-abdallah-2-fevrier-2019/

Salutations du Secours Rouge International à tous les prisonniers et prisonnières politiques en lutte!

À Zurich, les membres du Secours Rouge International ont assisté à la conférence de travail annuelle. Des groupes venus de Belgique, Allemagne, Italie, Turquie/Kurdistan et Suisse ont participé.

Un point important de la conférence a été le débat sur la solidarité avec le projet révolutionnaire au Rojava. Un échange a eu lieu au sujet du rôle, du caractère et de l’interaction entre le travail de solidarité local et la solidarité internationale. Les expériences concrètes des dernières années dans le contexte de la campagne unitaire “Solidarité révolutionnaire avec le Rojava” ont été évaluées. Avec les pansements hémostatiques Celox nous apportons un soutien pratique aux internationalistes combattant.e.s et aux camarades qui défendent la révolution du Rojava au péril de leur vie. Vu le rôle central des femmes qui ont pris les armes au Moyen-Orient et s’organisent en unités de femmes pour combattre sur les lignes de front pour la révolution et contre la barbarie, n’oublions pas notre campagne dirigée par des femmes “Solidarité révolutionnaire avec les combattantes du Rojava, de Raqqa, Shengal et Afrin”. Au vu de la situation militaire changeante, la question se pose de savoir comment la solidarité révolutionnaire internationale peut réagir.

Nous saluons tout.e.s ceux et celles qui combattent pour la révolution du Rojava.

Nous saluons également les internationalistes espagnols qui ont combattu au Rojava dans l’esprit de la tradition d’internationalisme prolétarien et de l’histoire des Brigades Internationales, et qui ont été traînés aux bancs de la justice de classe à leur retour. Nous sommes solidaires avec eux et nous condamnons l’attaque de l’État espagnol envers la solidarité révolutionnaire internationale.

Pour nous révolutionnaires, il ne s’agit pas seulement de solidarité avec nos frères et sœurs au Rojava, mais également de combattre pour la révolution et contre la réaction, ici dans la métropole. C’est pourquoi le Secours Rouge International s’est mobilisé à l’occasion de la visite d’Erdogan à Berlin et y a envoyé une délégation.

Car la solidarité ne devrait pas être vécue uniquement à travers les moments collectifs dans les rues, nous saluons les prisonniers du G20.

Nous envoyons également nos salutations aux prisons grecques, où Nikos Maziotis et Pola Roupa de Lutte Révolutionnaire se préparent à une nouvelle confrontation avec l’État bourgeois face à la justice de classe.

Nous saluons également la camarade Nadia Lioce des BR-PCC, qui défend son identité politique et lutte contre un régime d’isolement et de torture extrêmement dur, le 41bis. Le 28 septembre, plusieurs camarades se sont déplacé.e.s à l’Aquilla pour montrer leur solidarité avec les militant.e.s.

Eux, elles et d’autres prisonnièr.e.s politiques en lutte sont d’une importance particulière pour le mouvement révolutionnaire puisqu’ils et elles refusent de capituler et marquent ainsi une ligne de fracture claire avec l’État bourgeois. Ils dirigent la confrontation politique avec le système de justice de classe et représentent donc un point de référence positif et progressiste.

Nous continuons donc à saluer le camarade Georges Ibrahim Abdallah qui a récemment entamé sa 35e année dans les prisons françaises. Lui, qui a lutté par les armes contre l’impérialisme, pour une Palestine libre et pour la révolution, continue aujourd’hui à tenir haut le drapeau rouge, tant que les murs épais de la prison ne l’empêchent pas d’intervenir et de faire partie de nos luttes.

Défendons les prisonnièr.e.s révolutionnaires et leurs projets politiques. Transformons notre solidarité internationale en arme. Nous saluons tou.te.s les prisonnièr.e.s politiques en lutte avec une chaleur révolutionnaire et internationaliste.

Abattons le capitalisme
Construisons la solidarité internationale de classe.

