Manifestation antifa et antiraciste de Montréal pour s’opposer à la montée de l’extrême-droite

Les manifestantEs, estiméEs à environ 5 000 par les organisateursTRICES, ont marché dans les rues de Montréal ce dimanche 12 novembre pour s’opposer à la haine, au racisme, à l’extrême droite et à la loi sur la neutralité religieuse.

Réunis à la place Émilie-Gamelin, les marcheurs se sont rendus à la Place du Canada, au centre-ville, où la statue de l’ancien premier ministre du Canada John A. Macdonald et « Père de la Confédération canadienne » (1867) a été aspergée de peinture rouge dans la nuit de samedi à dimanche. Un groupe « antiraciste et anticolonialiste », déclarant ne pas faire partie de l’organisation de la marche, a revendiqué le coup d’éclat. L’un des Pères de la Confédération aurait été, selon eux, un « raciste ».

Par cette manifestation, les organisateurs visaient notamment les groupes ultranationalistes, tels que La Meute, et l’adoption de la loi 62 sur la neutralité religieuse, qui impose de donner et recevoir des services à visage découvert.

Des slogans ont également été scandés, notamment ceux-ci:  SoSoSo solidarité avec avec la Palestine; Make racist afraid again; un peuple uni jamais ne sera vaincu; un peuple armé jamais ne sera vaincu; À qui la rue, À nous la rue!

Abattre le capitalisme

Construire la solidarité

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Rapport de la manifestation au poste frontière de Lacolle entre le Québec et les États-Unis

RAPPORT: Bienvenue aux migrant.es et aux réfugié.es!

Ouvrez les frontières!

Oubliez le racisme!

 

 

Samedi 30 septembre de 10h à 17h

À la frontière à Lacolle, au sud de Montréal

 

Le MER-Concordia a pu assister à la contre-manifestation en soutien aux réfugié.es et aux migrant.es entrant au Canada, tout en prenant position contre la Storm Alliance, un groupe raciste et anti-immigrant.

 

Les hostilités ont commencé avant que les contre-manifestant.es ne quittent même la frontière, alors que David LeBlanc, un membre connu des Soldats d’Odin (un autre groupe raciste fondé par des néo-nazis en Europe) a vandalisé un des autobus. Il a été arrêté, avec un autre complice, et les camarades ont rapidement pris des mesures pour nettoyer l’autobus.

 

 

Alors que les manifestant.es marchaient, nous avons remarqué les différents policiers perchés sur les bâtiments voisins prenaient des photos. Une fois que le groupe est arrivé à la frontière, la police a rapidement arrêté un homme pour avoir écrit « ouvrez les frontières » à la craie sur un mur, mais il a été libéré plus tard avec des excuses et avec une amende symbolique d’un dollar.

 

Le MER-Concordia a pu se réunir brièvement avec les camarades du MER de Québec.

 

Alors que nous attendions l’arrivée des fachos, la police a divisé la foule, mettant en souricière une trentaine de personnes près de la frontière. Cela a finalement été résolu car ceux et celles qui ont été capturé.es ont pu passer et rejoindre le groupe principal.

 

À 12h20, la première vague des SA est arrivée, et la police a effectivement séparé les contre-manifestant.es des fascistes. Une version intelligente de «Fuck You» de Cee Lo Green a été chantée en solidarité avec les migrant.es et les réfugié.es et contre les fascistes.

 

Au fur et à mesure que le nombre de fascistes augmentait alors que leurs retardataires arrivaient, la police a envoyé leur escouade anti-émeute vers 13 h 25 pour séparer les Antifas et les fascistes. Les anti-émeutes ont essayé de repousser les contre-manifestant.es plus loin, sans succès. Alors qu’on célébrait avec de la musique et des chansons, la Storm Alliance a augmenté ses forces à 200 personnes. En dépit de leur surnombre, cependant, ils n’ont jamais pu nous franchir, et à 14 h 45, les fascistes ont reculé. La police nous a empêché de partir jusqu’à 15h30.

