Déclaration de Georges Ibrahim Abdallah – 21 octobre 2017

 

Déclaration de Georges Ibrahim Abdallah – 21 octobre 2017

Cher »e »s camarades, cher »e »s ami »e »s,

Vous savoir rassemblé-es en ces moments face à ces abominables murs et autres miradors nous apporte ici, beaucoup de force et nous fait chaud au coeur. L’ambiance, toute l’ambiance change dans ces sinistres lieux quand l’écho de la vie agissante vient percuter la platitude sans nom d’une quotidienne carcérale mortifère … ainsi, si près de nos cellules, la résonance de votre présence suscite beaucoup d’émotion et autant d’enthousiasme…

Certainement camarades, les diverses initiatives solidaires que vous avez su développer tout au long de cette 33e année de captivité, non seulement ont participé efficacement à démasquer l’absurdité de l’acharnement judiciaire et la vengeance d’État, mais surtout elles ont apporté un cinglant démenti à tous ceux et celles qui misaient sur l’essoufflement de votre élan solidaire.

Bien entendu Camarades, vous n’êtes pas sans savoir que c’est aussi grâce à cette mobilisation dans la diversité de l’engagement que les protagonistes révolutionnaires ici dans les geôles de la république ainsi qu’ailleurs, arrivent à tenir debout derrière les abominables murs en dépit des toutes ces années de captivité…

Force est de constater Camarades, que la politique d’anéantissement dont font l’objet les protagonistes révolutionnaires incarcérés, est vouée immanquablement à l’échec dans la mesure où l’on assume la solidarité sur le terrain de la lutte anticapitaliste/anti-impérialiste. On n’y insiste jamais assez camarades, ce n’est qu’en assumant la solidarité sur le terrain de la lutte de classe en cours et dans toutes ses dimensions que l’on apporte le soutien le plus efficace à nos camarades prisonniers.

À l’aube de cette 34e année de captivité, vous êtes toujours là Camarades, sur le terrain de la lutte et vos multiples initiatives réconfortent et fortifient plus que jamais ma résolution et ma détermination. À mes côtés ici des valeureux camarades basques résistent toujours, et depuis tant d’années. L’aménagement des peines ainsi que la « suspension des peines pour raison médicale » sont systématiquement refusés du moment où l’en est militant basque. Le cas du Camarade Ibon Fernandez est symptomatique à cet égard. Et pourtant on aurait pu s’attendre à autre chose suite à l’initiative toujours en cours de leur principale organisation de lutte.

Ceci dit Camarades, des geôles sionistes à celles du Maroc, des cellules d’isolement en Turquie à celles encore plus sombres en Grèce, aux Philippines et ailleurs en Europe et de par le monde, c’est toujours le même constat : au fur et à mesure que la crise du système s’approfondit et se généralise, l’acharnement judiciaire devient un simple élément d’une large panoplie mise à disposition de la contre-révolution préventive. Bien entendu cette panoplie des mesures et des lois ne cesse de s’étoffer toujours plus Camarades en ces temps de crise générale où l’on transforme les mesures de l’État d’urgence en simple loi du droit commun.

Camarades, les conditions de détention dans les geôles sionistes ne cessent de s’empirer de jour en jour en dépit des accords conclus lors de la dernière grève de la faim. Et comme vous le savez Camarades, pour y faire face, la solidarité internationale s’avère une arme indispensable…

Bien entendu les masses populaires palestiniennes et leurs avant-gardes révolutionnaires peuvent toujours compter sur votre mobilisation. C’est une belle occasion pour dire au criminel Netanyahou et ses consorts que le peuple palestinien n’est pas seul.
Peut-être faut-il toujours rappeler que plus de 300 enfants, des Fleurs et des Lionceaux, croupissent dans les geôles sionistes dans des conditions particulièrement difficiles.

Peut-être faut-il rappeler que le nombre de détenus administratifs ne cessent de se multiplier. Et certainement le Camarade Salah Hamouri ne sera pas le dernier du moment où l’occupant n’a pas à rendre compte devant les instances internationales de la barbarie et de ses mesures arbitraires qui frappent au quotidien tout un peuple.

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur des Fleurs et Lionceaux palestiniens !
Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur des masses populaires en lutte !
Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur des révolutionnaires qui résistent dans les geôles sionistes et dans les cellules d’isolement au Maroc, en Turquie, en Grèce, aux Philippines et ailleurs de par le monde !
À bas l’impérialisme et ses chiens de garde sionistes et autres réactionnaires arabes !
Honneur aux martyrs et aux masses populaires en lutte !

La solidarité, toute la solidarité avec la lutte du peuple palestinien et ses résistants incarcérés !
La solidarité, toute la solidarité avec les camarades grévistes de la faim dans les geôles marocaines !
Honneur aux valeureux combattants du PKK !
Le capitalisme n’est plus que barbarie !

Ensemble camarades et ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons !
À vous tous camarades mes plus chaleureuses salutations révolutionnaires.

Votre camarade Georges Abdallah

 

Source: http://liberonsgeorges.samizdat.net/ses-declarations/declaration-de-georges-ibrahim-abdallah-21-octobre-2017/

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Pour une Campagne unitaire pour la Libération de Georges I. Abdallah

Le Parti Communiste Maoïste se joint à la campagne internationale pour exiger la libération immédiate du prisonnier révolutionnaire Georges I. Abdallah

 

 

Georges Ibrahim Abdallah entrera le 24 octobre dans sa 34e année de détention !

Arrêté en 1984, puis condamné à perpétuité pour complicité dans des actes de résistance revendiqués par les FARL, alors que son pays était occupé par les troupes sionistes, notre camarade Georges Ibrahim Abdallah, âgé de 33 ans lors de son arrestation, aura passé autant d’années dedans que dehors, sans jamais renier son engagement politique.

Que toutes celles et ceux qui comme nous, sont aux côtés des peuples en lutte, au côté de la résistance palestinienne, qui combattent le capitalisme, l’impérialisme, le sionisme, le colonialisme, se joignent à nous dans l’exigence de sa libération.

Venez nombreux et nombreuses samedi prochain, devant la prison de Lannemezan (Hautes Pyrénées).

La manifestation partira de la gare à 14h pour aller devant la prison.

Cars et covoiturage partiront de Paris, Toulouse, Marseille, Pau, Tarbes…et d’autres villes encore.

A Paris, rendez-vous vendredi 20 octobre, à 21h, au pied de la statue de la République, pour un départ en car à 22h. Retour à Paris dimanche vers 6h.

Vous n’avez pas encore réservé votre place ? Faites-le vite !

Contact : campagne.unitaire.gabdallah@gmail.com

Le texte fondateur de la Campagne unitaire pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah :

LIBERTÉ POUR GEORGES ABDALLAH !

IL EST DE NOS LUTTES ! NOUS SOMMES DE SON COMBAT !

L’année 2015 a été une année où la population civile en France métropolitaine a subi des attentats massacres. L’État français s’est servi de cette situation particulière pour amplifier son système répressif sur le plan intérieur et guerrier sur le plan extérieur.

Notre réponse à cette situation extraordinaire doit être la convergence des résistances qu’elle implique : combat contre l’impérialisme et le terrorisme d’Etat (notamment celui de l’Etat sioniste) ; contre la violence d’État (militaire, policière, administrative), le racisme d’État, la répression et la fascisation de l’État en général, dirigées contre les peuples et les classes populaires des quartiers en particulier ; combat pour le droit juste et légitime à la révolte et à l’émancipation ; combat pour la libération des prisonniers politiques révolutionnaires.

Georges Abdallah – militant communiste libanais combattant pour la lutte de libération nationale de la Palestine, incarcéré dans les geôles de l’État français depuis plus de 31 ans – concentre en lui-même l’ensemble de ces luttes politiques. C’est en cela que nous disons qu’il est de nos luttes et que nous sommes de son combat, et que s’il est un état d’urgence à décréter, c’est bien celui pour la libération d’Abdallah !

ABDALLAH : TOUTE UNE VIE DE COMBAT

Contre l’impérialisme

Le 13 novembre 2015 restera la date, sur le plan de la politique extérieure de la France, de l’aval donné aux forces militaires françaises pour intensifier les bombardements et les attaques menés en Syrie et dans la région. L’impérialisme français sous couvert de la lutte contre le terrorisme déploie tout son arsenal de guerre pour asseoir son hégémonie et préserver ses intérêts. Les populations civiles massacrées, déplacées et niées dans leurs droits les plus essentiels ne sont pour les fauteurs de guerre que des dommages collatéraux. Ce chaos et cette terreur sont imposés aux peuples aux seuls bénéfices d’intérêts stratégiques et de guerres de pillage de l’impérialisme. Georges Abdallah durant toute sa vie a lutté et lutte encore contre l’impérialisme et les guerres faites aux peuples, et en cela il est pleinement de nos luttes.

Pour la Palestine

Le combat de Georges Abdallah est aussi celui de la résistance armée – celle à laquelle il a participé activement pour défendre le Liban contre l’agression sioniste et pour la lutte de libération nationale de la Palestine. Cette lutte reste au cœur de l’actualité. Le peuple Palestinien ne cesse de résister et de combattre, s’engageant aujourd’hui dans la voie d’une troisième intifada et appelant la résistance populaire à développer ses attaques contre l’occupant sioniste sous toutes les formes de lutte possibles. La résistance armée populaire est l’une de ces formes de lutte, pour la libération de toute la Palestine.

Contre la répression et pour le droit à la révolte

La violence et la répression d’État ne cessent de se renforcer, se militarisant même sous couvert de l’état d’urgence – véritable arme coloniale utilisée durant la guerre contre le peuple Algérien, contre le peuple Kanak et plus récemment (en temps de paix !) en 2005 contre les quartiers populaires. Perquisitions à toute heure, assignations à résidence, répression préventive, mise en garde à vue en masse d’opposants politiques, fichage et flicage à tout va, amplification des violences policières, utilisation immédiate et sans contrôle du droit à tuer donné aux forces de répression, contrôles au faciès institutionnalisés et généralisés : tout cela est devenu la normalité qu’ils imposent et que nous combattons.

Un des objectifs des gouvernants est de faire régner sous couvert d’une haute tension sécuritaire un climat de peur toujours plus intense, en utilisant notamment l’arme de l’islamophobie pour orienter le mécontentement populaire contre les étrangers, les immigrés, les sans-papiers, et en fin de compte diviser les exploités alors qu’ils ont tout intérêt à s’unir. Ce harcèlement et cette répression sont principalement dirigés contre les habitants des quartiers populaires et en particulier contre leur jeunesse discriminée et contre les militants. La fascisation du pouvoir s’appuie sur le racisme d’État et le chômage de masse organisé ; il s’agit de diviser pour mieux opprimer et exploiter. La criminalisation de l’action sociale et syndicale – comme les lourdes peines infligées dernièrement aux syndicalistes d’Air France et de Good Year – va aussi dans ce sens. Face à un tel État répressif et liberticide, un seul mot d’ordre se doit d’être opposé : celui du droit juste et légitime à se révolter. C’est ce terreau qui unit aussi nos luttes à celle de Georges Abdallah.

Pour la libération des prisonniers politiques révolutionnaires

Le combat de Georges Abdallah est celui d’un combattant communiste en prison, arrêté et détenu pour la lutte politique qui a été la sienne, pour les idées et les idéaux qu’il n’a eu de cesse de proclamer et de ne jamais renier. Sa résistance s’inscrit pleinement dans celle de tous ceux qui combattent aujourd’hui le système et rejettent sa domination sur la société et sur les peuples. C’est pour ses idées d’émancipation que Georges Abdallah s’est engagé dans la lutte. Ce sont pour elles et son combat révolutionnaire qu’il est encore détenu aujourd’hui. Pour cela nous exigeons sa libération immédiate et inconditionnelle.

Georges Abdallah s’est battu et continue de se battre en prison, pour la lutte émancipatrice du prolétariat et des peuples du monde. Il se bat pour un monde débarrassé du système capitaliste et de l’impérialisme et des rapports de domination qu’ils engagent et qui sont responsables de la misère de milliards d’hommes. Georges Abdallah se bat en tant que combattant communiste.

Lutter pour la révolution, c’est poursuivre le combat de Georges Abdallah ! Luttons pour exiger sa libération et luttons ainsi pour notre propre liberté, pour notre propre émancipation.

LIBERTÉ IMMÉDIATE ET SANS CONDITION DE GEORGES ABDALLAH !

VIVE LA RÉSISTANCE LIBANAISE ET PALESTINIENNE !

VIVE L’INTIFADHA !

PALESTINE VIVRA ! PALESTINE VAINCRA !

A BAS L’IMPÉRIALISME, LE SIONISME ET LES ÉTATS RÉACTIONNAIRES ARABES !

