En Ukraine, Israël (et le Canada) arme des Nazis!

9 juillet 2018

En Ukraine, Israël (et le Canada) arme des Nazis

Des citoyens israéliens indignés demandent l’arrêt des exportations d’armes à destination de l’Ukraine, où elles sont fièrement brandies par des troupes se réclamant du nazisme !


(Un néo-nazi ukrainien et son fusil israélien modèle « Tavor »)

Rien de neuf sous les nuages ? Certes, depuis sa création il y a 70 ans, l’Etat d’Israël a fondé une part essentielle de son économie sur les industries de guerre, sans chercher à savoir si ses clients étrangers étaient plus féroces, ou moins, qu’il ne l’est lui-même avec le peuple palestinien.

La liste des collaborations militaires d’Israël avec les dictatures les plus sanguinaires de la planète est en effet interminable : rappelons, entre autres, l’alliance avec l’Afrique du Sud de l’apartheid, la liquidation au pistolet-mitrailleur israélien Uzi de plusieurs milliers de juifs argentins, nombreux parmi les opposants à la dictature militaire dans les années 1976-82, ou encore les ventes à l’armée birmane en plein nettoyage ethnique de la minorité Rohynga.

Les millions de Palestiniens vivant sous la botte de l’occupation constituent d’autre part une « matière première » de choix permettant aux marchands de mort d’expérimenter sur cibles vivantes leurs dernières trouvailles technologiques. Le slogan publicitaire « Testé en conditions réelles » constitue d’ailleurs l’argument de vente privilégié des firmes israéliennes dans les foires aux armes, comme ce fut le cas à Eurosatory (Paris) le mois dernier par exemple.

Avec l’Ukraine, Israël franchit un nouveau cap dans l’ignominie : car les fusils israéliens Tavor, fabriqués sous licence dans le pays, équipent bel et bien des gens revendiquant ouvertement « l’héritage » d’Adolf Hitler et de ses collaborateurs locaux qui avaient largement contribué à l’extermination de plus d’un million de juifs entre 1941 et 1944.

C’est le cas, en particulier, des hommes du « bataillon Azov », une milice de mercenaires engagée dans le combat contre les régions séparatistes russophones dans l’est du pays, depuis 2014, où elle s’est fait connaître pour ses multiples exactions (viols, torture, exécutions sommaires …) Le bataillon Azov, qui est aujourd’hui pleinement intégré dans la garde nationale ukrainienne, a pour marque de fabrique une xénophobie débridée, la promotion de la « suprématie de l’homme blanc », et un antisémitisme à toute épreuve.



(le logo de la tristement célèbre division Das Reich)

Ce n’est pas pour rien qu’il a pris pour symbole celui de la division SS Das Reich, coupable de milliers de massacres, principalement en Europe de l’Est (Ukraine comprise), mais aussi en France (Tulle, Oradour-sur-Glane) vers la fin de la Deuxième Guerre Mondiale.

« Les membres du bataillon se font entre eux le salut nazi, ils arborent aussi des croix gammées et autres insignes SS. Une partie d’entre eux reconnaissent volontiers leurs sympathies pour le national-socialisme et nient la réalité du génocide des juifs. L’un d’entre eux, dans une interview, a déclaré qu’il se battait contre la Russie parce que Poutine est lui-même juif », rapporte le quotidien israélien Haaretz.

Le fondateur de la milice, Andriy Biletsky est aujourd’hui député au parlement ukrainien. « Nous livrons la bataille finale pour la survie de la race blanche, une marche contre les sous-hommes dirigés par la race sémitique », a notamment déclaré ce brave homme, toujours cité dans le Haaretz.

(Azov-Otan, même combat ! Qu’en dit BHL ?)

Sans surprise, le développement du bataillon Azov, qui compterait aujourd’hui 3.000 engagés, s’est accompagné d’une multiplication des incidents anti-juifs et plus généralement des attaques contre d’autres groupes minoritaires, Roms et homosexuels notamment.

Au mois de mai, ces nervis ont défilé sans problème dans la ville portuaire d’Odessa, haut-lieu du génocide, en hurlant que la ville appartenait aux Ukrainiens, et qu’ils ne tarderaient pas à s’occuper des juifs. Le mois dernier, c’est le procureur général de l’armée, Anatoli Matios, qui a accusé « les juifs » de vouloir « noyer les Slaves dans le sang ».

Les dirigeants israéliens savent tout cela, bien entendu. Mais cela ne les empêche ni de vendre leurs armes, ni d’entretenir des relations carrément cordiales avec leurs homologues nazis. En décembre 2016, une délégation parlementaire israélienne a ainsi rencontré le parrain du groupe Azov, Arsen Avakov,

(le député israélien David Amsellem, main dans la main avec le parrain d’Azov)

Et il n’y a pas que les armes « légères » (les fusils Tavor, Neguev et Galil fabriqués sous licence) dans le deal : le fabricant de missiles Elbit Systems investit en Ukraine, tandis qu’un contrat est en discussion pour la modernisation, par Israël, des forces aériennes du pays.
Des instructeurs israéliens enseignent à l’école militaire de Dniepropetrovsk, dont une partie des élèves sortent des rangs de la milice Azov, et, selon certaines sources, des soldats (ou anciens soldats) de l’armée israélienne participeraient même aux combats à leurs côtés dans l’est du pays.

https://www.haaretz.com/misc/article-print-page/rights-groups-demand-israel-stop-arming-neo-nazis-in-the-ukraine-1.6248727

CAPJPO-EuroPalestine

https://youtu.be/7zyXiLSeUik

https://quebec.huffingtonpost.ca/2017/09/23/le-canada-permettra-lexportation-de-certaines-armes-en-ukraine_a_23220292/

source: http://europalestine.com/spip.php?article14493

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60e anniversaire de NORAD: Démanteler le NORAD est plus urgent que jamais !

Un dossier du PCC (ml): Faire du Canada une zone de paix!

Cette année marque le 60e anniversaire de l’Accord sur la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) signé le 12 mai 1958. C’est par cet accord, avec l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) fondée en 1948, que les forces armées canadiennes sont intégrées à celles des États-Unis et placées sous commandement américain.

L’adhésion du Canada à l’OTAN et au NORAD a entraîné le Canada dans les guerres d’agression des États-Unis contre la volonté des Canadiens et l’exigence que le Canada accepte en sol canadien le déploiement et les essais de missiles américains, y compris des missiles nucléaires. Les Canadiens s’opposent largement à l’OTAN et au NORAD et exigent que le Canada se retire de ces pactes agressifs et leur démantèlement. Ces traités sont incompatibles avec les aspirations du peuple à une conception moderne et humaine de la sécurité fondée sur la défense des droits de tous, à une politique étrangère indépendante fondée sur faire du Canada une zone de paix et sur l’édification nationale moderne. L’intégration du Canada à la Forteresse Amérique du Nord au service des objectifs de guerre des oligopoles impliqués dans la production de guerre est plus grande aujourd’hui qu’elle ne l’a jamais été.

La lutte de ces oligopoles pour établir leur domination sur les ressources énergétiques et les autres ressources mondiales et les zones d’influence stratégiques augmente chaque jour la menace d’une guerre mondiale cataclysmique.

C’est cette question que le gouvernement du Canada a ignorée lors de ses célébrations du 60e anniversaire de la création du NORAD. Malgré le fait que, par l’entremise du NORAD, le commandant en chef des États-Unis soit effectivement le commandant des forces armées canadiennes, le premier ministre Trudeau a qualifié le NORAD de « commandement militaire binational unique ». Il a qualifié le NORAD de « symbole constant du partenariat important qui unit le Canada et les États-Unis, une relation essentielle à nos deux pays. Ils ont décidé de se confier la défense et la sécurité de leurs pays et de leurs citoyens », a-t-il déclaré. « La clé du succès du NORAD réside dans sa capacité à évoluer et à relever les nouveaux défis ainsi qu’à saisir les nouvelles opportunités. Nous pouvons être certains qu’il continuera de s’adapter aux besoins qui se présenteront à l’avenir. »

Ces besoins sont révélés par l’histoire de l’implication du Canada dans le NORAD, qui montre que tous les changements qui ont eu lieu au cours des 60 dernières années visaient à établir un contrôle plus complet des États-Unis sur les forces armées canadiennes, à déployer des armes de destruction massive en sol canadien et, plus récemment, à poster de forces spéciales américaines sur le territoire canadien et à militariser la culture pour déformer les objectifs de la guerre et ce qui constitue l’intérêt national.

Le contexte

Les premières mesures vers l’intégration des forces armées du Canada et des États-Unis sous le commandement des États-Unis ont été prises pendant la Deuxième Guerre mondiale avec la signature des accords d’Ogdensburg et de Hyde Park sur la défense et la coopération conjointes. Dans le cadre des mesures antisoviétiques, des militaires américains ont été déployés au Canada pour mettre en place un réseau de stations radar dans le nord. À peine la guerre terminée, les États-Unis ont déclenché la soi-disant guerre froide pour provoquer la contrerévolution en Union soviétique et endiguer le communisme dans le monde entier. En 1946, le Comité de coopération militaire a été formé pour formuler les « plans de défense conjoints » du Canada avec les États-Unis. La même année, les États-Unis et le Canada ont convenu d’établir une « défense aérienne conjointe ». En 1948, le Canada a adhéré à l’alliance militaire de l’OTAN dominée par l’impérialisme américain.