 

Grâce à l’effort collectif de la foule, le message était clair: No pasaran! Nous souhaitons remercier Solidarity Across Borders pour avoir organisé une contre-manif réussie et nous nous efforcerons d’aider les efforts anti-fascistes à l’avenir.

 

 Abattre le capitalisme, construire la solidarité!

 

 

Face à la répression, la solidarité est notre arme !

 

 

 

N.B.: Le rapport, et la traduction française du rapport, est une gracieuseté du MER-Concordia, membre du PCR-RCP du Canada.

 

 

Face-à-face tendu sur l’immigration au poste frontière de Lacolle

 

Des militants de la droite identitaire ont tenu des manifestations samedi contre les politiques d’immigration dans plusieurs villes du pays. Des contre-manifestants antifascistes ont aussi décidé de se faire entendre.

Au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle, au sud de Montréal, une centaine de manifestants antifascistes étaient présents, ainsi qu’environ 200 manifestants anti-immigration.

Ce poste, le plus important poste frontalier au Québec, a été temporairement fermé et les voyageurs redirigés vers d’autres postes près d’Hemmingford.

Dave Tregget, président fondateur de Storm Alliance, affirme que la manifestation à laquelle il a appelé n’est pas contre l’immigration. « On est ici pour dénoncer et les politiques de Justin Trudeau, des libéraux qu’elles soient économiques, sociales ou les inquiétudes qu’ont les gens envers l’immigration ». « Quand on parle des inquiétudes de l’immigration, c’est le manque de ressources que M. Trudeau met en place pour aider les immigrants une fois rendus ici », insiste-t-il.

Ils essayent de faire passer dans le discours populaire l’idée que « c’est correct d’être raciste, en étant sympathique », rétorque Anas Bouslikhane de Solidarité sans frontières

Le militant de gauche Jaggi Singh ainsi que des groupes citoyens pro-immigration, comme Solidarité sans frontières, ont investi tôt les lieux où manifestent Storm Alliance, un groupe associé à l’extrême droite, et ses partisans.

Une brève échauffourée a opposé un militant antifasciste à deux membres de Storm Alliance. Ceux-ci lui ont assené quelques coups avant que les policiers n’interviennent.

Cette altercation a poussé l’escouade antiémeute à se déployer entre les deux groupes.

Selon le journaliste de Radio-Canada Vincent Champagne, les responsables de Storm Alliance ont d’ailleurs expressément demandé à leurs membres de garder leur calme.

Source: http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1058914/manifestation-droite-gauche-frontiere-lacolle

Une milice armée d’extrême droite s’implante au Québec

Des membres présumés de la milice du III % du Québec Photo : Facebook/Tirée de la page Canadian Three Percenters

La milice armée d’extrême droite du III % (milice du trois pour cent) s’implante actuellement dans plusieurs régions du Québec. Pour devenir membres du mouvement des « threepers », les aspirants doivent notamment détenir un permis de possession d’arme à feu.

Un reportage de Maxime Corneau

Radio-Canada a observé pendant plusieurs mois les échanges entre les membres de ce regroupement sur les réseaux sociaux. La milice se définit comme un rassemblement de « patriotes » assurant la « résistance » aux abus des gouvernements en place.

Barbara Perry, professeure à la Faculté de sciences sociales de l’Institut universitaire de technologie de l’Ontario, connaît bien ce mouvement. Elle souligne qu’il est apparu aux États-Unis il y a une dizaine d’années.

« Ils idéalisent un Québec francophone, blanc et sans immigration [traduction] », résume Mme Perry en parlant des factions québécoises du groupe fondées depuis environ un an.

Bien que les membres affirment être pacifistes sur les réseaux sociaux, ils font tout de même une apologie de l’armement.

 


Lors du processus d’accès au groupe, un questionnaire demande aux candidats s’ils sont propriétaires d’armes à feu. Photo : Facebook/Tirée de la page III% Québec

Depuis peu, pour devenir membres des différentes cellules des III % au Québec, les candidats doivent confirmer être détenteurs d’un permis de possession d’arme à feu.

