DOSSIER D’INFORMATION SUR LES CRIMES DE GUERRE ET LES CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ DE LA TURQUIE À AFRIN

ROMPEZ LE SILENCE !

Le monde ne peut rester insensible au massacre d’enfants par le régime turc à Afrin
en Syrie du Nord

Dans la guerre menée par la Turquie contre les Kurdes, les enfants sont les plus
durement touchés par les destructions, les déplacements et les morts sans précédent.
Des vies, des maisons et des enfances ont été brisées.
#NoFlyZone4Afrin
Ça suffit !

DOSSIER D’INFORMATION SUR LES CRIMES DE GUERRE ET LES CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ DE LA TURQUIE À #AFRIN

 

L’ARMÉE TURQUE COMMET UN HORRIBLE MASSACRE CONTRE LES KURDES
Les forces turques encerclent l’enclave kurde dans le nord de la Syrie – carte
Depuis des décennies, les différents gouvernements turcs, avec toute leurs force militaire et munis des
armes les plus modernes, ont tenté d’éliminer le peuple kurde, mais en vain. La guerre qui vient
d’éclater contre les Kurdes, qui va bientôt s’étendre sous différents prétextes, le prouve.
Afrin, qui accueille des milliers de réfugiés et de déplacés internes qui ont fui la terreur du Front Al
Nusra et de Daesh, est désormais lourdement attaquée par l’armée turque. Le président turc, Recep
Tayyip Erdogan, a commencé son opération militaire, appelée “Rameau d »olivier », contre les Kurdes
en Syrie.

La Turquie, qui a longtemps été le premier et principal défenseur des groupes d’opposition islamistes,
en particulier le Front Al Nusra et Daesh, ne s’est pas ménagé pour réprimer les Kurdes.

Kobanê reste toujours en mémoire, car la Turquie a facilité l’entrée de Daesh à Kobanê pendant trois
ans et lui a accordé son soutien total pour perpétrer les massacres les plus terribles contre des civils
innocents. Après son échec à Kobanê, la Turquie a commencé à répandre sa haine à Afrin pour tenter
de se débarrasser des Kurdes.

La résistance à Afrin est la résistance de notre époque, contre l’armée turque, qui agit sur ordre du
Parti de la Justice et du Développement (AKP) et de son dirigeant Erdogan, partisan du terrorisme en
Syrie. Erdogan a profité de la situation à Idlib et l’a utilisée comme monnaie d’échange avec le régime
syrien et la Russie. Maintenant, la Turquie utilise des F-16 pour bombarder Afrin.

Les avions turcs ont tué des enfants réfugiés et des déplacés internes qui s’étaient installés à Afrin
pour y chercher la sécurité et avoir la vie sauve. La Turquie a également bombardé la région de
Jindirs et commis un massacre contre des civils innocents. La Turquie se bat contre les enfants et les
femmes d’Afrin. L’armée turque a intensifié sa brutalité à l’égard de notre peuple pacifique à Afrin,
utilisant toutes sortes d’armes pour bombarder à l’aveugle nos villages et nos villes. Au matin du 23
janvier 2018, une attaque brutale de la Turquie contre la ville de Jindirs a fait de nombreux morts
parmi les civils. Cette attaque était très similaire aux précédentes attaques contre la ville, perpétrées
par Al Nusra Front et Daesh.

Alors que l’État turc et ses médias affirment qu’ils ne prennent pas pour cible les civils innocents dans
le cadre de leur opération à Afrin, de nombreux reporters ont présenté des documents photographiques
et vidéo montrant les bombardements turcs et le meurtre de dizaines de civils, dont un certain nombre
d’enfants.

Le résultat de l’agression turque sur Afrin jusqu’au 27/01/2018 peut être résumé ainsi :

86 civils ont été tués.

198 personnes ont été blessées.
Blessé.es pendant les 4 premiers jours :
1- Ismail Al Hussain (9 ans).Fadi Al Hussain (10 ans).
2- Fadi Al Hussain (10 ans)
3- Abdelsatar Janko (28 ans).
4- Mohamed Abdo Janko (27 ans).
5- Ismail Mohamed Ibrahim (12 ans).
6- Fadi Mohamed Abdo (10 ans).
7- Hamid Batal (30 ans).
8- Khaled Abdelqadir (46 ans).
9- Hassan Ibrahim (2 ans).
10- Hamida Ibrahim (3 ans).
11- Faiza Bader Al Hassan (24 ans).
12- Dariana Mohamed Saido.
13- Hiba Akram (13 ans).
14- Il y a aussi un civil non identifié âgé de 30 ans.