Dans les années qui ont suivi la Deuxième Guerre mondiale, et surtout dans les années 1950 et 1960, l’impérialisme américain, sorti de la guerre considérablement renforcé, a pris rapidement de l’expansion à l’échelle mondiale. Le capital financier américain a inondé le Canada et est parvenu à dominer les secteurs clés de l’économie canadienne et à exercer une domination multiforme sur les sphères politique, militaire, sociale et culturelle.

De 1958, année de la création du NORAD, à 2006, l’accord a été renouvelé tous les cinq ans. Lors de la visite de Ronald Reagan à Ottawa en 1981, le nom de « Commandement de la défense aérienne » a été changé pour « Commandement de la défense aérospatiale » afin de tenir compte des « responsabilités élargies de surveillance et d’alerte antimissile » de l’alliance. En 2006, sous l’ère Harper, l’accord du NORAD a été rendu permanent, sous réserve d’un examen tous les quatre ans ou « à la demande de l’une ou l’autre partie ». La mission du NORAD a également été étendue afin d’y inclure une fonction d’alerte maritime, mais il est affirmé que les forces navales des deux pays conservent des commandements distincts.

Les responsabilités déclarées du NORAD sont de donner l’alerte en cas d’attaque aérospatiale lancée contre l’Amérique du Nord et de diriger les opérations de défense aérienne du Canada et des États-Unis. En fait, comme pour l’OTAN, l’adhésion du Canada au NORAD a entraîné le Canada dans les guerres d’agression américaines et le Canada subit la pression des demandes répétées des États-Unis pour que le Canada accepte le déploiement des armes de destruction massive des États-Unis sur son territoire.

Le NORAD est également un instrument de la stratégie militaire nucléaire des États-Unis. C’est dans le cadre du NORAD que se déroulent les exercices militaires américains comme ceux de la série « Global Shield » au cours desquels des bombardiers B-52 équipés d’armes nucléaires survolent le Canada. Dans le cadre du NORAD, les militaires américains participent régulièrement à des exercices militaires au Canada dans des endroits comme les champs de tir aérien de Cold Lake en Alberta et dans l’Arctique.

Le traité NORAD prévoit un système de direction unifiée des opérations de « défense » de l’Amérique du Nord. Le NORAD a son quartier général à Colorado Springs, au Colorado, avec un commandant des États-Unis, un commandant suppléant canadien et un personnel provenant des forces armées des États-Unis et des forces armées du Canada. La direction unifiée relève des autorités supérieures de la défense du Pentagone et du quartier général de la Défense nationale et est sous le commandement d’un général américain.

La base des Forces canadiennes North Bay, en Ontario, est le centre des opérations du NORAD au Canada, sous le commandement de la Région canadienne du NORAD de Winnipeg. Des militaires américains appartenant au Detachment 2, First Air Force de la US Air Force (USAF) oeuvrent au centre des opérations aériennes de North Bay.

En vertu de l’accord du NORAD, les impérialistes américains ont construit le « réseau d’alerte avancée (réseau DEW) », une chaîne de stations radar dans le nord, ainsi que la ligne « Pine Tree », plus au sud, démantelée depuis.

La domination des États-Unis sur le Canada dans le domaine militaire par l’entremise du NORAD a été illustrée très concrètement à plusieurs reprises. Lorsque les États-Unis ont décrété illégalement le blocus de Cuba en octobre 1962, John F. Kennedy a exigé que les forces canadiennes soient mises en état d’alerte. Le premier ministre canadien, John Diefenbaker, a insisté pour consulter le Cabinet, mais le personnel canadien du NORAD a été mis en état d’alerte avant que l’autorisation du Cabinet ne soit donnée. Au cours de la guerre d’agression israélienne de 1973, le commandant américain du NORAD a mis les forces canadiennes en état d’alerte sans même avertir le ministre de la Défense du Canada.

L’opposition au déploiement des missiles Bomarc en sol canadien


Une manifestation sur la rue Sparks à Ottawa, vers 1963, pour s’opposer à l’accord du gouvernement libéral de Pearson visant à autoriser les missiles nucléaires américains
en sol canadien.

L’une des premières décisions découlant de l’accord du NORAD a été le déploiement des missiles antiaériens Bomarc à la base de North Bay, en Ontario, et à La Macaza, au Québec, sous la haute direction du commandant en chef américain. Le premier ministre John Diefenbaker a conclu l’entente sous la pression des États-Unis, mais il était contre l’armement des missiles avec des ogives nucléaires, car ce n’était pas conforme à la politique du Canada de ne pas participer directement à la course aux armements nucléaires. Les États-Unis ont exercé une grande pression sur le Canada, affirmant que les missiles Bomarc armés d’ogives nucléaires étaient essentiels au système de « défense » nord-américain. Il y avait une large opposition parmi les Canadiens aux armes nucléaires en sol canadien et des rassemblements et des manifestations ont eu lieu partout au pays. Le chef de l’opposition, Lester B. Pearson, a fait volte-face et a déclaré qu’il était maintenant en faveur du déploiement des armes nucléaires au Canada. Les États-Unis ont alors commencé à travailler ouvertement pour influencer l’élection et provoquer la défaite de Diefenbaker. En janvier 1963, le commandant suprême de l’OTAN, à la veille de sa retraite, a donné une conférence de presse à Ottawa au cours de laquelle il accusait le Canada de ne pas respecter ses engagements envers le NORAD. Le Département d’État américain a publié un communiqué de presse disant que le gouvernement canadien « n’a proposé aucune solution pratique pour contribuer efficacement à la défense nord-américaine ». L’ambassadeur des États-Unis a donné des notes à la presse, et Kennedy a envoyé des conseillers pour aider Pearson et les libéraux à gagner les élections. Les libéraux ont formé un gouvernement minoritaire et ont accepté rapidement le déploiement des ogives nucléaires.


Les manifestants tiennent un sit-in à l’entrée de la base de missiles Bomarc, à La Macaza, Québec, le 9 septembre 1964.

En 1969, le gouvernement libéral du premier ministre Pierre-Elliott Trudeau, annonce que le Canada retire à ses forces armées leur capacité nucléaire et dès 1971, les missiles Bomarc sont abandonnés.


Manifestation à Toronto contre le renouvellement de l’accord du NORAD par le Canada, 1968.

Les Canadiens disent Non ! aux essais de missiles de croisière


Manifestation à Toronto contre les essais de missiles de croisière au Canada, 1983

En 1982, les Canadiens ont découvert que le gouvernement négociait en catimini un accord avec les États-Unis pour des essais de missiles de croisière au Canada. Les missiles de croisière sont considérés comme une arme de première frappe et peuvent être armés d’ogives conventionnelles ou nucléaires et lancés du sol, de la mer ou de l’air. La raison pour laquelle les États-Unis ont choisi le Canada était qu’ils voulaient tenir les essais du missile dans des régions semblables aux régions septentrionales de l’Union soviétique, ce qui indique clairement que les États-Unis envisageaient d’utiliser le missile pour lancer des frappes « préventives ». Le gouvernement canadien a également soutenu que des essais étaient nécessaires pour permettre au NORAD d’acquérir une capacité antimissile. Les États-Unis ont par la suite utilisé des missiles de croisière pendant la première guerre du Golfe.


Manifestation contre les essais de missiles de croisière et l’adhésion du Canada à l’OTAN et
au NORAD, lors d’une conférence sur la sécurité à l’Université de Guelph, à laquelle le
premier ministre Trudeau a assisté le 28 octobre 1983

La participation du Canada à la guerre du Golfe et à la guerre en Irak


Manifestation à Halifax contre la première guerre du Golfe et la participation du Canada à cette guerre sous le gouvernement conservateur de Mulroney, en 1991.

La guerre du Golfe et la guerre en Irak ont brutalement mis en évidence que l’adhésion à l’OTAN et au NORAD porte atteinte à la souveraineté canadienne et au droit des Canadiens de décider de la politique étrangère et de la politique défense. Plus de 4 000 membres des Forces armées canadiennes ont servi dans la région du golfe en 1990-1991 dans le cadre de la « coalition des volontaires » des États-Unis. Le Canada a participé au blocus de l’Irak, qui a été responsable de la mort de plus de 500 000 enfants irakiens.

