Deux événements à Montréal: discussion avec l’intellectuelle kurde Havin Guneser le 23 février et lancement du livre  » Your Freedom and Mine: Abdullah Öcalan and the Kurdish Question in Erdoğan’s Turkey » le 24 février

(English below) 

Havin Guneser, intellectuelle et leader du mouvement kurde, visite Montréal  

  

Au beau milieu des ruines de la guerre civile syrienne, un nouveau type de société est en plein essor, mais ce n’est pas ce à quoi vous vous attendez. Les habitants de la région à majorité kurde de Rojava, au nord de la Syrie, ont créé ce qui est aujourd’hui une des sociétés les plus radicalement progressistes de la planète en mettant en place la démocratie directe, la libération des femmes, l’harmonie ethnique et l’écologie. Ce système de « confédéralisme démocratique » s’inspire des idées d’Abdullah Öcalan, figure dominante de la lutte de libération kurde. Connu comme étant le « Mandela kurde », il est emprisonné par l’État turc sur l’île d’Imrali depuis 1999.

 

Havin Guneser est traductrice, journaliste, militante et porte-parole de l’initiative internationale : « Liberté pour Abdullah Ocalan – Paix au Kurdistan ». Elle est également traductrice et éditrice des œuvres d’Abdullah Öcalan. Elle a aussi lancé une pétition pour la liberté d’Öcalan, une pétition qui a obtenue 10.3 millions de signatures. Elle est également l’organisatrice de la conférence de Hambourg « Défier la modernité capitaliste: un réseau pour une quête alternative » qui, tous les deux ans, rassemble milles intellectuels kurdes anticapitalistes et non kurdes de toute l’Europe, incluant des invités spéciaux comme David Harvey, David Graeber, et John Holloway. 

 

 ***************************

Une invitation spéciale pour rencontrer et discuter avec Havin Guneser 

vendredi, le 23 février 2018

 

Défier l’État-nation et le patriarcat: que peut apprendre la gauche du confédéralisme démocratique?

Vendredi le 23 février de 19h à 21h

 où

Alternatives, 3720 Ave du Parc, 2e étage

* Une traduction chuchotée sera fournie pour faciliter la discussion bilingue.

Un dîner léger sera servi.

***Veuillez vous inscrire: nathanpmcd@gmail.com***

 

*********************************

 

Lancement du livre avec Havin Guneser (Allemagne), traductrice et éditrice d’Öcalan

samedi, le 24 février 2018

LA POLITIQUE DU MOUVEMENT POUR LA LIBERATION DU KURDISTAN ET LA SITUATION DU « MANDELA KURDE », ABDULLAH ÖCALAN

Lancement de « Your Freedom and Mine: Abdullah Öcalan and the Kurdish Question in Erdogan’s Turkey »  

Samedi le 24 février de 17h à 18h30

 

À la foire du livre de Black Rose Books (12h-20h). Plus des détails ci-bas. 

Événement Facebook.

Alternatives, 3720 Ave du Parc, 2e étage

* La conférence sera en anglais mais il y aura de la traduction chuchotée en français

 

 

************************************************

 

 

  

 

Havin Guneser, A Leading Intellectual of the Kurdish Movement, Visits Monreal

 

 

A new kind of society is being built amidst the ruins of the Syrian Civil War, but it’s not what you’d expect. The people of northern Syria’s Kurdish-majority region of Rojava are one of the most radically progressive societies on the planet today through direct democracy, women’s liberation, ethnic harmony, and ecology. This system of ‘democratic confederalism’ is inspired by the ideas of Abdullah Öcalan, the leading figure of the Kurdish liberation struggle. Known as ‘Kurdish Mandela’, he has been imprisoned by the Turkish state on the Imrali Island since 1999.

 

Havin Guneser is a Kurdish writer, journalist, women’s rights activist, and a spokesperson for the International Initiative: « Freedom for Abdullah Öcalan–Peace in Kurdistan ». She is also a translator and publisher of the works of Abdullah Öcalan, a leading figure of the Kurdish liberation struggle, who has been imprisoned by the Turkish state on Imrali Island since 1999. Under her leadership, her organisation started a petition for Öcalan’s freedom that would collect 10.3 million signatures. Every two years she organises the conference ‘Challenging Capitalist Modernity: Network for an Alternative Quest‘, gathering a thousand Kurdish and non-Kurdish radical intellectuals from across Europe, like David Harvey, David Graeber, and John Holloway. 