Sur une page Facebook du mouvement au Canada anglais, des images d’entraînement paramilitaire de membres québécois ont été publiées. On y voit une dizaine d’individus anonymes qui s’exercent aux techniques militaires en milieu forestier.

Pourquoi III %?

Le mouvement est nommé ainsi, car la croyance propagée par les fondateurs du groupe aux États-Unis veut que seulement 3 % des colons américains aient combattu l’armée britannique lors de la guerre de l’Indépendance américaine.

Membres présumés de la milice III % du Québec lors d’un exercice Photo : Facebook/Tirée de la page Canadian Three Percenters

 

Les membres du groupe publient d’ailleurs souvent des images de leurs armes et de leurs équipements de combat.

 

Un mouvement d’extrême droite 

 

Un membre présente son équipement tactique sur les réseaux sociaux. Photo : Facebook/Tirée de la page III% Québec

Maxime Fiset, un agent de prévention au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, voit sortir de l’ombre ce mouvement venu de nos voisins du sud. « Il existe quelques chapitres des III % au Québec », précise-t-il.

Il explique qu’il est très difficile de quantifier le phénomène puisque les activités officielles du groupe se font généralement entre membres en règle qui ne cherchent pas la publicité.

« C’est un mouvement d’extrême droite, c’est d’ailleurs l’un des mouvements qui est le plus à surveiller en termes de potentiel de violence. Les membres ne sont peut-être pas violents dans l’immédiat et ne le seront peut-être jamais, mais ils sont équipés et entraînés. »

Pour M. Fiset, il ne fait aucun doute que le mouvement du III % est une milice qui fonctionne sous forme de petites cellules autonomes. « C’est une milice! […] Ils s’entraînent, avec des armes, pour le combat dans divers scénarios. Pour eux, un individu qui n’est pas armé et prêt à se défendre par la violence n’est pas un membre qui vaut la peine d’être recruté. »

Policiers au fait du phénomène

Tant du côté de la Sûreté du Québec que de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), on affirme être au fait de l’existence de ce mouvement, sans toutefois préciser si des enquêtes sont en cours.

Une publication sur la page des III % Photo : Facebook/Tirée de la page III% Québec

Annie Delisle, de la GRC, rappelle que la Gendarmerie royale du Canada « n’enquête pas sur des mouvements ou des idéologies, mais plutôt sur les activités criminelles perpétuées par des individus portant une menace à la sécurité des Canadiens ».

Cette réponse est similaire à celle donnée par la Sûreté du Québec.

Anti-immigration

Lors de l’observation des activités du groupe sur Internet, Radio-Canada a relevé des commentaires anti-immigration et islamophobes.

L’actuel premier ministre du Canada, Justin Trudeau, est d’ailleurs souvent représenté comme une menace à la sécurité nationale, principalement en ce qui a trait à ses positions sur l’immigration.

Des membres des III % de l’Ontario ont participé à un rassemblement anti-immigration du groupe d’extrême droite Pegida à London le 26 août dernier. Les membres de la milice, munis d’équipements de protection militaires, assuraient la sécurité.

Barbara Perry confirme que les membres des milices III % partagent l’idéologie de plusieurs groupes d’extrême droite, ce qui l’inquiète.

« C’est ce qui me terrifie avec ces groupes. C’est un mélange d’idéologie, d’hostilité envers certaines communautés, d’armement et d’entraînement tactique. »

 

Des membres du groupe III % de l’Ontario lors d’une manifestation à London Photo : Radio-Canada/Amanda Margison

Maxime Fiset affirme avoir vu lors de la manifestation de La Meute à Québec des individus arborant des symboles du groupe en marge du rassemblement.

Les membres des groupes québécois du III % contactés par Radio-Canada ont tous décliné nos demandes d’entrevue.

 

Source: http://beta.radio-canada.ca/nouvelle/1054852/une-milice-armee-dextreme-droite-simplante-au-quebec