Pour une Campagne unitaire pour la Libération de Georges I. Abdallah

Le Parti Communiste Maoïste se joint à la campagne internationale pour exiger la libération immédiate du prisonnier révolutionnaire Georges I. Abdallah

 

 

Georges Ibrahim Abdallah entrera le 24 octobre dans sa 34e année de détention !

Arrêté en 1984, puis condamné à perpétuité pour complicité dans des actes de résistance revendiqués par les FARL, alors que son pays était occupé par les troupes sionistes, notre camarade Georges Ibrahim Abdallah, âgé de 33 ans lors de son arrestation, aura passé autant d’années dedans que dehors, sans jamais renier son engagement politique.

Que toutes celles et ceux qui comme nous, sont aux côtés des peuples en lutte, au côté de la résistance palestinienne, qui combattent le capitalisme, l’impérialisme, le sionisme, le colonialisme, se joignent à nous dans l’exigence de sa libération.

Venez nombreux et nombreuses samedi prochain, devant la prison de Lannemezan (Hautes Pyrénées).

La manifestation partira de la gare à 14h pour aller devant la prison.

Cars et covoiturage partiront de Paris, Toulouse, Marseille, Pau, Tarbes…et d’autres villes encore.

A Paris, rendez-vous vendredi 20 octobre, à 21h, au pied de la statue de la République, pour un départ en car à 22h. Retour à Paris dimanche vers 6h.

Vous n’avez pas encore réservé votre place ? Faites-le vite !

Contact : campagne.unitaire.gabdallah@gmail.com

Le texte fondateur de la Campagne unitaire pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah :

LIBERTÉ POUR GEORGES ABDALLAH !

IL EST DE NOS LUTTES ! NOUS SOMMES DE SON COMBAT !

L’année 2015 a été une année où la population civile en France métropolitaine a subi des attentats massacres. L’État français s’est servi de cette situation particulière pour amplifier son système répressif sur le plan intérieur et guerrier sur le plan extérieur.

Notre réponse à cette situation extraordinaire doit être la convergence des résistances qu’elle implique : combat contre l’impérialisme et le terrorisme d’Etat (notamment celui de l’Etat sioniste) ; contre la violence d’État (militaire, policière, administrative), le racisme d’État, la répression et la fascisation de l’État en général, dirigées contre les peuples et les classes populaires des quartiers en particulier ; combat pour le droit juste et légitime à la révolte et à l’émancipation ; combat pour la libération des prisonniers politiques révolutionnaires.

Georges Abdallah – militant communiste libanais combattant pour la lutte de libération nationale de la Palestine, incarcéré dans les geôles de l’État français depuis plus de 31 ans – concentre en lui-même l’ensemble de ces luttes politiques. C’est en cela que nous disons qu’il est de nos luttes et que nous sommes de son combat, et que s’il est un état d’urgence à décréter, c’est bien celui pour la libération d’Abdallah !

ABDALLAH : TOUTE UNE VIE DE COMBAT

Contre l’impérialisme

Le 13 novembre 2015 restera la date, sur le plan de la politique extérieure de la France, de l’aval donné aux forces militaires françaises pour intensifier les bombardements et les attaques menés en Syrie et dans la région. L’impérialisme français sous couvert de la lutte contre le terrorisme déploie tout son arsenal de guerre pour asseoir son hégémonie et préserver ses intérêts. Les populations civiles massacrées, déplacées et niées dans leurs droits les plus essentiels ne sont pour les fauteurs de guerre que des dommages collatéraux. Ce chaos et cette terreur sont imposés aux peuples aux seuls bénéfices d’intérêts stratégiques et de guerres de pillage de l’impérialisme. Georges Abdallah durant toute sa vie a lutté et lutte encore contre l’impérialisme et les guerres faites aux peuples, et en cela il est pleinement de nos luttes.

Pour la Palestine

Le combat de Georges Abdallah est aussi celui de la résistance armée – celle à laquelle il a participé activement pour défendre le Liban contre l’agression sioniste et pour la lutte de libération nationale de la Palestine. Cette lutte reste au cœur de l’actualité. Le peuple Palestinien ne cesse de résister et de combattre, s’engageant aujourd’hui dans la voie d’une troisième intifada et appelant la résistance populaire à développer ses attaques contre l’occupant sioniste sous toutes les formes de lutte possibles. La résistance armée populaire est l’une de ces formes de lutte, pour la libération de toute la Palestine.

Contre la répression et pour le droit à la révolte

La violence et la répression d’État ne cessent de se renforcer, se militarisant même sous couvert de l’état d’urgence – véritable arme coloniale utilisée durant la guerre contre le peuple Algérien, contre le peuple Kanak et plus récemment (en temps de paix !) en 2005 contre les quartiers populaires. Perquisitions à toute heure, assignations à résidence, répression préventive, mise en garde à vue en masse d’opposants politiques, fichage et flicage à tout va, amplification des violences policières, utilisation immédiate et sans contrôle du droit à tuer donné aux forces de répression, contrôles au faciès institutionnalisés et généralisés : tout cela est devenu la normalité qu’ils imposent et que nous combattons.

Un des objectifs des gouvernants est de faire régner sous couvert d’une haute tension sécuritaire un climat de peur toujours plus intense, en utilisant notamment l’arme de l’islamophobie pour orienter le mécontentement populaire contre les étrangers, les immigrés, les sans-papiers, et en fin de compte diviser les exploités alors qu’ils ont tout intérêt à s’unir. Ce harcèlement et cette répression sont principalement dirigés contre les habitants des quartiers populaires et en particulier contre leur jeunesse discriminée et contre les militants. La fascisation du pouvoir s’appuie sur le racisme d’État et le chômage de masse organisé ; il s’agit de diviser pour mieux opprimer et exploiter. La criminalisation de l’action sociale et syndicale – comme les lourdes peines infligées dernièrement aux syndicalistes d’Air France et de Good Year – va aussi dans ce sens. Face à un tel État répressif et liberticide, un seul mot d’ordre se doit d’être opposé : celui du droit juste et légitime à se révolter. C’est ce terreau qui unit aussi nos luttes à celle de Georges Abdallah.

Pour la libération des prisonniers politiques révolutionnaires

Le combat de Georges Abdallah est celui d’un combattant communiste en prison, arrêté et détenu pour la lutte politique qui a été la sienne, pour les idées et les idéaux qu’il n’a eu de cesse de proclamer et de ne jamais renier. Sa résistance s’inscrit pleinement dans celle de tous ceux qui combattent aujourd’hui le système et rejettent sa domination sur la société et sur les peuples. C’est pour ses idées d’émancipation que Georges Abdallah s’est engagé dans la lutte. Ce sont pour elles et son combat révolutionnaire qu’il est encore détenu aujourd’hui. Pour cela nous exigeons sa libération immédiate et inconditionnelle.

Georges Abdallah s’est battu et continue de se battre en prison, pour la lutte émancipatrice du prolétariat et des peuples du monde. Il se bat pour un monde débarrassé du système capitaliste et de l’impérialisme et des rapports de domination qu’ils engagent et qui sont responsables de la misère de milliards d’hommes. Georges Abdallah se bat en tant que combattant communiste.

Lutter pour la révolution, c’est poursuivre le combat de Georges Abdallah ! Luttons pour exiger sa libération et luttons ainsi pour notre propre liberté, pour notre propre émancipation.

LIBERTÉ IMMÉDIATE ET SANS CONDITION DE GEORGES ABDALLAH !

VIVE LA RÉSISTANCE LIBANAISE ET PALESTINIENNE !

VIVE L’INTIFADHA !

PALESTINE VIVRA ! PALESTINE VAINCRA !

A BAS L’IMPÉRIALISME, LE SIONISME ET LES ÉTATS RÉACTIONNAIRES ARABES !

Campagne Unitaire pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah

 

Source: http://www.pcmaoiste.org/actunationale/georges-abdallah-toutes-et-tous-a-lannemezan-samedi-21-octobre/

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Brève histoire du Secours Rouge International (SRI/RHI) et de sa section belge

 

Décembre 1922 – Fondation du MOPR en Russie soviétique

C’est le 29 décembre 1922 que la Société des vieux bolcheviks, lors d’une de ses sessions, lance l’idée d’une association russe ’d’aide et de solidarité internationale aux combattants de la Révolution’ (MOPR) ; celle-ci reçoit le nom de Secours rouge. Très vite, l’idée est reprise par l’Internationale Communiste et le Secours Rouge s’adjoint de nombreuses sections nationales. Lors de sa première conférence, le Secours Rouge définit ses buts : ’La conférence souligne particulièrement la signification politique du S.R.I. comme un des leviers les plus importants du front unique pour attirer les larges masses des travailleurs et des paysans sans distinction de parti à la solidarité avec les combattants révolutionnaires emprisonnés.’ L’organisation se veut donc la plus large possible mais se dote d’une structure très centralisée : le congrès des associations nationales membres, réuni au moins tous les deux ans, élit un Comité Exécutif siégeant deux fois par an ; ce dernier choisit en son sein un Présidium de neuf membres.