 

 

A Special Invitation to Meet and Discuss with Havin Guneser

Challenging the Nation-State and Patriarchy: What Can the Left Learn from Democratic Confederalism?

 

Friday February 23rd, 7 – 9pm 

 

Alternatives, 3720 Ave du Parc, 2nd floor

A light dinner will be served.

Whispered translation will be provided to facilitate bilingual discussion.

***Please register: nathanpmcd@gmail.com***

 

 *******************************************

 

Triple Book Launch with Havin Guneser

THE POLITICS OF THE KURDISH FREEDOM MOVEMENT AND THE PLIGHT OF THE ‘KURDISH MANDELA’, ABDULLAH ÖCALAN 

Launch of: Your Freedom and Mine: Abdullah Öcalan and the Kurdish Question in Erdogan’s Turkey 

Saturday February 24th, 5 – 6:30pm

 

At the Black Rose Books fair and speaker series (12-8pm). More information below. 

Alternatives, 3720 Ave du Parc, 2nd floor

* The book launch will be in English but there will be whispered translation into French 

 

Publicités

Défier l’État-nation et le patriarcat: que peut apprendre la gauche du confédéralisme démocratique?

ENGLISH BELOW

Défier l’État-nation et le patriarcat: que peut apprendre la gauche du confédéralisme démocratique?

 

Havin Guneser, une intellectuelle leader du mouvement kurde, visite Montréal

 

 

 

 

Une invitation spéciale pour rencontrer et discuter avec Havin Guneser

* Il y a l’aura de la traduction chuchotée vers le français

Vendredi 23 février de 19h à 21h

Alternatives, 3720 Ave du Parc, 2e étage

Un dîner léger sera servi.

Une traduction chuchotée sera fournie pour faciliter la discussion bilingue.

Veuillez vous inscrire: nathanpmcd@gmail.com

Lancement de trois livres avec Havin Guneser (Allemagne), traductrice et éditrice d’Öcalan

LA POLITIQUE DU MOUVEMENT DE LA LIBERTÉ KURDE ET LA SITUATION DU « MANDELA KURDE », ABDULLAH ÖCALAN
* Il y a l’aura de la traduction chuchotée vers le français

Samedi 24 février de 17h à 18h30

Au milieu des ruines de la guerre civile syrienne, un nouveau type de société est en cours de construction, mais ce n’est pas ce que vous attendez. Les habitants de la région à majorité kurde de Rojava, au nord de la Syrie, sont aujourd’hui l’une des sociétés les plus radicalement progressistes de la planète mettant en place la démocratie directe, la libération des femmes, l’harmonie ethnique et l’écologie. Ce système de « Confédéralisme démocratique » s’inspire des idées d’Abdullah Öcalan, figure dominante de la lutte de libération kurde. Connu comme le « Mandela kurde », il a été emprisonné par l’État turc sur l’île d’Imrali depuis 1999.

 

Havin Guneser est traductrice, journaliste, militante et porte-parole de l’initiative internationale : « Liberté pour Abdullah Ocalan – Paix au Kurdistan ». Elle est également traductrice et éditrice des œuvres d’Abdullah Öcalan. Elle a aussi lancé une pétition pour la liberté d’Öcalan, une pétition qui a cherché 10.3 signatures. Elle est également l’organisatrice de la conférence de Hambourg « Défier la modernité capitaliste: un réseau pour une quête alternative » qui, tous les deux ans, rassemble des intellectuels kurdes anticapitalistes et non kurdes de toute l’Europe, comme David Harvey, David Graeber, et John Holloway.

 

********************************************************

Challenging the Nation-State and Patriarchy: What Can the Left Learn from Democratic Confederalism?

Havin Guneser, A Leading Intellectual of the Kurdish Movement, Visits Monreal

A Special Invitation to Meet and Discuss with Havin Guneser

* Il y aura de la traduction chuchotée vers le français 

Friday February 23rd, 7 – 9pm 

Alternatives, 3720 Ave du Parc, 2nd floor

A light dinner will be served.

Whispered translation will be provided to facilitate bilingual discussion.

