La reconnaissance des droits ancestraux des peuples autochtones doit avoir préséance par Pauline Easton

Les robes rouges suspendues dans le parc mémorial Lheidli T’enneh à Prince George le 17 septembre symbolisent les femmes et filles autochtones qui ont été assassinées ou qui sont disparues sur la Route des larmes et toutes les femmes et filles autochtones disparues et assassinées. (LML)

 

 

Le Marxiste-Léniniste Numéro 39 – 3 octobre 2017

 

Le sort réservé aux peuples autochtones de ce pays est un sujet de grande préoccupation pour tous. Cela comprend le gouvernement Trudeau. Malheureusement, la préoccupation de ce dernier n’est pas de redresser les torts historiques comme l’exige notre époque mais de réaliser ce que les gouvernements précédents n’ont pu réaliser, soit éliminer une fois pour toutes les droits autochtones pour pouvoir piller leurs terres et leurs ressources. Le premier ministre Justin Trudeau se préoccupe davantage de redorer l’image ternie du Canada à l’échelle mondiale en ce qui a trait aux droits humains, le Canada ayant acquis une réputation de violateur des droits humains à cause de sa négligence criminelle historique face aux conditions de vie des peuples autochtones et des crimes commis contre eux.

 

C’est surtout l’image du Canada qui préoccupait le premier ministre lorsqu’il s’est adressé à l’Assemblée générale de l’ONU le 21 septembre. Posant en homme d’État chevronné bien qu’il ne soit en fonction que depuis deux ans, Justin Trudeau a dit : « Dans les conversations que j’ai eues au cours des années lorsque j’ai suggéré que certains pays doivent mieux faire sur la question des droits de l’homme et leurs propres défis internes, la réponse a été : ‘Eh bien, parlez-moi du triste sort réservé aux peuples autochtones (au Canada)’. »
Quelques jours auparavant, le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CÉDR) a publié un autre rapport qui critique sévèrement le Canada parce qu’il ne s’attaque pas à la situation grave à laquelle sont confrontés ses peuples autochtones. Trudeau a profité de son passage à l’ONU pour blâmer les gouvernements précédents et laisser entendre qu’on peut compter sur son gouvernement pour changer cette situation.

Les gouvernements précédents ont « rejeté la protection du territoire et des eaux préconisée par les autochtones : le principe de penser toujours aux sept prochaines générations » et en faisant cela « nous avons, dans le passé, rejeté l’idée même que des générations entières d’autochtones puissent se définir et vivre dans la dignité et la fierté qui leur sont dues, a-t-il dit. L’incapacité des gouvernements canadiens successifs à respecter les droits des autochtones au Canada nous fait grandement honte. »

« Nous le savons que le monde entier s’attend à ce que le Canada adhère scrupuleusement aux normes internationales en matière de droits de la personne — y compris à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones — et c’est aussi ce que nous exigeons de nous-mêmes », a-t-il ajouté.

Diversion et duperie

Tout cela est de la poudre aux yeux. Non seulement le bilan de son gouvernement est-il similaire à celui de ses prédécesseurs, mais il comprend une dose beaucoup plus grande de diversion et de duperie avec la prétention qu’il va rétablir des relations de nation à nation. Un gouvernement ne peut pas descendre plus bas que cela à continuer de priver le peuple de son droit légitime à sa terre et à ses ressources et à empêcher que les torts historiques soient réparés et que justice soit faite.

 

« Nous travaillons de près avec les peuples autochtones au Canada pour mieux répondre à leurs priorités, mieux comprendre ce que l’autodétermination signifie pour eux et soutenir leurs efforts pour rebâtir leurs nations », a déclaré Trudeau devant l’Assemblée générale des Nations unies.

Depuis la Confédération il y a 150 ans et même avant, les gouvernements du Canada ont tenté d’éteindre les droits ancestraux des peuples autochtones et leur droit d’être. Cela équivaut à les éteindre comme peuples. La duperie de Trudeau et de ses ministres ne changera pas le fond du problème. Le premier ministre a maintenant créé un deuxième ministère des Affaires indiennes. Il a dans son conseil des ministres une procureure générale qui se revendique d’ascendance autochtone et qui parle de « nous » quand elle se réfère à l’objectif de son gouvernement de déposséder une fois encore les nations autochtones. Et maintenant le premier ministre parle d’abolir la détestée la Loi sur les Indiens sans tout d’abord reconnaître les droits ancestraux dans la loi.