Secours Rouge International
Zürich, 11 novembre 2018

 

Source:  http://www.rhi-sri.org

Résolution pour défendre les prisonniers politiques révolutionnaires et prisonniers de guerre et tous ceux qui ont disparu à cause de la réaction IIIème Réunion des partis et organisations marxistes-léninistes-maoïstes en Europe

Nous, les Partis et les organisations participant à la IIIème Réunion des partis et organisations marxistes-léninistes-maoïstes prenons fermement position en faveur des prisonniers politiques révolutionnaires et des prisonniers de guerre du monde entier et nous leur adressons nos salutations les plus chaleureuses. En défendant notre position de classe, leur détermination à ne pas succomber à la trahison et leur attitude indéfectible dans les luttes qui les ont menés à la merci de l’ennemi sont une véritable inspiration pour les révolutionnaires du monde entier.

Ceux qui combattent l’impérialisme aux côtés des exploités et des opprimés deviennent nécessairement des cibles de persécution pour les forces contre-révolutionnaires. Par tous les moyens possibles, la réaction tente de soumettre toutes les formes de lutte révolutionnaire. À travers l’emprisonnement, les disparitions forcées, la torture, les menaces ou le déni des droits fondamentaux, la réaction s’efforce de briser ou de tuer les révolutionnaires et de les enfermer dans ses prisons.

Dans le monde entier, nous pouvons voir des exemples de camarades qui mettent en danger leur liberté et leur santé pour lutter contre l’exploitation et l’oppression. En Norvège comme en France, nous voyons comment de jeunes antifascistes sont poursuivis et persécutés pour leur lutte sans relâche contre le fascisme. Aux États-Unis, les révolutionnaires qui émergent sont couverts de nombreuses accusations, car l’État espère les décourager d’aller de l’avant. Au Mexique, de fausses accusations motivées par des raisons politiques sont inventées pour enfermer les dirigeants et les militants populaires qui ont consacré leur vie au service des populations, comme le Dr Ernesto Sernas García, disparaissant sans laisser de trace, par la pratique commune des disparitions forcées. Dans la célèbre affaire des 23 au Brésil, l’État s’efforce, avec des accusations fabriquées de toutes pièces, de faire un exemple de 23 jeunes manifestants, activistes et révolutionnaires accusés au nom de toute la jeunesse rebelle et combative face aux difficultés imposées aux Brésiliens pour le service de l’impérialisme. En défendant les camarades révolutionnaires attaqués par la réaction, nous voulons également exprimer notre dégoût envers tous ceux qui utilisent la “solidarité”, en particulier avec les 23, pour semer la confusion dans le Mouvement communiste international et le Mouvement populaire afin de masquer leur propre capitulation. Le gouvernement turc, réputé pour ses massacres de révolutionnaires emprisonnés, en collaboration avec l’État allemand, va jusqu’à traquer et persécuter des militants démocrates et révolutionnaires même à l’étranger, comme l’a encore montré l’emprisonnement des dix révolutionnaires de 2015. Aux Philippines, l’ancien État pourri utilise la loi martiale pour détenir et tuer illégalement des activistes des droits démocratiques et des dirigeants révolutionnaires du peuple Lumad. Le cas du professeur indien GN Saibaba est synonyme des crimes commis par la réaction sur tous ceux qui sont emprisonnés dans des cellules pour leur travail démocratique dans cette prison des peuples. Des militants communistes comme le camarade Ajith sont traqués et, si laissés en vie, enfermés par un système judiciaire cynique, où une fois que chaque peine a été purgée, de nouveaux chefs d’accusations sont immédiatement assénés sur les personnes libérées afin de les empêcher à jamais de quitter la prison, jusqu’à ce que les maladies accumulées de force les condamnent à mourir dans un lit d’hôpital gardé par l’armée.