Please register: nathanpmcd@gmail.com

Triple Book Launch with Havin Guneser

* Il y aura de la traduction chuchotée vers le français 

Saturday February 24th, 5 – 6:30pm:  

THE POLITICS OF THE KURDISH FREEDOM MOVEMENT AND THE PLIGHT OF THE ‘KURDISH MANDELA’, ABDULLAH ÖCALAN 

A new kind of society is being built amidst the ruins of the Syrian Civil War, but it’s not what you’d expect. The people of northern Syria’s Kurdish-majority region of Rojava are one of the most radically progressive societies on the planet today through direct democracy, women’s liberation, ethnic harmony, and ecology. This system of ‘democratic confederalism’ is inspired by the ideas of Abdullah Öcalan, the leading figure of the Kurdish liberation struggle. Known as ‘Kurdish Mandela’, he has been imprisoned by the Turkish state on the Imrali Island since 1999.

 

Havin Guneser is a Kurdish writer, journalist, women’s rights activist, and a spokesperson for the International Initiative: « Freedom for Abdullah Öcalan–Peace in Kurdistan ». She is also a translator and publisher of the works of Abdullah Öcalan, a leading figure of the Kurdish liberation struggle, who has been imprisoned by the Turkish state on Imrali Island since 1999. Under her leadership, her organisation started a petition for Öcalan’s freedom that would collect 10.3 million signatures. Every two years she organises the conference ‘Challenging Capitalist Modernity: Network for an Alternative Quest‘, gathering Kurdish and non-Kurdish radical intellectuals like David Harvey, David Graeber, and John Holloway. 

Solidarité kurde: Événements à venir + prochaine réunion

Dans le but d’aider à mieux planifier les agendas des militantEs ainsi que les sympathisantEs de la solidarité québécoise avec le peuple kurde en lutte contre le régime fasciste de Turquie et des impérialistes de tout acabit, nous diffusons une liste des actions et activités à venir  auxquels tous et toutes sont invitéEs à participer et à faire circuler l’information. 

Événements à venir

1. Congrès de la Fondation kurde du Québec
11 février à 12h00-17h00
2170 ave Charland
Ouvert aux non- kurdes
RSKM est invite de faire une presentation/rapport a propos de son travail

2. Conférence d’Échec à la guerre (Spécifiquement au sujet de la guerre en Syrie)
15 février, 19h00-21h00
Centre Saint-Pierre salle 204 au 1212 Panet

3. Projection du documentaire Gulistan: Terre des roses (sous titres en anglais)
15 février à 19h45-22h
Organisé par Cinema Politica McGill et EduPop Milton Parc, avec la Fondation Québec du Canada
Centre communautaire ARMP 3590 Jeanne-Mance

4. Les arts comme outils de paix (Pierre Jasmin)
Du 16 février au 18 février
Musée des Beaux-Arts de Montréal

5. Havin Guneser (traductrice et editeur d’Ocalan) sera à Montréal du 22 au 26 février. (Nathan McDonnell)
Elle prendra la parole lors du lancement du livre «Your Freedom and Mine: Abdullah Ocalan et la question kurde dans la Turquie d’Erdogan». Organisé par Black Rose Books à la vente de leurs livres.
24 février à 17h00-18h30
au bureau des Alternatives, 3720, Avenue du Parc, 2e étage

6. Projection d’un documentaire Rojava et d’une table ronde avec les IWW (contacter Ciya)
24 février à 17h00
Café Rond-Point à Hochelaga

7. Marche internationale des femmes
8 mars

8. Conférence sur le Rojava à Québec
17 mars
Détails à venir (Ciya)

9. Le Nouvel an kurde – Newroz
1er avril a Laval

10. Conférences données par plusieurs professeurs de l’UQAM, organisé par le Mouvement québécois de la paix.
4 avril
Détails à venir
Association des travailleurs grecs au 5359 avenue du Parc

11. Marche pour l’humanité et pour la prévention du génocide (contactez Mike)
Organisé par le Comité national arménien du Canada
Le 8 mai?