 

Le premier logo du SRI

 


Affiche du SRI : ’Au secours ! camarade / c’est pour toi que je suis en prison / ne l’oublie pas / ne m’oublie pas / adhère au Secours Rouge International’

 


Affiche du MOPR

1922-1924 – Julian Marchlewski, premier président du SRI

Julian Marchlewski était un des co-fondateurs, en 1893, avec Rosa Luxembourg du Parti social-démocrate de Pologne qui est dissout deux ans plus tard à la suite d’arrestations massives. Il prend part en Pologne à la révolution de 1905. Il rejoint le parti bolchevique, émigre en Allemagne où il est co-fondateur de la Ligue Spartakus et participe à la lutte révolutionnaire en Allemagne. Il est arrêté et plus tard échangé avec la Russie soviétique contre un espion allemand. En 1920, il dirige le Comité révolutionnaire polonais provisoire qui voulait proclamer la République socialiste soviétique polonaise, et qui est dissout après la contre-offensive des armées blanches et la victoire de la réaction en Pologne. Il sera le premier président du Comité Central du SRI jusqu’à sa mort, survenue en 1925.

 


Julian Marchlewski

 


Affiche pour le cinquième anniversaire du MOPR/SRI

Septembre 1924 – Le SRI compte déjà 19 sections nationales

En septembre 1924, le SRI tient sa première Conférence internationale. Il réunit à ce moment 19 sections nationales, à savoir :

Allemagne : Rote Hilfe Deutschlands
Autriche : Osterreichische Rote Hilfe
Bulgarie : Organisation für die Unterstützung für die Opfer der kapitalistischen Diktatur
Espagne : Socorro Rojo Internacional
France : Secours Rouge International
Grande-Bretagne : International Class War Prisoners Aid
Mexique : Liga Pro Luchadores Perseguidos
Norvège : Norges Roede Hjelp
Pays-Bas : Rode Hulp Holland
Pologne : Kommission für die Unterstützung von politischen Gefangenen
Suède : Internationella röda hjälpen – svenska sektionen
Union soviétique : Internationale rote Hilfe fûr die Kämpfer der Revolution
USA : International Labor Defense

 


N° du bulletin international du SRI (ici dans l’édition allemande) consacré à la première Conférence internationale du SRI.


Carte postale éditée par la section britannique du SRI lors du procès de 12 dirigeants du Parti communiste de Grande-Bretagne accusés de ’publications sédicieuses’ et ’d’appel à la mutinerie’. Les 12 furent jugés coupables par un tribunal londonien.

1921-1922 – SRI et SOI

Le Secours Ouvrier International est créé en 1921, un an avant le SRI. Son fondateur est Willy Münzenberg, proche de Lénine, futur député du parti communiste d’Allemagne, très lié aux milieux de l’avant-garde artistique. C’est l’époque du vote du Komintern en faveur de la politique de front unique, entraînant le développement d’organisations de masse. 1921, c’est aussi l’époque de la grande famine en URSS. Le 13 juillet, Maxime Gorki lance un appel international pour que l’on vienne en aide aux affamés. De retour d’un voyage dans ce pays, l’Allemand Münzenberg crée l’Internationale Arbeitershilfe (IAH, SOI en français) rassemblant de nombreuses organisations de gauche et des personnalités du monde entier, comme Albert Einstein, Anatole France, Henri Barbusse. Bientôt partiront du monde entier des bateaux de vivres, sous les auspices du SOI. Le SOI devient tellement puissant qu’il installe toutes sortes d’usines en URSS, bâtit des immeubles, répare les anciens.

Dans un second temps, le SOI devient l’organisation d’entraide internationale du prolétariat en lutte. Le SOI organise des collectes pour soutenir les grévistes, accueille les enfants des grévistes, etc. Les enfants des grévistes du Borinage seront ainsi recueilli par des familles ouvrières françaises et allemandes la durée de la grève.


Willi Münzenberg

 


Carnet de membre de la section belge du SOI


Septembre 1932. Solidarité du groupe de Daveil (région parisienne) du SOI avec les enfants de mineurs grévistes. A doite, assis, Denis, responsable du groupe draveillois du SOI. A droite, debout, Picard, responsable du groupe draveillois du SRI.

Ecouter Ernst Buch qui chante la marche du SOI: http://www.youtube.com/watch?v=ohrBwEcCDLA&feature=related

1924-1933 – Clara Zetkin, présidente du SRI

A la mort de Julian Marchlewski, c’est la grande dirigeante communiste féministe allemande Clara Zetkin qui assume la présidence du SRI. Née en 1857, elle fréquente dès le milieu des années 1870 les mouvements féministes et adhère au parti socialiste. Après l’interdiction du parti par Bismarck en 1870, elle s’exile à Zurich. A Paris, elle participe activement à la fondation de la Deuxième Internationale où elle réclame l’égalité complète des droits professionnels et sociaux de la femme ainsi que sa participation active à la lutte des classes. De retour en Allemagne après l’abrogation des lois anti-socialistes, elle développe le mouvement féminin socialiste et milite sans relâche pour les droits des femmes. En 1907, lors de la première conférence internationale des femmes socialistes, Clara Zetkin est désignée à la présidence du secrétariat international des femmes socialistes à Stuttgart. Le 8 mars 1910, lors de la 2e Conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, elle propose la création d’une ’journée de manifestation annuelle afin de militer pour le droit de vote, l’égalité entre les sexes, et le socialisme’. Cette initiative est à l’origine de la Journée Internationale des Femmes qui se déroule tous les ans le 8 mars. Elle participe à l’aile gauche du parti social-démocrate allemand et devient très proche de Rose Luxemburg. Opposante à la première guerre mondiale, elle participe avec Rosa Luxemburg à la création en 1915 de la Ligue Spartakiste et elle mène de nombreuses actions pacifistes, et organise notamment une conférence internationale pacifiste des femmes socialistes en 1915 à Berlin, ce qui lui vaudra d’être arrêtée à plusieurs reprises. La révolution allemande de novembre 1918 permet au mouvement féministe d’obtenir le droit pour les femmes de voter et d’être élues. Clara Zetkin adhère au Parti communiste d’Allemagne. Elle est ensuite députée du KPD de 1920 à 1933. Elle sera membre de la direction du KPD et de l’International communiste. En août 1932, présidant le Reichstag en tant que doyenne, elle appellera à combattre le nazisme. Contrainte à l’exil après l’arrivée des nazis au pouvoir et l’interdiction du Parti Communiste d’allemagne (KPD), elle meurt quelques semaines plus tard à Moscou.

 


Clara Zetkin

Voir notre dossier sur Clara Zetkin: https://secoursrouge.org/clara-zetkin

Mai 1925 – Fondation de la section belge du SRI

Son président en est depuis mai 1925 l’écrivain Charles Plisnier (membre du PCB depuis 1921) qui, outre à titre de dirigeant du SRI, participe à de nombreux congrès, voyage dans toute l’Europe comme émissaire de l’Internationale des Jeunesses Communistes, échappe de justesse à la terreur blanche qui sévit dans les Balkans, est nommé commissaire politique lors de l’insurrection soviétique de la Ruhr, participe au Congrès de Moscou et est élu au Présidium juridique international.

 


Charles Plisnier

1926-1927 – La campagne pour Sacco et Vanzetti


Sacco et Vanzetti

Les années 1919-1920 sont des années de crise aux Etats-Unis. En 1919, on recense 4,1 millions de grévistes qui réclament de meilleurs salaires et une réduction du temps de travail. Les grèves dégénèrent en violence et donnent lieu à des affrontements dans plusieurs grandes villes, comme à Boston. L’année 1920 est marquée par de nombreux attentats anarchistes : les responsables politiques sont touchés, comme le maire de Seattle ou celui de Cleveland, chez lequel une bombe explose. Les bureaux de la banque Morgan à Wall Street sont soufflés par un attentat qui fait 38 morts et 200 blessés. Les autorités prennent des mesures de répression contre les anarchistes mais aussi contre les communistes et les socialistes américains. Certains sont emprisonnés, d’autres contraints de s’exiler.

Le 5 mai 1920, deux anarchistes italiens, Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti sont arrêtés ; ils sont soupçonnés d’avoir commis deux braquages (le 24 décembre 1919 à Bridgewater et le 15 avril 1920 à South Braintree où deux convoyeurs sont tués). Le 16 août 1920, Vanzetti seul est condamné pour le premier braquage à 15 ans de prison. Le second procès qui se clôt le 14 juillet 1921 les condamne tous les deux à la peine capitale pour les crimes de South Braintree, malgré le manque de preuves formelles. Des comités de défense et le Secours Rouge y joue un rôle de premier plan. Le 12 mai 1926, leur condamnation à mort est confirmée. Le 26 mai, un bandit dénommé Madeiros avoue de sa prison être l’auteur du braquage de South Braintree, mais le juge refuse d’en tenir compte. Malgré une mobilisation internationale intense et le report à plusieurs reprises de l’exécution, Sacco, Vanzetti et Madeiros passent sur la chaise électrique dans la nuit du 22 au 23 août 1927, suscitant une immense réprobation. Le 23 août 1977, exactement 50 ans après, le gouverneur du Massachusetts absout les deux hommes.