Le rôle de l’État dans le camouflage des raisons pour lesquelles tant de femmes et de filles autochtones ont disparu demeure le sujet tabou que le gouvernement fait tout pour éviter. Les conseils de bande qui refusent de coopérer sont criminalisés, tandis que les gouvernements et les médias monopolisés nous disent que les Indiens ont le droit de parler et de protester mais dans le cadre de « limites raisonnables ». C’est le cas par exemple des Six Nations de Caledonia où les barricades contre le conseil de bande vendu ont été démantelées de force et où les réclamations territoriales ne sont toujours pas satisfaites malgré les engagements et les constatations juridiques favorables.

 

Tant que le droit d’être des peuples autochtones n’est pas reconnu dans la Constitution ou dans quelque autre loi ou consultation, peu importe l’accord que le gouvernement déclare avoir conclu, il n’a pas force de loi. Les droits des peuples autochtones leur appartiennent de droit. Les droits ne se donnent pas, ne s’enlève pas et ne s’abandonnent pas. Peu importe l’entente que les gouvernements parviennent à faire signer à un interlocuteur qui prétend représenter les peuples autochtones, les droits autochtones ne peuvent être abdiqués. Ils doivent être respectés et affirmés sinon ils n’ont aucun statut.

En tant que peuples autochtones, c’est-à-dire en tant qu’habitants originels, les peuples autochtones ont un droit ancestral à la souveraineté. Ils ont une réclamation légitime à la terre de leurs ancêtres et le droit de décider de ce qu’ils veulent en faire. Ce droit n’est pas perdu même s’ils ont été assujettis durant l’époque coloniale et que beaucoup d’entre eux ont été soumis à des traités qui tiennent le monarque britannique comme souverain. Ce droit ne peut être perdu tout juste parce qu’ils n’ont pas eu leur mot à dire à l’époque de la Confédération et depuis. Cette histoire ne fait que mettre en évidence qu’à l’heure actuelle la Constitution du Canada n’enchâsse pas le droit souverain des peuples autochtones de décider de leurs affaires ni leurs autres droits ancestraux.

En tant que peuples souverains, les peuples autochtones ont le droit de déterminer non seulement leurs affaires, mais toutes les affaires du Canada dans son ensemble dans la mesure où cela les affecte. Ils ont droit d’avoir voix au chapitre sur toutes les questions économiques, les affaires culturelles et les questions liées à la guerre et la paix. Qu’ils se reconnaissent citoyens du Canada ou non n’y change rien. Le peuple canadien tel qu’il est constitué aujourd’hui vit sur un territoire appelé Canada et est donc tenu de respecter les droits des peuples autochtones aux terres qui leur reviennent de droit. En outre, tous les territoires dont ils ont besoin pour vivre doivent être clairement délimités de manière à consacrer leurs droits dans la loi, et non en utilisant une certaine conception de la primauté du droit pour éteindre ces droits, voire pour commettre le génocide contre eux.

Si le gouvernement canadien reconnaissait en pratique les droits ancestraux des peuples autochtones, il n’y aurait pas tant de litiges et de causes devant les tribunaux ou tant de jeunes autochtones dans les prisons ; il n’y aurait pas tant de femmes et filles disparues et assassinées ou tant de suicides sur les réserves et dans les centres urbains. Les agences gouvernementales ne seraient pas autorisées à les priver de ce qui leur revient de droit, ce qui inclut l’affirmation de leurs droits en tant qu’êtres humains en matière de soins de santé, d’éducation et de logement.

La reconnaissance des droits ancestraux des peuples autochtones doit avoir préséance. Ce n’est pas une question de paroles mais d’actes. Voilà le fait fondamental auquel le premier ministre ne peut échapper quoi qu’il dise ou fasse.

 

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2017/Q47039.HTM

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Face-à-face tendu sur l’immigration au poste frontière de Lacolle

 

Des militants de la droite identitaire ont tenu des manifestations samedi contre les politiques d’immigration dans plusieurs villes du pays. Des contre-manifestants antifascistes ont aussi décidé de se faire entendre.

Au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle, au sud de Montréal, une centaine de manifestants antifascistes étaient présents, ainsi qu’environ 200 manifestants anti-immigration.