Campagne Unitaire pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah

 

Source: http://www.pcmaoiste.org/actunationale/georges-abdallah-toutes-et-tous-a-lannemezan-samedi-21-octobre/

Brève histoire du Secours Rouge International (SRI/RHI) et de sa section belge

 

Décembre 1922 – Fondation du MOPR en Russie soviétique

C’est le 29 décembre 1922 que la Société des vieux bolcheviks, lors d’une de ses sessions, lance l’idée d’une association russe ’d’aide et de solidarité internationale aux combattants de la Révolution’ (MOPR) ; celle-ci reçoit le nom de Secours rouge. Très vite, l’idée est reprise par l’Internationale Communiste et le Secours Rouge s’adjoint de nombreuses sections nationales. Lors de sa première conférence, le Secours Rouge définit ses buts : ’La conférence souligne particulièrement la signification politique du S.R.I. comme un des leviers les plus importants du front unique pour attirer les larges masses des travailleurs et des paysans sans distinction de parti à la solidarité avec les combattants révolutionnaires emprisonnés.’ L’organisation se veut donc la plus large possible mais se dote d’une structure très centralisée : le congrès des associations nationales membres, réuni au moins tous les deux ans, élit un Comité Exécutif siégeant deux fois par an ; ce dernier choisit en son sein un Présidium de neuf membres.

 

Le premier logo du SRI

 


Affiche du SRI : ’Au secours ! camarade / c’est pour toi que je suis en prison / ne l’oublie pas / ne m’oublie pas / adhère au Secours Rouge International’

 


Affiche du MOPR

1922-1924 – Julian Marchlewski, premier président du SRI

Julian Marchlewski était un des co-fondateurs, en 1893, avec Rosa Luxembourg du Parti social-démocrate de Pologne qui est dissout deux ans plus tard à la suite d’arrestations massives. Il prend part en Pologne à la révolution de 1905. Il rejoint le parti bolchevique, émigre en Allemagne où il est co-fondateur de la Ligue Spartakus et participe à la lutte révolutionnaire en Allemagne. Il est arrêté et plus tard échangé avec la Russie soviétique contre un espion allemand. En 1920, il dirige le Comité révolutionnaire polonais provisoire qui voulait proclamer la République socialiste soviétique polonaise, et qui est dissout après la contre-offensive des armées blanches et la victoire de la réaction en Pologne. Il sera le premier président du Comité Central du SRI jusqu’à sa mort, survenue en 1925.

 


Julian Marchlewski

 


Affiche pour le cinquième anniversaire du MOPR/SRI

Septembre 1924 – Le SRI compte déjà 19 sections nationales

En septembre 1924, le SRI tient sa première Conférence internationale. Il réunit à ce moment 19 sections nationales, à savoir :

Allemagne : Rote Hilfe Deutschlands
Autriche : Osterreichische Rote Hilfe
Bulgarie : Organisation für die Unterstützung für die Opfer der kapitalistischen Diktatur
Espagne : Socorro Rojo Internacional
France : Secours Rouge International
Grande-Bretagne : International Class War Prisoners Aid
Mexique : Liga Pro Luchadores Perseguidos
Norvège : Norges Roede Hjelp
Pays-Bas : Rode Hulp Holland
Pologne : Kommission für die Unterstützung von politischen Gefangenen
Suède : Internationella röda hjälpen – svenska sektionen
Union soviétique : Internationale rote Hilfe fûr die Kämpfer der Revolution
USA : International Labor Defense

 


N° du bulletin international du SRI (ici dans l’édition allemande) consacré à la première Conférence internationale du SRI.


Carte postale éditée par la section britannique du SRI lors du procès de 12 dirigeants du Parti communiste de Grande-Bretagne accusés de ’publications sédicieuses’ et ’d’appel à la mutinerie’. Les 12 furent jugés coupables par un tribunal londonien.

1921-1922 – SRI et SOI

Le Secours Ouvrier International est créé en 1921, un an avant le SRI. Son fondateur est Willy Münzenberg, proche de Lénine, futur député du parti communiste d’Allemagne, très lié aux milieux de l’avant-garde artistique. C’est l’époque du vote du Komintern en faveur de la politique de front unique, entraînant le développement d’organisations de masse. 1921, c’est aussi l’époque de la grande famine en URSS. Le 13 juillet, Maxime Gorki lance un appel international pour que l’on vienne en aide aux affamés. De retour d’un voyage dans ce pays, l’Allemand Münzenberg crée l’Internationale Arbeitershilfe (IAH, SOI en français) rassemblant de nombreuses organisations de gauche et des personnalités du monde entier, comme Albert Einstein, Anatole France, Henri Barbusse. Bientôt partiront du monde entier des bateaux de vivres, sous les auspices du SOI. Le SOI devient tellement puissant qu’il installe toutes sortes d’usines en URSS, bâtit des immeubles, répare les anciens.

Dans un second temps, le SOI devient l’organisation d’entraide internationale du prolétariat en lutte. Le SOI organise des collectes pour soutenir les grévistes, accueille les enfants des grévistes, etc. Les enfants des grévistes du Borinage seront ainsi recueilli par des familles ouvrières françaises et allemandes la durée de la grève.


Willi Münzenberg

 


Carnet de membre de la section belge du SOI


Septembre 1932. Solidarité du groupe de Daveil (région parisienne) du SOI avec les enfants de mineurs grévistes. A doite, assis, Denis, responsable du groupe draveillois du SOI. A droite, debout, Picard, responsable du groupe draveillois du SRI.

Ecouter Ernst Buch qui chante la marche du SOI: http://www.youtube.com/watch?v=ohrBwEcCDLA&feature=related

1924-1933 – Clara Zetkin, présidente du SRI

A la mort de Julian Marchlewski, c’est la grande dirigeante communiste féministe allemande Clara Zetkin qui assume la présidence du SRI. Née en 1857, elle fréquente dès le milieu des années 1870 les mouvements féministes et adhère au parti socialiste. Après l’interdiction du parti par Bismarck en 1870, elle s’exile à Zurich. A Paris, elle participe activement à la fondation de la Deuxième Internationale où elle réclame l’égalité complète des droits professionnels et sociaux de la femme ainsi que sa participation active à la lutte des classes. De retour en Allemagne après l’abrogation des lois anti-socialistes, elle développe le mouvement féminin socialiste et milite sans relâche pour les droits des femmes. En 1907, lors de la première conférence internationale des femmes socialistes, Clara Zetkin est désignée à la présidence du secrétariat international des femmes socialistes à Stuttgart. Le 8 mars 1910, lors de la 2e Conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, elle propose la création d’une ’journée de manifestation annuelle afin de militer pour le droit de vote, l’égalité entre les sexes, et le socialisme’. Cette initiative est à l’origine de la Journée Internationale des Femmes qui se déroule tous les ans le 8 mars. Elle participe à l’aile gauche du parti social-démocrate allemand et devient très proche de Rose Luxemburg. Opposante à la première guerre mondiale, elle participe avec Rosa Luxemburg à la création en 1915 de la Ligue Spartakiste et elle mène de nombreuses actions pacifistes, et organise notamment une conférence internationale pacifiste des femmes socialistes en 1915 à Berlin, ce qui lui vaudra d’être arrêtée à plusieurs reprises. La révolution allemande de novembre 1918 permet au mouvement féministe d’obtenir le droit pour les femmes de voter et d’être élues. Clara Zetkin adhère au Parti communiste d’Allemagne. Elle est ensuite députée du KPD de 1920 à 1933. Elle sera membre de la direction du KPD et de l’International communiste. En août 1932, présidant le Reichstag en tant que doyenne, elle appellera à combattre le nazisme. Contrainte à l’exil après l’arrivée des nazis au pouvoir et l’interdiction du Parti Communiste d’allemagne (KPD), elle meurt quelques semaines plus tard à Moscou.

 


Clara Zetkin

Voir notre dossier sur Clara Zetkin: https://secoursrouge.org/clara-zetkin

Mai 1925 – Fondation de la section belge du SRI

Son président en est depuis mai 1925 l’écrivain Charles Plisnier (membre du PCB depuis 1921) qui, outre à titre de dirigeant du SRI, participe à de nombreux congrès, voyage dans toute l’Europe comme émissaire de l’Internationale des Jeunesses Communistes, échappe de justesse à la terreur blanche qui sévit dans les Balkans, est nommé commissaire politique lors de l’insurrection soviétique de la Ruhr, participe au Congrès de Moscou et est élu au Présidium juridique international.

 


Charles Plisnier

1926-1927 – La campagne pour Sacco et Vanzetti


Sacco et Vanzetti

Les années 1919-1920 sont des années de crise aux Etats-Unis. En 1919, on recense 4,1 millions de grévistes qui réclament de meilleurs salaires et une réduction du temps de travail. Les grèves dégénèrent en violence et donnent lieu à des affrontements dans plusieurs grandes villes, comme à Boston. L’année 1920 est marquée par de nombreux attentats anarchistes : les responsables politiques sont touchés, comme le maire de Seattle ou celui de Cleveland, chez lequel une bombe explose. Les bureaux de la banque Morgan à Wall Street sont soufflés par un attentat qui fait 38 morts et 200 blessés. Les autorités prennent des mesures de répression contre les anarchistes mais aussi contre les communistes et les socialistes américains. Certains sont emprisonnés, d’autres contraints de s’exiler.

Le 5 mai 1920, deux anarchistes italiens, Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti sont arrêtés ; ils sont soupçonnés d’avoir commis deux braquages (le 24 décembre 1919 à Bridgewater et le 15 avril 1920 à South Braintree où deux convoyeurs sont tués). Le 16 août 1920, Vanzetti seul est condamné pour le premier braquage à 15 ans de prison. Le second procès qui se clôt le 14 juillet 1921 les condamne tous les deux à la peine capitale pour les crimes de South Braintree, malgré le manque de preuves formelles. Des comités de défense et le Secours Rouge y joue un rôle de premier plan. Le 12 mai 1926, leur condamnation à mort est confirmée. Le 26 mai, un bandit dénommé Madeiros avoue de sa prison être l’auteur du braquage de South Braintree, mais le juge refuse d’en tenir compte. Malgré une mobilisation internationale intense et le report à plusieurs reprises de l’exécution, Sacco, Vanzetti et Madeiros passent sur la chaise électrique dans la nuit du 22 au 23 août 1927, suscitant une immense réprobation. Le 23 août 1977, exactement 50 ans après, le gouverneur du Massachusetts absout les deux hommes.


Manifestation pour Sacco et Vanzetti à Paris le 7 août 1927

 


30 mai 1927 : Manifestation à Bruxelles du Secours Rouge pour Sacco et Vanzetti

 


Les banderoles du Secours Rouge pour la manifestation du 30 mai 1927 à Bruxelles

Notre dossier sur l’affaire Sacco et Vanzetti: http://www.secoursrouge.org/L-affaire-Sacco-et-Vanzetti

Avril-juillet 1928 – La crise avec la fraction trotskiste

En 1928, Plisnier et quelques membres de la section belge du SRI (dont le secrétaire général Guyomard) s’alignent sur Trotsky, en opposition à la direction collective Staline-Zinoniev-Kamenev (la ’troïka’). La fraction, qui contrôle le Comité Central, essaie d’entraîner la section belge du SRI dans la voie d’un conflit avec l’Internationale Communiste. La direction internationale (le Comité Exécutif et le Présidium) du SRI prononça la dissolution du Comité Central belge au motif qu’il aurait violé la plate-forme du SRI, tandis qu’au sein de la section belge, la lutte de lignes est acharnée (les fédérations bruxelloise et liégeoise rejetèrent ouvertement la ligne du Comité Central contrôlé par les trotskistes et cessent de lui remettre les cotisations). La crise se solda par l’exclusion des trotskistes, et principalement de Plisnier. Celui-ci continuera un temps son engagement trotskiste, puis renoncera très vite à toute activité politique pour se consacrer à la littérature (prix Goncourt 1937 pour Faux passeport, roman basé sur son expérience d’émissaire de l’Internationale Communiste).


La brochure par laquelle la fraction trotskiste de la section belge du SRI a tenté d’obtenir, en juillet 1928, le ralliement de l’ensemble du SR.

Décembre 1928 – Pierre Vermeylen, président de la section belge du SRI

Après l’exclusion de Plisnier, c’est le brillant avocat Pierre Vermeylen qui prend la direction de la section belge du SRI. Pierre Vermeylen avait été membre des Jeunesses Communistes puis du Parti Communiste. Il démissionna du Parti Communiste en 1930, en raison de plusieurs désaccords politiques, sans pour autant renoncer à son engagement dans le Secours Rouge. Sous sa présidence le Secours Rouge connaîtra en Belgique un grand développement.

Pierre Vermeylen était alors entouré d’une remarquable équipe d’avocats qui s’engagera dans la Résistance et sera décimée par la Gestapo : Maurice-Robert Beublet (décapité à la hache à Berlin), l’avocat Jean Bastien (mort au camp de concentration de Sachsenhausen) ou Robert Lejour (qui lui succédera à la tête du SR et qui sera abattu par ses geôliers à la prison de Liège). D’autres survécurent comme l’avocat cinéphile Jean Fonteyne (futur sénateur communiste entre 46-49), comme Albert Van Ommeslaghe (qui sera également sénateur du PCB après-guerre), Luc Peereboom (futur juge de paix), Georges Van Steenbeek, Israël Joudanine, Jacques Cyprès, et quelques autres.


Pierre Vermeylen plaidant en Cour d’assises. A sa gauche, maître Luc Peereboom, également membre du Secours Rouge.