Rien que dans deux villages, Miriamin dans la région de Shera, et Diwa dans la région de Jindirs, le
nombre total de victimes civiles a atteint 9 martyrs, tandis que le nombre de blessés monte jusqu’à 26
personnes.

L’opération militaire lancée par le régime fasciste turc contre la population civile d’Afrin se
poursuit pour la neuvième journée consécutive.
Noms des civil.es qui ont été tué.es

Nom complet Âge Lieu de mort en martyr Date de mort en martyr
Yahya Ahmed Hamada 11 Trenda – déplacé interne d’Alep 20/01/2018
Rahaf Al Hussain 33 Jilbera – massacre d’Al Madjina 21/01/2018
Wael Al Hussain 1 Jilbera – massacre d’Al Madjina 21/01/2018
Hadil Al Hussain 10 Jilbera – massacre d’Al Madjina 21/01/2018
Ghaliya Al Hussain 8 Jilbera – massacre d’Al Madjina 21/01/2018
Salama Al Hussain 6 Jilbera – massacre d’Al Madjina 21/01/2018
Mousab Al Hussain 6 Jilbera – massacre d’Al Madjina 21/01/2018
Ahmed Al Hussian 17 Jilbera – massacre d’Al Madjina 21/01/2018
Inconnu 30 Jilbera – massacre d’Al Madjina 21/01/2018
Mohamed Khalil Bakir 10 Altanio – Rajo 22/01/2018
Inconnu (handicapé) 35 Adamo – Adamo 22/01/2018
Sawsan Jamil 35 Tel Salawr 22/01/2018
Almaza Sheikh Horo 50 Jindiris 23/01/2018
Enfant inconnu 14 Jindiris 23/01/2018
Inconnu 19 Jindiris 23/01/2018
Femme inconnue 55 Jindiris 23/01/2018
Kanjo Kanjo 60 Majblet Trenda 20/01/2018

Noms des civil.es qui ont été blessé.es:
Nom complet et âge Lieu Diagnostic Date
Ahmed Sabri Kandi – 45 Hamam Blessure aux vertèbres. 23/01/2018
Asia Sheikh Murad – 70 Sheia Blessure à la tête. 23/01/2018
Rasheed Daowd Isso 71 Belbel Blessures au visage, au dos et à l’abdomen.23/01/2018
Zayneb Hamkalino – 40 Ma’amel AoshagiAccident. Touché par un obus.23/01/2018
Hussain Hassan Hamkalino – 16 Ma’amelAoshagi Accident. Touché par un obus.23/01/2018
Farida Koleen – 56 Sheia Fragment d’obus dans l’abdomen. 23/01/2018
Hassan Hussain Mohamed – 59 Jindiris Blessure au visage. 23/01/2018
Mohamed Rasheed Hassan – 40 Jindiris Blessure au cou et à l’abdomen. 23/01/2018
Moustafa Abou Hamo – 12 Jindiris Lésion des membres inférieurs. 23/01/2018
Basema Mohamed Ba’ajo – 32 Jindiris Lésion des membres inférieurs. 23/01/2018
Aya Nabo – 7 Jindiris Blessure abdominale. 23/01/2018
Jankiz Ahmed Khalil – 20 Maydan Akbes Blessure abdominale. 23/01/2018
Shamsa Mousa – 75 Rajo Fractures multiples. 23/01/2018
Waleed Kons – 18 Rajo Arrivé mort. 23/01/2018
Hanifa Kons – 35 Rajo Blessure au pied gauche. 23/01/2018
Mustafa Mohamed Khalof – 12 Jandiris Blessure aux membres inférieurs. 23/01/2018
Ibrahim Mohamed Al Hussain – 35 Mariamin Blessures aux membres. 21/01/2018
Bader Al Hussain – 24 Mariamin Blessure aux vertèbres. 21/01/2018
Hamida Ibrahim Al Hussain – 3 Mariamin Blessure à la tête. 21/01/2018
Hassan Ibrahim Al Hassan – 2 Mariamin Blessure à la tête. 21/01/2018
Khaled Mohamed Ali Abdelqadir – 46 Mariamin Blessure à l’arrière de la tête. 21/01/2018
Hamid Battal – 30 Faqeero Blessures au visage et à la tête. 21/01/2018
Unknown Matahan Al Faisal
Fractures faciales et fracture de la jambe droite. 21/01/2018
Fadi Mohamed Aid – 10 Mariamin Blessures à la tête et aux cuisses. 21/01/2018
Ismaeel Mohamed Ibrahim – 12 Mariamin Blessure au pubis. 21/01/2018
Jumaa Mohamed Al Hussain – 17 Mariamin 21/01/2018
6 Kefah Al Moussa Al A’amer – 20 Mariamin Côtes cassées. 21/01/2018
Unknown – 2 Ain Al Hajer Blessure à l’oeil et brûlure au visage. 21/01/2018
Heba Akram Othman – 13 Aadamo Blessure au bras. 21/01/2018
Darian Mohamed Saydo – 19 Aadamo Blessures à la poitrine et
à la cheville. 21/01/2018
Mohamed Abdo Kanjo – 27 Kafar Hamra Contusions. 21/01/2018
Abdelqadir Kanjo – 28 Kafar Hamra Contusions. 21/01/2018
Fahed Ahmed Al Ahmad – 39 Trenda Idlib Jambe blessée. 20/01/2018
Kanjo Kanjo Al Ali – 60 Mort – blessure à la tête. 20/01/2018
Yahya Ahmed Hamada – 9 Trenda (Aleppo) Mort – abdomen ouvert. 20/01/2018