Manifestation pour Sacco et Vanzetti à Paris le 7 août 1927

 


30 mai 1927 : Manifestation à Bruxelles du Secours Rouge pour Sacco et Vanzetti

 


Les banderoles du Secours Rouge pour la manifestation du 30 mai 1927 à Bruxelles

Notre dossier sur l’affaire Sacco et Vanzetti: http://www.secoursrouge.org/L-affaire-Sacco-et-Vanzetti

Avril-juillet 1928 – La crise avec la fraction trotskiste

En 1928, Plisnier et quelques membres de la section belge du SRI (dont le secrétaire général Guyomard) s’alignent sur Trotsky, en opposition à la direction collective Staline-Zinoniev-Kamenev (la ’troïka’). La fraction, qui contrôle le Comité Central, essaie d’entraîner la section belge du SRI dans la voie d’un conflit avec l’Internationale Communiste. La direction internationale (le Comité Exécutif et le Présidium) du SRI prononça la dissolution du Comité Central belge au motif qu’il aurait violé la plate-forme du SRI, tandis qu’au sein de la section belge, la lutte de lignes est acharnée (les fédérations bruxelloise et liégeoise rejetèrent ouvertement la ligne du Comité Central contrôlé par les trotskistes et cessent de lui remettre les cotisations). La crise se solda par l’exclusion des trotskistes, et principalement de Plisnier. Celui-ci continuera un temps son engagement trotskiste, puis renoncera très vite à toute activité politique pour se consacrer à la littérature (prix Goncourt 1937 pour Faux passeport, roman basé sur son expérience d’émissaire de l’Internationale Communiste).


La brochure par laquelle la fraction trotskiste de la section belge du SRI a tenté d’obtenir, en juillet 1928, le ralliement de l’ensemble du SR.

Décembre 1928 – Pierre Vermeylen, président de la section belge du SRI

Après l’exclusion de Plisnier, c’est le brillant avocat Pierre Vermeylen qui prend la direction de la section belge du SRI. Pierre Vermeylen avait été membre des Jeunesses Communistes puis du Parti Communiste. Il démissionna du Parti Communiste en 1930, en raison de plusieurs désaccords politiques, sans pour autant renoncer à son engagement dans le Secours Rouge. Sous sa présidence le Secours Rouge connaîtra en Belgique un grand développement.

Pierre Vermeylen était alors entouré d’une remarquable équipe d’avocats qui s’engagera dans la Résistance et sera décimée par la Gestapo : Maurice-Robert Beublet (décapité à la hache à Berlin), l’avocat Jean Bastien (mort au camp de concentration de Sachsenhausen) ou Robert Lejour (qui lui succédera à la tête du SR et qui sera abattu par ses geôliers à la prison de Liège). D’autres survécurent comme l’avocat cinéphile Jean Fonteyne (futur sénateur communiste entre 46-49), comme Albert Van Ommeslaghe (qui sera également sénateur du PCB après-guerre), Luc Peereboom (futur juge de paix), Georges Van Steenbeek, Israël Joudanine, Jacques Cyprès, et quelques autres.


Pierre Vermeylen plaidant en Cour d’assises. A sa gauche, maître Luc Peereboom, également membre du Secours Rouge.

Juin-juillet 1932 – La grande grève des mineurs

La crise économique touche durement les charbonnages et le patronat en fait peser le poids sur les mineurs qui vivent déjà dans une misère noire. Le chômage touche un ouvrier sur cinq à une époque où l’assurance chômage n’est pas universelle et où les conditions d’attributions viennent encore d’être réduites. De nouvelles baisses de salaires sont décidées alors que, les mois précédents, les salaires avaient déjà chutés de 30% ! Le 28 juin, la grève éclate au Borinage, elle s’étend dans le Centre. Le 7 juillet, il y a 30.000 grévistes au Borinage et 15.000 dans le Centre et à Charleroi. Les puissantes organisations socialistes n’interviennent pas ; seuls le Parti Communiste, le Secours Rouge et, surtout, le Secours Ouvrier International organisent la solidarité. La répression policière et patronale est terrible : manifestants tués, familles grévistes expulsées de leur maison, etc., et cela dans le black-out médiatique. A Roux, le bourgmestre socialiste décrète l’interdiction de rassemblement. Les femmes prennent alors la tête des manifestations, afin de tempérer quelque peu la répression, en brandissant banderoles et calicots sur lesquels on peut lire ’Non à la crise’, ’Plutôt la mort que la faim pour nos enfants’, obtenant des travailleurs des autres secteurs qu’ils se joignent à la grève. Les dirigeants socialistes et les syndicats réformistes dénoncent les travailleurs révolutionnaires à la police. L’Etat de siège est proclamé à Mons, Charleroi et Liège, les rassemblements de plus de 5 personnes étaient interdits en rue. La grève prend un caractère insurrectionnel : des barricades sont construites, le château d’un directeur de charbonnage est incendié. Le gouvernement fait intervenir l’armée qui doit protéger non seulement les charbonnages mais aussi les Maisons du Peuple contre les grévistes rendus furieux par la trahison des socialistes. Les enfants des familles grévistes sont accueillis dans des familles ouvrières allemandes et françaises membres du SOI. Voyant le prolétariat dénoncer sa politique de plus en plus largement, les centrales socialistes tentent de reprendre le contrôle. Elles décrètent une grève, obtient des avantages mineurs et organise la fin du mouvement.

 


Manifestation dans le Borinage (Roux) en hommage à un ouvrier assassiné dans cette localité par la police lors de la grève de 1932, filmée par Jean Fonteyne en 1933.


9 juillet : notre SR fleurit le monument Tayenne au cimetière de Marchienne

 

Juillet 1932 – Le gouvernement interdit le Secours Rouge

Alors que la grève des mineurs prend un caractère insurrectionnel, le gouvernement tente de proscrire les seules forces qui soutiennent les mineurs. Il fait poursuivre le Parti Communiste pour ’complot’. Il fait arrêter les principaux dirigeants communistes : Glineur, Lahaut, Cordier, Thon, Leemans, et bien d’autres encore (on n’osa toutefois pas s’en prendre à Jacquemotte, devenu député). Les journaux communistes sont purement et simplement interdits tout comme la Centrale Révolutionnaire des Mineurs (CMR), l’Opposition Syndicale Révolutionnaire, les Amis de l’URSS… et le Secours Rouge. C’est l’équipe des avocats du Secours Rouge qui s’occupa de la défense des dirigeants communistes et des organisations poursuivies. Elle arracha la libération des dirigeants et, après des mois de guérilla juridique, obtint le non-lieu pur et simple. Le ’complot’ n’irait jamais devant un tribunal.

1932-1933 – ’Misère au Borinage’

En 1933, un membre important de la section belge du Secours Ouvrier International, (il dirigeait sa Commission de politique sociale) le docteur Paul Hennebert, mène l’enquête sur 25 familles du coron d’un charbonnage où les représailles patronales consécutives à la grève de 32 sont féroces. Ni les syndicats socialistes ni l’Assistance publique n’interviennent. Les familles sont expulsées de leur maison. Le résultat de l’enquête paraît dans une brochure publiée par la section belge du SOI en juillet 1933, une brochure bouleversante intitulée On crève de faim au levant de Mons. De son côté, l’avocat cinéphile Jean Fonteyne, membre du Secours Rouge, avait filmé la manifestation pour Tayenne.
Cela amène André Thirifays (animateur du Club de l’Ecran) à proposer à Henri Storck de réaliser un film sur le sujet. Jean Fonteyne qui était à la fois responsable au Secours Rouge et animateur du Club de l’Ecran, réalise des repérages, trouve un financement, obtient la collaboration des familles ouvrières qu’il connaissait bien, puisqu’il les avait plus d’une fois défendues en tant qu’avocat du Secours Rouge. Henri Storck, auquel s’est joint Joris Ivens, commence la réalisation. Avec très peu d’argent, devant se cacher de la police mais soutenus par toute la population, le tournage se passa dans des conditions difficiles et exaltantes. Comme tout documentaire, il mêle la réalité et la fiction et ceci d’autant plus prodigieusement que ce mélange ne relève pas de la volonté directe des réalisateurs. En effet, dans le film, les deux auteurs avaient organisé, avec des figurants borains, une manifestation de mineurs marchant derrière un portrait de Karl Marx. Les manifestants tenaient en fait leur propre rôle dans la manifestation d’hommage à un ouvrier gréviste tué par la police. Les habitants du corons y participèrent comme à une vraie manifestation. La gendarmerie prit aussi cette reconstitution pour une vraie manifestation et intervint brutalement pour la disperser, ce que la caméra de Storck et Ivens filma également.

’Crise dans le monde capitaliste. Des usines sont fermées, abandonnées. Des millions de prolétaires ont faim !’ C’est sur ces mots de manifeste et de révolte que s’ouvre ce film fondateur du cinéma belge et une des références les plus importantes du film documentaire. Le film est dur, magnifique. Il a gardé toute sa force, son impact émotionnel d’indignation et de compassion. Il a donné à la classe ouvrière les images les plus fortes de son histoire et de ses luttes. Parmi elles : les expulsions, l’entassement des enfants dans les maisons taudis, leurs visages émaciés et absents, la procession avec le portrait de Karl Marx, le ramassage du mauvais charbon sur les terrils à l’aube, le mineur mendiant etc., sans oublier le choc du raccord des plans : les maisons vides, alors que des sans-abri dorment dehors, une quasi-famine et aucune aide tandis que des sommes importantes sont dépensées pour la construction d’une église…


Joris Ivens, Henri Storck et Jean Fonteyne sur le tournage de Misère au Borinage

Pour en savoir plus sur le film: http://www.fondshenristorck.be/index.php?option=com_virtuemart&page=shop.product_details&flypage=shop.flypage&category_id=1&product_id=42&Itemid=50&vmcchk=1&Itemid=50

Novembre 1932 – Premier congrès du Secours Rouge International

C’est en novembre 1932, à l’occasion du dixième anniversaire du SRI, qu’eu lieu, à Moscou, dans la célèbre salle des colonnes de la Maison des syndicats (là où s’était tenu le congrès de l’Internationale syndicale rouge, où l’on exposera la dépouille de Staline), le premier Congrès international du Secours Rouge. Le SRI compte à cette époque 71 sections nationales totalisants 13,8 millions de membres (5.556.000 pour l’URSS). Pierre Vermeylen y représentait la section belge tandis que la section française était représentée par Marie-Louise Cachin, fille du fondateur du PCF, brillante avocate.