*****************************

Upcoming events:

1. Congrès de la Fondation kurde du Québec
February 11th at 12h00-17h00
2170 avenue Charland, Montréal

2. Conference d’Échec à la guerre (Spécifiquement au sujet de la guerre en Syrie)
February 15th , 19h00-21h00
Centre Saint-Pierre salle 204 au 1212 Panet

3. Screening  of the documentary Gulistan: Land of Roses (sous titres en anglais)
Organised by Cinema Politica McGill and EduPop Milton Parc, with the Fondation Quebec du Canada
February 15th at 19h45-22h
ARMP Community Center 3590 Jeanne-Mance

4. The Arts as Tools for Peace
February 16th to February 18th
Musée des Beaux-Arts de Montréal

5. Havin Guneser is coming to Montreal February 22-26.
She will speak at the book launch of ‘Your Freedom and Mine: Abdullah Ocalan and the Kurdish Question in Erdogan’s Turkey’. Organised by Black Rose Books at their book sale.
February 24th at 17h00-18h30
at Alternatives office, 3720, Avenue du Parc, 2nd floor

6. Screening of a Rojava documentary and round table discussion with the IWW (contact Ciya)
February 24th at 17h00
Café Rond-Point à Hochelaga

7. International Women’s March
March 8th

8. Conférence sur le Rojava à Québec
March 17th
Details to come (Ciya)

9. Kurdish New Year — Newroz
April 1st
Details to come

10. Conférences donné par plusieurs profs de l’UQAM, organise par le Mouvement québécois de la paix.
April 4th
Association des travailleurs grecs au 5359 avenue du Parc

 

Abattre le capitalisme 

Construire la solidarité 

Manifestation de Montréal en solidarité avec le peuple kurde du Rojava sous le siège de l’état fasciste turque

Quelques centaines de manifestantEs de Montréal se sont mobiliséEs pour dénoncer l’agression fasciste du régime Erdogan dans la région d’Afrine en Syrie du Nord, sous contrôle de la Fédération Démocratique de Syrie.

 

Voici quelques photos.

 

 

Le rassemblement des manifestantEs rue Sainte-Catherine près du Métro Atwater à Montréal

 

 

     

La manif s’est terminée à la Place des Festivals

 

Le drapeau du SRI tenu par un militant du Secours Rouge Canada

 

Escalade aventureuse de la Turquie contre les Kurdes : Les risques de l’intervention à Afrin

Nous avons copié-collé cet article du média Orient XII parce qu’il permet une bonne compréhension des enjeux tant militaires que géopolitiques de l’invasion du régime fasciste turque à Afrin, en Syrie du Nord.

 

 

L’offensive déclenchée par l’armée turque avec l’aide de miliciens de l’Armée syrienne libre contre la ville d’Afrin vise d’abord les combattants kurdes. Elle complique encore la situation en Syrie où les puissances extérieures jouent un rôle primordial.

 

La région d’Afrin dans le nord-ouest de la Syrie, à dominance kurde, est depuis quelques jours soumise à un déluge de feu de la part de la Turquie qui a lancé une opération de grande envergure (voir la carte interactive de l’application liveuamap) pour neutraliser la présence kurde dans cette partie de la Syrie. Les Kurdes se sont préparés de longue date à contrer une offensive terrestre, mais les bombardements des F-16 ne sont pas sans conséquences meurtrières, en particulier pour les populations civiles. Par ailleurs, cette violation de l’espace aérien par la Turquie n’a pu se faire qu’avec l’accord tacite de la Russie.

Cette nouvelle offensive turque bouscule une région relativement calme ces trois dernières années, où une administration autonome a été mise en place. Afrin est, avec Kobané et Qamichli, l’un des cantons de la « Fédération démocratique du nord de la Syrie ». Elle échappe aux djihadistes et au régime de Damas, mais demeure isolée du reste du Rojava à cause de l’intervention turque à Jarablous et Al-Bab en 2016, qui a empêché l’unité territoriale du nord de la Syrie. Recep Tayyip Erdoğan veut en finir avec l’expérience politique originale qui s’y développe. Pour autant, cette offensive militaire n’est pas sans risque pour lui.

Sur ces sujets, nous nous sommes entretenus avec Adem Uzun, membre du Congrès national du Kurdistan (KNK) basé à Bruxelles et l’un des négociateurs avec l’État turc jusqu’en 2013 à Oslo ; Dogan Özguden, directeur de la revue Info-Türk ; Thomas Jeffrey Miley, professeur en sciences politiques à l’université de Cambridge ; ainsi qu’avec Muslim Nabo, enseignant à Kobané.

 

Bataille d’Afrin, 21 janvier 2018

 

Légitime défense ?