Khaled Hamada – 11 Trenda (Aleppo) Abdomen ouvert. 20/01/2018
Hamada Mohamed Ali – 32 Bashmara Blessures au dos et aux épaules. 20/01/2018
A’amar Al Barj – 19 Blessure aux vertèbres. 20/01/2018
Za’aeem Osso – 19 Blessure à l’arrière de l’oreille. 20/01/2018
Ibrahim Khalil – 45 Jambe blessée. 20/01/2018

Les Kurdes ne sont pas les seul.es à être pris.es pour cible par l’armée turque, les Arménien.nes
et les Arabes aussi.

Une famille arménienne qui a fui le génocide des Arméniens par les Turcs il y a 100 ans, et qui avait
trouvé la sécurité et la stabilité dans le canton d’Afrin, a été attaquée par l’armée turque, qui les a
suivis jusqu’à Afrin pour en faire les victimes d’un bombardement par les avions de guerre turcs dans
le centre du district de Rajo.

Le 24 janvier au soir, les avions de combat de l’occupation turque ont bombardé la région de Rajo, tué
un jeune homme du nom de Rosher Konis et blessé sa mère Shamsa Konis, âgée de 57 ans, tandis que
sa sœur Hanifa Konis, âgée de 25 ans, a été amputée d’une jambe. C’est une famille arménienne.
Un membre de la famille, Hartyon Kivork, a déclaré : « Leurs ancêtres ont fui l’oppression des
autorités turques il y a près de 100 ans à la suite des massacres perpétrés par les Turcs contre les
Arméniens, ils se sont donc dirigés vers Afrin pour vivre en paix parmi leurs frères kurdes et tous les
autres peuples et confessions vivant dans la région ».

Hartyon Kivork a ajouté : « Mais l’armée d’occupation turque a repris ses massacres qui ne font pas
de distinction entre les gens et les pierres, mais commettent de nouveaux massacres contre tous les
peuples d’Afrin pour faire de notre famille arménienne une victime des crimes turcs à nouveau,
alors que nous vivions en harmonie dans nos maisons, pour être finalement attaqués à nouveau
par l’État turc ».

L’armée turque a également commis un horrible massacre dans le village de Haj Khalil après avoir
ciblé le village le 28 janvier 2018. Des dizaines de civil.es ont été tué.es et de nombreux autres ont été
blessé.es. De même, un avion de guerre turc a pris pour cible la région de Balbala ce matin
(28/01/2018), tuant et blessant des dizaines de civils innocents.

LES CRIMES DE LA TURQUIE CONTRE LE PATRIMOINE CULTUREL
La Turquie n’est pas satisfaite de tuer des civils quotidiennement, ils ont maintenant commencé à
effacer ce qui reste de l’histoire des anciennes populations du Rojava. La Turquie est en train de
commettre des crimes contre le patrimoine culturel – notamment le complexe du temple Ain Dara
Hittite.

AVANT APRÈS
Même des mosquées se sont vues bombardées par l’armée turque.