La brochure reprenant des textes et résolutions du premier congrès international du SRI

Octobre 1934 – Pour les insurgés asturiens

 

Affiche du SR d’Espagne en soutien aux familles des insurgés des Asturies

En octobre 1934, des insurrections prolétariennes ont lieu à Madrid, en Catalogne et dans les Asturies. Dans les deux premiers cas, la contre-révolution triomphe assez facilement. En revanche, des soviets sont organisés dans la seule région qui y soit prête, la région minière des Asturies. Cette insurrection est parfois appelée la ’Commune espagnole’ ou la ’Révolution d’octobre’ puisqu’elle culmine en octobre 1934 lorsque l’armée rouge des mineurs contrôle un territoire de quelques 1.000 km² autour d’Oviedo et au sud de cette ville. L’insurrection est matée dans le sang par les troupes d’Afrique commandées par Franco. La répression ordonnée par le gouvernement est terrible : 1.000 morts et 20.000 prisonniers pour lesquels le Secours Rouge International fait campagne.

Notre dossier sur l’insurrection des Asturies: http://www.secoursrouge.org/En-el-pozo-Maria-Luisa

Années ’30 – Le SRI au zénith

Le danger fasciste augmenta considérablement les responsabilités, les tâches, mais aussi l’écho et la popularité du Secours Rouge International. De nouvelles sections nationales apparaissent, tandis que celles qui ne souffrent pas directement de la répression fasciste (comme en Pologne, en Italie et bientôt en Espagne et en Allemagne) connaissent un grand développement.

Voir à ce propos le document suivant : http://www.contre-informations.fr/archivesfrance/pcf2/doc22.pdf

Rapport sur le Secours Rouge en France en 1935http://www.contre-informations.fr/archivesfrance/pcf2/doc22.pdf

Der Rote Helfer (’Le secouriste rouge’), mensuel de la section allemande du SRI (1928)

Labor Defender

Labor Defender, mensuel de la section américaine (1932)

Réunion de la section mexicaine

Réunion de la section mexicaine du SRI, photo de Tina Modotti, qui était une dirigeante importante du SRI.

Le chant du Secours Rouge

- Pour briser l’ardeur des meilleurs combattants,
- Pour vaincre l’essor ouvrier montant,
- Le Bourgeois fait donner sa police.
- Prison, tribunaux, matraqueurs, répression,
- Fascistes tout prêts à servir les patrons,
- Ont jeté tout un peuple au supplice.

- Contre ce monde malade
- Jusqu’au jour de l’assaut final
- Protégeons nos camarades
- Qu’un régime infernal
- Frappe dans nos rangs
- Secours à nos combattants !

- Martyrs blancs et noirs des pays coloniaux,
- Chinois et Roumains tous unis au tombeau,
- Innocents qu’on refuse d’absoudre
- Vos cris resteraient sans écho, sans espoir
- Si chacun de nous comprenant son devoir
- N’allait vers vous par le Secours Rouge.

- Refrain

- Chacun des méfaits du bourgeois assassin
- Dressant contre lui tout le genre humain
- Porte atteinte à sa propre puissance.
- Unis par ses coups ceux qu’il frappe si fort
- Invinciblement lui préparent le sort
- Du tsarisme écroulé dans sa fange.

- Refrain

Pour écouter la musique

Francesco Lo Sardo

L’avocat Francesco Lo Sardo, premier communiste sicilien à entrer au parlement italien (en 1924), dirigeant de la section italienne du SRI, arrêté en 1926 par la police mussolinienne et condamné par un Tribunal spécial. Il mourut à la prison de Poggioreale le 30 mai 1931

Septembre 1933 – Le procès et de contre-procès du Reichstag

Le 27 février 1933, le Reichstag (parlement) était en feu. Les nazis hurlèrent au complot communiste et instaurèrent un régime de terreur. La police allemande avait arrêté à Berlin le dirigeant communiste Dimotrov et deux autres bulgares et l’accusait de l’incendie du Reichstag en complicité avec un vagabond hollandais arrêté sur les lieux de l’incendie, Van der Lubbe, et le président de la fraction communiste au Reichstag, Torgler.

Willi Münzenberg organisa un grand contre-procès. Le président de la section belge du Secours Rouge, Pierre Vermeylen, était le seul ’apparenté communiste’ du jury. Münzenberg avait veillé à ce qu’il fut pluraliste. Le président du contre-procès était le King’s Councellor Pritt du barreau de Londres. A ses côtés siégeaient l’avocat new-yorkais célèbre pour avoir défendu Sacco et Vanzetti. Siégeait aussi dans la commission le bourgmestre socialiste de Stockholm, un avocat français, une parlementaire libérale néérlandaise, etc. Le contre-tribunal siégea à Londres et rendit son verdict trois jours avant l’ouverture du procès de Berlin, le 18 septembre, en déclarant qu’il était bien probable que le véritable incendiaire fut Hermann Goering, alors ministre de l’intérieur du Land de Prusse.

Au procès, Dimitrov se défendit froidement des accusations et réplique en accusant ses accusateurs, poussant Goering à la faute. Ce procès vaudra à Dimitrov une renommée mondiale. Après avoir été acquitté, il gagne l’Union Soviétique, devient secrétaire général de l’Internationale Communiste de 1934 à sa dissolution en 1943. En 1944, Dimitrov retourne en Bulgarie dont il dirige le Parti communiste, et fonde la République populaire de Bulgarie.

Procès du Reichstag

Procès du Reichstag : Debouts, à gauche Van der Lubbe, au centre Dimitrov.

Contre-procès

Le contre-procès : Pierre Vermeylen est le dernier à droite au dernier rang.

1934 – Bob Claessens, responsable à la section belge du SRI

En 1934, Bob Claessens devient secrétaire régional pour Anvers de la section belge du Secours Rouge International, et finalement membre du Comité exécutif du SRI en Belgique. Avocat, il plaide dans tous les procès politiques. C’est pour le SRI qu’il part en 1937 en Espagne avec mission d’unifier l’aide sanitaire et de rationaliser le service de santé militaire (un de ses deux parrains au Parti, Pierre Ackerman, commissaire politique de la 12e Brigade Internationale, tombe à ce moment sur le front de Madrid). Claessens participe aux travaux du Bureau Européen du SRI en 1937, à Paris, et devient secrétaire international de l’organisation.

Arrêté par la Gestapo en juin 40, il est détenu à Breendonck puis déporté à Neuengamme (où il commença son oeuvre de conférencier au profit de ses co-détenus), puis à Dachau. A la libération, il collabore au journal du Front de l’Indépendance où ses articles sur l’art sont remarqués, plaide et travaille dans le cabinet d’un ministre communiste jusqu’en 46. En 47, il devient responsable des intellectuels du Parti communiste. En 48, il est élu au Comité central et devient responsable à l’appareil de propagande. Il donnera dès lors libre cours à son éclatant talent de conférencier devant des salles combles d’où sortira le Cercle d’Education Populaire. Le succès populaire de ses conférences amena la RTBF à l’inviter pour des causeries sur la peinture à la radio et à la télévision à partir de 1963. En 1969, Claessens publie son chef d’œuvre : Notre Breughel. Il aura le temps d’en mesurer le succès avant de mourir le 7 août 1969.

Bob Claessens

Bob Claessens après-guerre, en conférencier du CEP

1935 – Robert Lejour, président de la section belge du SRI

En 1935, Pierre Vermeylen s’oppose à son tour à la ligne du Praesidium du Secours Rouge International. Il démissionne de son poste, et s’éloigne du mouvement communiste pour se rapprocher du parti socialiste, dans les rangs duquel il sera après-guerre sénateur et ministre. C’est l’avocat Robert Lejour, devenu membre du Parti Communiste, et qui avait accompagné Vermeylen à Moscou en juillet 1934 lors de la discussion entre le Comité Central de la section belge et le Praesidium international, qui en devient président. Sous l’occupation nazie, Robert Lejour fut le fondateur du mouvement ’Justice Libre’, qui regroupait les avocats, les juristes et les juges résistants dans le cadre du Front de l’Indépendance. Il dû passer à la clandestinité le 16 décembre 1942. Il commanda une unité de partisans armés jusqu’à son arrestation le 9 mai 1944. Robert Lejour fut abattu le 22 juin à la prison de Liège par un geôlier nazi.