La Turquie présente l’invasion comme une « élimination de terroristes kurdes », or la région d’Afrin, beaucoup plus encore que celle de Kobané, est une mosaïque de peuples : les Kurdes y vivent avec des Arabes, des Assyriens, des Turkmènes. Récemment 20 000 yézidis — une minorité religieuse kurde qui a échappé aux massacres perpétrés par l’organisation de l’État islamique (OEI) au Sinjar en Irak — s’y sont installés. Adem Uzun :

«C’est une invasion. La Turquie n’est pas invitée par la Syrie. Les Kurdes d’Afrin n’ont pas attaqué la Turquie. Le droit international est très clair là-dessus : envahir un pays qui ne vous a pas attaqué est un crime de guerre. Il y a des centaines de milliers de réfugiés venus de toute la Syrie qui, depuis des années maintenant, ont trouvé dans la région d’Afrin une sécurité. Le camp de réfugiés Rubar a été touché par des F-16 turcs samedi dernier.»

 

L’offensive turque survient après l’annonce par Washington de la création d’une force frontalière de 30 000 personnes, composée notamment de membres des Forces démocratiques syriennes (FDS)1 et des Unités de protection du peuple (YPG), la force qui a chassé l’organisation de l’État islamique (OEI) du nord de la Syrie, de Rakka et de Deir el-Zor. Pour la Turquie, il est évident que le partenariat entre les États-Unis et les Kurdes de Syrie ne s’arrêtera pas avec la défaite militaire de l’OEI. Adem Uzun :

«La volonté déclarée des États-Unis de créer une force de 30 000 hommes et femmes pour protéger la frontière est utilisée par la Turquie comme prétexte pour l’invasion. La Turquie veut détruire notre expérience pluraliste et remettre en selle l’Armée syrienne libre et Tahrir Al-Cham, l’ancienne Al-Qaida.»

 

Sur le terrain, et devançant l’armée turque, ce sont les milices de l’Armée syrienne libre (ASL) qui accompagnent l’offensive et attaquent les villages dans la région d’Afrin. Si l’ASL s’est constituée au début de la guerre civile comme force armée de la révolution syrienne, composée de rebelles dits « modérés », elle est devenue une force hétéroclite qui a perdu ses ambitions initiales. Adem Uzun :

«Au début l’ASL se battait contre le régime d’Assad, maintenant c’est différent. Ses membres sont équipés, armés et instrumentalisés par la Turquie. Aujourd’hui, ils se battent contre les Kurdes et les autres composantes de la société à Afrin. Ils sont devenus des mercenaires au service de l’armée turque. Ce n’est plus une armée « libre ».»

 

Afrin contre Idlib, un jeu dangereux

Idlib a été constituée en « zone de désescalade », un territoire où la Turquie, selon les accords d’Astana2, peut intervenir. Hayat Tahrir Al-Cham, coalition djihadiste en partie issue de l’ex-Front Al-Nosra y est la force militaire dominante. Des forces « modérées » de l’opposition syrienne y résident, comme Brita Hagi Hassan, président du conseil local d’Alep-Est (sous contrôle des rebelles avant la chute de la ville), mais sont sous l’influence de Tahrir Al-Cham.

Fin décembre 2017, les djihadistes ont attaqué la base aérienne russe de Hmeimim, proche de Lattaquié. Une semaine plus tard, la plus importante base aérienne russe en Syrie a été de nouveau ciblée, cette fois-ci par des drones. Moscou soupçonnant la Turquie d’être derrière ces attaques, le ton est monté entre les deux pays. Pour la Russie, Hayat Tahrir Al-Cham est une organisation terroriste et n’est donc pas concernée par les accords d’Astana. Un point de vue que ne partage pas Ankara, pour laquelle l’organisation djihadiste est une alliée fiable et puissante sur le terrain. Le marchandage consisterait donc à ce que la Turquie lâche ses alliés à Idlib et laisse la possibilité à Damas de reprendre le contrôle de cette province. En contrepartie, la Russie se retirerait de la région d’Afrin.

 

 

Le contrôle du territoire syrien vu par la Russie (juillet 2017)

 

Une partie des forces russes qui étaient stationnées dans la province d’Afrin s’est en effet retirée des zones de combat. Pour l’instant, Moscou semble céder aux revendications turques. C’est néanmoins un jeu dangereux qui n’aide pas à une possible solution du conflit en Syrie. Dogan Özguden, directeur de la revue Info-Türk  :

 

«Avant l’intervention turque à Afrin, on se dirigeait vers une situation finale entre deux parties : les FDS avec la composante que sont les YPGYPJ et le régime syrien de Damas allaient ou bien s’entendre ou bien se battre. Si jamais la Turquie prend le contrôle d’Afrin — ce qui n’est pas encore le cas —, l’ASL ainsi qu’Al-Nosra [aujourd’hui Tahrir Al-Cham] pourraient s’installer dans cette partie de la Syrie et susciter des troubles dans une région qui était jusqu’à présent calme et où des centaines de milliers de réfugiés syriens étaient en sécurité. L’échange d’Idlib contre Afrin est un grand danger, parce que tous les djihadistes seront alors les bienvenus dans cet espace contrôlé par la Turquie.»