Et bien que l’État, avec toutes ses forces, essaie de faire plier ces camarades et de passer un marché avec ces révolutionnaires, ils restent fermes pour leurs convictions et ne succombent pas face à des accords avec ces institutions. L’exemple le plus frappant de cette position héroïque est celui de la base navale de Callao, où le président Gonzalo, dirigeant du Parti communiste du Pérou, est actuellement emprisonné depuis plus de 20 ans sans rompre, mais en persistant dans l’isolation à transformer sa cellule de haute sécurité sous terre en le plus éclatant front de combat.

La lutte à l’extérieur et à l’intérieur des prisons face à la réaction n’est pas vaine, mais se manifeste et se répercute au cœur de nos luttes. Nous estimons qu’il est de notre devoir de maintenir leurs sacrifices, de nous battre pour leur libération et de protéger leurs vies en défendant, en popularisant et en participant à leurs justes luttes, afin qu’ils puissent être accueillis dès que possible dans les bras de leurs familles, amis et camarades et puissent rejoindre à nouveau les rangs de la révolution.

Novembre 2018

Signataires:
Parti communiste maoïste
Tjen Folket – Ligue Communiste, Norvège
Collectif Drapeau Rouge, Finlande
Comités pour la fondation du parti communiste (maoïste), Autriche
Comité Drapeau Rouge – RFA
Parti communiste de Turquie / marxiste-léniniste
Mouvement Populaire Pérou (Comité de réorganisation)

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!

 

 

Source: http://www.pcmaoiste.org/communique/resolutions-de-la-iiieme-rencontre-des-partis-et-organisations-marxistes-leninistes-maoistes-deurope/

EN FINIR AVEC UNE RÈGLE ANTIDÉMOCRATIQUE Gilets Jaunes. D’où vient l’obligation de déclarer les manifestations ?

Le mouvement des Gilets Jaunes est en train de remettre en cause une tradition antidémocratique en France : l’obligation de déclarer les manifestations en préfecture. Il est temps de reprendre notre droit inconditionnel de manifester.

 

 

L’une des « polémiques » autour du mouvement Gilets Jaunes ces derniers jours c’est la manifestation à Paris ce 24 novembre. Alors que les Gilets Jaunes prétendent manifester près de la zone du palais de l’Élysée, le ministère de l’Intérieur déclare que ce ne sera en aucun cas possible. Finalement on leur aura proposé de manifester sur le Champs de Mars. Or, les représentants du mouvement refusent d’accepter cette imposition.

« Nous ne manifesterons pas au Champ-de-Mars parce que le lieu nous a été imposé (…) Il ne s’agit pas de créer des blocages ou des actions inattendus. Il s’agit juste de prendre notre droit de manifester comme nous l’entendons. Ce n’est plus au gouvernement de décider où est ce que nous allons manifester puisque le gouvernement est déjà incapable de répondre à nos premières préoccupations. Nous allons arpenter la ville de Paris là où notre cœur nous emmènera au fil de la Seine, des centres commerciaux… », déclarait l’une des représentantes du mouvement sur BFM.

En effet, depuis le début ce mouvement se caractérise par une grande spontanéité, avec divers et nombreux points de mobilisation, des actions imprévues… Le tout évidemment sans aucune « autorisation » d’une quelconque autorité, comme habituellement cela se fait. Et ce caractère insolent est complètement revendiqué par les manifestants ; pour eux « cela va de soi » de manifester où et quand on veut.

Il s’agit d’un aspect qui délégitime en quelque sorte l’autorité du gouvernement mais aussi de l’État. Mais d’où vient cette « tradition » antidémocratique de devoir demander l’autorisation pour manifester ?

De l’agitation sociale des années 1930 au besoin de limiter l’activité des travailleurs

Pour trouver l’origine de cette obligation de déclarer les manifestations au préalable à la préfecture de police, il faut remonter à la grande agitation et polarisation sociale des années 1930.

En effet, en France la crise économique mondiale, commencée en 1929, ne fait sentir ses effets que deux ans plus tard. Les faillites d’entreprises suivent aux faillites des banques, le chômage explose en même temps que l’on impose des rythmes de travail infernaux au reste des salariés pour faire augmenter la productivité. Le secteur industriel et le commerce extérieur s’effondrent. Sur le plan politique, cette dégradation économique a aussi des répercussions. Le régime parlementaire de la III République est en pleine crise : entre 1932 et 1934 se produisent cinq changements ministériels.