Robert Lejour

Robert Lejour

1936-1939 – La guerre d’Espagne

Préparé de longue date, le soulèvement militaire fasciste éclate le 17 juillet 1936, mais sa mise en échec partielle contraignit les militaires putchistes (soutenus par l’Eglise, Hitler et Mussolini), et le gouvernement de Front Populaire (soutenu par l’URSS et, très timidement, par les démocraties occidentales) à se livrer une guerre totale, imprévue, longue et meurtrière. Dans la logique du Front Populaire, le Secours Rouge est devenu en France le Secours Populaire : il est en première ligne pour aider l’Espagne républicaine. En Belgique comme partout, les membres du SRI organisent des quêtes pour acheter du lait pour les enfants d’Espagne, des collectes de vivres et de vêtements. Des camions de la solidarité parcourent la campagne, on affrète des péniches, des trains et des bateaux.

Affiches du SRI catalan

Affiches du SRI catalan

Affiche du comité de Valence

Comité de Valence du SRI espagnol

1933-1940 – Le soutien aux antinazis exilés ou emprisonnés

Les campagnes pour dénoncer les crimes nazis, celle exigeant l’acquitement de Dimitrov, celle exigeant la libération de Thaelmann (dirigeant du Parti Communiste d’Allemagne) eurent un grand retentissement. Le Comité Thaelmann, créé à Paris en mars 34, avait organisé en outre un grand nombre de meetings (rassemblant plus de 100.000 personnes rien qu’en 1935 !), lâché des centaines de ballons sur l’Allemagne sur lesquels étaient écrit Freiheit für Thälmann, envoyé des délégations, organisé un contre-tribunal avec 300 juristes, etc.

Le Secours Rouge allemand souffrira beaucoup de la répression nazie. Par milliers, ses membres et ses dirigeants sont envoyés en camp de concentration. Ils seront nombreux à être exécutés, comme Johanna Kirchner qui avait été emprisonnée par Vichy et livrée à la Gestapo en 1942. C’est une des rares dirigeantes du Rote Hilfe qui venaient du parti socialiste. D’abord condamnée à dix années d’emprisonnement, Johanna Kirchner fut rejugée et exécutée le 9 juin 1944. Le Secours Rouge a pu maintenir une activité clandestine sporadique. C’est ainsi qu’un autre dirigeant du Rote Hilfe, Wilhelm Beuttel qui avait reconstitué l’organisation en Allemagne fut arrêté par la Gestapo en 1943 et exécuté en 1944.

Le Défense

Le Défense, journal de la section suisse du SRI (juillet 1935). Le Secours Rouge suisse organisa en grand l’accueil des réfugiés antinazis.

Tribunal

Tribunal, journal de la section allemande du SRI (Mars 1936). Ce type de journal était soit imprimé et diffusé clandestinement dans le Reich, soit imprimé dans les pays voisins et introduit clandestinement en Allemagne.

Affiche de la section belge

Affiche de la section belge du SRI dénonçant l’expulsion par la justice et la police belge d’antinazis allemands vers le Reich hitlérien (1936). Dessin de Wilchar.

1936-1939 – Dans les griffes de la Gestapo

Le site Nicht mehr anonym (’Plus jamais anonyme’) a mis en ligne les fiches des personnes arrêtées par la Gestapo de Vienne. Voici les fiches de quelques membres du Secours Rouge autrichien clandestin.

Léopold Blatsky

Le chauffeur automobile Leopold Blatzky a été arrêté le 23 mars 1943 comme cotisant au SR. Condamné le 18 novembre 1943 pour ’haute trahison’ à 10 ans de réclusion. Détenu jusqu’à la fin de la guerre.

Ernst Bohl

Le porteur de valise Ernst Bohl a été arrêté le 22 février 1944 comme cotisant au SR. Condamné le 2 juin 1944 pour ’haute trahison’ à 3 ans de réclusion. Détenu jusqu’à la fin de la guerre.

Alfred Eschner

L’ajusteur Alfred Eschner organisait dans l’usine à gaz Leopoldau, dans le cadre du SR, le soutien aux familles des collègues de travail antifascistes emprisonnés. Arrêté le 21 janvier 1942, condamné à mort le 19 décembre 1942 pour ’haute trahison’, et exécuté à Vienne le 13 avril 1943.

Josef Fatina

Le retraité Josef Fatina donnait et encaissait les cotisations pour le SR. Arrêté le 26 mai 1941 et condamné le 4 février 1943 pour ’haute trahison’ à 6 ans la réclusion. Sa femme, Franziska Fatina, a également été arrêtée.

Johann Dragosits

Le chauffeur Johann Dragosits recrutait et récoltait des dons pour le SR. Arrêté en septembre 1942, condamné à mort le 15 mars 1944 pour ’haute trahison’ et exécuté le 24 mai 1944.

Josef Blaschek

L’employé des postes Josef Blaschek a été arrêté le 24 février 1944, membre du SR, il aide un militant communiste évadé, Friedrich Schwager. Condamné à mort le 30 juin 1944 pour ’haute trahison’ et ’aide à l’ennemi’. Exécuté le 30 août 1944 à Vienne.

1940-45 – La section belge du SRI se fond dans ’Solidarité’, la ’Croix-Rouge du Front de l’Indépendance’

En 1941 est fondé, à Bruxelles, dans la clandestinité, le Front de l’Indépendance qui regroupera vite l’ensemble de la Résistance anti-hitlérienne – à l’exception de la droite catholique-royaliste et de quelques réseaux d’espionnages liés aux services secrets anglais.

En 1942, le Front de l’Indépendance se dote d’une organisation d’aide aux victimes de la répression nazie et à leurs familles, aux réfractaires au travail obligatoire, aux illégaux, aux persécutés. Ce sera ’Solidarité’, la ’Croix-Rouge du Front de l’Indépendance’. Le Secours Rouge se dissout dans cette nouvelle organisation large qui aura bientôt son organe clandestin national intitulé Solidarité.

A cela s’ajoutent des organes de presse régionaux. Ainsi par exemple, au cours de l’été 1943, paraissent deux mensuels édités par le comité régional Huy-Waremme de ’Solidarité’. L’Entr’Aide est fondé en juin 1943. Ronéotypé puis imprimé (à 2.000 exemplaires), il compte au total 5 numéros et est diffusé jusqu’à juillet 1944. Le second, Bulletin intérieur de Solidarité, connaît une existence bien plus brève.

Cassandre

Article du journal collabo Cassandre dénonçant ’Solidarité’ comme façade du Secours Rouge et dénonçant la participation de membres de l’ex-Secours Rouge à l’attentat contre l’usine d’ammoniaque de Willebroeck (septembre 1943).

Février 1971 – Première refondation du Secours Rouge en Belgique

Dans les années 1970, en plein essor du militantisme en Europe, dans le but de venir en aide aux militants arrêtés durant les manifestations et les grèves, le Secours Rouge était une première fois refondé. Cette refondation fut menée à bien par des organisations marxistes-léninistes comme le Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique (PCMLB), les maoïstes de l’organisation ’Université Usine Union’ et de ’Tout le pouvoir aux travailleurs’ et par les trotskistes de la Jeune Garde Socialiste (organisation de jeunesse de la Ligue Révolutionnaire des Travailleurs, l’actuelle LCR).

Journal du SR

Journal du Secours Rouge belge (1971)
SR ULB 1971

Affiche d’un meeting où, finalement, Sartre n’est pas venu… (1971)

1971-1976 – Echec de refondation d’un Secours Rouge International

Cette refondation du Secours Rouge n’était pas propre à la Belgique. De semblables démarches en France (sous la présidence de l’ancien commandant de la résistance armée communiste Charles Tillon et avec l’adhésion de Jean-Paul Sartre), en Italie (avec l’adhésion de Dario Fo et de Franca Rame) et ailleurs. Parmi les fondateurs du SR italien, Sergio Spazzali, avocat des brigadistes rouges et militant communiste lui-même, puisqu’il fut l’un des fondateurs de la ’Cellule pour le PCC’, un des courants constitutifs du PCPM  . Sergio Spazzali est mort en exil, à Paris. Finalement, seul le nouveau Secours Rouge allemand (Rote Hilfe) passera le cap du reflux des luttes à la fin des années ’70, et le projet d’unir ces organisations en un nouveau SRI échoua.

Charles Tillon, Secours rouge

Charles Tillon au meeting fondateur du Secours Rouge de France (1968)

Affiche du SR italien A

ffiche du Secours Rouge italien (1972, dessin de Crepax)

Affiche du Secours Rouge de France

Affiche du Secours Rouge de France

Livre du SR italien

Livre du Secours Rouge italien (1976)

Décembre 1985 – Fondation de l’Association des Parents et Amis des Prisonniers Communistes (APAPC)

Le 15 décembre 1985, quatre militants des Cellules Communistes Combattantes sont arrêtés et placés à l’isolement carcéral. Leurs proches se forment aussitôt en Association des Parents et Amis des Prisonniers Communistes (APAPC). Ils lutteront d’abord pour que soit mis fin au régime d’isolement, ensuite pour que soit appliqué aux prisonniers les procédures de libération conditionnelle.