Juin-juillet 1932 – La grande grève des mineurs

La crise économique touche durement les charbonnages et le patronat en fait peser le poids sur les mineurs qui vivent déjà dans une misère noire. Le chômage touche un ouvrier sur cinq à une époque où l’assurance chômage n’est pas universelle et où les conditions d’attributions viennent encore d’être réduites. De nouvelles baisses de salaires sont décidées alors que, les mois précédents, les salaires avaient déjà chutés de 30% ! Le 28 juin, la grève éclate au Borinage, elle s’étend dans le Centre. Le 7 juillet, il y a 30.000 grévistes au Borinage et 15.000 dans le Centre et à Charleroi. Les puissantes organisations socialistes n’interviennent pas ; seuls le Parti Communiste, le Secours Rouge et, surtout, le Secours Ouvrier International organisent la solidarité. La répression policière et patronale est terrible : manifestants tués, familles grévistes expulsées de leur maison, etc., et cela dans le black-out médiatique. A Roux, le bourgmestre socialiste décrète l’interdiction de rassemblement. Les femmes prennent alors la tête des manifestations, afin de tempérer quelque peu la répression, en brandissant banderoles et calicots sur lesquels on peut lire ’Non à la crise’, ’Plutôt la mort que la faim pour nos enfants’, obtenant des travailleurs des autres secteurs qu’ils se joignent à la grève. Les dirigeants socialistes et les syndicats réformistes dénoncent les travailleurs révolutionnaires à la police. L’Etat de siège est proclamé à Mons, Charleroi et Liège, les rassemblements de plus de 5 personnes étaient interdits en rue. La grève prend un caractère insurrectionnel : des barricades sont construites, le château d’un directeur de charbonnage est incendié. Le gouvernement fait intervenir l’armée qui doit protéger non seulement les charbonnages mais aussi les Maisons du Peuple contre les grévistes rendus furieux par la trahison des socialistes. Les enfants des familles grévistes sont accueillis dans des familles ouvrières allemandes et françaises membres du SOI. Voyant le prolétariat dénoncer sa politique de plus en plus largement, les centrales socialistes tentent de reprendre le contrôle. Elles décrètent une grève, obtient des avantages mineurs et organise la fin du mouvement.

 


Manifestation dans le Borinage (Roux) en hommage à un ouvrier assassiné dans cette localité par la police lors de la grève de 1932, filmée par Jean Fonteyne en 1933.


9 juillet : notre SR fleurit le monument Tayenne au cimetière de Marchienne

 

Juillet 1932 – Le gouvernement interdit le Secours Rouge

Alors que la grève des mineurs prend un caractère insurrectionnel, le gouvernement tente de proscrire les seules forces qui soutiennent les mineurs. Il fait poursuivre le Parti Communiste pour ’complot’. Il fait arrêter les principaux dirigeants communistes : Glineur, Lahaut, Cordier, Thon, Leemans, et bien d’autres encore (on n’osa toutefois pas s’en prendre à Jacquemotte, devenu député). Les journaux communistes sont purement et simplement interdits tout comme la Centrale Révolutionnaire des Mineurs (CMR), l’Opposition Syndicale Révolutionnaire, les Amis de l’URSS… et le Secours Rouge. C’est l’équipe des avocats du Secours Rouge qui s’occupa de la défense des dirigeants communistes et des organisations poursuivies. Elle arracha la libération des dirigeants et, après des mois de guérilla juridique, obtint le non-lieu pur et simple. Le ’complot’ n’irait jamais devant un tribunal.

1932-1933 – ’Misère au Borinage’

En 1933, un membre important de la section belge du Secours Ouvrier International, (il dirigeait sa Commission de politique sociale) le docteur Paul Hennebert, mène l’enquête sur 25 familles du coron d’un charbonnage où les représailles patronales consécutives à la grève de 32 sont féroces. Ni les syndicats socialistes ni l’Assistance publique n’interviennent. Les familles sont expulsées de leur maison. Le résultat de l’enquête paraît dans une brochure publiée par la section belge du SOI en juillet 1933, une brochure bouleversante intitulée On crève de faim au levant de Mons. De son côté, l’avocat cinéphile Jean Fonteyne, membre du Secours Rouge, avait filmé la manifestation pour Tayenne.
Cela amène André Thirifays (animateur du Club de l’Ecran) à proposer à Henri Storck de réaliser un film sur le sujet. Jean Fonteyne qui était à la fois responsable au Secours Rouge et animateur du Club de l’Ecran, réalise des repérages, trouve un financement, obtient la collaboration des familles ouvrières qu’il connaissait bien, puisqu’il les avait plus d’une fois défendues en tant qu’avocat du Secours Rouge. Henri Storck, auquel s’est joint Joris Ivens, commence la réalisation. Avec très peu d’argent, devant se cacher de la police mais soutenus par toute la population, le tournage se passa dans des conditions difficiles et exaltantes. Comme tout documentaire, il mêle la réalité et la fiction et ceci d’autant plus prodigieusement que ce mélange ne relève pas de la volonté directe des réalisateurs. En effet, dans le film, les deux auteurs avaient organisé, avec des figurants borains, une manifestation de mineurs marchant derrière un portrait de Karl Marx. Les manifestants tenaient en fait leur propre rôle dans la manifestation d’hommage à un ouvrier gréviste tué par la police. Les habitants du corons y participèrent comme à une vraie manifestation. La gendarmerie prit aussi cette reconstitution pour une vraie manifestation et intervint brutalement pour la disperser, ce que la caméra de Storck et Ivens filma également.

’Crise dans le monde capitaliste. Des usines sont fermées, abandonnées. Des millions de prolétaires ont faim !’ C’est sur ces mots de manifeste et de révolte que s’ouvre ce film fondateur du cinéma belge et une des références les plus importantes du film documentaire. Le film est dur, magnifique. Il a gardé toute sa force, son impact émotionnel d’indignation et de compassion. Il a donné à la classe ouvrière les images les plus fortes de son histoire et de ses luttes. Parmi elles : les expulsions, l’entassement des enfants dans les maisons taudis, leurs visages émaciés et absents, la procession avec le portrait de Karl Marx, le ramassage du mauvais charbon sur les terrils à l’aube, le mineur mendiant etc., sans oublier le choc du raccord des plans : les maisons vides, alors que des sans-abri dorment dehors, une quasi-famine et aucune aide tandis que des sommes importantes sont dépensées pour la construction d’une église…


Joris Ivens, Henri Storck et Jean Fonteyne sur le tournage de Misère au Borinage

Pour en savoir plus sur le film: http://www.fondshenristorck.be/index.php?option=com_virtuemart&page=shop.product_details&flypage=shop.flypage&category_id=1&product_id=42&Itemid=50&vmcchk=1&Itemid=50

Novembre 1932 – Premier congrès du Secours Rouge International

C’est en novembre 1932, à l’occasion du dixième anniversaire du SRI, qu’eu lieu, à Moscou, dans la célèbre salle des colonnes de la Maison des syndicats (là où s’était tenu le congrès de l’Internationale syndicale rouge, où l’on exposera la dépouille de Staline), le premier Congrès international du Secours Rouge. Le SRI compte à cette époque 71 sections nationales totalisants 13,8 millions de membres (5.556.000 pour l’URSS). Pierre Vermeylen y représentait la section belge tandis que la section française était représentée par Marie-Louise Cachin, fille du fondateur du PCF, brillante avocate.


La brochure reprenant des textes et résolutions du premier congrès international du SRI

Octobre 1934 – Pour les insurgés asturiens

 

Affiche du SR d’Espagne en soutien aux familles des insurgés des Asturies

En octobre 1934, des insurrections prolétariennes ont lieu à Madrid, en Catalogne et dans les Asturies. Dans les deux premiers cas, la contre-révolution triomphe assez facilement. En revanche, des soviets sont organisés dans la seule région qui y soit prête, la région minière des Asturies. Cette insurrection est parfois appelée la ’Commune espagnole’ ou la ’Révolution d’octobre’ puisqu’elle culmine en octobre 1934 lorsque l’armée rouge des mineurs contrôle un territoire de quelques 1.000 km² autour d’Oviedo et au sud de cette ville. L’insurrection est matée dans le sang par les troupes d’Afrique commandées par Franco. La répression ordonnée par le gouvernement est terrible : 1.000 morts et 20.000 prisonniers pour lesquels le Secours Rouge International fait campagne.

Notre dossier sur l’insurrection des Asturies: http://www.secoursrouge.org/En-el-pozo-Maria-Luisa

Années ’30 – Le SRI au zénith

Le danger fasciste augmenta considérablement les responsabilités, les tâches, mais aussi l’écho et la popularité du Secours Rouge International. De nouvelles sections nationales apparaissent, tandis que celles qui ne souffrent pas directement de la répression fasciste (comme en Pologne, en Italie et bientôt en Espagne et en Allemagne) connaissent un grand développement.

Voir à ce propos le document suivant : http://www.contre-informations.fr/archivesfrance/pcf2/doc22.pdf

Rapport sur le Secours Rouge en France en 1935http://www.contre-informations.fr/archivesfrance/pcf2/doc22.pdf

Der Rote Helfer (’Le secouriste rouge’), mensuel de la section allemande du SRI (1928)

Labor Defender

Labor Defender, mensuel de la section américaine (1932)

Réunion de la section mexicaine

Réunion de la section mexicaine du SRI, photo de Tina Modotti, qui était une dirigeante importante du SRI.

Le chant du Secours Rouge

- Pour briser l’ardeur des meilleurs combattants,
- Pour vaincre l’essor ouvrier montant,
- Le Bourgeois fait donner sa police.
- Prison, tribunaux, matraqueurs, répression,
- Fascistes tout prêts à servir les patrons,
- Ont jeté tout un peuple au supplice.

- Contre ce monde malade
- Jusqu’au jour de l’assaut final
- Protégeons nos camarades
- Qu’un régime infernal
- Frappe dans nos rangs
- Secours à nos combattants !

- Martyrs blancs et noirs des pays coloniaux,
- Chinois et Roumains tous unis au tombeau,
- Innocents qu’on refuse d’absoudre
- Vos cris resteraient sans écho, sans espoir
- Si chacun de nous comprenant son devoir
- N’allait vers vous par le Secours Rouge.

- Refrain

- Chacun des méfaits du bourgeois assassin
- Dressant contre lui tout le genre humain
- Porte atteinte à sa propre puissance.
- Unis par ses coups ceux qu’il frappe si fort
- Invinciblement lui préparent le sort
- Du tsarisme écroulé dans sa fange.

- Refrain

Pour écouter la musique

Francesco Lo Sardo

L’avocat Francesco Lo Sardo, premier communiste sicilien à entrer au parlement italien (en 1924), dirigeant de la section italienne du SRI, arrêté en 1926 par la police mussolinienne et condamné par un Tribunal spécial. Il mourut à la prison de Poggioreale le 30 mai 1931

Septembre 1933 – Le procès et de contre-procès du Reichstag

Le 27 février 1933, le Reichstag (parlement) était en feu. Les nazis hurlèrent au complot communiste et instaurèrent un régime de terreur. La police allemande avait arrêté à Berlin le dirigeant communiste Dimotrov et deux autres bulgares et l’accusait de l’incendie du Reichstag en complicité avec un vagabond hollandais arrêté sur les lieux de l’incendie, Van der Lubbe, et le président de la fraction communiste au Reichstag, Torgler.

Willi Münzenberg organisa un grand contre-procès. Le président de la section belge du Secours Rouge, Pierre Vermeylen, était le seul ’apparenté communiste’ du jury. Münzenberg avait veillé à ce qu’il fut pluraliste. Le président du contre-procès était le King’s Councellor Pritt du barreau de Londres. A ses côtés siégeaient l’avocat new-yorkais célèbre pour avoir défendu Sacco et Vanzetti. Siégeait aussi dans la commission le bourgmestre socialiste de Stockholm, un avocat français, une parlementaire libérale néérlandaise, etc. Le contre-tribunal siégea à Londres et rendit son verdict trois jours avant l’ouverture du procès de Berlin, le 18 septembre, en déclarant qu’il était bien probable que le véritable incendiaire fut Hermann Goering, alors ministre de l’intérieur du Land de Prusse.

Au procès, Dimitrov se défendit froidement des accusations et réplique en accusant ses accusateurs, poussant Goering à la faute. Ce procès vaudra à Dimitrov une renommée mondiale. Après avoir été acquitté, il gagne l’Union Soviétique, devient secrétaire général de l’Internationale Communiste de 1934 à sa dissolution en 1943. En 1944, Dimitrov retourne en Bulgarie dont il dirige le Parti communiste, et fonde la République populaire de Bulgarie.

Procès du Reichstag

Procès du Reichstag : Debouts, à gauche Van der Lubbe, au centre Dimitrov.

Contre-procès

Le contre-procès : Pierre Vermeylen est le dernier à droite au dernier rang.

1934 – Bob Claessens, responsable à la section belge du SRI

En 1934, Bob Claessens devient secrétaire régional pour Anvers de la section belge du Secours Rouge International, et finalement membre du Comité exécutif du SRI en Belgique. Avocat, il plaide dans tous les procès politiques. C’est pour le SRI qu’il part en 1937 en Espagne avec mission d’unifier l’aide sanitaire et de rationaliser le service de santé militaire (un de ses deux parrains au Parti, Pierre Ackerman, commissaire politique de la 12e Brigade Internationale, tombe à ce moment sur le front de Madrid). Claessens participe aux travaux du Bureau Européen du SRI en 1937, à Paris, et devient secrétaire international de l’organisation.