Ce poste, le plus important poste frontalier au Québec, a été temporairement fermé et les voyageurs redirigés vers d’autres postes près d’Hemmingford.

Dave Tregget, président fondateur de Storm Alliance, affirme que la manifestation à laquelle il a appelé n’est pas contre l’immigration. « On est ici pour dénoncer et les politiques de Justin Trudeau, des libéraux qu’elles soient économiques, sociales ou les inquiétudes qu’ont les gens envers l’immigration ». « Quand on parle des inquiétudes de l’immigration, c’est le manque de ressources que M. Trudeau met en place pour aider les immigrants une fois rendus ici », insiste-t-il.

Ils essayent de faire passer dans le discours populaire l’idée que « c’est correct d’être raciste, en étant sympathique », rétorque Anas Bouslikhane de Solidarité sans frontières

Le militant de gauche Jaggi Singh ainsi que des groupes citoyens pro-immigration, comme Solidarité sans frontières, ont investi tôt les lieux où manifestent Storm Alliance, un groupe associé à l’extrême droite, et ses partisans.

Une brève échauffourée a opposé un militant antifasciste à deux membres de Storm Alliance. Ceux-ci lui ont assené quelques coups avant que les policiers n’interviennent.

Cette altercation a poussé l’escouade antiémeute à se déployer entre les deux groupes.

Selon le journaliste de Radio-Canada Vincent Champagne, les responsables de Storm Alliance ont d’ailleurs expressément demandé à leurs membres de garder leur calme.

Source: http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1058914/manifestation-droite-gauche-frontiere-lacolle

Une milice armée d’extrême droite s’implante au Québec

Des membres présumés de la milice du III % du Québec Photo : Facebook/Tirée de la page Canadian Three Percenters

La milice armée d’extrême droite du III % (milice du trois pour cent) s’implante actuellement dans plusieurs régions du Québec. Pour devenir membres du mouvement des « threepers », les aspirants doivent notamment détenir un permis de possession d’arme à feu.

Un reportage de Maxime Corneau

Radio-Canada a observé pendant plusieurs mois les échanges entre les membres de ce regroupement sur les réseaux sociaux. La milice se définit comme un rassemblement de « patriotes » assurant la « résistance » aux abus des gouvernements en place.

Barbara Perry, professeure à la Faculté de sciences sociales de l’Institut universitaire de technologie de l’Ontario, connaît bien ce mouvement. Elle souligne qu’il est apparu aux États-Unis il y a une dizaine d’années.

« Ils idéalisent un Québec francophone, blanc et sans immigration [traduction] », résume Mme Perry en parlant des factions québécoises du groupe fondées depuis environ un an.

Bien que les membres affirment être pacifistes sur les réseaux sociaux, ils font tout de même une apologie de l’armement.

 


Lors du processus d’accès au groupe, un questionnaire demande aux candidats s’ils sont propriétaires d’armes à feu. Photo : Facebook/Tirée de la page III% Québec

Depuis peu, pour devenir membres des différentes cellules des III % au Québec, les candidats doivent confirmer être détenteurs d’un permis de possession d’arme à feu.

Sur une page Facebook du mouvement au Canada anglais, des images d’entraînement paramilitaire de membres québécois ont été publiées. On y voit une dizaine d’individus anonymes qui s’exercent aux techniques militaires en milieu forestier.

Pourquoi III %?

Le mouvement est nommé ainsi, car la croyance propagée par les fondateurs du groupe aux États-Unis veut que seulement 3 % des colons américains aient combattu l’armée britannique lors de la guerre de l’Indépendance américaine.

Membres présumés de la milice III % du Québec lors d’un exercice Photo : Facebook/Tirée de la page Canadian Three Percenters

 

Les membres du groupe publient d’ailleurs souvent des images de leurs armes et de leurs équipements de combat.

 

Un mouvement d’extrême droite 

 

Un membre présente son équipement tactique sur les réseaux sociaux. Photo : Facebook/Tirée de la page III% Québec

Maxime Fiset, un agent de prévention au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, voit sortir de l’ombre ce mouvement venu de nos voisins du sud. « Il existe quelques chapitres des III % au Québec », précise-t-il.

Il explique qu’il est très difficile de quantifier le phénomène puisque les activités officielles du groupe se font généralement entre membres en règle qui ne cherchent pas la publicité.