Affiche de l'APAPC

Affiche de l’APAPC (1985)

Affiche de l'APAPC

Affiche de l’APAPC (1996)

Pour en savoir plus sur la lutte des Cellules Communistes Combattantes

Décembre 2000 – Fondation de la Commission pour un Secours Rouge International

Logo du SRI

Le logo de la Commission

Le premier ’tour de table’ pour la refondation d’un Secours Rouge International, convoqué par l’Association des Familes et des Amis des Prisonniers Politiques (Espagne) a rassemblé à Lyon, en décembre 2000, des délégués de Belgique, France, Suisse et Italie. L’APAPC y représentait la Belgique. C’est à la suite de cette réunion que sont issus la Commission pour un SRI, et la Plate-forme pour un SRI.

Pour en savoir plus sur la Commission pour un SRI

Janvier 2001 – L’APAPC devient Secours Rouge/APAPC, section belge de la Commission pour un Secours Rouge International

A la suite de la réunion de Lyon, la question s’est posée pour l’APAPC de se convertir en Secours Rouge. Cela supposait plusieurs changement, et notament un élargissement du cadre de travail et un nouveau caractère politique. Quelques proches des prisonniers des CCC   qui s’étaient engagé sur base de rapports personnels avec eux prirent un peu de distance (en continuant à participer aux initiatives consacrées à ces prisonniers), mais l’essentiel de l’APAPC réalisa sans difficulté sa ’conversion’ en Secours Rouge/APAPC, et celui-ci, sur ces nouvelles bases, avec un apport de nouveaux membres venus notamment de l’ex-PCMLB, connu une phase de croissance qui coïncida avec la fin de la campagne pour la libération de Pierre Carette, le dernier prisonniers des CCC  .

Manifestation pour Pierre Carette

Rassemblement du Secours Rouge/APAPC pour la libération de Pierre Carette, sur les marches du palais de justice de bruxelles (2002)

Décembre 2005 – Le Secours Rouge/APAPC fête ses vingt années d’existence

Au moment où le Secours Rouge/APAPC fête ses vingt années d’existence, il connait des tensions internes qui se résoudront l’année suivante. Le travail militant n’en ralentit pas pour autant. Le Secours Rouge/APAPC est alors une des forces fondatrices de la Coordination Anti-Répression avec l’Espace Marx   et le ’Collectif des plaignants du 23 février 2003’ (fondé après la brutale répression de la manifestation de Steenokerzeel). La Coordination Anti-Répression organisera plusieurs conférences (sur la criminalisation des luttes, le pays basque, sur les lois anti-terroristes, sur la sécurité informatique) jusqu’à sa mise en veilleuse suite à la dissolution du ’Comité des plaignants’ dont les derniers membres actifs ont rejoints le Secours Rouge/APAPC. Par ailleurs, le Secours Rouge a développé une relation particulière avec le Bloc Marxiste-Léniniste dans la mesure où un tiers des membres du SR étaient alors également membres du Bloc ML. Cette relation privilégiée prendra fin en 2009.

Solidarité

Le n°14 du bulletin du SR/APAPC, qui consacre sa couverture à son vingtième anniversaire

Logo CAR

Le logo de la Coordination Anti-Répression

Novembre 2005 – Vers la refondation du Secours Rouge International

En novembre 2005, se tient la première Conférence internationale de Bâle, à l’initiative de la Commission pour un SRI, visant à relancer la lutte internationale contre la répression. 42 délégués de 25 organisations de 7 pays ont participé à cette première conférence. Au fil des conférence s’est constitué un ’groupe de Bâle’ pour la refondation d’un véritable SRI. Le passage de la simple coordination de groupes indépendants à la construction d’une organisation internationale centralisée, est complexe. Surtout qu’il s’agit de forces ayant des histoires, des cultures politiques, des réalités militantes et des terrains de luttes très différentes. Chaque conférence enregistre des progrès qui sont expérimentés/vérifiés dans la pratique commune les mois séparant les conférences.

Délégués à Bâle

Les délégués de la conférence de Bâle 2006 venaient d’Italie, de France, de Belgique, de Turquie, d’Allemagne et d’Espagne.

Juin 2008 – Le Secours Rouge/APAPC dans le collimateur…

Début 2007, la police italienne découvre les photos de quatre membres du Secours Rouge chez un révolutionnaire italien. Pendant un an et demi, la police belge espionne les 4 militants : écoutes téléphoniques, étude des mails et des comptes bancaires, caméras vidéo braquées sur les domiciles, etc. En vain : l’espionnage ne révèle que des activités politiques légales et publiques. Tentant le tout pour le tout, la juge d’instruction envoie le 5 juin, à 5h du matin, dans dix domiciles, des commandos anti-terroristes, armés et cagoulés pour éveiller les militants, leurs familles et leurs proches. Les perquisitions se révèlent également infructueuses. La juge s’acharne pourtant. Elle met les militants en prison et les inculpe de ’participation à activité terroriste’ ! Deux mois plus tard, les chambres du conseil avaient remis en liberté tous les inculpés, en attendant de décider si il y aura ou non matière à procès.

Manifestation pour le SR belge

Manifestation pour la libération des membres du SR (19 juillet)

Manifestation pour le SR belge

Mai 2009 – La rupture entre le Secours Rouge/APAPC et le Bloc ML

L’émergence d’un courant majoritaire dans le Bloc Marxiste-Léniniste souhaitant l’instrumentalisation du Secours Rouge dans le cadre des luttes de ligne (antitrotskiste, anti-anarchiste, etc.) va engendrer d’abord une scission au sein du Bloc ML, ensuite une rupture entre le Bloc ML et le Secours Rouge. Les militants de la minorité du Bloc, qui ont défendu le respect de la plate-forme du Secours Rouge jusqu’à la rupture d’avec leur ancienne organisation, fondent le collectif ’Classe contre classe !’ (troisième du nom).

En savoir plus sur le collectif ’Classe contre classe !’

2010-2013 – Vers le procès des 4 du Secours Rouge…

Tandis que le Secours rouge poursuit ses activités, le dossier d’instruction de « l’affaire du 5 juin [2008] » et les instances judiciaires se réunissent pour décider si il y aura procès, et sur base de quelles accusation. Un première décision favorable aux accusés (un procès mais sans l’accusation de « participation à un activité terroriste ») est prise le 16 avril 2012, l’accusation fait appel et gagne celui le 28 février 2013, mais cette décision est annulée par la cour de cassation le 5 juin 2013. La date d’une nouvelle audience n’est pas encore fixée.

Cliquer ici pour suivre l’affaire

Collage pour un des rassemblements solidaires avec les 4 inculpés.

Pour nous aider à compléter cet historique et à monter une exposition itinérante sur le sujet, merci de nous faire parvenir des documents d’époque ou de bonnes reproductions de documents sur l’histoire du Secours Rouge.

 

 

Source : https://secoursrouge.org/histoire-du-secours-rouge

The Trump effect and the normalization of hate in Quebec

En raison de la qualité de l’article, nous le relayons intégralement, simplement.

an article by Catherine Solyom, Montreal Gazette

 

There was a time when Daniel Gallant would get up in the morning looking for his first fight.

“I decided to show my dedication to the movement by committing an assault every day for a year,” said the former white supremacist, listing off his weapons of choice: his fists, a beer stein, a car door, billy clubs, a hockey stick.

There was a time when Daniel Gallant got up in the morning looking for his first fight. "I decided to commit one assault a day, to show allegiance to my group," said the former white supremacist, listing off his weapons of choice: his fists, a hockey stick, a car door, a beer stein, steel-toed boots.
There was a time when Daniel Gallant got up in the morning looking for his first fight. “I decided to commit one assault a day, to show allegiance to my group,” said the former white supremacist, listing off his weapons of choice: his fists, a hockey stick, a car door, a beer stein, steel-toed boots. extremedialogue.com / –

Now Gallant, 41, who has turned the Swastika tattoo on his stomach into a raven, is trying to prevent others from following in his steel-toed boot steps down the same violent path.

His job just got tougher with the election of Donald Trump, he says.

David Duke, the former “imperial wizard” of the Ku Klux Klan who was running for the senate in Louisiana, was among the first to congratulate Trump on his election night victory, claiming some of the credit for his campaign.

Duke himself lost, but hours later, the KKK marched on the streets of North Carolina. They are planning a “victory parade” Dec. 3.

If anyone thought Trump, now elected, would distance himself from his more extreme backers, they will have to think again: Trump just named his campaign chief Steve Bannon –  the founder of the alt-right website Breitbart, and widely seen as racist, misogynist and anti-semitic – as his chief strategist and “senior counsellor.”

Then came Front National Leader Marine Le Pen, up for election in France next year, proclaiming with Trump’s election a “new world order.”

Trump’s promises to ban Muslims from the U.S. and build a wall to keep out Mexicans, among other anti-immigrant proposals, have been cheered by far-right groups across Europe.

In Canada, while ultranationalist groups also revel in Trump’s win, Gallant and others are warning police and governments to start paying more attention — a lot more attention — to the Trump effect moving north, and the signs that far-right ideology is becoming part of the new normal here, too.

Hate crimes on the rise in Quebec and Montreal

At first glance the presence of white nationalist groups in Quebec seems almost farcical. A dozen white men in matching black T-shirts marching with Quebec flags onto the Plains of Abraham in Quebec City recently to declare “Terroristes à mort, Islam dehors” (Death to terrorists, Islam out!)