La polarisation sociale est aussi une autre caractéristique de l’époque. Dans un premier temps, ce n’est pas du côté des syndicats et des partis ouvriers, le Parti Communiste (PCF) et la SFIO (social-démocratie, ancêtre du PS), qui vient la pression sur le gouvernement. C’est plutôt du côté de la réaction fascisante que part l’offensive.

En effet, encouragés par la victoire d’Hitler en Allemagne et la stabilisation des régimes fascistes au Portugal et en Italie, le 6 février 1934 des groupes d’extrême-droite français, profitant d’un scandale de corruption qui éclate au grand jour impliquant des membres des « partis traditionnels », organisent une manifestation qui devient une émeute anti-gouvernementale. Résultat : le gouvernement démissionne.

Dans ce cadre de mobilisation massive de la contre-révolution incarnée par des groupes, des militants et des dirigeants ouvertement fascistes (mêlés à des monarchistes et à des secteurs ultra conservateurs notamment de la bourgeoisie comme les cimentiers Lafarge, Louis Renault ou Eugène Schueller, fondateur de L’Oréal, ou son gendre André Bettencourt), il y aura une réponse du mouvement ouvrier : plusieurs grèves, manifestations massives et meetings de rue ont lieu très rapidement. La pression des bases est tellement forte qu’elles imposent l’unité dans les rues de la SFIO et du PCF, jusque là fortement divisés.

Des manifestations massives ont lieu le 12 février 1934 et le 14 juillet 1935, des énormes rassemblements aussi. Les campagnes électorales pour les élections municipales de 1935 et les législatives de 1936 sont marquées par d’immenses cortèges, meetings, rassemblements populaires et ouvriers. C’est dans ce contexte que le gouvernement décide par un décret d’octobre 1935 d’imposer la déclaration préalable des manifestants. Sous le prétexte de préserver l’ordre public, il cherchait en réalité à contrôler et limiter le mouvement ouvrier en pleine ébullition.

Cependant, malgré ces décrets antidémocratiques, le gouvernement sera incapable d’éviter la vague formidable de grèves de juin-juillet 1936, des millions d’ouvriers et d’ouvrières en grève, mobilisés, occupant des usines, dans le mouvement de grève le plus important de la France jusqu’à cette époque ; un mouvement gréviste qui a ébranlé l’Etat français, réussissant à arracher des concessions très importantes au patronat, même s’il aurait pu aller bien plus loin si les différentes bureaucraties syndicales, du PCF et de la SFIO ne l’avaient bloqué.

Reprendre notre droit inconditionnel de manifester

L’ensemble des gouvernements qui ont suivi depuis cette époque, de droite comme de « gauche », n’ont jamais remis en cause ce dispositif complètement antidémocratique. Et les directions syndicales s’y sont bien adaptées. Combien de militants ou simples manifestants ont été condamnés sous prétexte de participer à une « manifestation non-autorisée » ?

Il est inacceptable de normaliser le fait que les exploités et les opprimés doivent demander l’autorisation à leur « bourreaux » pour exprimer leur mécontentement. Avec le mouvement des Gilets Jaunes qui prend de plus en plus la forme d’une révolte contre l’ensemble des injustices sociales, avec la force et l’insolence des masses qui se réveillent à la politique, peut-être assistera-t-on à la remise en cause totale de cette « tradition » réactionnaire.

Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? C’est de l’exemple des grèves de juin 1936 qu’il faut s’inspirer, de Mai 68, et aller plus loin ! On assiste aujourd’hui en France à une situation qui pose de loin des bases pour une grève générale qui impose une défaite cinglante au gouvernement Macron-Philippe et au patronat. Les organisations du mouvement ouvrier devraient urgemment travailler en ce sens.