Arrêté par la Gestapo en juin 40, il est détenu à Breendonck puis déporté à Neuengamme (où il commença son oeuvre de conférencier au profit de ses co-détenus), puis à Dachau. A la libération, il collabore au journal du Front de l’Indépendance où ses articles sur l’art sont remarqués, plaide et travaille dans le cabinet d’un ministre communiste jusqu’en 46. En 47, il devient responsable des intellectuels du Parti communiste. En 48, il est élu au Comité central et devient responsable à l’appareil de propagande. Il donnera dès lors libre cours à son éclatant talent de conférencier devant des salles combles d’où sortira le Cercle d’Education Populaire. Le succès populaire de ses conférences amena la RTBF à l’inviter pour des causeries sur la peinture à la radio et à la télévision à partir de 1963. En 1969, Claessens publie son chef d’œuvre : Notre Breughel. Il aura le temps d’en mesurer le succès avant de mourir le 7 août 1969.

Bob Claessens

Bob Claessens après-guerre, en conférencier du CEP

1935 – Robert Lejour, président de la section belge du SRI

En 1935, Pierre Vermeylen s’oppose à son tour à la ligne du Praesidium du Secours Rouge International. Il démissionne de son poste, et s’éloigne du mouvement communiste pour se rapprocher du parti socialiste, dans les rangs duquel il sera après-guerre sénateur et ministre. C’est l’avocat Robert Lejour, devenu membre du Parti Communiste, et qui avait accompagné Vermeylen à Moscou en juillet 1934 lors de la discussion entre le Comité Central de la section belge et le Praesidium international, qui en devient président. Sous l’occupation nazie, Robert Lejour fut le fondateur du mouvement ’Justice Libre’, qui regroupait les avocats, les juristes et les juges résistants dans le cadre du Front de l’Indépendance. Il dû passer à la clandestinité le 16 décembre 1942. Il commanda une unité de partisans armés jusqu’à son arrestation le 9 mai 1944. Robert Lejour fut abattu le 22 juin à la prison de Liège par un geôlier nazi.

Robert Lejour

Robert Lejour

1936-1939 – La guerre d’Espagne

Préparé de longue date, le soulèvement militaire fasciste éclate le 17 juillet 1936, mais sa mise en échec partielle contraignit les militaires putchistes (soutenus par l’Eglise, Hitler et Mussolini), et le gouvernement de Front Populaire (soutenu par l’URSS et, très timidement, par les démocraties occidentales) à se livrer une guerre totale, imprévue, longue et meurtrière. Dans la logique du Front Populaire, le Secours Rouge est devenu en France le Secours Populaire : il est en première ligne pour aider l’Espagne républicaine. En Belgique comme partout, les membres du SRI organisent des quêtes pour acheter du lait pour les enfants d’Espagne, des collectes de vivres et de vêtements. Des camions de la solidarité parcourent la campagne, on affrète des péniches, des trains et des bateaux.

Affiches du SRI catalan

Affiches du SRI catalan

Affiche du comité de Valence

Comité de Valence du SRI espagnol

1933-1940 – Le soutien aux antinazis exilés ou emprisonnés

Les campagnes pour dénoncer les crimes nazis, celle exigeant l’acquitement de Dimitrov, celle exigeant la libération de Thaelmann (dirigeant du Parti Communiste d’Allemagne) eurent un grand retentissement. Le Comité Thaelmann, créé à Paris en mars 34, avait organisé en outre un grand nombre de meetings (rassemblant plus de 100.000 personnes rien qu’en 1935 !), lâché des centaines de ballons sur l’Allemagne sur lesquels étaient écrit Freiheit für Thälmann, envoyé des délégations, organisé un contre-tribunal avec 300 juristes, etc.

Le Secours Rouge allemand souffrira beaucoup de la répression nazie. Par milliers, ses membres et ses dirigeants sont envoyés en camp de concentration. Ils seront nombreux à être exécutés, comme Johanna Kirchner qui avait été emprisonnée par Vichy et livrée à la Gestapo en 1942. C’est une des rares dirigeantes du Rote Hilfe qui venaient du parti socialiste. D’abord condamnée à dix années d’emprisonnement, Johanna Kirchner fut rejugée et exécutée le 9 juin 1944. Le Secours Rouge a pu maintenir une activité clandestine sporadique. C’est ainsi qu’un autre dirigeant du Rote Hilfe, Wilhelm Beuttel qui avait reconstitué l’organisation en Allemagne fut arrêté par la Gestapo en 1943 et exécuté en 1944.

Le Défense

Le Défense, journal de la section suisse du SRI (juillet 1935). Le Secours Rouge suisse organisa en grand l’accueil des réfugiés antinazis.

Tribunal

Tribunal, journal de la section allemande du SRI (Mars 1936). Ce type de journal était soit imprimé et diffusé clandestinement dans le Reich, soit imprimé dans les pays voisins et introduit clandestinement en Allemagne.

Affiche de la section belge

Affiche de la section belge du SRI dénonçant l’expulsion par la justice et la police belge d’antinazis allemands vers le Reich hitlérien (1936). Dessin de Wilchar.

1936-1939 – Dans les griffes de la Gestapo

Le site Nicht mehr anonym (’Plus jamais anonyme’) a mis en ligne les fiches des personnes arrêtées par la Gestapo de Vienne. Voici les fiches de quelques membres du Secours Rouge autrichien clandestin.

Léopold Blatsky

Le chauffeur automobile Leopold Blatzky a été arrêté le 23 mars 1943 comme cotisant au SR. Condamné le 18 novembre 1943 pour ’haute trahison’ à 10 ans de réclusion. Détenu jusqu’à la fin de la guerre.

Ernst Bohl

Le porteur de valise Ernst Bohl a été arrêté le 22 février 1944 comme cotisant au SR. Condamné le 2 juin 1944 pour ’haute trahison’ à 3 ans de réclusion. Détenu jusqu’à la fin de la guerre.

Alfred Eschner

L’ajusteur Alfred Eschner organisait dans l’usine à gaz Leopoldau, dans le cadre du SR, le soutien aux familles des collègues de travail antifascistes emprisonnés. Arrêté le 21 janvier 1942, condamné à mort le 19 décembre 1942 pour ’haute trahison’, et exécuté à Vienne le 13 avril 1943.

Josef Fatina

Le retraité Josef Fatina donnait et encaissait les cotisations pour le SR. Arrêté le 26 mai 1941 et condamné le 4 février 1943 pour ’haute trahison’ à 6 ans la réclusion. Sa femme, Franziska Fatina, a également été arrêtée.

Johann Dragosits

Le chauffeur Johann Dragosits recrutait et récoltait des dons pour le SR. Arrêté en septembre 1942, condamné à mort le 15 mars 1944 pour ’haute trahison’ et exécuté le 24 mai 1944.

Josef Blaschek

L’employé des postes Josef Blaschek a été arrêté le 24 février 1944, membre du SR, il aide un militant communiste évadé, Friedrich Schwager. Condamné à mort le 30 juin 1944 pour ’haute trahison’ et ’aide à l’ennemi’. Exécuté le 30 août 1944 à Vienne.

1940-45 – La section belge du SRI se fond dans ’Solidarité’, la ’Croix-Rouge du Front de l’Indépendance’

En 1941 est fondé, à Bruxelles, dans la clandestinité, le Front de l’Indépendance qui regroupera vite l’ensemble de la Résistance anti-hitlérienne – à l’exception de la droite catholique-royaliste et de quelques réseaux d’espionnages liés aux services secrets anglais.

En 1942, le Front de l’Indépendance se dote d’une organisation d’aide aux victimes de la répression nazie et à leurs familles, aux réfractaires au travail obligatoire, aux illégaux, aux persécutés. Ce sera ’Solidarité’, la ’Croix-Rouge du Front de l’Indépendance’. Le Secours Rouge se dissout dans cette nouvelle organisation large qui aura bientôt son organe clandestin national intitulé Solidarité.

A cela s’ajoutent des organes de presse régionaux. Ainsi par exemple, au cours de l’été 1943, paraissent deux mensuels édités par le comité régional Huy-Waremme de ’Solidarité’. L’Entr’Aide est fondé en juin 1943. Ronéotypé puis imprimé (à 2.000 exemplaires), il compte au total 5 numéros et est diffusé jusqu’à juillet 1944. Le second, Bulletin intérieur de Solidarité, connaît une existence bien plus brève.

Cassandre

Article du journal collabo Cassandre dénonçant ’Solidarité’ comme façade du Secours Rouge et dénonçant la participation de membres de l’ex-Secours Rouge à l’attentat contre l’usine d’ammoniaque de Willebroeck (septembre 1943).

Février 1971 – Première refondation du Secours Rouge en Belgique

Dans les années 1970, en plein essor du militantisme en Europe, dans le but de venir en aide aux militants arrêtés durant les manifestations et les grèves, le Secours Rouge était une première fois refondé. Cette refondation fut menée à bien par des organisations marxistes-léninistes comme le Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique (PCMLB), les maoïstes de l’organisation ’Université Usine Union’ et de ’Tout le pouvoir aux travailleurs’ et par les trotskistes de la Jeune Garde Socialiste (organisation de jeunesse de la Ligue Révolutionnaire des Travailleurs, l’actuelle LCR).

Journal du SR

Journal du Secours Rouge belge (1971)
SR ULB 1971

Affiche d’un meeting où, finalement, Sartre n’est pas venu… (1971)

1971-1976 – Echec de refondation d’un Secours Rouge International

Cette refondation du Secours Rouge n’était pas propre à la Belgique. De semblables démarches en France (sous la présidence de l’ancien commandant de la résistance armée communiste Charles Tillon et avec l’adhésion de Jean-Paul Sartre), en Italie (avec l’adhésion de Dario Fo et de Franca Rame) et ailleurs. Parmi les fondateurs du SR italien, Sergio Spazzali, avocat des brigadistes rouges et militant communiste lui-même, puisqu’il fut l’un des fondateurs de la ’Cellule pour le PCC’, un des courants constitutifs du PCPM  . Sergio Spazzali est mort en exil, à Paris. Finalement, seul le nouveau Secours Rouge allemand (Rote Hilfe) passera le cap du reflux des luttes à la fin des années ’70, et le projet d’unir ces organisations en un nouveau SRI échoua.

Charles Tillon, Secours rouge

Charles Tillon au meeting fondateur du Secours Rouge de France (1968)

Affiche du SR italien A

ffiche du Secours Rouge italien (1972, dessin de Crepax)

Affiche du Secours Rouge de France

Affiche du Secours Rouge de France

Livre du SR italien

Livre du Secours Rouge italien (1976)

Décembre 1985 – Fondation de l’Association des Parents et Amis des Prisonniers Communistes (APAPC)

Le 15 décembre 1985, quatre militants des Cellules Communistes Combattantes sont arrêtés et placés à l’isolement carcéral. Leurs proches se forment aussitôt en Association des Parents et Amis des Prisonniers Communistes (APAPC). Ils lutteront d’abord pour que soit mis fin au régime d’isolement, ensuite pour que soit appliqué aux prisonniers les procédures de libération conditionnelle.

Affiche de l'APAPC

Affiche de l’APAPC (1985)

Affiche de l'APAPC

Affiche de l’APAPC (1996)

Pour en savoir plus sur la lutte des Cellules Communistes Combattantes

Décembre 2000 – Fondation de la Commission pour un Secours Rouge International

Logo du SRI

Le logo de la Commission

Le premier ’tour de table’ pour la refondation d’un Secours Rouge International, convoqué par l’Association des Familes et des Amis des Prisonniers Politiques (Espagne) a rassemblé à Lyon, en décembre 2000, des délégués de Belgique, France, Suisse et Italie. L’APAPC y représentait la Belgique. C’est à la suite de cette réunion que sont issus la Commission pour un SRI, et la Plate-forme pour un SRI.

Pour en savoir plus sur la Commission pour un SRI

Janvier 2001 – L’APAPC devient Secours Rouge/APAPC, section belge de la Commission pour un Secours Rouge International

A la suite de la réunion de Lyon, la question s’est posée pour l’APAPC de se convertir en Secours Rouge. Cela supposait plusieurs changement, et notament un élargissement du cadre de travail et un nouveau caractère politique. Quelques proches des prisonniers des CCC   qui s’étaient engagé sur base de rapports personnels avec eux prirent un peu de distance (en continuant à participer aux initiatives consacrées à ces prisonniers), mais l’essentiel de l’APAPC réalisa sans difficulté sa ’conversion’ en Secours Rouge/APAPC, et celui-ci, sur ces nouvelles bases, avec un apport de nouveaux membres venus notamment de l’ex-PCMLB, connu une phase de croissance qui coïncida avec la fin de la campagne pour la libération de Pierre Carette, le dernier prisonniers des CCC  .