Après la Première Guerre mondiale, entre 1919 et 1920, les autorités turques ont commis un génocide
et des massacres contre le peuple arménien, et les ont expulsés de force de leurs terres.
Aujourd’hui, ils font la même chose contre les Kurdes

LIENS DES PHOTOS ET VIDEOS PUBLIEES DANS CE DOCUMENT :
Photos :
https://drive.google.com/drive/folders/1pW8L_UyXt_f8jw3iNHKm3lWAGAPxUVdV?usp=shari
ng
Vidéos :
https://youtu.be/1i8RhX2Y5fs – Victimes civiles à Afrin
https://youtu.be/sxi0jhOKmKY – Réfugié.es à Afrin
https://youtu.be/_9izLApDhGI – Patrimoine culturel détruit à Afrin

 

Abattre le capitalisme

Construire la solidarité

Source: http://www.kurdishinstitute.be/dossier-dinformation-sur-les-crimes-de-guerre-et-les-crimes-contre-lhumanite-de-la-turquie-a-afrin/

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Protest Mobilisation for Afrin/ Montreal

 

Un petit vidéo YouTube réalisé par une militante du mouvement montréalais kurde de Libération du Kurdistan sur la manif montréalaise de dénonciation du régime fasciste d’Erdogan pour son agression de la Fédération de la Syrie du Nord dans la région d’Êfrîn.

Manifestation de Montréal en solidarité avec le peuple kurde du Rojava sous le siège de l’état fasciste turque

Quelques centaines de manifestantEs de Montréal se sont mobiliséEs pour dénoncer l’agression fasciste du régime Erdogan dans la région d’Afrine en Syrie du Nord, sous contrôle de la Fédération Démocratique de Syrie.

 

Voici quelques photos.

 

 

Le rassemblement des manifestantEs rue Sainte-Catherine près du Métro Atwater à Montréal

 

 

     

La manif s’est terminée à la Place des Festivals

 

Le drapeau du SRI tenu par un militant du Secours Rouge Canada

 

Offensive militaire turque contre Afrin: LES KURDES VICTIMES DES CONTRADICTIONS INTER-IMPÉRIALISTES

En raison de la pertinence et de la justesse de l’analyse, nous relayons l’article du groupe OCML VP

 

Samedi 20 janvier, la Turquie a lancé l’opération militaire « Rameau d’olivier » contre le canton d’Afrin, la partie isolée à l’ouest du Rojava. Cette nouvelle offensive fait suite à celle lancée à l’été 2016 nommée « Bouclier de l’Euphrate » qui avait pour but de lutter contre le rattachement du canton d’Afrin au reste du Rojava. Cela s’est soldé par l’occupation par des troupes rebelles islamistes d’une bande de terre d’une centaine de kilomètres de largeur, le long de la frontière turque.

Cette opération est donc une nouvelle offensive de l’Etat turc dans son combat contre les forces du PYD et de sa branche armée, les YPG/YPJ (1). Et c’est là que se joue le numéro d’équilibriste entre toutes les forces réactionnaires et impérialistes dans la région. L’AKP d’Erdogan mène depuis des années une guerre sans merci contre le PKK et l’ensemble des organisations soutenant le droit à l’autodétermination du peuple kurde de Turquie : arrestations, emprisonnements, guerres et massacres. Cela est su et toléré par les différentes forces impérialistes, qu’elles soient européennes ou nord américaines pour deux raisons principales. Tout d’abord, la Turquie est membre de l’OTAN et par sa position géographique cela en fait un allié stratégique essentiel dans la région à court mais surtout moyen et long terme. Ensuite, la Turquie est le lieu de passage des milliers de migrants fuyant la guerre et la misère provoquée par le conflit syrien. Cela en fait une arme importante de discussion avec l’Union Européenne qui lui a sous traité la gestion de ce flux.

Si cette offensive militaire a put avoir lieu dans le canton d’Afrin c’est évidemment avec l’aval de l’impérialisme russe. En effet, c’est la Russie de Poutine qui garantissait par son armée et une base aérienne l’intégrité de l’enclave kurde. Si les motifs de cet accord ne sont pas explicites, on peut légitimement penser à deux facteurs. D’abord, les Russes ont intérêt d’affaiblir les forces kurdes alors allié tactique des américains, tout comme le régime iranien qui a lui aussi une minorité kurde. Ensuite, les forces kurdes ont pris sous leur contrôle

Parti de l’Union Démocratique (PYD) et Unité de Protection du Peuple/Unité de Protection des Femmes. Organisation soeur du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

en octobre 2017 les champs pétroliers à Deir Ezzor et ont refusé de les rendre la semaine dernière aux forces du régime Assad, tout comme elles ont refusé de laisser celle-ci prendre le contrôle de la frontière entre le Rojava et la Turquie. C’est à priori pour cela que Poutine joue sur les deux tableaux. A la fois l’autorisation faite aux turcs d’envahir Afrin et à la fois invitant les kurdes à la conférence de Sotchi pour des pourparlers de paix le 30 janvier prochain avec l’ensemble des protagonistes. Autrement dit, une vaste opération de chantage vis-à-vis des Kurdes afin de faire passer le Rojava sous le contrôle du régime Assad, et avec lui de la Russie.