« C’est un mouvement d’extrême droite, c’est d’ailleurs l’un des mouvements qui est le plus à surveiller en termes de potentiel de violence. Les membres ne sont peut-être pas violents dans l’immédiat et ne le seront peut-être jamais, mais ils sont équipés et entraînés. »

Pour M. Fiset, il ne fait aucun doute que le mouvement du III % est une milice qui fonctionne sous forme de petites cellules autonomes. « C’est une milice! […] Ils s’entraînent, avec des armes, pour le combat dans divers scénarios. Pour eux, un individu qui n’est pas armé et prêt à se défendre par la violence n’est pas un membre qui vaut la peine d’être recruté. »

Policiers au fait du phénomène

Tant du côté de la Sûreté du Québec que de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), on affirme être au fait de l’existence de ce mouvement, sans toutefois préciser si des enquêtes sont en cours.

Une publication sur la page des III % Photo : Facebook/Tirée de la page III% Québec

Annie Delisle, de la GRC, rappelle que la Gendarmerie royale du Canada « n’enquête pas sur des mouvements ou des idéologies, mais plutôt sur les activités criminelles perpétuées par des individus portant une menace à la sécurité des Canadiens ».

Cette réponse est similaire à celle donnée par la Sûreté du Québec.

Anti-immigration

Lors de l’observation des activités du groupe sur Internet, Radio-Canada a relevé des commentaires anti-immigration et islamophobes.

L’actuel premier ministre du Canada, Justin Trudeau, est d’ailleurs souvent représenté comme une menace à la sécurité nationale, principalement en ce qui a trait à ses positions sur l’immigration.

Des membres des III % de l’Ontario ont participé à un rassemblement anti-immigration du groupe d’extrême droite Pegida à London le 26 août dernier. Les membres de la milice, munis d’équipements de protection militaires, assuraient la sécurité.

Barbara Perry confirme que les membres des milices III % partagent l’idéologie de plusieurs groupes d’extrême droite, ce qui l’inquiète.

« C’est ce qui me terrifie avec ces groupes. C’est un mélange d’idéologie, d’hostilité envers certaines communautés, d’armement et d’entraînement tactique. »

 

Des membres du groupe III % de l’Ontario lors d’une manifestation à London Photo : Radio-Canada/Amanda Margison

Maxime Fiset affirme avoir vu lors de la manifestation de La Meute à Québec des individus arborant des symboles du groupe en marge du rassemblement.

Les membres des groupes québécois du III % contactés par Radio-Canada ont tous décliné nos demandes d’entrevue.

 

Source: http://beta.radio-canada.ca/nouvelle/1054852/une-milice-armee-dextreme-droite-simplante-au-quebec

Une murale autochtone vandalisée dans Saint-Henri

Une murale réalisée par une artiste autochtone a été vandalisée dans le quartier Saint-Henri, à Montréal, quelques jours seulement après son inauguration.

 

L’œuvre de l’artiste américano-colombienne Jessica Sabogal, baptisée « White supremacy is killing me » (la suprématie blanche me tue), a été réalisée dans le cadre des Voix insoumises, une biennale d’artistes de rue autochtones « queer » et racisées qui se déroulait du 13 au 21 août.

Le ou les vandales ont utilisé de la peinture rouge en aérosol pour inscrire « Anti-White » (anti-Blanc) sur la murale située en face de la statue de Louis-Cyr, à l’intersection des rues Saint-Jacques et Saint-Antoine.

Sur la page Facebook « St. Henri », un forum de discussion pour les résidents du quartier, des citoyens expriment leur colère. Certains résidents, dont le conseiller du Sud-Ouest Craig Sauvé, se proposent même de contribuer pour acheter de la peinture pour recouvrir l’inscription.

En entrevue à Radio-Canada, le conseiller de Projet Montréal a condamné « un vandalisme raciste ». « Le Sud-Ouest est un arrondissement ouvert, on est pacifique. Cet acte individuel ne nous représente pas », a-t-il indiqué.
Les Voix insoumises en est à sa troisième édition. Outre l’œuvre de Mme Sabogal, six autres murales et installations ont été réalisées dans le quartier Saint-Henri.