Les systèmes du NORAD ont fourni un soutien en matière de surveillance et de communication pendant la guerre de 1991 en Irak ainsi que pendant l’invasion de l’Irak en 2003. Anciens Combattants Canada indique sur son site Web que : « À partir des bases canadiennes ‘Canada Dry’, situées au Qatar, des escadrons de chasseurs à réaction CF-18, avec à leur bord environ 500 militaires, exécutaient des missions de surveillance aérienne, d’escorte et de reconnaissance au combat. Pour la première fois depuis la guerre de Corée, les Forces canadiennes se sont engagées dans des opérations de combat air-sol lors d’un conflit. »

Les Canadiens ont exprimé massivement leur opposition à la guerre en Irak de 2003 et, officiellement, le gouvernement Chrétien ne s’est pas joint à la « coalition des volontaires » parce qu’elle n’avait pas la sanction du Conseil de sécurité de l’ONU. Cela a ramené au premier plan la question que l’adhésion à l’OTAN et au NORAD signifiait que le Canada était entraîné dans des guerres d’agression américaines sans le consentement des Canadiens, sans même qu’ils en soient informés. Même le Parlement n’a pas un mot à dire sur les questions de guerre et de paix qui sont des questions de prérogative du pouvoir exécutif. En réalité, le Canada a participé à la guerre en Irak : des pilotes de la Force aérienne du Canada déployés par le NORAD ont effectué des missions de combat à bord des E-3 Sentry de l’US Air Force et des officiers d’échange ont combattu dans des unités américaines. Des pilotes canadiens ont également piloté des Boeing C-17 en Irak pour « former et entraîner » les équipages canadiens.


Manifestation contre la deuxième guerre en Irak, à Windsor, le 25 octobre 2003

L’intégration militaire après le 11 septembre

Après les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis, le 21 novembre 2001, le ministre de la Défense du Canada, Art Eggleton, a participé à une rencontre avec le secrétaire à la Défense des États-Unis, Donald Rumsfeld, au cours de laquelle le Canada a accepté d’entamer des pourparlers sur le « niveau d’intégration militaire le plus large possible » entre les États-Unis et le Canada. Les Canadiens n’ont pas été informés que le Canada participait à ces rencontres qui établissaient des précédents, alors que se produisaient des transformations fondamentales. Traditionnellement, l’armée américaine n’était pas utilisée à des fins de sécurité intérieure, mais cela a changé après le 11 septembre 2011. Le National Post a indiqué que l’examen entrepris portait sur « les plus de 80 accords ayant valeur de traité en matière de défense et plus de 250 protocoles d’entente qui régissent à l’heure actuelle les relations de sécurité entre le Canada et les États-Unis ». Le journal a également rapporté que « M. Eggleton avait laissé entendre que le Canada et les États-Unis envisageaient la pleine intégration de bataillons de l’armée ou de groupes opérationnels. »

L’année suivante, le département de la Défense des États-Unis a annoncé son plan de commandement unifié (PCU) de 2002. Le PCU a établi une zone militaire du Commandement Nord à qui était confié la responsabilité du commandement des forces interarmées pour la « défense du territoire ». Sa zone d’opérations est les États-Unis, le Canada, le Mexique, certaines parties des Caraïbes, y compris Cuba et Porto Rico, ainsi que les eaux périphériques dans les océans Atlantique et Pacifique.

Le NORTHCOM rassemble le NORAD et la Force opérationnelle interarmées pour le soutien civil qui relève actuellement du Commandement des forces interarmées, responsable devant les autorités civiles des événements chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires et d’explosifs conventionnels majeurs.

Le fait que le NORTHCOM réunissait le NORAD et la sécurité intérieure des États-Unis a eu des conséquences immédiates pour les forces armées canadiennes. Le fait que le quartier général du NORTHCOM et celui du NORAD sont tous les deux à la base de Cheyenne Mountain, au Colorado, et qu’ils ont le même général américain a de profondes implications pour la souveraineté du Canada et le contrôle de ses forces armées. Malgré cela, le ministre de la Défense Eggleton a prétendu que NORTHCOM « n’est qu’une structure interne de l’armée américaine »

L’amendement à l’accord du NORAD de 2004

En 2004, le gouvernement canadien a annoncé qu’il avait amendé l’accord du NORAD avec les États-Unis. Cet amendement permet au NORAD de rendre sa fonction d’alerte antimissile disponible pour les commandements américains chargés de la défense antimissile balistique. Le gouvernement a déclaré que l’amendement « sauvegarde et soutient le NORAD indépendamment de la décision qui sera éventuellement prise par le gouvernement du Canada sur la défense antimissile balistique. » Dans son communiqué, le gouvernement a déclaré que : « Depuis près d’un demi-siècle, le NORAD a évolué et s’est adapté aux nouvelles menaces. »

Les Canadiens ont tenu des manifestations partout au Canada contre le bouclier antimissile américain, connu sous le nom de « guerre des étoiles ». Leurs actions ont montré une fois de plus le niveau d’inquiétude que suscitent les négociations tenues à huis clos qui ont des conséquences si graves pour la guerre et la paix. Des gens de tous les milieux, y compris des travailleurs et leurs syndicats, ainsi que des jeunes et des étudiants, ont exprimé leur opposition et la revendication des Canadiens d’exercer un contrôle souverain sur leur pays et sa politique étrangère. Les gens ont souligné que loin d’assurer la sécurité du Canada, le « bouclier antimissile » mènerait à une escalade de la course aux armements et menacerait donc la sécurité des Canadiens en intensifiant les préparatifs de guerre. « Nous avons dit non à la guerre de Bush contre l’Irak et nous voulons que vous disiez non à la guerre des étoiles de Bush », ont déclaré les Canadiens au gouvernement.

Dans la lutte contre le bouclier antimissile, les Canadiens ont appris l’existence d’initiatives comme le Plan d’action sur la frontière intelligente, les amendements à l’accord du NORAD et la réorganisation des forces armées canadiennes que le gouvernement mettait en oeuvre pour intégrer le Canada aux États-Unis sous prétexte que le Canada doit être un « digne partenaire ». La véritable nature de la « défense antimissile » en tant qu’outil d’agression et de frappe préventive est également devenue plus claire.

Une intégration plus poussée sous Stephen Harper


Manifestation à Calgary contre l’intégration du Canada aux États-Unis par l’entremise du Partenariat pour la sécurité et la prospérité, le 19 août 2007

Durant l’ère Harper, de 2006 à 2015, de nouvelles mesures ont été prises pour rendre permanent le déploiement de l’armée et des organismes de sécurité américains en sol canadien, ainsi que pour intégrer le commandement de l’armée canadienne à celui des États-Unis. Ces mesures comprenaient l’intégration de l’armée canadienne à de soi-disant agences civiles qui relèvent des structures de commandement conjointes. Ces mesures ont été et continuent d’être mises en place au nom de la « sécurité », y compris des mesures pour que l’armée assure la sécurité et l’économie de l’Amérique du Nord.

Un document intitulé « Cadre de coopération militaire renforcée entre le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord, le Commandement du Nord des États-Unis et le Commandement Canada » a été publié le 25 novembre 2010. Le document traite des problèmes qui doivent être résolus pour mettre complètement les forces canadiennes sous le NORTHCOM par l’entremise du NORAD. Le document a été préparé par le général américain Victor Rencart, commandant du NORAD et du NORTHCOM, et le vice-amiral Bruce Donaldson, commandant du Commandement Canada.

Le document expose l’étendue de l’infiltration des forces armées canadiennes par l’armée américaine au plus haut niveau de commandement, non seulement en plaçant des officiers militaires américains au Canada, mais aussi en intégrant des commandants militaires canadiens dans l’appareil militaire américain.

Partant de la définition de la sécurité contenue dans ce document, il est expliqué comment les forces militaires canadiennes et américaines doivent travailler plus étroitement afin de « sécuriser » la « patrie nord-américaine ». La « sécurité » est définie comme « l’utilisation de l’armée à la demande des autorités civiles à l’appui de la sécurité publique, des urgences intérieures, de l’application de la loi et d’autres activités. »

Conformément à cette définition, le document-cadre décrit comment des événements comme le sommet du G8 de juin 2010, les Jeux olympiques de Vancouver et les sommets des dirigeants nord-américains étaient utilisés pour élaborer un commandement militaire unifié « homogène ». Cette « homogénéité » est assurée par les lois et des règlements principalement au Canada dans des domaines comme le partage d’information, la « surveillance civile » et la structure militaire que les États-Unis veulent modifier, supprimer ou introduire.

Dans le chapitre Opérations, le document-cadre explique les problèmes qui ont surgi lors de grands événements politiques au Canada. Il est proposé que l’option privilégiée à l’avenir soit un commandement unique, probablement du NORAD, c’est-à-dire un commandement américain, afin de surmonter les « différences dans les pouvoirs ».

Le document décrit les différences dans les structures de commandement des États-Unis et du Canada, avec l’implication que les forces armées canadiennes doivent être réorganisées pour s’aligner sur les États-Unis. Le rapport indique : « Les différences de concepts rendent difficile pour USNORTHCOM et Commandement Canada de maintenir leur rapport habituel au niveau tactique/opérationnel parce que les participants du côté américain varieront en fonction de la situation et que les participants du côté canadien varieront selon leur emplacement. »

La politique publique d’infiltration actuelle des forces militaires américaines au Canada et l’objectif de faire en sorte que le Canada se conforme aux exigences militaires américaines sont également abordés dans ce document. Il est indiqué : « Il y a actuellement deux officiers de liaison de l’USNORTHCOM affectés au Commandement Canada, ces officiers de liaison offrent des avantages significatifs à tous les commandements. » Le rapport préconise ensuite une plus grande « interaction » entre les responsables militaires.