The Montreal outing in February of PEGIDA Quebec, a group inspired by its much more popular namesake in Europe (PEGIDA is the German acronym for the European Patriots Against the Islamization of the West), was shouted down by anti-racists within minutes.

But what little research has been done on far right-groups in Quebec and Canada suggests they are more prevalent than we think, and seem to be growing.

A study released in February by academics Barbara Perry, of the University of Ontario Institute of Technology, and Ryan Scrivens, from Simon Fraser University, notes that these groups are constantly changing, splintering and reforming under new leadership, making it difficult to keep track of them.

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It’s a moving target,” says Perry, a professor in the Faculty of Social Science and Humanities at UOIT, who enlisted police forces across the country to participate in the research, as well as current and former members of far right groups.

“But especially in the last couple of years we believe there is both change and growth — law enforcement and former members with their ears to the ground suggest there are more groups and larger groups, in hot spots across the country.”

There are now an estimated 100 groups across Canada, including 20 to 25 in Quebec — each with 15 to 100 members.

Perry says the neo-Nazi skinhead movement in particular is thriving in Quebec, as opposed to elsewhere in Canada, largely thanks to the skinhead music scene.

Aurélie Campana, a professor at Université Laval, has also written about the variety of skinhead groups in the province, which include political parties, music bands, forums and websites, and of their motivations: from the preservation of Quebec identity to the promotion of violence toward immigrants.

1111-city-hate-gr3One of the more prominent ultranationalist groups is the Fédération des québécois de souche, whose founder, Maxime Fiset, was convicted for disseminating hate propaganda in 2009. Fiset has since renounced the far-right, but those who took his place welcomed Trump’s election.

“After the Brexit, here’s the election of Donald Trump,” read one post on the FSQ website. “With such a wave, we can hope for the election of Marine Le Pen in 2017!”

Perry says the groups are thriving under an “enabling climate” — with the divisive discourse of the Charter of Values in Quebec, and some of the policies of former Prime Minister Stephen Harper nationally, especially after the terrorist attacks on Parliament Hill and in St-Jean-sur-Richelieu. She cited the government’s focus during the last federal election campaign on banning niqabs from citizenship ceremonies, and using rhetoric that links immigration and terrorism.

“There’s a correlation,” she said. “In (far-right) blogs, Tweets and Facebook sites, we see the comments made that are favourable (to these policies), shining a light on (former Parti Québécois leader) Pauline Marois, the Charter and even Harper. The perception among white supremacists is that they’re on their side.”

There’s also a correlation with the spike in reported hate crimes, Perry said, particularly with Islamophobic and anti-Semitic violence in Montreal and Toronto.

Data from the Quebec Public Safety Department and the Montreal police show the number of hate crimes has been rising significantly since May 2013, when the Charter was introduced.

By May 2015, hate crimes in the province had increased by 47 per cent. In Montreal, they had increased by 39 per cent.

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Montreal police Commander Carolyn Cournoyer, responsible for the hate crimes and incidents unit established in May, points out that this increase may reflect Montrealers’ greater awareness of hate crimes, and greater trust in police to do something about them, rather than a huge spike in incidents.

“With more media attention paid to these kinds of crimes, people want to denounce them and get police to intervene,” Cournoyer said. “In 2017, we’ll be able to see whether there is more reporting or whether international events are really having an impact here.”

Muslim groups, however, have said these crimes are still under-reported.

Perry said the Sûreté du Québec has also been more proactive in dealing with far-right extremists, and encouraging the Muslim community to report more incidents.

“The SQ were among the most forthcoming and in tune to the idea that there was a right-wing extremist threat in the country and in Quebec,” Perry said. “They are more likely to be proactive and take it seriously when it occurs.”

But she also pointed out that hate crimes — including the vandalism of places of worship or attacks on veiled women on public transit, for example — are often perpetrated by individuals, not groups.

That’s what can make far-right extremism so unpredictable, and hence worrisome, she said.

“You don’t know when it’s coming or where it’s coming from,” Perry said. “That’s what we hear from the communities most often targeted. Many live in constant fear. And in communities where there’s an awareness of hate group activity — in Montreal or London, Ont. or Calgary, people are even more fearful.”

Gallant, who is now based in Kamloops, B.C., and is involved in anti-radicalization efforts, says another factor that may explain the increase in hate crimes is how “normal” the ideology has become.

It was normal for him, growing up in Alberta. There is still Canadian legislation in force — like the Indian Act, for example — that is reflective of white supremacist ideology, he says.

“In retrospect, I understand a lot of people believe all sorts of crazy things. That’s not necessarily abnormal. That’s real. What’s abnormal is the propensity for violence,” said Gallant who spent a decade with Neo-Nazi groups before an adoptive grandmother helped him change his ways. “I feel shame about what I fell into. But I don’t think I would have if it wasn’t so normal.”

The rise of the so-called “alt-right” in the U.S. — which has toned down the symbols and rhetoric of white supremacy to make it more mainstream, is also making it more appealing in Canada, he says.

The Soldiers of Odin, for example — founded in Finland with the express motive of creating fear in the Muslim community — have set up at least 12 new chapters in Western Canada in the last eight months, Gallant said. The Quebec chapter, les Soldats d’Odin, were among several anti-immigrant groups who marched in Quebec City last month.

“They are garnering huge public support by watering down the message and casting a wide net to allow as many people as possible into the organization.”

“The far right has gained a foothold in the public discourse, and now attacks the opposition as being politically correct “keyboard warriors” against freedom of expression … We’re creating a situation of normalizing it further and it will birth a whole new generation of the violent right wing.”

Countering far-right extremism

Gallant, who has a master’s in social work and is now finishing his law degree, says Section 13 of the Canadian Human Rights Act, repealed by the Harper government in 2013 in the name of freedom of expression, should be re-enacted.

Known as the hate speech provision, it allowed complaints to the federal Human Rights Commission for “the communication of hate messages by telephone or on the Internet.”

Victims could seek compensation through Section 13, but the provision also helped sideline neo-Nazis from the Internet, given the risk of having to pay compensation or end up in court.

The Federal Appeal Court found Section 13 to be constitutional, six months after it was repealed. In Quebec, an attempt to enact hate speech legislation last year also fizzled because of concerns for freedom of expression.

Gallant and Perry also want to see federal and provincial governments place more emphasis on terrorism of all kinds — jihadist and ultra right-wing.

Gallant was a witness in the trial of Peter Anthony Houston, who was convicted of planting a bomb in a First Nations reserve in B.C., but never charged with terrorism.

“If you’re not from the mainstream culture you’re a terrorist, but if you’re white it’s OK,” Gallant said. “So we have white privilege even for terrorism.”

Perry brought up the case of Justin Bourque, who in 2014, following his own anti-government ideology, killed three RCMP officers in Moncton, New Brunswick, sparking a two-day manhunt.

“They said it was terror but he wasn’t a terrorist,” Perry said. “The RCMP and CSIS think people like Bourque are not a threat to National Security,” Perry said. “But what stronger emblem of Canada is there than the RCMP?”

The reality is that law enforcement is not paying enough attention to this kind of threat, she says, even if there are far more incidents of right-wing extremism than Islamist extremism in Canada.

A study of the terrorism and extremism incident database, maintained by the Canadian Network for Research on Terrorism, Security, and Society, calculated that five people had been killed in 49 white supremacist incidents in Canada between 2001 and 2015, at least seven of them in Quebec.

“One officer told us ‘we know they’re here but until something happens we won’t do anything,’ ” Perry said. “They’re waiting for someone to be hurt or a mosque to be burned down.”

In the meantime, Gallant, through a non-profit group he started called Exit Canada, is doing prevention work with families, and trying to de-radicalize individuals, as is done with those at risk of joining Islamist groups.

More of that needs to be done, he says, off-line and online, especially as the alt-right in the U.S. and Canada has gained new legitimacy with Trump’s victory.

Perry and Scrivens’ study now seems prescient: “In a word, hate is increasingly “mainstream,” and thus increasingly legitimate,” they wrote. “In part, this has been accomplished by toning down the rhetoric, and doing away with the white robes and brown shirts. But it has also been accomplished by forging links with the ultimate authority: the state.”

Incidents of right-wing extremism in Quebec, 2000 to 2010

(adapted from Barbara Perry and Ryan Scrivens’ 2016 study Right Wing Extremism in Canada)

2000, Montreal, Qc: Neo-Nazi Sacha Montreuil beat Christian Thomas, 39, to death and was convicted of second degree murder. Adam Guerbuez was also arrested and charged with assault but was acquitted by a jury. ”

Aylin Otano-Garcia at age 15.
Aylin Otano-Garcia at age 15. The Garcia Family

2000, Chatham, QC: Two boys murdered 15-year old Aylin Otano-Garcia. The two classmates were charged with first-degree murder after they lured Otano-Garcia to a secluded sandpit and bludgeoned her to death. One of the boys responsible for planning the murder was fascinated by Adolf Hitler, claiming that he murdered the girl because he did not like immigrants.

2001, Montreal, QC: Neo-Nazi Steve Legault pleaded guilt to attacking an anti-racist at a courthouse during proceedings against his friend, who was facing charges for the beating death of Christian Thomas. Legault also attempted to attack an anti-racist in a separate case outside the Montreal courthouse in 1998.