 

Source: https://www.revolutionpermanente.fr/Gilets-Jaunes-D-ou-vient-l-obligation-de-declarer-les-manifestations?fbclid=IwAR1bUbm1wJPpqCymMb5pybEs-_IQcAvDvYoRGU5MT9dzMYGNH1n0lKAw9jI

Resist China efforts to impose imperialist power on the Philippines

 

The November 20-21 visit of China President Xi Jinping form part of the overall effort of China to impose its dominance in the Philippines. Like the US imperialists, China conceals its imperialist aims with such ideals as “enhancing dialogue” and “all-round cooperation.” In fact, China is pushing its imperialist weight and imposing its power on the country.

As an imperialist power, China considers the Philippines as strategically important under its geo-political design and overall economic aims. China aims to weaken US hegemonic control of the Philippines amid rising inter-imperialist trade wars, saber-rattling and preparations for war.

China accelerates economic colonialism of Philippines

China seeks to overwhelm the Philippine economy with its excess capital, make it dependent on Chinese loans and grants, impose neoliberal economic policies, plunder and exploit the country’s labor and natural resources, control the key aspects of the economy, and lock the Philippines in a perennial state of exporting cheap and low value-added raw and semi-processed goods and importing capital goods and consumer commodities.

Having been at the center of the imperialist global value chain, China has long become the top destination of Philippine exports of raw materials and semi-manufactures and has become the primary source of the country’s imports.

Over the past two years, China has moved more quickly to further strengthen its economic presence in the country. Its official development assistance has shot up to $63.5 million last year from $1.5 million in 2016. Foreign direct investments from China grew at a faster rate reaching $1.043 billion in the first two years under Duterte, close to 85% of its total FDI over six years under the previous Aquino regime ($1.231 billion) and more than that ($825 million) under Arroyo’s nine-year reign.

China seeks to accelerate its economic domination of the Philippines by investing in large infrastructure projects in order to mobilize its idle capital and provide a market for its surplus steel and cement. It has enticed Duterte with promises to spend $15 billion in dams, roads, bridges, sea ports and railway projects and provide loans of up to $9 billion in the next few years.

These promises of fund infusion, however, remain largely unfulfilled. But bureaucrat capitalists are drooling over the potential kickbacks to be pocketed in the form of so-called “discoverer’s fees”. The big bourgeois compradors and Duterte dummy capitalists eagerly await the partnership with Chinese corporations to make large profits in state-guaranteed projects.

China’s military bases in the Spratlys

China’s pledge of economic investments were made after Duterte submitted to China’s claims of sovereignty over the Spratly islands and other formations in the South China Sea which are within the Philippine’s exclusive economic zone and extended continental shelf. Duterte threw out the ruling of the International Tribunal on the Law of the Seas which recognized Philippine sovereignty over these islands and did not let out any whimper of protest amid China’s frenzied land reclamation which destroyed the rich eco-system to pave the way for the construction of military bases in the area.

Xi Jinping’s statement to make the South China Sea a “sea of peace, friendship and cooperation” is utterly hypocritical after having already trampled on Philippine territorial sovereignty and planted its boots on Philippine soil. China now operates a 10,000-foot runway, docks, radar stations and other facilities in the Spratlys to serve as forward base for its growing fleet of naval and air forces and as a military outpost against US military presence and threats to encircle the China mainland.

Sell-out to China

In exchange for a few billion dollars of promised aid and loans, Duterte is set on selling-out vast Philippine resources in the South China Sea through the planned “joint exploration” of the Recto Bank and other areas which will give China access to what it estimates to be a $60 trillion worth of oil reserves, gas, rare earth and other minerals.

The contract for this is being kept under wraps fearing legal counter-action by oppositors as the 1987 constitution provides that such undertakings is within the exclusive right of the State. Duterte insists that “cooperation” with China will lead to “co-ownership.” For its part, China has declared that any such undertaking in the South China Sea should be presupposed on recognition of Chinese sovereignty over these areas.