 

Source: http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1052851/murale-autochtone-vandalisee-saint-henri-montreal-queer-voix-insoumises?fromBeta=true

Déclaration d’appui à Jaggi Singh, arrêté à Montréal pour avoir « supposé la personne » de Michel Goulet à Québec

L’activiste antifa, Jaggi Singh

 

Affiché sur 29 août 2017 parMarina

Montréal, le 29 août 2017 — Ce matin, le militant montréalais Jaggi Singh a été arrêté et accusé d’avoir résisté à son arrestation et assumé l’identité d’une tierce personne après s’être identifié en blague auprès de la police de Québec comme Michel Goulet, un ancien joueur des Nordiques. Il sera transféré à Québec, où il devra comparaître en cour municipale demain à 9 h.

Cette arrestation survient dans le contexte d’une campagne haineuse menée par l’extrême droite contre la personne de Jaggi, dont une pétition mise de l’avant par le groupe raciste La Meute exigeant son arrestation. Cette campagne de salissage a été reprise par des politiciens de droite et certains journalistes au cours de la dernière semaine.

Plus particulièrement, ces accusations découlent de la participation de Jaggi à la manifestation antiraciste qui a eu lieu à Québec le 20 août dernier, où il a été brièvement détenu. Ce jour-là, près d’un millier de personnes sont descendues dans les rues de Québec pour dénoncer une manifestation anti-immigration organisée par le groupe d’extrême droite La Meute. Jaggi a passé l’entièreté de la contre-manifestation à parler dans un mégaphone, à faire jouer de la musique et à jouer avec des enfants devant la ligne de police. À un certain point, la police l’a placé en état d’arrestation, mais l’a relâché une demi-heure plus tard. Jaggi a émis une déclaration publique suite à son arrestation.

Bien qu’il ait été la seule personne arrêtée ce jour-là, Jaggi n’était pas l’organisateur de la contre-manifestation du 20 août et n’y occupait aucun rôle officiel de leadership.

Qu’à cela ne tienne, l’extrême droite au Québec considère Jaggi comme le chef d’un gigantesque complot ourdi par les antifascistes, le gouvernement fédéral et de nébuleuses élites mondialistes. Dans les médias sociaux, des fascistes et théoriciens du complot partagent des mèmes où Jaggi devient un personnage plus grand que nature, une espèce de grand manipulateur qui tire les ficelles d’absolument tout ce que fait l’extrême gauche à Montréal. Dans cet ordre d’idée tordu, il est accusé d’être le grand responsable de la contre-manifestation du 20 août, où La Meute a subi l’humiliation d’être confinée à un garage sous-terrain pendant plusieurs heures, ainsi que de tous les incidents violents qui ont eu lieu ce jour-là. Une pétition en ligne demandant que Jaggi soit arrêté et accusé de différents délits a été lancée et diffusée par des membres de l’extrême droite, dont certains membres de La Meute, du Front patriotique du Québec, de Storm Alliance et du Mouvement républicain du Québec.

Que l’extrême droite blâme une personne de couleur pour l’ensemble de l’opposition qu’elle rencontre n’a rien de surprenant. Toutefois, la situation a été exacerbée quelques jours à peine après la déconfiture de La Meute, lorsque le maire de Québec, Régis Labaume, a publiquement blâmé « la gang de Singh » et a affirmé aux médias qu’il déteste Jaggi Singh, pour ensuite le déclarer persona non grata dans la capitale provinciale. Le Journal de Montréal a enchaîné avec une chronique assassine sous la plume de Richard Martineau, intitulée « Jaggi Singh Superstar ». L’ancien ministre péquiste Bernard Drainville a ensuite invité Jaggi à son émission de radio pour exiger de lui qu’il condamne la violence qui s’est produite à Québec le 20 août. Drainville s’est théâtralement offusqué lorsque Jaggi a expliqué qu’il n’était qu’un participant à la contre-manifestation et n’était pas en position de formuler une condamnation générale.

C’est le contexte toxique dans lequel Jaggi a été arrêté ce matin. Ça n’est pas la première fois que des politiciens, des journalistes et des militants d’extrême droite collaborent pour développer un récit sensationnel qui entraîne de graves conséquences dans la vie des individus. C’est un scénario qui s’est répété à maintes reprises depuis la crise des accommodements raisonnables et n’a fait que s’intensifier sous l’effet des médias sociaux, en particulier dans le contexte actuel du passage de réfugiés au Canada. Même si Jaggi Singh n’est qu’une seule personne, et d’aucune façon le chef de qui que ce soit, il est important de condamner cette diabolisation pour ce qu’elle est et a toujours été, soit un moyen de nuire aux mouvements sociaux et aux personnes opprimées que ces mouvements soutiennent.