Evens Marseille displays the wound he suffered when he was stabbed by two neo-nazis in eastend Montreal in 2002.
Evens Marseille displays the wound he suffered when he was stabbed by two neo-nazis in eastend Montreal in 2002. John Kenney / Montreal Gazette

2002, Montreal, QC: Evens Marseille, a 26-year-old Haitian man, was beaten and stabbed by two neo-Nazis outside of a bar. Daniel Laverdière and Remi Chabot-Brideault were responsible for the attack. Laverdière was on probation for mischief during the time of the incident, and was described in court as a “hard-core neo-Nazi extremist.” He was also a member of the Vinland Front Skinheads, whose members came to the trial to support him. Laverdiere was sentenced to four years for aggravated assault, and was ordered by the Quebec Human Rights Tribunal to pay Marseille $35,000 in moral damages and $10,000 in punitive damages. Chabot-Brideault was given a one-year conditional sentence, which was served at home, and he was forbidden from associating with “skinheads” for three years.

2003, Montreal, QC: Jean-Sébastian Pressault, a notorious white supremacist, was arrested and charged in 2003 with wilfully promoting hatred through a racist website that he built and managed. While on bail, he threatened to kill the judge who was presiding over his case if he was given an exemplary sentence. Police searched Pressault’s home and discovered a loaded gun, and he was charged with threatening the judge and procuring a firearm.

2006, Île Perrot, QC: 18-year-old Renaud Emard, known as “necro99” on Stormfront, was arrested on weapons charges after being investigated for making racist threats on the Internet and posting pictures of himself posing with guns. After police raided his home, 20 firearms and other weapons were uncovered. Hate literature, an ethnic cleansing manual, and a hit list featuring the names of schoolmates were also discovered. Emard pleaded guilty to possession of a prohibited weapon and five counts of careless storage of firearms.

2008, Montreal, QC: Neo-Nazi Julien-Alexandre LeClerc, 20, and a male youth attacked several people in a series of racially motivated assaults. Initially, a group of seven young Arab men were confronted by the pair, in which racial insults were directed at them. Two Arab men were then stabbed, and one required multiple blood transfusions and 50 stitches in his head. The perpetrators fled in a cab, and hurled racist slurs at the Haitian cab driver. They also punched him, and smashed his windshield. They later attacked a second cab driver who was of Arab origin. Both LeClerc and the minor were sentenced to two years in closed custody for aggravated assault, assault and possession of a weapon for the purpose of dangerous to public peace.

CORRECTION: An earlier version of this report listed Adam Guerbuez as one of three people responsible for beating Christian Thomas to death in 2000. In fact, Guerbuez was arrested and charged with assault causing bodily harm, but was acquitted by a jury.

csolyom@postmedia.com

Twitter.com/csolyom

Source: http://montrealgazette.com/news/national/the-trump-effect-and-the-normalization-of-hate

Marche du silence vs Anti-fascist groups – Place Émilie-Gamelin

Manifestation d’une coalition de groupes antifasciste qui a réussi à faire annuler celle du groupe xénophobe et raciste, voire fasciste, PEGIDA

La solidarité est notre arme!

 

Source: https://www.youtube.com/watch?v=woke49GaGlM Marche du silence vs groupes antifasciste contre la présence de PEDIGA

SILENCE, ON TUE ! – Ukraine : trois journalistes tués en un jour, rien dans les médias !

Ukraine, 3 journalistes tués et dans les médias, rien !

 

Trois journalistes ont été tués en Ukraine en un jour ! Quatre assassinats politiques sur deux journées ! Où sont les activistes des droits de l’homme ? Où sont les allocutions de Merkel, Obama, Cameron, etc ? Où est le tumulte des médias occidentaux ?

KIEV 15 Avril

Oleg Kalashnikov, l’ancien député parlementaire du Parti des Régions, a été tué a Kiev, comme le service de presse du Ministère de L’Interieur Ukrainien l’a confirmé ce mercredi.

Il avait appelé à de larges commémorations du 70ème anniversaire de la victoire dans la Grande Guerre Patriotique. Kalashnikov était connu pour ses positions anti-Maidan. Il organisait également des rassemblements contre les autorités en Ukraine.

KIEV 16 Avril

Un journaliste Ukrainien bien connu, Sergey Sukhobok, a été tué a Kiev. Sukhobok, un natif du Donbass, en Ukraine de L’Est, région en guerre, avait travaillé comme journaliste depuis 1998. Il était auparavant un analyste de l’hebdomadaire Delovoy Donbass (Finance Donbass). Il avait récemment travaillé en tant que journaliste freelance. L’Ukrainskiye Novosti (Nouvelles Ukrainiennes), révèle que Kalashnikov avait reçu des menaces de mort peu de temps avant d’être tué.

KIEV 16 Avril

Olga Moroz, la rédactrice en chef du journal local, a été tuée en Ukraine. Son corps a été trouve avec des traces d’une mort violente.

KIEV 16 Avril

Un journaliste renommée, Oles Buzina, a été tué ce jeudi a Kiev, la capitale du pays. Dans sa dernière interview accordé à Radio Vesti, il avait accusé les autorités nationales d’avoir abandonné de façon inconditionnelle les intérêts de L’Ukraine.

“Les formations politiques qui ont pris le pouvoir en Ukraine comme la conséquence d’un coup d’État ont choisi une voie strictement pro-Occidentale », avait affirmé Buzina.

’Naturellement, tous nos liens de coopération avec la Russie dans la construction navale, l’aviation et la construction industrielle, furent instantanément démantelés. Aujourd’hui le pays est en proie au chômage et beaucoup de gens n’ont plus d’argent. Toutes les promesses de Maidan se sont avérées être de la pure fiction. Cette partie de l’élite ukrainienne qui s’appelle pro-occidentale abandonne tout simplement les intérêts nationaux de L’Ukraine”.

Buzina, un journaliste reconnu, écrivain et présentateur TV, a été tué par balle près de sa maison a Kiev depuis une Ford Focus bleu foncé avec des plaques d’immatriculation étrangères. Il était l’auteur de deux ouvrages, incluant “Taras Shevchenko le Vampire” et “L’union de la Charrue et du Trident”. Buzina était le rédacteur en chef du journal Segodnya mais avait quitté son poste au mois de mars dernier en raison de la censure.

Source : http://euro-dreams.blogspot.ru/2015

Illustration : Baf.f

Traduction : Collectif Investig’Action

Source: http://www.michelcollon.info/Ukraine-une-liberte-d-expression-a.html?lang=fr

French society announces solidarity activities with Palestinian prisoners

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RAMALLAH, (PIC)– France-Palestine Solidarity Association (FPSA) announced the initiation of preparations for launching a series of activities and events in solidarity with Palestinian prisoners in Israeli jails to mark the Palestinian Prisoner Day on April 17.

The head of the Association, Tawfiq Tahani, said the activities will be organized with the cooperation of the Palestinian Prisoner Society and Palestinian Commission of Detainees and Ex-detainees.

Tahani pointed out that the Palestinian prisoners’ issue is one of the FPSA priorities.  “We will exert all efforts needed to support the prisoners”, he said.

For his part, the Palestinian Prisoner Society international relations official Raed Amer thanked the FPSA Association for its role and efforts in supporting Palestinian detainees.

He revealed that the solidarity activities aim at internationalizing the issue of Palestinian prisoners in Israeli jails.

Amer called on all institutions concerned with prisoners’ affairs in Europe and Arab countries to work on supporting the issue of Palestinian prisoners.

Source : http://english.palinfo.com/site/pages/details.aspx?itemid=71051    

Mumia Abu-Jamal needs Medical Care now !

Mumia Abu-Jamal Moved from Prison to Intensive Care, Supporters Seek Access & Answers

From Mumia’s Family and Friends:

« My husband should never have been in prison… He’s innocent and he should be free… It came as a shock to Mumia and to us that he had a diabetic condition »            – Wadiya Jamal (Mumia’s wife)
 
« Prison Officials are lying. Mumia is going through torture at the hands of Department of Corrections through medical neglect. It is clear to people that they want to kill Mumia. They gave him the wrong medication which made his condition worse. Inmates on the inside who questioned what was happening have been subjected to direct retaliation by the superintendent. They have been moving concerned inmates out of Mumia’s unit in an effort to both bury and keep this critical information from the public. » – Pam Africa (International Concerned Friends & Family of Mumia Abu-Jamal)
 
“The rules that the prisons have are very arcane. They don’t give out any information about prisoners to their families or anyone else. It’s like you have your hands tied because you don’t know how the prisoner is and you have no way of talking to him. I remember a month ago, Phil Africa exercising in the prison, next thing they know he was in the hospital, they moved him to a hospital and didn’t tell his family where he was, and three days later he was dead. It’s scary — we need to change and we need to discuss and the prison authorities need to be more humane to the families of prisoners.” – Keith Cook (Mumia’s brother)

« Mumia has been complaining about illness for three months, since January. If he had gotten the proper care he needed originally, he would not be in this situation. This crisis illustrates the problem of health care in American prisons as a basic human rights violation. I am personally concerned because Phil Africa of the MOVE organization was rushed to the hospital not long ago in good health and a few days later he was dead. We need to fight to defend Mumia’s life, and that of all prisoners » – Johanna Fernandez (NY Campaign to Bring Mumia Home)

Source: https://www.indiegogo.com/projects/mumia-abu-jamal-needs-medical-care-now/x/10434482#_=_