Manifestation pour Pierre Carette

Rassemblement du Secours Rouge/APAPC pour la libération de Pierre Carette, sur les marches du palais de justice de bruxelles (2002)

Décembre 2005 – Le Secours Rouge/APAPC fête ses vingt années d’existence

Au moment où le Secours Rouge/APAPC fête ses vingt années d’existence, il connait des tensions internes qui se résoudront l’année suivante. Le travail militant n’en ralentit pas pour autant. Le Secours Rouge/APAPC est alors une des forces fondatrices de la Coordination Anti-Répression avec l’Espace Marx   et le ’Collectif des plaignants du 23 février 2003’ (fondé après la brutale répression de la manifestation de Steenokerzeel). La Coordination Anti-Répression organisera plusieurs conférences (sur la criminalisation des luttes, le pays basque, sur les lois anti-terroristes, sur la sécurité informatique) jusqu’à sa mise en veilleuse suite à la dissolution du ’Comité des plaignants’ dont les derniers membres actifs ont rejoints le Secours Rouge/APAPC. Par ailleurs, le Secours Rouge a développé une relation particulière avec le Bloc Marxiste-Léniniste dans la mesure où un tiers des membres du SR étaient alors également membres du Bloc ML. Cette relation privilégiée prendra fin en 2009.

Solidarité

Le n°14 du bulletin du SR/APAPC, qui consacre sa couverture à son vingtième anniversaire

Logo CAR

Le logo de la Coordination Anti-Répression

Novembre 2005 – Vers la refondation du Secours Rouge International

En novembre 2005, se tient la première Conférence internationale de Bâle, à l’initiative de la Commission pour un SRI, visant à relancer la lutte internationale contre la répression. 42 délégués de 25 organisations de 7 pays ont participé à cette première conférence. Au fil des conférence s’est constitué un ’groupe de Bâle’ pour la refondation d’un véritable SRI. Le passage de la simple coordination de groupes indépendants à la construction d’une organisation internationale centralisée, est complexe. Surtout qu’il s’agit de forces ayant des histoires, des cultures politiques, des réalités militantes et des terrains de luttes très différentes. Chaque conférence enregistre des progrès qui sont expérimentés/vérifiés dans la pratique commune les mois séparant les conférences.

Délégués à Bâle

Les délégués de la conférence de Bâle 2006 venaient d’Italie, de France, de Belgique, de Turquie, d’Allemagne et d’Espagne.

Juin 2008 – Le Secours Rouge/APAPC dans le collimateur…

Début 2007, la police italienne découvre les photos de quatre membres du Secours Rouge chez un révolutionnaire italien. Pendant un an et demi, la police belge espionne les 4 militants : écoutes téléphoniques, étude des mails et des comptes bancaires, caméras vidéo braquées sur les domiciles, etc. En vain : l’espionnage ne révèle que des activités politiques légales et publiques. Tentant le tout pour le tout, la juge d’instruction envoie le 5 juin, à 5h du matin, dans dix domiciles, des commandos anti-terroristes, armés et cagoulés pour éveiller les militants, leurs familles et leurs proches. Les perquisitions se révèlent également infructueuses. La juge s’acharne pourtant. Elle met les militants en prison et les inculpe de ’participation à activité terroriste’ ! Deux mois plus tard, les chambres du conseil avaient remis en liberté tous les inculpés, en attendant de décider si il y aura ou non matière à procès.

Manifestation pour le SR belge

Manifestation pour la libération des membres du SR (19 juillet)

Manifestation pour le SR belge

Mai 2009 – La rupture entre le Secours Rouge/APAPC et le Bloc ML

L’émergence d’un courant majoritaire dans le Bloc Marxiste-Léniniste souhaitant l’instrumentalisation du Secours Rouge dans le cadre des luttes de ligne (antitrotskiste, anti-anarchiste, etc.) va engendrer d’abord une scission au sein du Bloc ML, ensuite une rupture entre le Bloc ML et le Secours Rouge. Les militants de la minorité du Bloc, qui ont défendu le respect de la plate-forme du Secours Rouge jusqu’à la rupture d’avec leur ancienne organisation, fondent le collectif ’Classe contre classe !’ (troisième du nom).

En savoir plus sur le collectif ’Classe contre classe !’

2010-2013 – Vers le procès des 4 du Secours Rouge…

Tandis que le Secours rouge poursuit ses activités, le dossier d’instruction de « l’affaire du 5 juin [2008] » et les instances judiciaires se réunissent pour décider si il y aura procès, et sur base de quelles accusation. Un première décision favorable aux accusés (un procès mais sans l’accusation de « participation à un activité terroriste ») est prise le 16 avril 2012, l’accusation fait appel et gagne celui le 28 février 2013, mais cette décision est annulée par la cour de cassation le 5 juin 2013. La date d’une nouvelle audience n’est pas encore fixée.

Cliquer ici pour suivre l’affaire

Collage pour un des rassemblements solidaires avec les 4 inculpés.

Pour nous aider à compléter cet historique et à monter une exposition itinérante sur le sujet, merci de nous faire parvenir des documents d’époque ou de bonnes reproductions de documents sur l’histoire du Secours Rouge.

 

 

Source : https://secoursrouge.org/histoire-du-secours-rouge

Tribune anarchiste à la Librairie Dira

Une soirée anarchiste au cours de laquelle le Secours Rouge Canada présentera son projet d’atelier ou « workshop » d’écriture de lettres à des prisonniers révolutionnaires.

 

Il y sera également présenté le vidéo YouTube sur l’histoire du Secours Rouge International/Red Help International.

 

 

Mercredi, le 18 octobre 2017 à 18h30 

au 2035, blv. St-Laurent à Montréal, QC 

 

 

 

 

 

Qui est Georges I. Abdallah ? – une biographie du Secours Rouge

À l’occasion de l’approche de la 34e année d’emprisonnement de Georges I. Abdallah, et des manifestations de solidarité internationale que cette anniversaire nous amène année après année, nous publions la biographie du révolutionnaire produit par le Secours Rouge (APAPC) 

 

 

Jeunesse

Georges Ibrahim Abdallah est né à Kobayath – Akkar, dans le Nord du Liban, le 2 avril 1951. Il a suivi ses études à l’Ecole Nornale à Achrafieh, et en est sorti diplômé en 1970. Georges Abdallah a grandi à une époque où la crise structurelle de l’entité libanaise devenait de plus en plus insurmontable. C’est l’époque où pour conjurer tout changement et contrer la radicalisation du mouvement des masses populaires et de la jeunesse, la bourgeoisie n’hésita pas à pousser vers la guerre civile confessionnelle.

L’affirmation de la réalité révolutionnaire palestinienne sur le devant de la scène régionale et libanaise a démultiplié la portée des diverses
luttes sociales au début des années 70. A la veille de la guerre civile de 1975, la crise du système a changé de nature et la portée des enjeux s’est modifiée. Les ’ceintures de la misère’ autour de Beyrouth, les villes et les villages du Sud et les camps de réfugiés aux abords des principales villes incarneront dès lors et pour de longues années les enjeux locaux, régionaux et internationaux du mouvement révolutionnaire…

Massacre de la Quarantaine, Beyrouth 1976 Beyrouth, janvier 1976. Les milices fascistes chrétiennes rasent le quartier palestinien de la Quarantaine, c’est une véritable boucherie d’hommes, de femmes et d’enfants. Une vieille palestinienne implore le milicien d’arrêter le massacre.

Cette réalité de lutte, de résistance et de sacrifice a construit la conscience politique de Georges Abdallah et déterminé son engagement révolutionnaire. Il choisit la résistance face aux massacres de masse perpétrés par les bourgeois confessionnalistes de tous bords et leurs alliés israéliens et franco-américains et commence son engagement politique dans les rangs du Parti National Social Syrien (PNSS, progressiste et panarabe) pour rejoindre ensuite la résistance palestinienne, en adhérant au FPLP.

L’invasion israélienne de 1978

Le 14 mars 1978, trois jours après l’action d’un commando palestiniens infiltré au Sud-Liban contre un bus, l’armée sioniste envahi le Liban pour y détruire les bases des organisations palestinienne au sud de la rivière Litani (qui marque la frontière du Sud-Liban). L’armée sioniste tue 1186 civils libanais, provoque le départ de 285.000 réfugiés, endommage 82 villages et rase complètement six d’entre eux. Georges Abdallah combat dans les rangs du FPLP cette invasion et sera blessé à cette occasion.

Cette invasion entrainera le conseil de sécurité de l’ONU à voter une résolution stipulant le retrait de l’armée israélienne et mettant en place une force « d’interposition » (la FINUL). Israël contourne cette résolution en remettant le Sud-Liban à une milice de Libanais chrétiens à sa solde, l’Armée du Liban Sud (ALS), qui fera régner une terreur blanche dans la région (ouverture du camp de concentration de Khiam).

Opération Litani (mars 1978) Un tank israélien surplombant le village de Ganata, au Sud Liban, le 3 mars 1978, lors de l’Opération Litani.

L’invasion israélienne de 1982

Après des mois d’agressions en tout genre (bombardements aériens et navals, raids héliportés, attaques menées par l’intermédiaire de supplétifs mercenaires comme l’Armée du Liban Sud), l’armée israélienne envahit le Liban le 6 juin 1982.

L’armée israélienne a perdu 670 soldats. 18.000 combattants arabes sont morts durant cette guerre [1]. Des centaines de militants arabes capturés et ’disparus’ dans les camps d’Ansar et de Khiam. Le bilan final de l’opération ’Paix pour la Galilée’ est éloquent : 25.000 morts, 45.000 blessés, Beyrouth dévasté par des semaines de siège et de bombardements.

Invasion du Liban de 1982 Entrée des troupes d’invasion sioniste au Liban en 1982


Massacres de Sabra et Chatila Le camp de réfugié de Sabra après le massacre

Les 16 et 17 septembre, c’est le massacre de Sabra et Chatila (deux camps de réfugiés palestiniens de Beyrouth-Ouest. L’armée israélienne qui a encerclé ces deux camps vides de tout combattants palestiniens laisse entrer les tueurs des milices fascistes chrétiennes et observent le massacre. Entre 1000 et 5000 civils désarmés sont froidement assassinés.

Les Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises

Cette invasion fut perpétrée avec la complicité générale des puissances occidentales. En réaction, des combattants libanais et arabes allèrent porter la guerre contre le sionisme et l’impérialisme dans le monde. Ce fut le cas des Fraction Armées Révolutionnaires Libanaises (FARL  ) qui entrèrent en action en Europe, et dont les principales actions, extrêmement ciblées et précises, furent la tentative d’attentat contre Christian Edison Chapman, le responsable en second à l’ambassade américaine en France (12 novembre 1981) ; l’exécution du colonel Charles Ray, l’attaché militaire à l’ambassade américaine en France (18 janvier 1982) ; l’exécution de Yakov Barsimantov, le secrétaire en second à l’ambassade israélienne en France et, surtout, responsable du Mossad   en France (abattu par une jeune femme le 3 avril 1982) ; la tentative d’attentat contre Rodrigue Grant, l’attaché commercial à l’ambassade américaine en France, qui se solda par la mort de deux artificiers de la police française qui tentaient de désamorcer la bombe placée sous la voiture du diplomate (22 août 1982) ; la tentative d’attentat de Robert Onan Home, le Consul Général des Etats-Unis à Strasbourg, qui échappa de peu aux balles tirées contre lui le 26 mars 1984.

Voici un des communiqué des FARL   (celui de l’action contre Yacov Barsimantov) :

Nous, FRACTION ARMÉE RÉVOLUTIONNAIRE LIBANAISE, nous nous adressons à tous ceux qui condamnent la terreur et le terrorisme, à tous ceux qui militent pour l’abolition de la société d’exploitation et de guerre. Nous avons exécuté YACOV BARSIMANTOV.


La presse impérialiste et les gouvernements qui soutiennent l’impérialisme, comme le gouvernement Français, crient au « terrorisme ». Qui sont les terroristes ? Ceux qui tuent un jeune Cisjordanien parce qu’il résiste à l’annexion de son pays par Israël, ceux qui bombardent les populations civiles du Sud Liban, ceux qui tuent aveuglément et osent se réclamer d’un pseudo « cessez le feu ».
Nous, nous attaquons ceux qui organisent le génocide du peuple Palestinien. Nous, nous sauvegardons la vie des innocents même au péril de notre propre sécurité.
Depuis sept ans le peuple Libanais subit la guerre. Depuis sept ans l’impérialisme, sous le couvert de la lutte contre les « fanatiques Palestiniens », détruit tout ce qui est progressiste au Liban.
C’est notre droit de nous défendre.
C’est notre droit aussi d’attaquer l’impérialisme partout où il sévit et en particulier là où il bénéficie du soutien politique du gouvernement en place.
Nous poursuivrons notre guerre à la guerre impérialiste jusqu’à la victoire.
À bas l’impérialisme Américain et ses mercenaires Européens.
La Victoire ou la Victoire.
Fraction Armée Révolutionnaire Libanaise
Paris. le 7 avril 1982

Le 6 août 1984. Les douaniers italiens arrêtent dans le train Ljubljana-Rome-Paris un jeune homme de 19 ans, Abdullah el-Mansouri, qui transporte environ huit kilos d’explosifs et qui se rend à Paris. Abdullah el-Mansouri ne dira rien, mais c’est semble-t-il en étudiant l’achat du ticket que la police italienne arrête Joséphine Abdo Sarkis (26 ans) et Daher Feriol Fayez (23 ans). Ils seront condamnés l’année suivant par un tribunal de Trieste à 15 années de prison.