Nous demandons aux allié-e-s progressistes, aux antifascistes et à tous ceux et toutes celles qui ont à cœur les libertés civiles, de soutenir Jaggi et toutes les autres personnes qui seraient ciblées dans la foulée de la contre-manifestation du 20 août et harcelées par l’extrême droite de façon générale. Une manière de montrer votre appui est de vous présenter à la cour municipale de Québec demain matin à 9 h. Du covoiturage est organisé à partir de Montréal.

 

Le joueur de hockey des Nordiques de Québec, Michel Goulet

 

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alerta-mtl@antifa.zone

 

Source : http://montreal-antifasciste.info/fr/2017/08/29/declaration-dappui-a-jaggi-singh-arrete-a-montreal-pour-avoir-assume-lidentite-de-michel-goulet-a-quebec/

 

Une ex-membre de La Meute dénonce l’autoritarisme du groupe

Un Journal des mass média traditionnel a fait une petite enquête sur l’organisation et le fonctionnement d’une organisation dite identitaire et d’extrême-droite, La Meute, dont nous avons pensé qu’il serait d’intérêt « révolutionnaire » et pédagogique de partager pour mieux connaître les méthodes des groupes fasciste afin de mieux lutter contre la montée du fascisme et leur emprise chez les masses.

 

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(Sherbrooke) Une Sherbrookoise ayant fait partie de «La Meute» tient à mettre en garde les citoyens qui seraient tentés de joindre ce mouvement mis sur pied à l’automne 2015 dans le but de «faire face à l’islam radical». Selon elle, le fonctionnement de «La Meute» s’apparente davantage à «une secte» qu’à un mouvement citoyen puisque une fois au sein de « La Meute», aucune divergence d’opinions n’y est tolérée. Elle décrit le chef de «La Meute «, Éric Corvius, comme «un gourou» colérique devant qui «tous ses acolytes se mettent à genoux».

Âgée de 72 ans, Suzanne Tessier a adhéré à «La Meute» en octobre dernier. Elle dit avoir joint cette organisation parce qu’elle croyait – et croit toujours – que l’objectif premier de «La Meute» (contrer la montée de l’islam radical) est louable. Par contre, elle se dit en total désaccord avec «les façons de faire autoritaires et intransigeantes» de ses dirigeants.

«Je trouve que leur but est extraordinaire. Je suis d’accord avec le fait qu’on ne doit pas laisser les extrémistes musulmans imposer leur vision dans notre pays. On les a accueillis ici de bonne foi, qu’ils respectent nos lois, nos droits, nos valeurs et nos traditions», précise Mme Tessier. Ce qu’elle reproche à «La Meute», c’est son intransigeance face aux opinions divergentes de ses propres membres lorsqu’il est question des moyens visant à contrer la montée de l’islam radical.

«Ils disent qu’ils veulent former une meute de loups capable de défendre nos droits et nos valeurs, mais en réalité, ce qu’ils veulent, c’est que les membres les suivent comme un troupeau de moutons», s’insurge cette diplômée universitaire à la retraite, qui a fondé plusieurs organismes, dont l’Association des familles monoparentales et siégé à diverses organisations à but non lucratif (OBNL).

Mme Tessier a décidé de raconter publiquement son expérience après avoir appris que «La Meute» avait distribué un tract dans les rues de Sherbrooke, le 19 août dernier. Dans ce tract, «La Meute» se décrit comme «un mouvement citoyen qui désire rassembler ceux et celles qui sont inquiets pour l’avenir de nos enfants et de nos terres face à la montée de l’islam radical qui, lui, désire voir la charia avoir préséance sur toutes autres lois.»

«Contre l’envahisseur»

Les auteurs du document ajoutent que les membres de «La Meute» ne sont «pas une milice, une secte, un mouvement de l’extrême droite; ni ne sommes racistes, xénophobes, homophobes, misogynes ou islamophobes». Ce tract invitait ainsi les citoyens à joindre ses rangs afin de lutter «contre l’envahisseur».