Parallèlement vient en jeu le rôle de la coalition internationale dirigée par les ÉtatsUnis (avec notamment le soutien de la France) qui soutient les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), coalition militaire arabo-kurdes dirigées par les YPG/ YPJ. Le régime Erdogan a vécu comme une véritable provocation l’annonce faite de la formation et de l’armement d’une importante force kurde au Rojava par les USA pour contrôler la frontière turco-syrienne. Et même si les FDS sont des alliés de circonstance pour les États-Unis, il n’en demeure pas moins qu’ils sont prêts à sacrifier Afrin pour garantir leur alliance stratégique avec la Turquie. Dans ce contexte, la France se présente comme un intermédiaire et appelle au calme mais ne fera rien contre son allié turc.

Le PYD et les FDS se retrouvent alors la variable d’ajustement qui sera sacrifié un jour ou l’autre, par les uns ou les autres. Impérialistes russes comme américain souhaitent chacun mettre le Rojava au service de leurs jeu d’influence. Et puisque le Rojava a encore une politique trop indépendante pour eux, ils sont tous les deux prêts à le sacrifier au nettoyage ethnique et aux massacres commis par l’armée turque et les milices fascistes et islamistes dans son sillage. Pour notre part, et même si nous critiquons l’objectif stratégique du PYD (2) comme nous mettons en garde sur les limites et les risques graves de son alliance avec les USA (3), nous ne mettons pas tout le monde dos à dos. Le PYD, soutenu par de nombreuses organisations révolutionnaires de Turquie, porte néanmoins une perspective progressiste pour la région.

Dans ce contexte, notre responsabilité est double. D’abord et principalement, nous devons combattre et démasquer le rôle de l’impérialisme, et en particulier français, dans la région et affirmer qu’il est un ennemi des peuples de la région et qu’ils n’ont rien à attendre de lui. Ensuite, nous devons soutenir les forces sur place qui se battent contre l’occupation militaire d’Afrin et porte un projet émancipateur. C’est le cas du Bataillon International de Libération, et en premier lieu du TKP/ML TIKKO et du MLKP (4), qui viennent d’annoncer leur volonté de se déployer dans le canton d’Afrin. Notre devoir internationaliste est de les soutenir politiquement et matériellement (5) !

 

ARRÊT DE L’OPÉRATION MILITAIRE

TURQUE CONTRE AFRIN !

A BAS L’IMPÉRIALISME !

AFRIN VIVRA, KURDISTAN VAINCRA !

 

 

 

___________________________________________________

 

  1. Parti de l’Union Démocratique (PYD) et Unité de Protection du Peuple/Unité de Protection des Femmes. Organisation sœur du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).
  2. A  propos du Confédéralisme Démocratique : http://ocml-vp.org/article1637.html
  3. A propos des interventions impérialistes en Syrie et au Kurdistan : http://ocml-vp.org/article1816.html
  4. TKP/ ML : Parti Communiste de Turquie Marxiste-Léniniste et sa branche armée TIKKO. MLKP : Parti Communiste Marxiste-Léniniste
  5. Participez à la campagne de soutien sur : www.rojava.xyz 

 

Par leurs luttes, les peuples vaincront l’impérialisme!

_____________

Source : http://ocml-vp.org/IMG/pdf/partisan_n27.pdf

Autre lien hypertexte: http://ocml-vp.org/article1877.html 

MOBILISATION À MONTRÉAL POUR AFRINE!

TouTEs les membres du Secours Rouge Canada et ses sympathisantEs sont invitéEs à la manif de samedi prochain, le 27 janvier 2018 au métro Atwater, en soutien au peuple kurde à Êfrîn, sous le siège de l’armée fasciste turque.

 

SAMEDI Le 27 Janvier : JOURNÉE D’ACTION CANADIENNE
MANIF SAMEDI, 11h Metro Atwater, Montréal

GARDER LE SILENCE, C’EST SE DÉCLARER COMPLICE!

Rejoignez la manifestation d’urgence contre le gouvernement fasciste turc qui bombarde depuis les airs et au sol la ville d’Afrin. Il n’y a pas d’autre option pour le peuple kurde que la résistance.

SATURDAY 27th January: CANADIAN NATIONAL DAY OF ACTION
MONTREAL PROTEST: Saturday 11am Metro Atwater

Silence means acceptance. Join us for an emergency demonstration against the fascist Turkish government that is bombing Afrin from land and air. There is no option left for Kurdish people except resistance. This Saturday, demonstrations will be held across Canada in solidarity with Afrin.