En 2012, le Canada a annoncé qu’un partenariat à long terme avait été établi avec le Département de la Défense des États-Unis concernant le programme de surveillance de l’espace (SSA). En vertu de l’entente, les données du satellite Sapphire du ministère de la Défense nationale du Canada sont intégrées au réseau de surveillance de l’espace des États-Unis. Le gouvernement a affirmé que le but de cette intégration était « d’éviter les collisions entre satellites ou avec des débris spatiaux ». Ce partenariat fait suite à des ententes semblables dans le cadre desquelles le Canada est intégré aux dispositifs américains de militarisation de l’espace.

Par exemple, en novembre 2011, il a été annoncé que le Canada dépensait 477 millions $ pour se joindre au système mondial de communications par satellite à large bande (WGS) du Département de la Défense des États-Unis. Le système est conçu pour les « combattants américains, alliés et partenaires de la coalition à tous les niveaux de conflit, à part une guerre nucléaire ».

Le programme actuel du NORAD et la participation du Canada à la défense antimissile américaine

Le gouvernement de Justin Trudeau a pris un certain nombre d’initiatives en vue d’étendre le contrôle des États-Unis sur l’espace aérien et le territoire du Canada par l’entremise du NORAD et a accepté de céder le territoire canadien aux États-Unis pour qu’ils y installent leurs missiles et leurs capteurs au nom de la « protection du Canada ».

Le gouvernement a recruté Derek Burney, ancien chef de cabinet de Brian Mulroney, pour « ouvrir des portes » à Washington. Burney a affirmé que les actions du Canada le 11 septembre 2001 étaient « quelque chose de spontané et de volontaires » et que cela n’est pas suffisant.

Cependant, le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a précisé que ce n’était pas le cas lorsqu’il a répondu à plusieurs questions détaillées à la Chambre des communes. Le NORAD a en fait « pris le contrôle » de l’espace aérien canadien le 11 septembre, a-t-il dit. Les remarques de Burney indiquent donc que le Canada, qui est déjà à 100 % sous commandement américain, doit être utilisé d’une manière que les Canadiens désapprouvent. Burney a également déclaré que le Canada devrait envisager de se joindre au système continental américain de défense antimissile et que cela constituerait un « terrain d’entente » permettant au Canada d’être « plus présent à la table ».

Soulevant la fausse affirmation que la République populaire démocratique de Corée (RPDC) est une menace pour le Canada, Burney a déclaré : « La Corée du Nord possède la capacité de lancer un missile aussi loin qu’en Amérique du Nord, a-t-il dit. Pourquoi ne pas au moins nous asseoir à la table et au moins explorer la possibilité de nous joindre aux Américains ; pourquoi ne pas rénover le NORAD avec quelque chose qui va nous protéger contre les menaces du XXIe siècle de la même manière que le NORAD nous a aidés pour notre défense au XXe siècle ? »

En 2004 et en 2005, les Canadiens ont clairement fait savoir qu’ils s’opposaient à la participation du Canada au programme américain de défense antimissile balistique, tout comme au programme de « guerre des étoiles » de Ronald Reagan. Malgré cela, les libéraux ont préparé le terrain depuis plusieurs années pour relancer ce débat dangereux que les Canadiens considéraient comme clos en 2005. L’examen de la politique de défense du gouvernement publié en 2016 demandait si « étant donné l’évolution des technologies et des menaces changeantes », le Canada devrait revoir sa décision de ne pas participer au système de défense antimissile balistique des États-Unis. C’était un autre pas dans cette direction.

L’examen de la politique de défense a été effectué par un groupe consultatif ministériel composé de quatre personnes, dont Bill Graham, ministre de la Défense, sous le gouvernement libéral de Paul Martin. Graham était le plus grand défenseur de la défense antimissile à l’époque et a exprimé son regret que le gouvernement se soit retiré du programme de défense antimissile en 2005 sous la pression de l’opposition des Canadiens. M. Graham a déclaré à un comité sénatorial en 2014 que c’était l’opinion négative des Canadiens à l’égard de George W. Bush qui avait forcé le gouvernement à rester en dehors de ce programme.

Pendant les réunions du comité de la défense avant la publication de l’examen de la défense, les députés libéraux ont posé des questions aux militaires canadiens qui envisageaient des scénarios cauchemardesques de missiles d’origine inconnue se dirigeant vers des villes canadiennes et ont demandé ce que le Canada pouvait faire devant une telle situation. Selon les libéraux et ces experts militaires, une fois qu’un missile est identifié, la décision de l’intercepter au moyen du système de défense antimissile appartiendrait uniquement aux États-Unis.

C’est une propagande intéressée calculée pour présenter tout opposant aux préparatifs de guerre comme une menace à la sécurité nationale et aux intérêts nationaux.

Le gouvernement libéral de Trudeau a ensuite dévoilé sa nouvelle politique de défense en juin 2017. Le document intitulé « Protection, Sécurité, Engagement : La politique de défense du Canada » a laissé ouverte la décision de se joindre au système américain de défense antimissile balistique (BMD). Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a déclaré : « Notre politique ne change pas concernant le bouclier antimissile. Nous allons examiner toutes ces menaces, des airs, des mers et sous-marines. »

Au nom de la « modernisation », la politique affirmait que le Canada compte « accroître sa capacité à respecter ses engagements en vertu du NORAD en améliorant sa capacité de surveillance et de réaction dans les domaines aérospatial et maritime et en améliorant sa capacité de satellite. Nous allons également nous munir de chasseurs perfectionnés et nous assurer de demeurer interopérables avec nos alliés américains. »

Le NORAD et le programme de défense antimissile sont présentés comme étant purement destinés à la défense, niant la réalité du long passé de guerre agressive et de frappe préventive des États-Unis. Les doctrines de Bush et d’Obama affirmaient le « droit » de mener des frappes préventives et le bombardement des villes et la doctrine a été réaffirmée par Trump avec ses menaces contre la RPDC. Les frappes préventives et la destruction massive des villes ont été une caractéristique des guerres américaines depuis l’incendie de Tokyo la nuit du 9 au 10 mars 1945, qui a fait 100 000 morts parmi les civils et détruit 14 km carrés de la ville, laissant un million de personnes sans abri. Cet acte criminel a étés uivi cinq mois plus part par les bombardements nucléaires américains des villes d’Hiroshima et de Nagasaki les 6 et 9 août 1945, qui ont fait 4 millions de morts et le massacre sans précédent de plus d’un million de Japonais puis, en 1950-53 de la destruction de 78 villes de la RPDC pendant la guerre de Corée et le massacre de quatre millions de personnes.

Sortons le Canada de toutes les alliances militaires impérialistes!
Faisons du Canada une zone pour la paix!

Le 60e anniversaire du NORAD est l’occasion de tirer les conclusions qui s’imposent sur la nature de l’alliance militaire. Le NORAD est toujours décrit comme ayant la responsabilité de la défense de l’Amérique du Nord. Le NORAD a été conçu et mis en place pendant la guerre froide, qui a pris fin depuis longtemps. Sa continuation est maintenant justifiée en prétendant que le danger vient des « États voyous ». Cependant, le NORAD, comme l’OTAN, est une alliance militaire agressive.

Depuis la création du NORAD, les Canadiens se sont opposés à toutes les étapes à l’annexion du Canada dans la Forteresse Amérique du Nord et à ce que les ressources et le territoire du Canada soient mis au service des préparatifs de guerre des impérialistes américains. L’adhésion à l’OTAN et au NORAD est incompatible avec la position des Canadiens de faire du Canada une zone de paix qui exige le retrait de toutes les alliances militaires agressives. Cette position est conforme au rôle de maintien de la paix que les Canadiens veulent que le Canada joue et ils l’ont défendue pendant les 60 années au cours desquelles le Canada a été mis sous commandement américain par l’entremise du NORAD.

Soixante ans plus tard, l’opposition entre la conception de la « sécurité » du gouvernement et celle des Canadiens est devenue très forte. Les mots d’ordre du gouvernement de « défense de l’Amérique du Nord » et « sécurité partagée » ont comme objectif d’accélérer les préparatifs de guerre et l’insécurité des peuples du monde. La prémisse qui soustend tous les appels à l’intégration complète des forces armées canadiennes à la machine de guerre américaine est que la sécurité signifie « sécuriser » la « patrie » nord-américaine pour la garder « libre et prospère », contre toute menace à la domination des oligopoles. Elle rejette toute conception de sécurité moderne et centrée sur l’humain.