 

Et l’offensive turque ne s’arrêtera pas à Afrin, pour Adem Uzun :

«La Russie et la Turquie ont déjà conclu ce type d’accord dans le passé : la Turquie s’est retirée d’Alep et en contrepartie a pu envahir Jarablous et Al-Bab. Mais après Afrin, la Turquie veut reprendre Membij, une ville située juste à l’ouest de l’Euphrate et libérée par les FDS en 2016. C’est un calcul préjudiciable aux intérêts mêmes de la Russie.»

 

Alliances confictuelles et de circonstance

Quand la Russie est intervenue en Syrie en 2015, elle s’est trouvée dans l’autre camp par rapport à la Turquie qui soutenait l’opposition syrienne faite de « modérés » et de radicaux. Depuis deux ans, la relation russo-turque est devenue moins antagonique. Thomas Jeffrey Miley, professeur en sciences politiques à l’Université de Cambridge :

«En juin 2015, un avion russe était abattu par la Turquie et en décembre 2016, un diplomate russe était tué à Ankara par un policier. Cela sentait l’implication de ‘l’État profond’, c’est à dire des services secrets, et certains craignaient même une guerre contre la Russie, impliquant les États-Unis aux côtés de Turquie. Ceci a changé après deux nouveaux événements : le coup d’État manqué en Turquie en 2016 et le refus par les États-Unis d’extrader Fethullah Gülen, le supposé cerveau de l’opération. Ensuite, avec la crise des migrants, la Turquie s’est aperçue qu’elle n’était pas la bienvenue dans l’Union européenne. Vladimir Poutine a alors pensé que le moment était arrivé de faire des ouvertures à la Turquie. Il l’intègre dans les négociations à Astana, et la Turquie, bien que membre de l’OTAN, lui achète des armes. Les deux frères ennemis se rapprochent, Poutine, considérant bien évidemment que l’éloignement de la Turquie des États-Unis sert ses intérêts.»

 

Une alliance de circonstance, poursuit-il :

«Les États-Unis sont entrés en Syrie avec la bataille de Kobané, qui a été gagnée par les YPG, frères et sœurs en armes du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan. Je crois que les États-Unis ne vont pas facilement abandonner leur soutien aux YPG ou aux FDS, malgré les divergences idéologiques, parce qu’ils se rendent compte que ce sont les seules forces fiables sur le terrain dans la ‟lutte contre le terrorisme”. Ils ont besoin d’un partenaire sur le terrain. C’est une convergence d’intérêts temporaire. Ce n’est pas une alliance idéologique, c’est une alliance de circonstance. Les deux parties en sont conscientes. Donc on a une situation où à l’est de l’Euphrate, ce sont les États-Unis qui appuient les forces kurdes, et à l’ouest de l’Euphrate, c’est la Russie qui les soutient. Ou qui les soutenaient jusqu’à la dernière intervention turque.»

 

Entretemps, les signaux donnés par les États-Unis sont troubles. Donald Trump avait promis de ne plus armer les Kurdes de Syrie, le Pentagone déclare au contraire qu’ils maintiendront une présence militaire aux côtés des Kurdes syriens pour longtemps. On peut penser que c’est le Pentagone qui aura le dernier mot.

Le pari risqué d’Erdoğan

Quand la Turquie est entrée à Jarablous, après avoir lâché Alep, elle s’est avancée vers Al-Bab, une petite ville plus au sud, tenue par les djihadistes. Cela lui a pris trois mois pour prendre le contrôle de cette ville, avec de lourdes pertes à la clef. Afrin est beaucoup plus grand avec un environnement montagneux ; l’opération risque de se prolonger au-delà des estimations effectuées par l’état-major turc. Thomas Jeffrey Miley :

«Il est certain que les Kurdes vont résister. L’armée turque n’aura pas la vie facile. La différence avec la bataille de Kobané, ce sont les frappes aériennes. Ça change la donne. Mais ils vont se battre jusqu’au bout. Si la situation est très dangereuse pour les Kurdes, elle l’est aussi pour Erdoğan, parce que ce n’est pas sûr qu’il puisse terminer ce qu’il a commencé. Les Kurdes aujourd’hui sont beaucoup plus forts et bien mieux équipés qu’ils ne l’ont jamais été.»