This planned “joint exploration” is similar to the anomalous and unequal 2005 Joint Marine Seismic Undertaking (JMSU) agreement between the PNOC, the China National Offshore Oil Company and the Vietnam Oil and Gas Corp. which covered more than 140,000 square kilometers in the Recto Bank and South China Sea. The Arroyo regime signed the JMSU in exchange for Chinese funding for the Northrail project, the NBN-ZTE Broadband deal and other promised loans and investments. The JSMU was completed in 2007 but the findings are being kept by China.

Recently, after going through a sham of a bidding process, the Duterte government has granted contracts for the operation of a telecommunication company to the state-owned China Telco in partnership with Duterte front-man Dennis Uy. This would give China control of a crucial economic infrastructure. This will be in addition to China’s control of a key component of the Philippine power industry through co-ownership of the National Grid Corporation by the State Grid Corporation of China.

Duterte and Xi Jinping: Submission, not friendship

Duterte’s relationship towards China is being described as “friendly.” This is a completely false description. “Friendship” denotes equality and mutuality. Duterte does not behave, nor is treated as an equal. He is being excessively servile, playing the vassal to the Chinese overlord. It is with utter submission and kowtowing that he declared to China ahead of Xi Jinping’s visit that: “So you’re there, you’re in possession, you occupied it. Then tell us what route shall we take and what kind of behavior.”

China as an imperialist power

China has risen as an imperialist power with the state monopoly bourgeoisie and finance capitalists at the helm, exporting capital, aligning other imperialist powers against the US, spending more on building its military machine, deploying troops in the South China Sea, east Africa and elsewhere to secure its trade routes and carve out its own spheres of influence and fields of investment.

Economically, China is the biggest imperialist rival of the US. Militarily, China still lags behind the US in terms of spending, nuclear arsenal, arms production, deployment of air craft carriers and overseas troops and other parameters. Its alliance with Russia and India in the Shanghai Cooperation Organization, however, poses a formidable military challenge.

China’s strategy is to make use of its economic dominance to pave the way for military and political dominance in order to push the balance of power in the Pacific to its favor. It is vigorously pushing for multilateral economic and trade agreements such as the Regional Comprehensive Economic Cooperation to further liberalize the backward economies and allow it to become the undisputed economic power in the Asia-Pacific. Under the Belt and Road Initiative, it is constructing a vast network of roads, bridges and ports to build a trade route to Europe and Africa, using the Asian Infrastructure Investment Bank to flood the backward countries with loans and investments. China has already seized control of key assets of some countries which failed to pay their loans.

Perpetuation of Philippine economic backwardness

By applying the same method of economic colonialism on the Philippines, China will merely perpetuate the backward, agrarian and non-industrial economy of the Philippines which has long been dominated by the US and Japan monopoly-capitalists. Philippine addiction to China loans will make it a debt slave of China, in addition to being dependent on loans and grants from IMF-WB, the ADB, the Japan ExIm Bank and other creditors.

Until now, the Philippines remains a semicolony and military stronghold of the US imperialists, with which China is now locked in an intensifying trade war and challenging US economic, political and military domination.

Although fast catching-up, China still trails behind the US and Japan in terms of investments and loans to the Philippines. In the field of portfolio investments or infusion into the Philippine stock market and other financial instruments, the US remains the top source of capital with 43% share compared to China’s share of 6%.

Economic policies, such as the imposition of the TRAIN law, continue to be influenced primarily by the IMF, US-controlled credit rating agencies and such groups as the Partnership for Growth.

Duterte’s double-sided betrayal

By selling-out to China while being subservient to the US, the Duterte regime is committing a double-sided betrayal of Philippine national sovereignty. On the one hand, Duterte has kept silent while China built military bases and is selling-out Philippine; on the other hand, he has allowed the Philippines to be used as a US springboard for building up their military presence in the South China Sea.

Duterte’s failure to uphold Philippine sovereignty has raised the possibility of armed hostilities within Philippine territorial seas and is now leading the country right into the middle of an inter-imperialist conflict to the detriment of the Filipino people.