Cette poussée belliciste se heurte à la conception moderne et centrée sur l’humain de la sécurité qui est intégralement liée à la défense des droits de tous, ici et à l’étranger. Les Canadiens doivent continuer de s’unir aux peuples du monde pour défendre leur indépendance, leur souveraineté et la paix.

(Archives du LML, Centre de ressources Hardial Bains, L’Encyclopédie canadienne, CBC, Globe and Mail)

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2018/Q48022S.HTM

A propos des interventions impérialistes en Syrie et au Kurdistan

Nous publions cette analyse de l’organisation OCML VP parce qu’elle reflète les préoccupations des révolutionnaires et activistes de la cause palestinienne dans notre région du monde

 

 

On aurait pu croire qu’une crise de l’envergure de celle en cours en Syrie et en Irak aurait provoqué une intervention militaire terrestre impérialiste massive. Or, le gouvernement Obama s’y est refusé. Sur la base de leur échec en Irak, les Américains ont fait le constat qu’il ne suffisait pas d’envahir un pays pour régler ce genre de problème, mais qu’il fallait être capable d’y installer et maintenir un gouvernement stable. C’est ce qu’on entend appeler « Doctrine Obama » dans les médias.

Les impérialistes n’ont pas (ré-)envahit la Syrie et l’Irak massivement parce qu’ils sont conscients, malgré leur force militaire, de leur faiblesse politique. Il s’y rajoute le fait qu’une invasion de ces deux pays entraînerait des réactions de la Russie et de l’Iran. Les USA n’ont pas la volonté de se lancer dans des occupations militaires et des affrontements diplomatiques coûteux. Quant à la France, elle ne peut de toute façon pas avoir des ambitions à cette mesure. Elle n’est pas en mesure d’occuper un pays comme la Syrie ou l’Irak.

Nous disions déjà que les interventions impérialistes, militaires, économiques, diplomatiques, directes ou indirectes, en creusant la contradiction pays impérialistes/peuples dominés, créent ces situations de crise semble-t-il incontrôlables. Ces interventions ne peuvent qu’attiser ou du moins semer les graines du chaos. Nullement une volonté calculée et consciente des impérialistes, contrairement à ce que pourraient affirmer certains dans une veine complotiste, qui revient à surestimer la capacité des impérialistes à maîtriser les contradictions. Ce n’est juste qu’un résultat inévitable des interventions impérialistes. La République démocratique du Congo (ex-Zaïre), où depuis des décennies des milices sanguinaires contrôlent des régions entières du territoire, est un exemple de la perpétuation durable de ce genre de situation. C’est la manifestation de la crise de l’impérialisme. Les attentats que nous subissons ici en sont la conséquence, dont les centres impérialistes ne peuvent rester à l’écart. Il est juste de dire que ce que nous avons subi le 13 novembre à Paris ou le 14 juillet à Nice est peu de choses comparés à ce que subissent en permanence les Syriens (bombardements d’Alep) ou les Congolais.

La « Doctrine Obama » montre également que les impérialistes sont plus faibles qu’on ne le croit, qu’ils n’arrivent pas à tout maîtriser. C’est objectivement encourageant pour les opprimés et les exploités, même si les faiblesses impérialistes ne signifient pas forcément en retour un renforcement du camp du peuple.

Il est également important de combattre le pseudo « anti-impérialisme » opportuniste qui consiste à soutenir le régime fasciste d’Assad, ou les interventions militaires russes et iraniennes en Syrie, sous prétexte que toutes les alliances seraient justifiées pour s’opposer à la volonté hégémonique de la superpuissance US. Ce n’est pas parce qu’il s’oppose aux USA, à la France et à la Grande-Bretagne que le régime syrien est une force anti-impérialiste conséquente ; il est par ailleurs soutenu à bout de bras par la Russie qui est bel est bien une puissance impérialiste (concurrente des USA) qui cherche à maintenir et étendre son influence.

Sur l’alliance militaire entre les Kurdes et les Impérialistes

De nombreuses questions se posent par rapport aux liens qui existent entre le PYD, le parti dirigeant au Rojava, et ses unités armées, les YPG/YPJ [1] avec les impérialistes. VP a toujours défendu le principe général d’opposition à toute intervention impérialiste, directe ou indirecte, dans les pays dominés.

Actuellement, les YPG/YPJ sont en alliance militaire ouverte avec une coalition impérialiste en Syrie [2]. Cette alliance s’est constituée au moment du siège de Kobanê. A ce moment là, sans l’intervention aérienne massive des puissances occidentales en faveur des forces Kurdes assiégées, il est probable que le Rojava aurait été écrasé par Daesh. Par ailleurs, les Impérialistes ont constaté que les YPG étaient la seule force sur place conséquente pour combattre Daesh. Leurs tentatives de mettre sur pieds des unités télécommandées de l’Armée Syrienne Libre se sont soldées globalement par des échecs.

La politique impérialiste face à Daesh se fait à l’heure actuelle à courte vue. Aujourd’hui, ils soutiennent les Kurdes comme seule force anti-Daesh efficace. En même temps, ils soutiennent la Turquie, membre de l’OTAN, qui combat les Kurdes.

D’ailleurs, l’armée turque est entrée à Rojava plus pour combattre les Kurdes que pour combattre Daesh. Malgré cela, les USA ont souhaité que la Turquie et les Kurdes de Rojava concluent une sorte d’accord pour se partager le contrôle territorial du nord de la Syrie, et ont exprimé qu’ils s’opposeraient à un Etat kurde indépendant.

Les stratégies qu’ils ont tenté de mettre en place pour constituer des forces sous leur contrôle (Armée syrienne libre, Conseil national Syrien, etc.) pour renverser Assad et détruire Daesh ont échoué. Du coup, ils sont contraints de négocier avec le régime syrien, et de soutenir les forces qui existent déjà pour au moins contenir Daesh, mais qui ont des objectifs politiques qui ne sont pas les leurs. C’est là encore une manifestation d’une faiblesse relative de l’impérialisme. En même temps, ils doivent sûrement espérer corrompre le mouvement kurde pour lui faire abandonner son objectif initial, en faire une force clairement pro-impérialiste, sur le modèle du pseudo « Gouvernement Régional du Kurdistan » d’Irak, confié par les impérialistes à la clique de Barzani.

Les États-Unis leur ont livré des armes. Des forces spéciales occidentales (US,
Britanniques et Françaises) sont aux côtés des YPG/YPJ et peut-être même les forment. Ces forces spéciales sont également là pour coordonner les frappes aériennes occidentales avec les offensives des YPG/YPJ contre Daesh ; la Turquie s’est même plainte que les forces spéciales US portent des insignes des YPG [3]. Ces soldats impérialistes ont même construit leurs propres bases permanentes sur le territoire du Rojava, avec l’accord de son gouvernement. Tout cela est public et reconnu par les YPG/YPJ. Des articles de presse (qui s’appuient sur des affirmations du régime syrien et de l’Observatoire syrien des droits de l’homme) affirment également que les Américains ont construit ou construisent une base aérienne dans le nord-est de Rojava. Il ne s’agit cependant pas de sources fiables. Et les YPG l’ont démenti [4].

Le soutien au Bataillon International de Libération au Rojava

La position de VP, c’est de soutenir le mouvement d’émancipation des peuples, notamment du peuple kurde, mais sans esquiver les débats. D’un côté, certains vont prendre prétexte de cette alliance pour jeter le bébé avec l’eau du bain, dénigrer la lutte du peuple kurde, lui refuser son droit à l’autodétermination. De l’autre, certains vont dire que puisqu’il faut soutenir le peuple kurde, il ne faut émettre aucune critique vis à vis des organisations qui dirigent sa lutte.

Comme pour la lutte du peuple palestinien, la distinction est claire entre le soutien de principe à la lutte de libération du peuple kurde, la distinction dans le soutien entre les différentes forces qui y participent. Notre soutien actif va d’abord aux organisations communistes et révolutionnaires de Turquie et du Kurdistan, comme le TKP/ML ou le MLKP [5].

Le soutien au mouvement de libération national kurde doit être d’abord un soutien politique aux forces révolutionnaires et non pas principalement humanitaire.
L’humanitaire est une nécessité, dans la mesure où il permet de faire vivre la solidarité internationale, mais il doit être dirigé par le point de vue politique. Ce soutien n’exclut pas la critique franche et honnête à l’encontre des organisations kurdes lorsque nous avons des désaccords avec elles. C’est ce que fait l’OCML VP en ayant rejoint une campagne de soutien au Bataillon International de Libération – IFB – au Rojava à l’initiative du Secours Rouge International [6]. Ce Bataillon fondé en juin 2015 est composé de révolutionnaires étrangers, anarchistes et communistes, qui se battent aux côtés des Kurdes du Rojava [7]. Le Bataillon combat sous commandement militaire des YPG/YPJ.

C’est exactement le contraire que fait l’ICOR via sa campagne de « Brigade Internationale pour Kobané » [8]. En effet elle mène une campagne politique de soutien au peuple kurde sans aucune critique à l’égard de la direction du PYD, ce qui la mène de fait à une campagne humanitaire lisse et apolitique (projet de construction d’un hôpital).