Or, tient à prévenir Suzanne Tessier, «sachez dans quoi vous vous embarquez!» dit celle qui ne fait plus partie du mouvement depuis la fin juin. Pour en avoir fait partie et avoir participé à ses activités pendant huit mois, Suzanne Tessier est formelle: «La Meute» a toutes les apparences d’une secte. Une secte dont le chef Éric Corvus, un résidant de Québec, se comporte comme «un gourou narcissique» qui ne tolère aucune remise en question de son autorité.

Suzanne Tessier dit avoir été expulsée de «La Meute» à deux reprises. Une première fois au début juin après que les dirigeants l’eurent confondue avec une autre membre qui avait exprimé une opinion divergente. Puis, une deuxième fois, à la fin de juin après qu’elle eut défendu ouvertement deux femmes, qui avaient osé mettre en question certaines décisions de ces mêmes dirigeants. Selon Mme Tessier, ces deux femmes ont été injustement rabrouées par les dirigeants de «La Meute».

«J’ai été outrée par la façon dont ils ont traité ces femmes, dit-elle. Pour eux, il n’y a aucune présomption d’innocence, aucune nuance. C’est blanc ou c’est noir. Je leur ai dit qu’ils (les dirigeants) étaient misogynes et qu’ils avaient peur des femmes moindrement fortes qui se tiennent debout…», raconte Mme Tessier au sujet des motifs qui ont mené à son expulsion.

Quatre ex-membres de «La Meute», dont les deux femmes qu’a voulu défendre Suzanne Tessier, ont confirmé à La Tribune le caractère «intransigeant» des dirigeants de «La Meute». Tous ont toutefois requis l’anonymat, soit par «peur de réprésailles», soit «pour ne pas nuire à l’objectif» de contrer la montée de l’islam radical.

Mme Tessier dit s’inquiéter également du comportement des dirigeants, de «La Meute» et en particulier de son chef Éric Corvus, qu’elle décrit comme «un être narcissique au dernier degré» qui ne tolère aucune remise en question de ses opinions ou de ses façons de faire.

«Lorsqu’il fait des discours, il lui arrive de faire des montées de lait incroyables, dit-elle. Il a peur de tout, il voit des menaces partout. Il se comporte vraiment comme un gourou. Tout est relié à sa petite personne. Et ses cinq acolytes sont toujours à ses genoux. Personnellement, ça me fait peur…», avoue-t-elle.

Un souper sous haute sécurité…
Durant les quelques mois où elle fut membre de «La Meute», Suzanne Tessier dit avoir été témoin de faits troublants sur la façon dont ce mouvement est dirigé et du caractère violent de certains de ses éléments.

Elle raconte que lors d’un souper spaghetti, tenu le 21 mai dernier, au centre communautaire Charlesbourg de Québec, les mesures de sécurité entourant ce souper ressemblaient à celles que l’on retrouve dans un aéroport…

«Lorsqu’on est arrivé dans la salle, il y avait des membres de la cellule sécurité de «La Meute» qui nous ‘screenaient’ le corps avec des bâtons de détection de métal. Ils avaient même des walkies-talkies, avec un micro dans les manches et des écouteurs dans les oreilles. Ils étaient équipés comme les agents de sécurité qu’on rencontre dans les aéroports…», se rappelle Mme Tessier au sujet de ce souper qui aurait réuni près de 150 personnes. Des mesures de sécurité étaient aussi en place lors du repas cabane à sucre tenu quelques mois plus tôt à Valleyfield, ajoute Mme Tessier.

C’est à ce moment que Suzanne Tessier dit avoir commencé à entretenir des doutes sur la personnalité des dirigeants. «Je me suis dit: ‘Non, mais pour qui ils se prennent, Éric Corvus et compagnie?’ On dirait qu’ils paranoïent tout le temps. C’est correct d’avoir peur, mais il y a une limite à voir des dangers partout, là où il n’y en a pas…».

Violence

Elle dit aussi avoir observé chez certains membres des comportements violents, qui lui font craindre des débordements. «Il y a des gens violents là-dedans, c’est clair. Ce n’est pas la majorité, et ils sont contrôlés, mais je crains que ces éléments puissent être tentés, éventuellement, de former une milice. Ce n’est peut-être pas dans les cartons, mais je crains ça», dit-elle en se basant sur ses observations.