Resist China imperialist domination!

The Filipino people must resist China’s efforts to impose its imperialist power on the Philippines, economically, politically and militarily.

They must oppose the anti-people infrastructure projects which are set to railroad on the people’s livelihood, take away their ancestral lands, despoil the environment, fatten the bureaucrat capitalist, favor Duterte’s favorite big capitalists, and give China control of key resources, public utilities and services.

They must oppose the onerous and high-interest loans from China. They must oppose the high-level wheeling and dealing between bureaucrat capitalist Duterte regime and China’s big state monopoly bourgeoisie.

The Filipino people must demand the immediate dismantling of Chinese military bases in the Spratlys, an end to the interdiction of Filipino fishermen in the Panatag Shoal and Chinese recognition of Philippine territories under the UNCLOS.

Fight for national sovereignty!

The Filipino people must demand an end to US and China militarization of the South China Sea and demand all countries to withdraw their military forces in the area. They must pursue a policy of active peace and non-alignment and build unity among people to demand an end to the US-China saber-rattling.

To achieve peace in the region, the Filipino people must vigorously demand genuine Philippine non-alignment by scrapping such unequal military treaties as the Mutual Defense Treaty, the Visiting Forces Agreement and the Enhanced Defense Cooperation Agreement (EDCA). They must demand an end to US war exercises in the country and the military use of Philippine docks and airports by the US military.

They must advance the cause of economic sovereignty where the use of the country’s resources must help build-up agricultural and industrial self-reliance and raise capacity to produce food and other necessities of the people and accumulate surplus to bring the economy to higher levels, on the basis of which it can develop equal trade relations and economic cooperation with other countries.

The Filipino people’s struggle for national sovereignty and economic freedom are tightly intertwined. Their continuing aspiration compel them to resist imperialist domination by China and the US.

 

Source: https://www.philippinerevolution.info/2018/11/20/resist-china-efforts-to-impose-imperialist-power-on-the-philippines/

Action publique politico-artistique à Montréal afin de dénoncer l’assassinat par les forces policières chiliennes du jeune mapuche Camilo Catrillanca

 

Quand : Samedi 24 novembre, 12h00 pm

Où : Parc des Amériques, Boulevard Saint-Laurent coin Rachel Est,
Montréal, Canada

 

Ce samedi, un rassemblement sous forme de performance artistique, en appui au peuple Mapuche aura lieu afin de  dénoncer l’assassinat de Camilo Catrillanca, jeune mapuche de 24 ans, par le Commando Jungla, groupe paramilitaire créé par le Gouvernement du président chilien Sebastian Piñera pour réprimer les Mapuche.

En territoire Mapuche ou Wallmapu, l’État et ses forces spéciales
agissent dans la  répression, la criminalisation et la persécution.
Leurs opérations ont causé plusieurs morts et des dizaines de
prisonnier.ère.s politiques mapuche condamné.e.s injustement et sansfondement par la loi Anti-terroriste, créée par Augusto Pinochet
durant la dictature. Cette loi anti-terroriste, tout comme la Loi sur
les renseignements, sont des outils de répression et de
criminalisation des peuples autochtones se trouvant sur leurs
territoires ancestraux.

 

Camilo Catrillanca a été tué par balles par un commando lourdement armé, alors qu’il se trouvait sur son tracteur etrevenait de ses labeurs agricoles. Les autorités prétendent que ce commando muni d’armes de guerre enquêtait sur des vols de voiture dans la zone.

Les lois répressives qui cherchent à légitimer cette violence
sont en train de détruire un peuple qui a refusé de se soumettre. Les
mapuches continuent dans leur lutte de revendication de leur
territoire, en dépit de la militarisation présente dans toute la
région qui cherche à protéger les intérêts du secteur privé.

Ce rassemblement se fait en solidarité avec la lutte légitime du
peuple Mapuche pour la récupération de leurs territoires ancestraux.

Contact média :

En français : Amelia Orellana (438) 827-0656

 

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