Le Bataillon International de Libération, et ses différentes composantes a une expression politique autonome. Dans ses déclarations, il a clairement dénoncé l’impérialisme [9] et une de ses brigades a remis en cause le soutien militaire des USA [10]. Par ailleurs, certaines forces de ce Bataillon, comme le TKP/ML [11], ont mis en garde sur le risque de cette alliance.

Si l’OCML VP a rejoint cette campagne en janvier 2016, c’est que nous considérions à la fois qu’elle portait un contenu anti-impérialiste et révolutionnaire clair sur la situation régionale tout en soutenant, y compris concrètement, les forces révolutionnaires actives dans le conflit. Depuis, nous avons organisé et participé à différents événements [12], récolté des milliers d’euros, diffusé les prises de positions en français du Bataillon International [13] etc.

C’est une manière concrète de discuter de la situation au Moyen-Orient avec les gens autour de nous, de montrer qu’il existe des forces progressistes et révolutionnaires, de convaincre que, même si cela se passe à plusieurs milliers de kilomètres de chez nous, nous ne sommes pas impuissants : c’est une manière de combattre l’abattement et la résignation. D’ailleurs, cette campagne est un succès et a permis de récolter plusieurs dizaines de milliers d’euros en Europe, d’acheminer des centaines de pansements hémostatiques et de faire largement connaître le Bataillon International.
Et puis pour avoir la légitimité de porter la critique et d’affirmer un point de vue, il ne suffit pas d’être spectateur, il faut être dans la lutte. A notre échelle, c’est ce à quoi nous travaillons.

Peut-on « s’allier avec le diable » ?

Il y a donc une contradiction à être à la fois « en général » opposé aux interventions impérialistes, et à admettre la nécessité d’une alliance à certains moments. Ce qui détermine l’aspect principal, c’est évidemment la situation concrète, le rapport de force entre les uns et les autres, jusqu’à quel point les forces progressistes peuvent compter sur leurs propres forces sans avoir besoin de nouer ce type d’alliances.

Toute alliance militaire avec l’impérialisme représente un gros risque. Car l’impérialisme a des objectifs fondamentalement opposés à ceux de l’émancipation des peuples et espère que son alliance avec le Rojava lui permettra d’assurer une présence permanente en Syrie. Car l’impérialisme est le responsable de la situation générale du Moyen-Orient. La contradiction avec l’impérialisme reste, historiquement, la contradiction principale pour les peuples de la région, et l’alliance actuelle ne peut être que tactique et temporaire.

On voit déjà que les tactiques militaires impérialistes brutales sont complètement à l’inverse de la tactique militaire des Communistes. Ainsi, les frappes aériennes occidentales en soutien aux Forces Démocratiques Syriennes ont déjà commis des massacres de populations civiles. Accepter la présence de militaires impérialistes à Rojava, c’est prendre un risque, leur laisser prendre leurs marques, faire de l’espionnage, tenter de se rallier certaines forces. Et il est certain qu’ils le font. A un moment donné, ce sera l’heure de vérité. Le PYD devra choisir entre l’alliance avec l’impérialisme et la poursuite des droits nationaux et démocratiques du peuple kurde. Les impérialistes, avec les USA à leur tête, ne cachent d’ailleurs pas qu’ils n’en veulent pas le moins du monde. Ils l’ont d’ailleurs prouvé maintes fois par le passé [14].

Il est excessif d’affirmer que les YPG/YPJ combattent « sous direction impérialiste ». Des hauts dirigeants du PKK et du PYD [15], comme Rıza Altun [16], Cemil Bayık [17] ou Saleh Muslim [18] ont publiquement exprimé que les puissances impérialistes intervenaient avant tout pour leurs propres intérêts et pas dans ceux des peuples, que leurs engagements ne sont pas fiables, etc.

Cependant, il ne suffit pas que la direction du mouvement kurde exprime publiquement sa méfiance vis à vis des impérialistes. Deux choses sont par ailleurs indispensables : Premièrement, quelles sont les limites posées à la pénétration effective des forces impérialistes en Syrie ?

Ensuite, dans quelle mesure les masses sont-elles éduquées dans un état d’esprit anti-impérialiste ?

Déjà, on peut s’inquiéter du fait qu’il ne semble pas y avoir de conditions claires posées par le gouvernement du Rojava à l’implication toujours plus poussées des forces impérialistes. Les forces kurdes ont d’abord accepté un soutien aérien, puis de recevoir des armes, puis la présence de soldats des forces spéciales US ou françaises, puis enfin que celles-ci installent leurs propres bases et acheminent leurs propres véhicules blindés. Lorsqu’il y a eu des affrontements entre les YPG/YPS et l’Armée turque à la frontière, ce sont des soldats US qui ont parfois fait tampons entre les deux. Où est la limite entre l’aide militaire qui peut être acceptée sans mettre en péril le pouvoir démocratique et populaire, et celle qui permet aux forces impérialistes d’être en mesure, demain, de faire un coup de force ? Au Rojava même, il existe des forces foncièrement réactionnaires qui, aujourd’hui, sont obligés d’accepter la direction des forces démocratiques, comme des chefs de tribus arabes, ou une partie de la population kurde fidèle au clan Barzani, mais qui demain pourraient se ranger du côté des impérialistes lorsque ceux-ci se retourneront contre les forces démocratiques. Car cet affrontement aura nécessairement lieu si le gouvernement du Rojava maintient sa ligne démocratique.

Par ailleurs, si la direction centrale du mouvement kurde a, du moins en parole, un point de vue anti-impérialiste, ce n’est pas le cas de toutes ses structures. En Europe par exemple, celles-ci portent des mots d’ordres auxquels nous ne pouvons souscrire, car ils n’expliquent pas clairement ce qu’est l’impérialisme, c’est-à-dire au final un ennemi des peuples, et propagent des illusions sur ce que le peuple Kurde pourrait attendre par exemple du gouvernement français ou de l’Union européenne [19].

L’affrontement avec l’impérialisme est inévitable

L’alliance entre des mouvements révolutionnaires et des Etats impérialistes a parfois été justifiée. Par exemple au cours de la Seconde guerre mondiale, lorsque le Front antifasciste englobait légitimement les USA et la Grande-Bretagne. L’alliance militaire entre la résistance populaire et les armées alliées était juste, comme l’échange de renseignements, l’envoi d’armes, etc.

Le Parti communiste chinois avait alors accepté des armes et un entraînement militaire de la part d’agents américains, tout comme la présence de bases aériennes dans les bases rouges pour bombarder le Japon.
Ailleurs, les mouvements de partisans dirigés par des partis communistes en Yougoslavie, en Albanie, en Grèce, ont été suffisamment fort pour pouvoir libérer leurs pays seuls, en ayant eu besoin de très peu d’aide étrangère.

En 1944, cela était impossible en France. Il était correct que la résistance populaire dirigée par le Parti communiste s’allie tactiquement aux puissances alliées. Cependant, le PCF a fait preuve d’opportunisme en se soumettant à de Gaulle et à la direction du mouvement antifasciste (Jean Moulin), et à la Libération, de trahison en maintenant un front uni avec la bourgeoisie pour l’aider à reconstruire l’impérialisme français.

Toute alliance est envisageable du moment que les forces révolutionnaires ont une vision claire des limites de cette alliance, et qu’elles sont conscientes qu’un jour il faudra la rompre pour aller de l’avant. Cela doit être clairement exposé aux masses. Une alliance militaire avec l’impérialisme, même temporairement justifiée, n’exonère pas de mener une critique acerbe de celui-ci, de combattre les illusions à son propos, dans les rangs du mouvement mais aussi de manière ouverte. En France comme à Rojava, il faut dénoncer la duplicité des impérialistes, pointer leur responsabilité dans la situation. Il faut pointer les contradictions de la politique impérialiste, qui montre qu’au final il ne fait que défendre sa main-mise sur la région, et non pas les droits des peuples. Exposer son soutien à des forces réactionnaires intégristes [20] tout en prétendant combattre Daesh, sa duplicité par rapport au régime d’El-Assad, son soutien au régime turc… Il faut aider les masses à comprendre ce qu’est l’impérialisme et à le combattre.

Il faut également coûte que coûte préserver l’indépendance politique et organisationnelle du mouvement révolutionnaire, ne pas se placer dans une situation de dépendance, de quelque sorte que ce soit, vis-à-vis de ces impérialistes. Malgré l’alliance, il est vital de conserver une indépendance militaire et politique, de conserver ses secrets. Les opprimés et exploités doivent en profiter pour faire progresser et consolider leurs organisations. Il faut avant tout compter sur ses propres forces, c’est une règle d’or du mouvement révolutionnaire. Le gouvernement du Rojava est le représentant du peuple kurde en Syrie. Son programme démocratique et antifasciste en fait l’expérience politique la plus progressiste au Moyen-Orient, ce qui contrecarre objectivement les visées impérialistes. Dans des sociétés marquées par le féodalisme, le patriarcat et les régimes fascistes c’est une lueur d’espoir. Cependant, nous devons rester vigilant par rapport à l’évolution des contradictions politiques, des alliances, et aux ingérences des forces impérialistes, qui cherchent à tout instant à corrompre les forces nationales et démocratiques.