 

Événement Facebook: www.facebook.com/events/1779446992129724/

La solidarité est notre arme!

 

Abattre le capitalisme

Construire la solidarité

Escalade aventureuse de la Turquie contre les Kurdes : Les risques de l’intervention à Afrin

Nous avons copié-collé cet article du média Orient XII parce qu’il permet une bonne compréhension des enjeux tant militaires que géopolitiques de l’invasion du régime fasciste turque à Afrin, en Syrie du Nord.

 

 

L’offensive déclenchée par l’armée turque avec l’aide de miliciens de l’Armée syrienne libre contre la ville d’Afrin vise d’abord les combattants kurdes. Elle complique encore la situation en Syrie où les puissances extérieures jouent un rôle primordial.

 

La région d’Afrin dans le nord-ouest de la Syrie, à dominance kurde, est depuis quelques jours soumise à un déluge de feu de la part de la Turquie qui a lancé une opération de grande envergure (voir la carte interactive de l’application liveuamap) pour neutraliser la présence kurde dans cette partie de la Syrie. Les Kurdes se sont préparés de longue date à contrer une offensive terrestre, mais les bombardements des F-16 ne sont pas sans conséquences meurtrières, en particulier pour les populations civiles. Par ailleurs, cette violation de l’espace aérien par la Turquie n’a pu se faire qu’avec l’accord tacite de la Russie.

Cette nouvelle offensive turque bouscule une région relativement calme ces trois dernières années, où une administration autonome a été mise en place. Afrin est, avec Kobané et Qamichli, l’un des cantons de la « Fédération démocratique du nord de la Syrie ». Elle échappe aux djihadistes et au régime de Damas, mais demeure isolée du reste du Rojava à cause de l’intervention turque à Jarablous et Al-Bab en 2016, qui a empêché l’unité territoriale du nord de la Syrie. Recep Tayyip Erdoğan veut en finir avec l’expérience politique originale qui s’y développe. Pour autant, cette offensive militaire n’est pas sans risque pour lui.

Sur ces sujets, nous nous sommes entretenus avec Adem Uzun, membre du Congrès national du Kurdistan (KNK) basé à Bruxelles et l’un des négociateurs avec l’État turc jusqu’en 2013 à Oslo ; Dogan Özguden, directeur de la revue Info-Türk ; Thomas Jeffrey Miley, professeur en sciences politiques à l’université de Cambridge ; ainsi qu’avec Muslim Nabo, enseignant à Kobané.

 

Bataille d’Afrin, 21 janvier 2018

 

Légitime défense ?

La Turquie présente l’invasion comme une « élimination de terroristes kurdes », or la région d’Afrin, beaucoup plus encore que celle de Kobané, est une mosaïque de peuples : les Kurdes y vivent avec des Arabes, des Assyriens, des Turkmènes. Récemment 20 000 yézidis — une minorité religieuse kurde qui a échappé aux massacres perpétrés par l’organisation de l’État islamique (OEI) au Sinjar en Irak — s’y sont installés. Adem Uzun :

«C’est une invasion. La Turquie n’est pas invitée par la Syrie. Les Kurdes d’Afrin n’ont pas attaqué la Turquie. Le droit international est très clair là-dessus : envahir un pays qui ne vous a pas attaqué est un crime de guerre. Il y a des centaines de milliers de réfugiés venus de toute la Syrie qui, depuis des années maintenant, ont trouvé dans la région d’Afrin une sécurité. Le camp de réfugiés Rubar a été touché par des F-16 turcs samedi dernier.»

 

L’offensive turque survient après l’annonce par Washington de la création d’une force frontalière de 30 000 personnes, composée notamment de membres des Forces démocratiques syriennes (FDS)1 et des Unités de protection du peuple (YPG), la force qui a chassé l’organisation de l’État islamique (OEI) du nord de la Syrie, de Rakka et de Deir el-Zor. Pour la Turquie, il est évident que le partenariat entre les États-Unis et les Kurdes de Syrie ne s’arrêtera pas avec la défaite militaire de l’OEI. Adem Uzun :

«La volonté déclarée des États-Unis de créer une force de 30 000 hommes et femmes pour protéger la frontière est utilisée par la Turquie comme prétexte pour l’invasion. La Turquie veut détruire notre expérience pluraliste et remettre en selle l’Armée syrienne libre et Tahrir Al-Cham, l’ancienne Al-Qaida.»