Arrestation

Les autorités françaises arrêtèrent Georges Ibrahim Abdallah le 24 octobre 1984, après qu’un groupe du Mossad   et quelques-uns de ses agents libanais l’eurent suivi à Lyon. L’incarcération n’était motivée que par la détention de vrais-faux papiers d’identité : un passeport délivré légalement (avec une identité fictive) par les autorités algériennes.

Les autorités françaises avaient promis au gouvernement algérien la mise en liberté de Georges Ibrahim Abdallah. Dans ce but, elles avaient envoyé le chef du département des services secrets français (DST  ) en Algérie pour en informer le gouvernement algérien. Dans le journal-mémoire qu’il a fait éditer, Jacques Attali, le conseiller du président français François Mitterand, écrivait : ’Jeudi 28 mars 1985. Ive Bonnet, patron de la DST  , envoyé à Alger, explique qu’Abdallah, arrêté à Lyon, sera libéré pendant l’été en raison des faibles charges qui pèsent contre lui. Les Algériens lui répondent que le Français enlevé au Liban, Pyrroles [2], sera relâché si Abdallah l’est aussi. On obtient que celui-là précède celui-ci.’ [3]. Jacques Attali toujours : ’Lundi 24 mars 1986. Réunion chez le Président (Mitterrand) avec Ulrich (représentant Jacques Chirac), Giraud, Raimond, le général Forey et Jean-Louis Bianco. Le Président : ’… la DST   avait été autorisée à dire aux Algériens (qui servaient d’intermédiaires) que la libération d’Ibrahim Abdallah était envisageable dans le cadre de la loi française. La DST   a sans doute dit aux Algériens : on va le libérer tout de suite…’’ [4]

Mais les autorités françaises ne respectèrent pas cet engagement. Georges Ibrahim Abdallah fut traduit devant le tribunal le 10 juillet 1986 pour détention d’armes et d’explosifs ; une sentence de quatre années d’incarcération fut prononcée. Il refusa le procès mais n’objecta pas. Les Français manquaient à leur promesse.

Georges Ibrahim Abdallah à son procès

Georges à son procès

Les autorités françaises étaient alors soumises à une pression directe des États-Unis. Le président américain Reagan lui-même aborda le sujet du procès de Georges Ibrahim Abdallah lors d’une rencontre avec le président français Mitterrand. De nombreuses immixtions américaines s’étaient exercées pour pousser les autorités françaises à ne pas relâcher Georges Ibrahim Abdallah. Les États-Unis s’étaient constitués partie civile dans le procès. Les pressions sionistes ne manquaient pas non plus. Attali : ’Vendredi 27 juin 1986. A l’ambassade de France à La Haye, petit déjeuner traditionnel entre François Mitterrand et Helmut Kohl… François Mitterrand : ’… Le conseiller pour la Sécurité de Ronald Reagan, John Pointdexter, nous télégraphie pour nous mettre en garde contre une éventuelle libération d’Ibrahim Abdallah avant son procès et avant que les autorités américaines n’aient toutes les preuves relatives aux charges contre lui. Son gouvernement, rappelle-t-il, s’est porté partie civile dans ce procès, et le Président américain y voit une occasion de démontrer la capacité et la volonté des sociétés démocratiques de faire pleinement justice contre ceux qui sont accusés de commettre des actes de terrorisme.’ Pourquoi nous écrit-on cela ? Nous ne savons rien de ce dont il retourne. Les Américains sont-ils au courant des tractations engagées à ce sujet par le gouvernement à l’insu de l’Elysée [5] ?’ [6]

Les attentats massacres, le CSPPA, l’intox

A ce moment, la France était sous l’effet d’une série d’attentats aveugles à Paris entre 1986 et 1987, et qui avaient fait de nombreuses victimes françaises innocentes (13 morts et plus de 300 blessés). Ces attentats étaient revendiqués par le CSPPA (Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes) qui exigeait la libération de Georges Ibrahim Abdallah, du Libanais lié aux services secrets iraniens Anis Naccache et de Varoudjian Garbidjian, un militant de l’Armée Secrète Arménienne pour la Libération de l’Arménie (ASALA). En fait, ces attentats étaient commis par un réseau proche de l’Iran, dirigé par le Tunisien Fouad Ali Salah, qui entendait faire payer à la France son soutien à l’Irak dans la guerre contre l’Iran.

Il est apparu par la suite que les services français savaient (sans en avoir identifier précisément les auteurs) de quel côté venaient ces attentats massacres. Mais à ce moment, les autorités françaises négociaient et débattaient avec les commanditaires du CSPPA (négociations secrètes qui d’ailleurs aboutirent et virent la libération des agents iraniens détenus en France). Pour couvrir ces négociations secrètes et rassurer l’opinion publique française (en la désinformant), les services secrets français accusèrent les frères de Georges Ibrahim Abdallah de ces attentats.

Les autorités françaises offrirent des sommes d’argent pour tout renseignement concernant les frères Abdallah. Elles diffusèrent les noms des frères dans le monde entier pour qu’ils soient poursuivis, et firent afficher leurs photos dans tous les postes frontières et dans les lieux publics en France. Les frères Abdallah nièrent immédiatement ces accusations calomnieuses à travers des conférences de presse. Les ’informations’ sur lesquelles les services secrets français prétendaient s’appuyer provenaient des rapports du Mossad   et de ceux de l’avocat de Georges Ibrahim Abdallah, Jean-Paul Mazurier, qui était devenu toxicomane et que les services secrets utilisaient comme informateur et comme désinformateur. Le syndicat des avocats le chassera plus tard de ses rangs, lorsque cette affaire fut rendue publique [7].

Article sur Mazurier

Officiellement sur base de l’étude des documente trouvés à Lyon chez Georges Abdallah, une commission rogatoire ordonnant la perquisition d’un appartement parisien, rendue par la juge d’instruction Kleidmann dès le 27 octobre 1984, est exécutée le … 2 avril 1985 au matin, juste avant la libération conditionnelle de Georges Abdallah ! On y trouve 23 kilos d’explosifs, des 3 détonateurs, des armes et des munitions, parmi lesquelles le pistolet tchèque qui a servi aux actions contre Roy et Barsimentov.

Le second procès

Le premier mars 1987, les autorités françaises jugèrent une deuxième fois Georges Ibrahim Abdallah sur base de cette ’découverte’ tardive et miraculeuse. Il fut accusé de conspiration dans des actes terroristes (d’avoir fondé les Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises et d’en avoir planifier les opérations). Un verdict de condamnation à perpétuité fut prononcé. Pour ce procès, les autorités françaises avait constitué une tribunal spécial antiterroriste pouvant prononcer ses verdicts sur base des données fournies par les services secrets, sans avoir recours aux preuves juridiques ou aux témoins, contrairement aux codes de procédure. Absolument personne ne s’était présenté en témoignage de l’implication de Georges Abdallah dans tout ce qu’on lui attribuait comme charges.

La condamnation à perpétuité de Georges Abdallah et l’accusation lancée contre ses frères servirent à désinformer le peuple français sous le choc des attentats-massacres du CSPPA, à satisfaire les Américains et les sionistes, et à faire apparaître la France comme un pays pouvant combattre le terrorisme.

La détention

En prison, comme en témoignent les textes que nous publions dans cette brochure, Georges Ibrahim Abdallah a continué a défendre la cause des peuples. C’est ainsi qu’il a adhéré à la Plate-forme du 19 juin 1999 qui a réuni dans une communauté de lutte une centaine de prisonniers révolutionnaires, communistes, anarchistes, antifascistes et anti-impérialistes, et qu’il a participé aux grèves de la faim de solidarité avec les prisonniers révolutionnaires en Turquie. En août 2002, en solidarité avec les prisonnières palestiniennes détenues à Neve Tirza (Israël) en grève de la faim pour dénoncer les humiliations quotidiennes dont elles font l’objet dans les geôles sionistes, Georges Ibrahim Abdallah et plusieurs dizaines de prisonniers détenus à Moulins (en fait, presque tous les prisonniers de la centrale) ont refusé le repas de l’administration pénitentiaire. Cette initiative lui a valu d’être, en compagnie de deux autres prétendus ’meneurs’ placé pendant plusieurs mois à l’isolement, à la prison de Fresnes.

Georges Abdallah a encore comparu le 1er décembre 2010 devant un tribunal de Tarbes pour « refus de se soumettre à un prélèvement ADN ». Il avait été condamné à trois mois de détention pour ce refus. Trois mois de détention alors qu’il est condamné à perpétuité !

Georges Ibrahim Abdallah

Georges I. Abdallah à la prison de Lannemezan

Le refus de libération

Depuis 1999, la libération de Georges Ibrahim Abdallah ne requiert pas de recours en grâce particulier, elle est possible juste par un simple arrêté administratif du Ministère de la Justice, conformément au code pénal français qui rend cette libération possible après quinze années d’incarcération.

En novembre 2003, la juridiction régionale de libération conditionnelle de Pau avait autorisé la libération de Georges Ibrahim Abdallah à condition qu’il quitte la France immédiatement. Sur ordre du ministre de la Justice Dominique Perben, le procureur général de Pau avait aussitôt fait appel de cette décision, saisissant de facto la juridiction nationale. La juridiction nationale de libération conditionnelle a rendu son verdict le 15 janvier 2004, en décidant le maintien en prison de Georges Ibrahim Abdallah, décision conforme aux conclusions de l’avocat général et au souhait du ministre…

Février 2005, Georges Ibrahim Abdallah présente une nouvelle demande de libération conditionnelle. Septembre 2005, le Tribunal de Grande Instance de Tarbes, présidé par le même juge qui avait statué positivement à la première demande de libération en 2003, rejette cette demande. Septembre 2005, appel de cette décision introduit par Georges Abdallah. Février 2006, nouveau refus.

Georges Ibrahim Abdallah a déposé une nouvelle demande de libération conditionnelle le 6 février 2007. Elle devait être examinée le mardi 26 juin 2007 à 15H30, soit quasiment à la limite du délai maximum de 6 mois autorisé par la loi. Rappelons que maintenant en France la justice d’exception s’effectue par Vidéoconférence. L’accusé est seul, ou avec son avocat, face à des caméras dans son lieu de détention, entouré de gardiens. Les juges, avocats des parties civiles, procureur quant à eux siègent à Paris dans les locaux du Palais de Justice. Le 6 février, personne ne savait faire fonctionner les caméras ! L’examen de la demande a donc été repoussé après les vacances judiciaires, au 4 septembre. Après un nouveau report, la demande sera rejetée le 10 octobre.

20 décembre 2007, la demande de libération conditionnelle de Georges Abdallah est examinée en appel. L’audience est fixée le 31 janvier 2008, puis reportée au 17 avril, puis au 4 septembre, puis au 8 janvier 2009, au 26 mars 2009 !!!


La cour va se baser sur un avis de la commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté de Paris rendu le 22 janvier 2009 concernant Georges Ibrahim Abdallah :


« Il [Georges Ibrahim ABDALLAH] revendique ses actes et les justifie par son engagement politique ; il se présente comme un « résistant » qui, à l’époque, luttait par la violence contre l’occupation du LIBAN par ISRAEL, avec la complicité des ETATS-UNIS.
(…)
La commission constate que Georges Ibrahim ABDALLAH n’a aucunement renoncé à la lutte armée et à l’action terroriste, y compris en France. Sa dangerosité est démontré par son indifférence pour le sort des victimes et la force intacte de ses convictions qui peuvent à nouveau, si le contexte politique s’y prêtait, le pousser à se comporter en activiste résolu et implacable.


La commission émet un avis défavorable à la demande de libération conditionnelle de Georges Ibrahim ABDALLAH. »

Le 5 mai 2009, la libération est refusée.

Le 21 novembre 2012, le tribunal d’application des peines (TAP) de Paris avait émis un avis positif de principe sur sa demande de libération. Début janvier 2013, la chambre d’application des peines de Paris, qui examinait l’affaire en appel, a accédé à la huitième demande de libération de Georges Abdallah, en la conditionnant à un arrêté d’expulsion du territoire français que le ministère de l’intérieur doit impérativement prendre d’ici au 14 janvier. Les Etats-Unis ont immédiatement fait part de leur opposition à sa libération en estimant qu’il constituait toujours une menace potentielle. Par ailleurs, a décision de libéreration a été reportée lundi au 28 janvier par TAP confronté au fait que le ministère de l’intérieur n’a pas signé l’arrêté d’expulsion du territoire français, qui est le préalable indispensable à cette libération. Le 28 janvier, le document n’ayant toujours pas été signé, son transfert de pour le Liban fut reporté au 28 février.

Durant toutes ces semaines, les initiatives, les actions et les manifestations de solidarité se multiplient à travers l’Europe et le monde arabe. Pour une vision d’ensemble, notamment de la journée internationale du 27 février 2013, consultez notre page spéciale.