L’OCML VP continuera à soutenir la résistance légitime du peuple kurde. Cela passe par dénoncer les impérialistes, en premier lieu l’impérialisme français, comme les ennemis des peuples de la région. Mais aussi en soutenant, les forces révolutionnaires sur place, qui défendent un projet politique porteur de libération nationale et sociale [21].

OCML Voie Prolétarienne, août 2017

In italiano : ICI
In english : ICI

[1] YPG : Unités de Protection du Peuple. Branche armée. YPJ : Unités de Protection des Femmes. Branche armée des femmes.

[2] https://www.theguardian.com/world/2014/oct/20/us-drops-weapons-to-kurds-in-syria

[3] https://www.youtube.com/watch?v=wYaBW9e80TQ

[4] http://www.kurdistan24.net/en/news/e8920a6c-e4fe-4023-a4b2-aeffa59c2ae1/U-S–airbase-in-Syriadespite-Kurds-denial

[5] TKP/ ML : Parti Communiste de Turquie Marxiste-Léniniste. MLKP : Parti Communiste Marxiste-Léniniste

[6] Campagne qui se donne comme objectif notamment d’acheter des pansements hémostatiques qui permettent d’arrêter les hémorragies causées par les plaies par balles sur le front. Plus d’infos ici : http://www.rojava.xyz

[7] Et en particulier le TKP/ML et le MLKP.

[8] Coordination Internationale des Partis et Organisations Révolutionnaires. Regroupement international auquel nous avons refusé d’adhérer, voir ici : http://ocml-vp.org/article1375.html
Plus d’infos sur cette campagne : https://www.youtube.com/watch?v=6Pkx2mgQqFg

[9] Voir la vidéo de la déclaration de fondation en juin 2015 de ce bataillon : https://www.youtube.com/watch?v=NeqOHDy93fY

[10] https://twitter.com/bobcrowbrigade/status/776434881123405824

[11] Nous avons interviewé un combattant du TKP/ML TIKKO dans Partisan Magazine qui précise ses critiques sur cette question : http://www.ocml-vp.org/article1796.html

[12] Par exemple, nous avons organisé un meeting/concert « Kurdistan : féminisme et résistance » en février 2016 à Toulouse dans la cadre de cette campagne qui a rassemblé plus de 200 personnes. Voir ici : http://ocml-vp.org/article1579.html

[13] https://www.youtube.com/playlist?list=PLiZhBiuZ6XviEBZFeZ5kuaLMkhBprEno7

[14] Notamment par leur soutien stratégique avec la Turquie, membre de l’OTAN.

[15] Parti d’Union Démocratique, mouvement qui dirige de facto la Région autonome du Rojava.

[16] Fondateur du PKK et Porte-parole du Conseil Exécutif du Koma Civaken Kurdistan (KCK), regroupement international des différentes organisations dirigées par le PKK.

[17] Fondateur du PKK, président du KCK.

[18] Coprésident du PYD

[19] Par exemple ici : http://www.akb.bzh/spip.php?article1035

[20] Par exemple, lors de la « Conférence de paix » de Genève en janvier 2016, les impérialistes avaient refusé l’entrée au PYD mais avaient invité l’Arabie Saoudite qui représentait le Front Al-Nosra (anciennement membre d’Al Qaïda). Voir ici : http://www.secoursrouge.org/Syrie-Le-PYD-refuse-par-l-ONU-les-USA-et-la-Turquie-a-la-conference-de-Geneve

[21] C’est le cas à travers la campagne de soutien au Bataillon International de Libération. Par ailleurs, nous ne soutenons pas l’idéologie du Confédéralisme démocratique adoptée par le PYD. Vous pouvez retrouver notre critique ici : http://ocml-vp.org/article1637.html

 

Source: http://ocml-vp.org/article1816.html

Le commandant de YPJ en Syrie rejette le passage aux exigences des États-Unis

Publié la première fois le 15 juillet 2017

 

TEHRAN (FNA) – Le commandant des unités de protection des femmes kurdes (YPJ) Nasrin Abdullah a souligné que les forces kurdes qui luttent contre les terroristes en Syrie n’agiront pas sur les demandes des États-Unis.

« Il est vrai que, aujourd’hui, les États-Unis fournissent des armes à nos forces, mais cela ne signifie pas que nous avons l’intention d’agir sur les exigences américaines », a déclaré Abdullah samedi.

« Nos relations avec les États-Unis sont limitées à la lutte contre l’ISIL et les deux parties ont souligné ce fait », at-elle ajouté.

Le YPJ est une organisation militaire entièrement féminine. Il comprend des Kurdes, des Arabes, des Assyriens, des Circassiens et des volontaires étrangers. C’est l’équivalent féminin de la milice des unités de protection du peuple (YPG).

Dans des remarques pertinentes en juin, le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, a déclaré que Washington continuerait à fournir des armes aux combattants kurdes syriens après la fin de la bataille pour expulser les militants ISIL de Raqqa.

Décrivant les assurances américaines en Turquie selon lesquelles les États-Unis retireront les armes aux Kurdes syriens après la lutte ISIL, Mattis a déclaré que cela dépend du moment ou de la prochaine mission.

Et il a également émis un ton de mise en garde lorsqu’on lui a demandé si toutes les armes seraient renvoyées. « Nous ferons ce que nous pouvons », at-il déclaré aux journalistes qui voyagent avec lui en Allemagne.

Plusieurs militants soutenus par la Turquie ont été tués dans des affrontements avec des combattants kurdes au nord de la Syrie.

TEHERAN (FNA) – Les groupes militants, affiliés à l’armée turque, ont perdu plusieurs combattants et leur matériel militaire a subi des dégâts majeurs lors de combats intenses avec les unités de protection du peuple kurde (YPG) dans les régions Al-Shahba et Afrin dans le nord d’Aleppo.

Les militants soutenus par Ankara ont lancé des attaques d’artillerie sur les villages de Mar’anaz et al-Bilouniyeh dans la région de Shara depuis leurs positions à l’est de la ville d’Azaz.

Les forces du YPG ont ouvert un tir de représailles aux positions des militants de la Turquie qui ont provoqué de lourds combats entre eux.
Selon les dépêches, trois militants soutenus par Ankara ont été tués et quatre autres ont été blessés dans les affrontements.

Des sources de terrain ont déclaré que les unités d’artillerie de l’armée turque et ses militants affiliés ont bombardé les villages et les villes de Tal Rifat, Cheikh Issa, Qarnateh, Haliseh, Hiseh, Qol Sarouj, Tal Jihan, Jal Madhiq, Tal al-Anab, al-Nayereh et Ein Daqneh à al-Shabba.

Les sources ont ajouté que les forces démocratiques syriennes, majoritairement kurdes, ont ouvert de lourds tirs d’artillerie et de mortier sur les lignes de défense des militants soutenus par Ankara dans le village de Tawis et la ville de Mare’a en réponse à leurs attaques d’artillerie, causant des pertes importantes sur la Turquie Des militants soutenus.

Selon les médias, vendredi, l’armée turque a renforcé sa présence militaire près de la région d’Afrin, dans la province d’Alep.
Selon les informations de Hawar, l’armée turque a augmenté le nombre de ses forces militaires aux frontières entre Afrin et la région de Bakur au Kurdistan dans les villages d’Ali Karo et Beykeh dans la région de Balbaleh.

L’armée turque a également mis en place deux tours de guet entre les villages d’Ali Karo et Beykeh et a rassemblé ses forces dans la région.
Il a également établi trois bases entre Beykeh et le village de Jorjio à Bakur, en les équipant de canons lourds et de munitions.

 

– YPJ Recognize, Acknowledge US-NATO Betrayal
– Kurds in Iraq, Syria are Exploited by the US to Divide the Middle East
– Turkish Army Reinvigorates Deployment Near Afrin
– Russia Asks Kurdish Forces to Withdraw from Northern Aleppo to Block Turkey’s Attacks

 

Source: https://syria360.wordpress.com/2017/07/15/ypj-commander-in-syria-rejects-bowing-to-us-demands/

In support and Solidarity with Omar Khadr who Has been tortured in Guantánamo 

PLEASE FORWARD

 

Dear Friends and Colleagues,

Those  of us who have followed Omar Khadr’s situation are profoundly shocked at the outrage expressed by some Canadians at the compensation Khadr has been awarded as a result of the shameful — and even criminal — treatment he suffered from the Canadian government(s). The negative reactions demonstrate some combination of ignorance of the facts of Khadr’s case and blatant racism.
The compensation has been awarded because of the many ways in which our government betrayed its obligations to Omar Khadr.
I wrote Prime Minister Justin Trudeau, Minister Ralph Goodale, and my own MP in support of the decision to apologize to Omar Khadr and pay him compensation.
As a Canadian of conscience, please take a few minutes to send your MP a letter that supports the government’s effort at justice for Omar Khadr to counter the reactions that do not reflect our values.