 

Contacté par téléphone, Muslim Nabo, enseignant à Kobané nous confie :

«Les gens, ici, sont très inquiets. Il va y avoir beaucoup de morts. Pour l’instant les civils ne courent pas vers les forces turques, ni vers le régime. Ils restent avec les FDS. Le plus dur ce sont les frappes aériennes. Comment se protéger contre des bombes lancées par des F-16 ? Quand l’OEI contrôlait Tal Abyad, Serekeniye et Jarablous, qu’ont fait les Turcs contre ces terroristes ? Rien. Ou plutôt, ils les ont aidés, leur ont fait passer la frontière, les ont soignés. La Turquie n’a jamais attaqué l’OEI ni Al-Qaida en Syrie. Dans la région d’Afrin, il y a deux villages chiites, Nubul et Zahra, qui ont été assiégés par les djihadistes pendant deux ans. C’est la ville d’Afrin qui les a approvisionnés en nourriture et en vêtements. Que vont-ils devenir si la Turquie prend le contrôle de la région avec l’aide des djihadistes 

 

En Turquie, des dizaines d’internautes ont été arrêtés ces dernier jours à cause de ce qu’ils publient sur les réseaux sociaux contre l’invasion turque en Syrie. Erdoğan a averti le Parti démocratique des peuples (HDP), à propos de toute tentative d’organiser des manifestations contre l’opération en Syrie : « Nous écraserons quiconque s’oppose à cette lutte nationale. Vous êtes suivis à la trace. Quelle que soit le lieu où vous sortirez, nos forces de sécurité seront sur vous. »

 

Abattre le capitalisme
Construire la solidarité

 

 

Source: https://orientxxi.info/magazine/escalade-aventureuse-de-la-turquie-contre-les-kurdes,2233

Solidarité avec Soheil Arabi, un anarcho-syndicaliste emprisonné en Iran depuis 2013

Comme peu d’information circule à son sujet en français, voici une etraduction d’un article en anglais.

 

 

iTraduction

Soheil Arabi né le 21 août 1985, d’abord à la peine de mort pour « insulte au prophète » a été frappé par la Cour suprême, Puis a été condamné à sept ans et demi de prison.

La branche 10 du tribunal pénal de Téhéran a également ordonné à Arabi d’étudier des cours islamiques pendant deux ans pour « prouver son repentir » pour avoir publié du contenu sur Facebook contre le prophète Mohammad, a ajouté la source.

« M. Arabi doit lire 13 livres sur la théologie et la conscience religieuse pendant deux ans et préparer des résumés pour chacun pour effacer ses doutes. Il doit également être en contact avec l’Institut True Path ainsi que le Centre de recherche Imam Khomeini et présenter ses questions. Chaque mois, il présentera au tribunal les questions, les réponses et les résumés de livres.

Arabi, 32 ans, a été arrêté en novembre 2013 par les gardiens de la révolution islamique pour ses publications sur Facebook et condamné à mort pour avoir insulté le Prophète « (sabb-al-nabi) par la section 76 de la Cour pénale de Téhéran. Mais le 27 juin 2015, la Cour suprême a annulé la peine de mort.

Arabi a également été à plusieurs reprises refusé un congé (congé temporaire) depuis son arrestation en Novembre 2013.

Source: https://liberteouvriere.wordpress.com/2018/01/22/solidarite-avec-soheil-arabi-un-anarcho-syndicaliste-emprisonne-en-iran-depuis-2013/

72 avions de l’armée turque ont bombardé Afrin, 6 morts et 10 blessés — RojInfo.com

Après l’accord de la Turquie et la Russie, l’armée turque a organisé une opération aérienne à Afrin. 6 morts et 10 blessés selon un bilan provisoire. Les attaques aériennes ont débuté avec 72 avions de chasses aux alentours de 16h et ont visé le centre-ville d’Afrin, Şera, Şerawa, Raco et Bilbila. Selon les sources locales 6…

via 72 avions de l’armée turque ont bombardé Afrin, 6 morts et 10 blessés — RojInfo