Le 28 février, la Chambre d’application des peines a examiné un appel du parquet, contestant le report de la décision finale du Tribunal d’application des peines (TAP) de Paris sur la demande de libération conditionnelle, dans l’attente d’un hypothétique arrêté d’expulsion signé par le ministère de l’Intérieur. Le 4 avril la cours de cassation a cassé et annulé la décision du 10 janvier 2013 et déclaré irrecevable la demande de libération conditionnelle de Georges Ibrahim Abdallah au motif que ’le condamné n’a pas été placé sous le régime de la semi-liberté. Disposition applicable à un étranger condamné qui n’est pas l’objet de l’une des mesures d’éloignement du territoire’.

Georges Ibrahim Abdallah 2010

La dernière photo (prise lors d’un transfert) de Georges Abdallah

Georges Abdallah dépose une nouvelle demande de liberté qui est examinée par une la Chambre d’application des peines (Chap) à Lannemezan le 30 septembre 2014. Verdict le 5 novembre. Cette comparution survient alors que Georges Abdallah entame sa 31e année de prison, et donne lieu à une nouvelle vague de solidarité voir notre page spéciale).

Manifestation pour la libération de Geoges Abdallah devant la prison de Lannemezan, le 25 octobre 2014

[1Soldats syriens, combattants de la gauche libanaise et des organisation palestiniennes

[2En réalité Peyrolles ; il s’agissait d’un diplomate français en poste à Tripoli, au Nord du Liban

[3Verbatim, tome l. Deuxième partie Chronique des années 1983-1986, p. 1202

[4Verbatim, tome lI. Chronique des années 1986 – 1988, Fayard, Paris, 1995, p.25

[5La France est alors sous le régime de la cohabitation : en raison du décalage des élections parlementaire et présidentielle, le gouvernement est de droite et la présidence (’l’Élysée’) de gauche. Le gouvernement menait en de nombreux points sa propre politique, en veillant à en écarter la Présidence.

[6Verbatim, tome lI. Chronique des années 1986 – 1988, p. 103, 104 et 105.

[7Cf le livre de Laurent GALLY : L’Agent noir. Une Taupe dans l’Affaire Abdallah

 

Source : https://secoursrouge.org/Biographie-de-Georges-Ibrahim,72

La politique des États-Unis et la crise de la résistance palestinienne/Barakat: United States policy and the crisis of the Palestinian Resistance Aug

Le Bureau des médias du Front populaire de libération de la Palestine a réalisé cette interview du camarade Khaled Barakat, qui commente les tout derniers développements de la cause palestinienne, et tout particulièrement la crise actuelle de la résistance et le danger posé par l’alliance entre l’impérialisme américain, la réaction arabe et le sionisme au début de l’ère Trump.

Quel est selon vous le rôle de l’administration des États-Unis sous Donald Trump aujourd’hui, par rapport aux niveaux arabe et palestinien ?

Barakat. Je commencerai par le niveau palestinien en particulier. Les États-Unis sous l’administration Trump croient qu’ils vont pouvoir imposer ce qu’ils appelleraient « l’arrangement du siècle » ou ce que Trump a maintes fois qualifié d’« accord important » ou de « grosse opportunité ». Les États-Unis croient qu’ils peuvent agir de la sorte en raison de la reddition complète de la direction traditionnelle palestinienne sous l’autorité d’Abou Mazen [c’est-à-dire Mahmoud Abbas, NdT] et de la situation socioéconomique pénible des Palestiniens à Gaza et ailleurs. En bref, ce que cela signifie réellement, c’est que les capitalistes palestiniens acceptent la prétendue « gouvernance autonome » afin d’assurer leurs propres intérêts mesquins en échange de toute forme d’indépendance réelle. Les États-Unis croient aussi qu’ils peuvent faire la même chose dans un monde arabe éclaté et rendu exsangue par des troubles et des guerres sanglantes et cruelles. Aujourd’hui, il existe un camp bien réel, constitué par les régimes réactionnaires arabes et en même temps par Israël, afin non seulement de modifier le combat en un combat contre l’Iran plutôt que pour la libération de la Palestine, mais aussi pour traiter ouvertement avec Israël en tant que partie intégrante de ce camp.

10e anniversaire de la fondation du Front populaire de libération de la Palestine – 67-77. Non à l’implantation impérialiste. Non aux solutions défaitistes. Oui à la guerre populaire.

Le Front populaire a toujours identifié le camp de l’ennemi du peuple palestinien à ces puissances : l’impérialisme américain et occidental, le sionisme, les régimes arabes réactionnaires et Israël. C’est toujours le cas de nos jours, mais en y ajoutant le secteur palestinien qui a rallié désormais ce camp ennemi. C’était même le cas lorsqu’il n’y avait pas de relations publiques entre les régimes arabes et Israël, à l’exception de la Jordanie et de l’Égypte. Aujourd’hui, la normalisation s’est intensifiée au point de qualifier la résistance palestinienne de « terroriste », comme nous l’avons vu dans le journal officiel saoudien, al-Riyadh. Ceci n’a rien d’un changement de position, en fait, mais c’est bien un changement dans la publicité et le caractère évident de ces positions et dans la façon dont l’affaire est présentée clairement aux masses. Aujourd’hui, les relations entre Israël et l’Égypte, par exemple, se sont modifiées. Au départ, il s’agissait d’un partenariat et d’une collusion ; désormais, l’Égypte suit totalement la position et les impératifs israéliens. C’est tout aussi pertinent quand nous examinons les relations entre la Jordanie et Israël et certains des États arabes du Golfe, y compris dans le domaine des accords sur le gaz de la Méditerranée. En outre, nous assistons également aujourd’hui à une crise de la résistance palestinienne et nous devons être francs et honnêtes, à ce propos.

Dans quoi voyez-vous la crise de la résistance palestinienne se refléter, aujourd’hui ?

Barakat. Tout d’abord, à l’heure présente, la résistance palestinienne ne dispose toujours pas d’un front national unifié. On ne peut affirmer que l’OLP représente ce front national unifié, dans sa situation actuelle, sous la direction d’Abou Mazen et en l’absence de forces majeures issues de l’OLP même, pas plus que nous ne pouvons qualifier le Hamas de seul représentant légitime de la résistance palestinienne. La leçon fondamentale à tirer de tous les mouvements de libération nationale qui combattent l’impérialisme, le colonialisme, le colonialisme d’implantation, l’occupation et l’apartheid, c’est l’impérative nécessité d’un front national unifié. Ce n’est pas du tout la même chose qu’une direction nationale unifiée. Cette dernière est un produit du front national unifié, mais elle ne remplace en aucun cas le front ni ne s’exprime en son nom.

L’occupation se poursuit… Les implantations (israéliennes) se poursuivent… Donc, cessez de négocier Et poursuivez la lutte

La deuxième représentation de cette crise, c’est le chaos qui règne au sein des institutions palestiniennes mêmes, et ce chaos est un produit manufacturé à l’époque d’Oslo et de ses accords. Afin que la résistance palestinienne puisse présenter une alternative à cette ligne, à cette voie des négociations futiles, elle doit avoir un programme politique clair qui, sans aucun doute et sans la moindre remise en question, doit s’allier aux classes populaires palestiniennes, c’est-à-dire aux 99 pour 100 du peuple palestinien, et tout particulièrement aux personnes qui luttent dans la pauvreté et qui vivent dans des camps de réfugiés.

Finalement, nous devons encourager une nouvelle perception du terme « résistance », qui inclut toutes les formes de la lutte palestinienne et bien d’autres entités outre les « factions ». Malgré tout, cette résistance existe et elle est forte, et elle s’étend du Chili à Ain el-Helweh et à Gaza, parce que c’est la résistance du peuple palestinien même. La résistance palestinienne doit se faire l’écho des voix des Palestiniens partout où ils sont et pas seulement des Palestiniens d’une région particulière. Et la résistance palestinienne permet à tous les secteurs palestiniens, en particulier les jeunes et les femmes, d’être aux premières lignes du front et d’assumer la direction de cette résistance. Voilà, en bref, les principaux défis qui représentent la crise palestinienne en ce moment.

Quelle est la situation de l’OLP et de la crise de la représentation palestinienne ?

Barakat. L’OLP est tombée aux mains d’un groupe qui ne représente qu’un programme de la bourgeoisie palestinienne. Celle-ci s’est mise à abuser à son profit des réalisations historiques du peuple palestinien quand celui-ci a désigné l’OLP comme sa seule représentante légitime dans le monde arabe et dans l’arène internationale. Cette bourgeoisie utilise et manipule cette histoire pour la mettre au service du projet capitaliste palestinien prétendument appelé « État palestinien ». Elle en utilise la forme mais en tue le contenu, l’essence même de l’OLP. Ce projet ne représente pas la lutte nationale palestinienne en faveur du retour et de la libération. D’où l’OLP tire-t-elle cette légitimité ? De la reconnaissance dont elle a bénéficié depuis 1974… Aujourd’hui, elle n’est plus que sous le seul contrôle de Mahmoud Abbas et de son aile de la prétendue direction palestinienne. De plus, ce n’est pas l’OLP qui prend les décisions, aujourd’hui, mais l’Autorité palestinienne. Voilà où réside le processus décisionnel réel, aujourd’hui, dans les mains de l’AP et plus du tout dans celles de l’OLP. C’est pourquoi le Front envisage sérieusement, de nos jours, de se retirer de toutes ces institutions afin de ne pas fournir la moindre couverture à la direction de l’OLP et à l’AP dans leur programme de plus en plus élaboré visant la reddition ainsi que le sabotage destructeur de la cause palestinienne.

Organisation de la jeunesse palestinienne Lors du 30e anniversaire de sa création, le Front populaire de libération de la Palestine s’engage dans la lutte pour la victoire

Voilà la crise de représentation dont nous voulons parler. Qui représente le peuple palestinien ? Est-ce l’OLP, l’AP ou la résistance palestinienne en termes abstraits ? Oui, nous avons grandement besoin d’un front national qui unifie, mais il est impossible d’y arriver sous les auspices de l’actuelle direction officielle. C’est aujourd’hui une conviction que partagent vraiment la plupart des membres et cadres du Front, y compris les camarades qui donnent toujours la priorité à l’« unité nationale ».

Dernièrement, il a été question de réunir un Conseil national palestinien. Quelle est la situation, du côté du CNP ?

Barakat. La position du Front a été très claire, au vu de la déclaration qui a été faite par le Comité central l’an dernier, à propos de ce problème même. Et cette position est la suivante : Le Front ne participera pas à un seul Congrès national palestinien tant qu’il sera organisé sous les auspices de l’occupation. Ce Congrès doit constituer un pas vers l’unification de notre peuple tout entier. Il doit se tenir en dehors de la Palestine. Il doit redonner vie à la shatat (diaspora) et au rôle palestinien dans la diaspora. Il doit avoir lieu dans un contexte de liberté et de transparence, sous les auspices du peuple palestinien et non sous les auspices des régimes arabes ou des services de sécurité.

Oui, aujourd’hui, il y a de nouvelles tentatives de la droite palestinienne de créer un faux rassemblement du CNP à Ramallah. Nous ne voulons pas d’un congrès s’appuyant sur des quotas, mais plutôt sur des élections démocratiques et sur un consensus, et nous voulons redonner vie aux institutions populaires et syndicats palestiniens et leur rendre leur vigueur, qui a été prise en otage par l’ONG-isation de la société palestinienne et du mouvement national palestinien. On peut lire nombre de rapports prétendant qu’il existe actuellement des tentatives de liquider même le CNP et de créer ce qui s’appellera le « Parlement palestinien ». C’est se contenter de reproduire la même crise une fois de plus, sous des noms et des intitulés différents. Mais, naturellement, c’est particulièrement dangereux parce que cela limite la participation palestinienne à certaines régions de la Cisjordanie et que cela exclut les Palestiniens de Gaza, de Jérusalem ou de la Palestine de 1948, sans parler en plus des Palestiniens en exil et ceux de la diaspora, autrement dit, la majorité du peuple palestinien. Ceci est un reflet des priorités et du rôle réel de la classe capitaliste palestinienne. Nous voyons également que le rôle des capitalistes palestiniens prend de plus en plus d’importance quand il s’agit de ramasser les « miettes » des projets de normalisation, tel le projet hydraulique Mer Rouge – Mer Morte entre la Jordanie et Israël. En d’autres termes, sous un nom différent, il s’agit du même jeu – sauf que celui-ci est encore plus dangereux.

Vers la libération de la Palestine et l’instauration d’une société démocratique

Comment évaluez-vous les relations du Front avec les autres forces politiques palestiniennes ?

Barakat. Le Front évalue ses relations avec les forces palestiniennes en fonction de leur attachement à la voie du retour et de la libération, ainsi qu’au respect inconditionnel des droits du peuple palestinien, individuellement et collectivement, y compris la liberté de parole et les valeurs sociales et démocratiques.

Le Front est d’accord avec le tout dernier discours d’Ismail Haniyeh, le dirigeant nouvellement élu du Hamas et il a évalué ce discours de façon positive, de même qu’il a mentionné clairement les fortes relations entre le Hamas et le FPLP. Mais nous savons que ceci concerne la vision politique défendant le maintien des droits nationaux palestiniens et la lutte armée en tant qu’important dénominateur commun entre les deux partis. Le Front a exprimé ses critiques à l’égard de certaines positions du Hamas, dont l’acceptation par ce dernier d’un État palestinien dans les frontières de 1967. Nous pensons que cette position est désormais dans une impasse et il semble même, comme nous disons en Palestine, « qu’elle fait route vers La Mecque alors que les gens sont déjà de retour du hajj (pèlerinage, NdT) ».