Enfin, Suzanne Tessier croit que «La Meute» fait littéralement fausse route dans sa volonté de contrer «la montée de l’islam radical».

«Selon moi, ils devraient prendre les moyens juridiques et politiques pour défendre leur cause. Qu’ils se se forment un lobby, dit-elle, qu’ils se servent de la Charte (des droits et libertés) et des tribunaux, comme le font les islamistes, pour faire valoir leurs points de vue. Ou encore qu’ils se forment en parti politique. Chose certaine, je ne pourrai jamais être d’accord avec leurs façons de faire actuelles.»

Plusieurs ex-membres de «La Meute» se sont constitués de nouveaux groupes afin de contrer à leur façon la montée de l’islam radical.

L’un d’eux, «les justiciers du peuple», a tenu une première assemblée en août à Drummondville réunissant une cinquantaine de sympathisants. Une autre rencontre est prévue le 17 septembre, toujours à Drummondville, dans un endroit gardé secret.

Selon ce que La Tribune a pu apprendre, «les justiciers du peuple» comptent se servir de cette réunion pour jeter les bases d’une manifestation qui doit avoir lieu à la mi-octobre à Québec devant l’Assemblée natonale.

Pour sa part, «La Meute» n’a pas donné suite à nos demandes d’entrevue.

Qu’est-ce que «La Meute»?
– Fondée sur Facebook en septembre 2015

– Son objectif: «contrer la montée de l’islam radical»

– Son fondateur est Éric Venne, alias Corvus, un ex-militaire ayant combattu en Afghanistan

– Plusieurs militaires et ex-militaires de Val-Cartier font partie de ses administrateurs

– «La Meute» compterait 20 000 «loups». Toutefois, aucune de ses activités n’a attiré plus de 200 personnes

– Un OBNL est en formation pour financer ses activités: Le Club AVAT (aide aux victimes d’actes terroristes) Québec

– L’adhésion se fait sur référence

– Le profil de chaque adhérent est vérifié par un des administrateurs

– Les membres doivent adhérer complètement aux principes de «La Meute»

(Sources: Facebook, Les justiciers du peuple, gappasquad, Le Soleil)

 

Source: http://www.lapresse.ca/la-tribune/actualites/201609/02/01-5016762-une-ex-membre-de-la-meute-denonce-lautoritarisme-du-groupe.php

En ligne | «Notre maître le passé?!? Extrême-droite au Québec 1930-1998» par Eric Cartman – 1999

Une analyse antifa suffisamment en profondeur sur l’histoire et les sources du mouvement fasciste et d’extrême-droite droite au Québec pour mieux en comprendre les développements et les fondements sur lesquels il s’appuie.

« Au Canada, le Québec est unique. La seule province à majorité francophone dans un pays officiellement bilingue ne doit son état pas seulement aux conquérants britanniques du Nouveau Monde, mais aussi à leurs rivaux français.

L’Église catholique romaine détient un pouvoir incroyable au Québec depuis le dix-septième siècle, alors que l’homme blanc appelle ce pays Nouvelle-France. L’invasion britannique qui suit la colonisation française ainsi que l’expulsion définitive de la France du continent ne diminuent en rien l’autorité de l’Église; dès que les évêques ordonnent aux paysans d’obéir à leurs nouveaux maîtres britanniques, leur pouvoir est assuré.

Pendant qu’en France la révolution de 1789 achève les privilèges de l’Église et de la noblesse, une sorte de féodalisme persiste ici jusqu’au milieu du dix-neuvième siècle. »

liberté ouvrière

Cette brochure est en vente à la librairie anarchiste L’Insoumise. Pour une perspective plus récente visitez le site Cause Commune.

anti-fascismeTable des matières

L’ère des dictateurs

Le fascisme au Québec

Le Nazisme au Québec

Les masses patriotiques

Le Québec et la France durant la Guerre

Entre purs…

Un Nazi après la guerre

Les temps changent

La réaction de Rumilly

Raymond Barbeau et L’Alliance Laurentienne

Un socialisme conservateur

Le néo-socialisme de Raoul Roy

La conversion indépendantiste du fascisme

Rumilly Réincarné : la deuxième fois, c’est encore mieux!

Des nouveaux racistes contre les premières nations

Luc Potvin et L’Espoir

L’indépendance politiquement incorrecte

Le grand chapiteau

Conclusion

Notes

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