 

Sur le terrain, et devançant l’armée turque, ce sont les milices de l’Armée syrienne libre (ASL) qui accompagnent l’offensive et attaquent les villages dans la région d’Afrin. Si l’ASL s’est constituée au début de la guerre civile comme force armée de la révolution syrienne, composée de rebelles dits « modérés », elle est devenue une force hétéroclite qui a perdu ses ambitions initiales. Adem Uzun :

«Au début l’ASL se battait contre le régime d’Assad, maintenant c’est différent. Ses membres sont équipés, armés et instrumentalisés par la Turquie. Aujourd’hui, ils se battent contre les Kurdes et les autres composantes de la société à Afrin. Ils sont devenus des mercenaires au service de l’armée turque. Ce n’est plus une armée « libre ».»

 

Afrin contre Idlib, un jeu dangereux

Idlib a été constituée en « zone de désescalade », un territoire où la Turquie, selon les accords d’Astana2, peut intervenir. Hayat Tahrir Al-Cham, coalition djihadiste en partie issue de l’ex-Front Al-Nosra y est la force militaire dominante. Des forces « modérées » de l’opposition syrienne y résident, comme Brita Hagi Hassan, président du conseil local d’Alep-Est (sous contrôle des rebelles avant la chute de la ville), mais sont sous l’influence de Tahrir Al-Cham.

Fin décembre 2017, les djihadistes ont attaqué la base aérienne russe de Hmeimim, proche de Lattaquié. Une semaine plus tard, la plus importante base aérienne russe en Syrie a été de nouveau ciblée, cette fois-ci par des drones. Moscou soupçonnant la Turquie d’être derrière ces attaques, le ton est monté entre les deux pays. Pour la Russie, Hayat Tahrir Al-Cham est une organisation terroriste et n’est donc pas concernée par les accords d’Astana. Un point de vue que ne partage pas Ankara, pour laquelle l’organisation djihadiste est une alliée fiable et puissante sur le terrain. Le marchandage consisterait donc à ce que la Turquie lâche ses alliés à Idlib et laisse la possibilité à Damas de reprendre le contrôle de cette province. En contrepartie, la Russie se retirerait de la région d’Afrin.

 

 

Le contrôle du territoire syrien vu par la Russie (juillet 2017)

 

Une partie des forces russes qui étaient stationnées dans la province d’Afrin s’est en effet retirée des zones de combat. Pour l’instant, Moscou semble céder aux revendications turques. C’est néanmoins un jeu dangereux qui n’aide pas à une possible solution du conflit en Syrie. Dogan Özguden, directeur de la revue Info-Türk  :

 

«Avant l’intervention turque à Afrin, on se dirigeait vers une situation finale entre deux parties : les FDS avec la composante que sont les YPGYPJ et le régime syrien de Damas allaient ou bien s’entendre ou bien se battre. Si jamais la Turquie prend le contrôle d’Afrin — ce qui n’est pas encore le cas —, l’ASL ainsi qu’Al-Nosra [aujourd’hui Tahrir Al-Cham] pourraient s’installer dans cette partie de la Syrie et susciter des troubles dans une région qui était jusqu’à présent calme et où des centaines de milliers de réfugiés syriens étaient en sécurité. L’échange d’Idlib contre Afrin est un grand danger, parce que tous les djihadistes seront alors les bienvenus dans cet espace contrôlé par la Turquie.»

 

Et l’offensive turque ne s’arrêtera pas à Afrin, pour Adem Uzun :

«La Russie et la Turquie ont déjà conclu ce type d’accord dans le passé : la Turquie s’est retirée d’Alep et en contrepartie a pu envahir Jarablous et Al-Bab. Mais après Afrin, la Turquie veut reprendre Membij, une ville située juste à l’ouest de l’Euphrate et libérée par les FDS en 2016. C’est un calcul préjudiciable aux intérêts mêmes de la Russie.»

 

Alliances confictuelles et de circonstance

Quand la Russie est intervenue en Syrie en 2015, elle s’est trouvée dans l’autre camp par rapport à la Turquie qui soutenait l’opposition syrienne faite de « modérés » et de radicaux. Depuis deux ans, la relation russo-turque est devenue moins antagonique. Thomas Jeffrey Miley, professeur en sciences politiques à l’Université de Cambridge :

«En juin 2015, un avion russe était abattu par la Turquie et en décembre 2016, un diplomate russe était tué à Ankara par un policier. Cela sentait l’implication de ‘l’État profond’, c’est à dire des services secrets, et certains craignaient même une guerre contre la Russie, impliquant les États-Unis aux côtés de Turquie. Ceci a changé après deux nouveaux événements : le coup d’État manqué en Turquie en 2016 et le refus par les États-Unis d’extrader Fethullah Gülen, le supposé cerveau de l’opération. Ensuite, avec la crise des migrants, la Turquie s’est aperçue qu’elle n’était pas la bienvenue dans l’Union européenne. Vladimir Poutine a alors pensé que le moment était arrivé de faire des ouvertures à la Turquie. Il l’intègre dans les négociations à Astana, et la Turquie, bien que membre de l’OTAN, lui achète des armes. Les deux frères ennemis se rapprochent, Poutine, considérant bien évidemment que l’éloignement de la Turquie des États-Unis sert ses intérêts.»