1. Prime Minister Justin Trudeau

E-mail: Justin.Trudeau@parl.gov.ca tel: 613-995-0253

2. Minister Ralph Goodale

E-mail: Ralph.Goodale@parl.gov.ca tel: 613-947-1153

3. You Member of Parliament (see below)

Find you MP and his/her address by following the instructions from the CJPME WEBSITE:

If you don’t already know who your Member of Parliament (MP) is, there are two steps to determining this.

First, determine what federal riding you are in. This can be done by entering your postal code into the Canadian Elections Website main page: http://www.elections.ca Once you have determined your riding, you can go to the Canada Parliament Website to determine your MP: http://www.parl.gc.ca After you have chosen your language preference, there is a link Members of Parliament in the center of the Parliament main page. When you click on this link, you will see all the members of parliament with their ridings indicated. Search on this page for your riding, and you will identify your MP.
The rule of law demands that there be a remedy – no government can act as if it is above the law. The reported settlement and apology recognizes this principle that is critical to the protection of everybody’s rights.
If you wish, please copy me so that I can share your support for justice with Omar Khadar, who must be devastated by the ugliness of so many of the responses.
You can access the very informative article BCCLA from July 5 here.

https://bccla.org/news/2017/07/civil-liberties-group-reacts-reports-khadr-settlement-organisme-des-libertes-civiles-reagit-aux-rapports-du-reglement-de-khadr/

For those who are interested in more of the background, here are some of the details that came out:

Omar Khadr was born in Canada and at 9 years old, his father took him to Afghanistan.
Omar Khadr, when a child of 15 in Afghanistan, was found badly injured in a building the US had just (illegally) bombed in July 2002; one of Khadr’s eyes was injured and an initial photo showed his eyes covered with debris from the bombing. A US soldier was shot and killed when subsequently entering the building. The US took Omar into custody, making the incredible claim that he had committed a « war crime » by killing the soldier.
Later investigations indicated that 1) the US had hidden the initial report which noted that an Afghan soldier had also survived that bombing (who might have killed the solider before he was quickly murdered), and 2) a forensic test suggested that the US soldier could have been killed by friendly fire. Regardless of what happened, Khadr bore no responsibility for the soldier’s death.
Despite Omar’s injuries, he was sent to the torture center in Bagram, where « Monster » torturer, Damien Corsetti, was appalled at his youth, his condition and the way he was being treated. Despite Omar’s age, he was not only sent to Guantanamo, but placed in the worst part of the torture gulag.
Canadian agents assisted in Omar’s terrible treatment by working behind the scenes with his torturers. Omar’s father had been head of a charity with connections — like the Bush family — to Osama bin Laden, which interrogators used as the excuse for Omar’s torture.
In 2010, the US tried Khadr for the alleged killing of the US soldier — in a military court that was widely censured for not meeting standards of fairness. According to a 2010 op-ed by lawyer Audrey Maclin, one interrogator, who was later court martialed for his abuse of prisoners, began interrogating Khadr less than 12 hours after his discharge from a hospital when Khadr was still sedated and on a stretcher.

[The interrogator « 1 »] did remember that he and other interrogators had threatened Khadr by telling him a story about the rape and murder of a fictitious young Afghan by “four big black guys” in a U.S. prison.

 

But Interrogator 1 couldn’t recall if he had ever shone a bright light into Khadr’s eyes. He couldn’t remember forcing Khadr upright on his stretcher in order to cause him excruciating pain. He couldn’t recall setting barking dogs on Khadr while the teenager was hooded. He didn’t recall making Khadr stand for hours to inflict both physical pain and sleep deprivation, though he did acknowledge that sleep deprivation was a technique used at Bagram, and he had said under oath at his court martial that it was “the practice” to do it to new detainees.

 

Interrogator 1 didn’t deny using these or many other “non-traditional interrogation techniques” (the prosecution’s euphemism for torture and cruel, inhuman or degrading treatment), he just couldn’t recall one way or the other. …. It may well have been difficult for Interrogator 1 to recall specific details of what he did in the course of his “six-hour-a-day, seven-day-a-week” interrogations of Khadr.
The abuse of Omar Khadr was so apparent that at one point, every former Minister of Foreign Affairs signed a letter to Harper asking him to repatriate Omar Khadr. The government’s continued abuse of Khadr’s rights– until it was forced by the courts to respect them– will stand as one of the most shameful chapters in our government’s history.
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Kathy Bergen

bergenkathy@gmail.com

Palestine : La détention administrative d’Abdul Razeq Farraj renouvelée, Lina Khattab libérée

 

Adbul Razeq Farraj, journaliste, directeur de l’Union des Comités de Travail Agricole et accusé d’être membre du FPLP est emprisonné sans procès ni inculpation depuis le 25 février 2014. C’est la quatrième fois que sa détention administrative est renouvelée par les autorités israéliennes.

De son coté, Lina Khattab, danseuse et étudiante qui avait été arrêtée le 13 décembre 2014 (voir notre précédent article) à l’occasion d’une manifestation de soutien avec les prisonniers politiques palestiniens (à l’occasion du 47ème anniversaire du FPLP) et accusée d’avoir lancé des pierres, a été libérée le 11 juin dernier. Elle a annoncé qu’elle étudiera le droit au lieu du journalisme après avoir vécu elle-même les conditions des prisonniers politiques palestiniens.

La libération de Lina Khattab.

 

linakattab

 

Source : http://www.secoursrouge.org/Palestine-La-detention-administrative-d-Abdul-Razeq-Farraj-renouvelee-Lina

SILENCE, ON TUE ! – Ukraine : trois journalistes tués en un jour, rien dans les médias !

Ukraine, 3 journalistes tués et dans les médias, rien !

 

Trois journalistes ont été tués en Ukraine en un jour ! Quatre assassinats politiques sur deux journées ! Où sont les activistes des droits de l’homme ? Où sont les allocutions de Merkel, Obama, Cameron, etc ? Où est le tumulte des médias occidentaux ?

KIEV 15 Avril

Oleg Kalashnikov, l’ancien député parlementaire du Parti des Régions, a été tué a Kiev, comme le service de presse du Ministère de L’Interieur Ukrainien l’a confirmé ce mercredi.

Il avait appelé à de larges commémorations du 70ème anniversaire de la victoire dans la Grande Guerre Patriotique. Kalashnikov était connu pour ses positions anti-Maidan. Il organisait également des rassemblements contre les autorités en Ukraine.

KIEV 16 Avril

Un journaliste Ukrainien bien connu, Sergey Sukhobok, a été tué a Kiev. Sukhobok, un natif du Donbass, en Ukraine de L’Est, région en guerre, avait travaillé comme journaliste depuis 1998. Il était auparavant un analyste de l’hebdomadaire Delovoy Donbass (Finance Donbass). Il avait récemment travaillé en tant que journaliste freelance. L’Ukrainskiye Novosti (Nouvelles Ukrainiennes), révèle que Kalashnikov avait reçu des menaces de mort peu de temps avant d’être tué.

KIEV 16 Avril

Olga Moroz, la rédactrice en chef du journal local, a été tuée en Ukraine. Son corps a été trouve avec des traces d’une mort violente.

KIEV 16 Avril

Un journaliste renommée, Oles Buzina, a été tué ce jeudi a Kiev, la capitale du pays. Dans sa dernière interview accordé à Radio Vesti, il avait accusé les autorités nationales d’avoir abandonné de façon inconditionnelle les intérêts de L’Ukraine.

“Les formations politiques qui ont pris le pouvoir en Ukraine comme la conséquence d’un coup d’État ont choisi une voie strictement pro-Occidentale », avait affirmé Buzina.

’Naturellement, tous nos liens de coopération avec la Russie dans la construction navale, l’aviation et la construction industrielle, furent instantanément démantelés. Aujourd’hui le pays est en proie au chômage et beaucoup de gens n’ont plus d’argent. Toutes les promesses de Maidan se sont avérées être de la pure fiction. Cette partie de l’élite ukrainienne qui s’appelle pro-occidentale abandonne tout simplement les intérêts nationaux de L’Ukraine”.

Buzina, un journaliste reconnu, écrivain et présentateur TV, a été tué par balle près de sa maison a Kiev depuis une Ford Focus bleu foncé avec des plaques d’immatriculation étrangères. Il était l’auteur de deux ouvrages, incluant “Taras Shevchenko le Vampire” et “L’union de la Charrue et du Trident”. Buzina était le rédacteur en chef du journal Segodnya mais avait quitté son poste au mois de mars dernier en raison de la censure.

Source : http://euro-dreams.blogspot.ru/2015

Illustration : Baf.f

Traduction : Collectif Investig’Action

Source: http://www.michelcollon.info/Ukraine-une-liberte-d-expression-a.html?lang=fr