9e anniversaire de la fondation du Front populaire de libération de la Palestine, 11-12-1967.

En outre, le Front émet des réserves sur certaines des décisions politiques du Hamas concernant son alliance avec le Qatar et la Turquie. Le Front entretient une discussion ouverte avec le Hamas à propos de ces réserves, ainsi qu’à propos du rejet par le Front de toute forme d’oppression à l’encontre de notre peuple à Gaza, qu’il s’agisse d’oppression sociale ou d’oppression politique. Des résultats positifs sont sortis de ces dialogues. Nous considérons également que la priorité du soutien financier devrait aller aux classes pauvres de Gaza et renforcer les secteurs productifs qui ont permis à Gaza de tenir bon jusqu’à présent. Par ces secteurs, j’entends les agriculteurs, les pêcheurs et les travailleurs. Ces trois secteurs doivent constituer la priorité d’une « bonne gouvernance ». Nous voulons que l’argent de la « zakat » (aumône) aille à ces gens et non au secteur privé.

Le Hamas a lui aussi ses propres réserves sur certaines positions du Front – particulièrement sur la question de l’OLP – et il perçoit certaines de ces positions comme « déloyales ». De même, sur les questions du Yémen et de la Syrie, il existe un désaccord. Nous croyons que nous devons adopter une position forte vis-à-vis de l’agression des États-Unis et des Saoudiens contre le Yémen, alors que le Hamas ne dit mot à ce propos.

Quant aux relations avec le mouvement du Fatah, elles en sont absolument à leur point le plus bas. Le Fatah a manqué à ses responsabilités envers l’unification du peuple palestinien. Il s’est lui-même érigé en incubateur et défenseur du programme de Mahmoud Abbas. Nous comprenons que le Fatah soit le parti de l’Autorité en Cisjordanie et qu’il tire directement profit de l’Autorité palestinienne en fonction de ses propres intérêts directs, mais nous ne pouvons accepter la domination d’un groupe sur toutes les institutions, organisations, fondations palestiniennes, ni sur la gouvernance et la représentation du peuple palestinien. Plus important encore, la crise que connaît le Fatah se répercute aujourd’hui sur la totalité du mouvement national palestinien. Il y a tellement de forces différentes aujourd’hui au sein du Fatah et toutes, cependant, prétendent être « LA voix du Fatah ». Parfois, nous ne savons même pas avec qui parler, ni ne savons qui représente réellement le Fatah. Nos relations au sein de l’OLP ont généralement été conflictuelles. La camarade Khalida Jarrar, aujourd’hui en prison en Israël, s’est heurtée au président de l’Autorité quelques semaines à peine avant d’être arrêtée par les forces d’occupation et jetée en prison. Sur ce qui est arrivé à Khalida, nous n’avons rien appris de la bouche même du Fatah, rien, hormis un silence total. Il en va de même pour Omar Shehadeh, qui a été interpellé de la même façon par le président de l’AP. Quant aux relations du Front avec le Djihad islamique et les autres forces politiques palestiniennes, elles sont en général solides et positives.

Comment le Front perçoit-il le rôle des Palestiniens de la diaspora, aujourd’hui ?

Barakat. Aujourd’hui, le mouvement palestinien de la diaspora a la responsabilité historique de remettre notre peuple sur la voie du retour et de la libération. Les Palestiniens de la diaspora disposent de tant de forces, de pouvoir, de possibilités et de potentiel mais, malheureusement, tout ce potentiel n’est ni exprimé ni libéré au maximum de ses capacités. Ce ne sera possible que par le biais de la participation. Il n’y a pas de formule magique pour que les Palestiniens en exil lancent leur révolution une fois de plus. C’est le seul choix, en fait, pour que les Palestiniens restent unis et qu’ils maintiennent leur attention concentrée sur leur but principal et ce, où qu’ils se trouvent géographiquement. Leurs regards, leurs armes et leur attention sont tous concentrés sur la Palestine. Cela signifie que nous allons devoir reconstruire nos associations et organisations populaires, même à partir de zéro, de rien, dans certaines régions.

Et nous devons croire dans la jeune génération et dans le potentiel extraordinaire des femmes palestiniennes capables de diriger le mouvement en compagnie de tous ceux qui croient toujours en leurs principes et s’y cramponnent avec fermeté, de même qu’à leur vision et à leurs objectifs que sont le retour et la libération. Il y a eu quantités de changements politiques, sociaux et économiques vécus par les Palestiniens de la diaspora. La guerre en Syrie, les offensives et le siège contre Gaza, les conditions sociales et économiques pénibles des Palestiniens au Liban ont poussé une fois de plus les Palestiniens à la migration forcée et à la déportation. Et nous voyons que de nombreux Palestiniens choisissent l’Europe comme destination, et plus particulièrement l’Allemagne. La tâches des Palestiniens en Europe aujourd’hui consiste à jouer un rôle stratégique en s’opposant au mouvement sioniste en Europe et en soutenant les Palestiniens vivant dans des camps de réfugiés, où ils subissent la pauvreté et la marginalisation, et ce combat stratégique inclut la lutte contre le racisme dans les pays européens mêmes.

Faire progresser la révolution – Par les armes et par la pensée – Dans la quête de la libération et du socialisme

De même, nous devons ouvrir le plus largement possible les portes à la participation de notre peuple en Jordanie. Nous ne pouvons oublier le fait que des millions de Palestiniens vivent dans ce pays et qu’ils ne sont qu’à une heure de route de la Palestine. Ces Palestiniens ont le droit d’exprimer leur fierté à propos de leur identité, de leur participation à leur propre cause nationale, et à la lutte aux côtés du mouvement national jordanien pour la démocratie et pour la libération de la Palestine.

Il y a également les tâches concernant notre peuple au Liban. C’est un fait bien établi que les Palestiniens des camps de réfugiés au Liban vivent dans des conditions particulièrement extrêmes et pénibles. Leurs camps sont assiégés, dans certains cas ; ce sont des exclus, ils sont marginalisés. Il y a un profond sentiment d’isolement parmi les Palestiniens au Liban et, fait plus important, ils sont confrontés aux lois injustes et racistes du gouvernement libanais qui interdisent aux Palestiniens d’exercer plus de 70 professions.

Nous comprenons que chaque contingent palestinien vit dans des conditions différentes et est confronté à des problèmes spécifiques. Mais tous sont concernés par la voie de la lutte palestinienne pour les droits nationaux, les droits de l’homme et les droits civils. Nous savons que les gens de notre peuple qui vivent aujourd’hui aux États-Unis, au Canada, ainsi que nos jeunes générations impliquées dans cette lutte, que ce soit dans les universités, dans le mouvement anti-apartheid ou dans le mouvement BDS, nous savons qu’ils mènent tous un combat qui portera ses fruits. Ces luttes qui ont lieu actuellement peuvent parfois susciter l’impression que l’on s’époumone dans le désert. Mais ce sont des luttes qui permettent d’accumuler de l’expérience et qui se traduisent également par des gains.

1er juin – Journée de l’enfant – Enfant du soulèvemente, l’avenir t’appartient.

Chacune de ces contingences populaires palestiniennes peut renforcer leurs relations avec les mouvements en compagnie desquels elles luttent au sein de leurs communautés. Ainsi, en Amérique du Nord, nous devons renforcer nos relations avec le mouvement de libération des noirs, avec les peuples indigènes et natifs en lutte, avec les mouvements des pauvres et de la classe ouvrière, avec la lutte antiraciste, anti-impérialiste et anticapitaliste. Au Liban, nous devons renforcer nos relations avec le mouvement communiste, le mouvement progressiste et la résistance. En Europe, nous devons renforcer nos relations avec toutes les communautés arabes, y compris les communautés marocaines, syriennes, algériennes et toutes les communautés opprimées, dans leurs luttes visant à surmonter l’austérité et le racisme. En Amérique latine, nous devons participer aux luttes contre l’impérialisme américain et rallier les classes populaires dans leur combat contre les formes nouvelles d’agression et d’exploitation. Nous devons combattre ensemble et, surtout, nous devons le faire en nous appuyant sur une perspective de responsabilité et en participant pleinement, c’est-à-dire en tant que partenaires véritables et à part entière, à ces mouvements.

L’une des caractéristiques des Palestiniens de la diaspora, c’est qu’ils disposent généralement de plus de liberté de mouvement, en comparaison avec notre peuple sous occupation. Le deuxième avantage, c’est qu’ils communiquent avec le monde dans autant de langues qu’il n’y en a dans le monde. Un troisième avantage, c’est qu’un grand nombre de Palestiniens sont devenus partie intégrante de la société au sein de laquelle ils vivent désormais et qu’ils y jouent un rôle majeur. Le Chili est un bel exemple de ces pays où notre peuple peut jouer un rôle progressiste, non seulement au profit de la Palestine, mais aussi des pays où ils vivent aujourd’hui.

Pourquoi n’assiste-t-on pas à une escalade palestinienne de la lutte armée, de nos jours ?

Barakat. En guise de réponse honnête, disons qu’il s’agit d’une représentation de la crise de la résistance. Disons-le carrément, les organisations palestiniennes n’en font pas assez. Nous voyons des éléments positifs, particulièrement à Gaza dans l’accumulation de la force qu’on y trouve, mais la lutte armée est en fait un droit du peuple palestinien tout entier et je ne doute pas que, dans un futur proche, aussi bien que dans le long terme, nous verrons les Palestiniens passer de la défensive à l’offensive.

La voie de la lutte armée est la voie d’une Palestine libérée

Mais cela requiert de nombreuses décisions politiques et des décisions autres que militaires. Vous avez beau posséder des armes, mais si vous n’êtes pas animé d’une volonté politique, ces armes sont inutiles. Si vous n’avez pas des vues politiques claires, ces armes sont dangereuses. Si vous empruntez une voie différente, ces armes peuvent être utilisées contre notre peuple, comme vous pouvez le voir dans le cas des agences de sécurité mises en place sous les accords d’Oslo. La transformation de l’individu palestinien armé de fedayine en policier constitue un danger.

Mais nous devons également concevoir la lutte armée comme un moyen de lutte créatif et non comme quelque chose que l’on fait simplement pour faire valoir des arguments, même si, parfois, il est important de le faire en combattant un pouvoir colonial plus grand, plus fort et bien armé. Mais ce doit être une lutte avec un but politique et elle doit être menée par des combattants bien informés et éduqués au sein du mouvement. Et elle doit être connectée aux conditions des Palestiniens dans chaque stade de leur mouvement. Ce doit également être une lutte menée à toutes les frontières avec la Palestine, aux frontières jordanienne, syrienne et libanaise aussi bien qu’à l’intérieur même de la Palestine. Ce sont des questions très importantes mais, jusqu’à présent, il n’existe pas d’arène ou de forum palestinien véritable pour discuter de telles questions ou pour les définir. Et ceci, c’est un autre symptôme de la crise de la résistance palestinienne.

 

Traduction: http://www.pourlapalestine.be/la-politique-des-etats-unis-et-la-crise-de-la-resistance-palestinienne/

Version originale: http://pflp.ps/english/2017/08/07/barakat-united-states-policy-and-the-crisis-of-the-palestinian-resistance/

Georges Ibrahim Abdallah : Un combattant communiste libanais détenu en France depuis 1984

Liberté pour Georges Ibrahim Abdallah Il a passé plus de temps en prison que Nelson Mandela. Il est le plus vieux prisonnier politique encore vivant!

 

 

Nous avons l’honneur de vous présenter ce document exceptionnel du Secours Rouge/International Red Help qui raconte l’histoire incroyable de Georges I. Abdallah, communiste libanais et grand combattant pour la Palestine, qui a été condamné en 1984 à la prison à vie, c’est-à-dire quinze ans. Or, il est emprisonné en France depuis 34 ans dont les quatre dernières en totale illégalité puisqu’il a déjà entièrement purgé sa peine et qu’il est admissible à la libération depuis 2013.

S’il est encore détenu et incarcéré, c’est sur un mail du Secrétaire d’État états-uniens, Hillary Clinton,  « demandant » ou « ordonnant », c’est selon,  au ministre des Affaires Étrangères de France, Laurent Fabius,  de ne pas libérer Georges I. Abdallah. http://www.freegeorges.org/fr/usafrance-un-mail-dhillary-clinton-a-laurent-fabius-pour-bloquer-la-liberation-de-georges-abdallah/

Aucun autre motif ne peut expliquer la continuation de la détention de Georges I. Abdallah, un grand combattant révolutionnaire et communiste pour la cause palestinienne et de la révolution.

Exigeons la libération immédiate de Georges I. Abdallah !

 

Face à la répression, la solidarité est notre arme!

Abattre le capitalisme, construire la solidarité !

L’avenir nous appartient!

 

P.S.: Lettre de Georges I. Abdallah http://www.freegeorges.org/fr/lettre-ouverte-a-notre-camarade-georges-ibrahim-abdallah/