 

Une alliance de circonstance, poursuit-il :

«Les États-Unis sont entrés en Syrie avec la bataille de Kobané, qui a été gagnée par les YPG, frères et sœurs en armes du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan. Je crois que les États-Unis ne vont pas facilement abandonner leur soutien aux YPG ou aux FDS, malgré les divergences idéologiques, parce qu’ils se rendent compte que ce sont les seules forces fiables sur le terrain dans la ‟lutte contre le terrorisme”. Ils ont besoin d’un partenaire sur le terrain. C’est une convergence d’intérêts temporaire. Ce n’est pas une alliance idéologique, c’est une alliance de circonstance. Les deux parties en sont conscientes. Donc on a une situation où à l’est de l’Euphrate, ce sont les États-Unis qui appuient les forces kurdes, et à l’ouest de l’Euphrate, c’est la Russie qui les soutient. Ou qui les soutenaient jusqu’à la dernière intervention turque.»

 

Entretemps, les signaux donnés par les États-Unis sont troubles. Donald Trump avait promis de ne plus armer les Kurdes de Syrie, le Pentagone déclare au contraire qu’ils maintiendront une présence militaire aux côtés des Kurdes syriens pour longtemps. On peut penser que c’est le Pentagone qui aura le dernier mot.

Le pari risqué d’Erdoğan

Quand la Turquie est entrée à Jarablous, après avoir lâché Alep, elle s’est avancée vers Al-Bab, une petite ville plus au sud, tenue par les djihadistes. Cela lui a pris trois mois pour prendre le contrôle de cette ville, avec de lourdes pertes à la clef. Afrin est beaucoup plus grand avec un environnement montagneux ; l’opération risque de se prolonger au-delà des estimations effectuées par l’état-major turc. Thomas Jeffrey Miley :

«Il est certain que les Kurdes vont résister. L’armée turque n’aura pas la vie facile. La différence avec la bataille de Kobané, ce sont les frappes aériennes. Ça change la donne. Mais ils vont se battre jusqu’au bout. Si la situation est très dangereuse pour les Kurdes, elle l’est aussi pour Erdoğan, parce que ce n’est pas sûr qu’il puisse terminer ce qu’il a commencé. Les Kurdes aujourd’hui sont beaucoup plus forts et bien mieux équipés qu’ils ne l’ont jamais été.»

 

Contacté par téléphone, Muslim Nabo, enseignant à Kobané nous confie :

«Les gens, ici, sont très inquiets. Il va y avoir beaucoup de morts. Pour l’instant les civils ne courent pas vers les forces turques, ni vers le régime. Ils restent avec les FDS. Le plus dur ce sont les frappes aériennes. Comment se protéger contre des bombes lancées par des F-16 ? Quand l’OEI contrôlait Tal Abyad, Serekeniye et Jarablous, qu’ont fait les Turcs contre ces terroristes ? Rien. Ou plutôt, ils les ont aidés, leur ont fait passer la frontière, les ont soignés. La Turquie n’a jamais attaqué l’OEI ni Al-Qaida en Syrie. Dans la région d’Afrin, il y a deux villages chiites, Nubul et Zahra, qui ont été assiégés par les djihadistes pendant deux ans. C’est la ville d’Afrin qui les a approvisionnés en nourriture et en vêtements. Que vont-ils devenir si la Turquie prend le contrôle de la région avec l’aide des djihadistes 

 

En Turquie, des dizaines d’internautes ont été arrêtés ces dernier jours à cause de ce qu’ils publient sur les réseaux sociaux contre l’invasion turque en Syrie. Erdoğan a averti le Parti démocratique des peuples (HDP), à propos de toute tentative d’organiser des manifestations contre l’opération en Syrie : « Nous écraserons quiconque s’oppose à cette lutte nationale. Vous êtes suivis à la trace. Quelle que soit le lieu où vous sortirez, nos forces de sécurité seront sur vous. »

 

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Source: https://orientxxi.info/magazine/escalade-aventureuse-de-la-turquie-contre-les-kurdes,2233