Pour une Campagne unitaire pour la Libération de Georges I. Abdallah

Le Parti Communiste Maoïste se joint à la campagne internationale pour exiger la libération immédiate du prisonnier révolutionnaire Georges I. Abdallah

 

 

Georges Ibrahim Abdallah entrera le 24 octobre dans sa 34e année de détention !

Arrêté en 1984, puis condamné à perpétuité pour complicité dans des actes de résistance revendiqués par les FARL, alors que son pays était occupé par les troupes sionistes, notre camarade Georges Ibrahim Abdallah, âgé de 33 ans lors de son arrestation, aura passé autant d’années dedans que dehors, sans jamais renier son engagement politique.

Que toutes celles et ceux qui comme nous, sont aux côtés des peuples en lutte, au côté de la résistance palestinienne, qui combattent le capitalisme, l’impérialisme, le sionisme, le colonialisme, se joignent à nous dans l’exigence de sa libération.

Venez nombreux et nombreuses samedi prochain, devant la prison de Lannemezan (Hautes Pyrénées).

La manifestation partira de la gare à 14h pour aller devant la prison.

Cars et covoiturage partiront de Paris, Toulouse, Marseille, Pau, Tarbes…et d’autres villes encore.

A Paris, rendez-vous vendredi 20 octobre, à 21h, au pied de la statue de la République, pour un départ en car à 22h. Retour à Paris dimanche vers 6h.

Vous n’avez pas encore réservé votre place ? Faites-le vite !

Contact : campagne.unitaire.gabdallah@gmail.com

Le texte fondateur de la Campagne unitaire pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah :

LIBERTÉ POUR GEORGES ABDALLAH !

IL EST DE NOS LUTTES ! NOUS SOMMES DE SON COMBAT !

L’année 2015 a été une année où la population civile en France métropolitaine a subi des attentats massacres. L’État français s’est servi de cette situation particulière pour amplifier son système répressif sur le plan intérieur et guerrier sur le plan extérieur.

Notre réponse à cette situation extraordinaire doit être la convergence des résistances qu’elle implique : combat contre l’impérialisme et le terrorisme d’Etat (notamment celui de l’Etat sioniste) ; contre la violence d’État (militaire, policière, administrative), le racisme d’État, la répression et la fascisation de l’État en général, dirigées contre les peuples et les classes populaires des quartiers en particulier ; combat pour le droit juste et légitime à la révolte et à l’émancipation ; combat pour la libération des prisonniers politiques révolutionnaires.

Georges Abdallah – militant communiste libanais combattant pour la lutte de libération nationale de la Palestine, incarcéré dans les geôles de l’État français depuis plus de 31 ans – concentre en lui-même l’ensemble de ces luttes politiques. C’est en cela que nous disons qu’il est de nos luttes et que nous sommes de son combat, et que s’il est un état d’urgence à décréter, c’est bien celui pour la libération d’Abdallah !

ABDALLAH : TOUTE UNE VIE DE COMBAT

Contre l’impérialisme

Le 13 novembre 2015 restera la date, sur le plan de la politique extérieure de la France, de l’aval donné aux forces militaires françaises pour intensifier les bombardements et les attaques menés en Syrie et dans la région. L’impérialisme français sous couvert de la lutte contre le terrorisme déploie tout son arsenal de guerre pour asseoir son hégémonie et préserver ses intérêts. Les populations civiles massacrées, déplacées et niées dans leurs droits les plus essentiels ne sont pour les fauteurs de guerre que des dommages collatéraux. Ce chaos et cette terreur sont imposés aux peuples aux seuls bénéfices d’intérêts stratégiques et de guerres de pillage de l’impérialisme. Georges Abdallah durant toute sa vie a lutté et lutte encore contre l’impérialisme et les guerres faites aux peuples, et en cela il est pleinement de nos luttes.

Pour la Palestine

Le combat de Georges Abdallah est aussi celui de la résistance armée – celle à laquelle il a participé activement pour défendre le Liban contre l’agression sioniste et pour la lutte de libération nationale de la Palestine. Cette lutte reste au cœur de l’actualité. Le peuple Palestinien ne cesse de résister et de combattre, s’engageant aujourd’hui dans la voie d’une troisième intifada et appelant la résistance populaire à développer ses attaques contre l’occupant sioniste sous toutes les formes de lutte possibles. La résistance armée populaire est l’une de ces formes de lutte, pour la libération de toute la Palestine.

Contre la répression et pour le droit à la révolte

La violence et la répression d’État ne cessent de se renforcer, se militarisant même sous couvert de l’état d’urgence – véritable arme coloniale utilisée durant la guerre contre le peuple Algérien, contre le peuple Kanak et plus récemment (en temps de paix !) en 2005 contre les quartiers populaires. Perquisitions à toute heure, assignations à résidence, répression préventive, mise en garde à vue en masse d’opposants politiques, fichage et flicage à tout va, amplification des violences policières, utilisation immédiate et sans contrôle du droit à tuer donné aux forces de répression, contrôles au faciès institutionnalisés et généralisés : tout cela est devenu la normalité qu’ils imposent et que nous combattons.

Un des objectifs des gouvernants est de faire régner sous couvert d’une haute tension sécuritaire un climat de peur toujours plus intense, en utilisant notamment l’arme de l’islamophobie pour orienter le mécontentement populaire contre les étrangers, les immigrés, les sans-papiers, et en fin de compte diviser les exploités alors qu’ils ont tout intérêt à s’unir. Ce harcèlement et cette répression sont principalement dirigés contre les habitants des quartiers populaires et en particulier contre leur jeunesse discriminée et contre les militants. La fascisation du pouvoir s’appuie sur le racisme d’État et le chômage de masse organisé ; il s’agit de diviser pour mieux opprimer et exploiter. La criminalisation de l’action sociale et syndicale – comme les lourdes peines infligées dernièrement aux syndicalistes d’Air France et de Good Year – va aussi dans ce sens. Face à un tel État répressif et liberticide, un seul mot d’ordre se doit d’être opposé : celui du droit juste et légitime à se révolter. C’est ce terreau qui unit aussi nos luttes à celle de Georges Abdallah.

Pour la libération des prisonniers politiques révolutionnaires

Le combat de Georges Abdallah est celui d’un combattant communiste en prison, arrêté et détenu pour la lutte politique qui a été la sienne, pour les idées et les idéaux qu’il n’a eu de cesse de proclamer et de ne jamais renier. Sa résistance s’inscrit pleinement dans celle de tous ceux qui combattent aujourd’hui le système et rejettent sa domination sur la société et sur les peuples. C’est pour ses idées d’émancipation que Georges Abdallah s’est engagé dans la lutte. Ce sont pour elles et son combat révolutionnaire qu’il est encore détenu aujourd’hui. Pour cela nous exigeons sa libération immédiate et inconditionnelle.

Georges Abdallah s’est battu et continue de se battre en prison, pour la lutte émancipatrice du prolétariat et des peuples du monde. Il se bat pour un monde débarrassé du système capitaliste et de l’impérialisme et des rapports de domination qu’ils engagent et qui sont responsables de la misère de milliards d’hommes. Georges Abdallah se bat en tant que combattant communiste.

Lutter pour la révolution, c’est poursuivre le combat de Georges Abdallah ! Luttons pour exiger sa libération et luttons ainsi pour notre propre liberté, pour notre propre émancipation.

LIBERTÉ IMMÉDIATE ET SANS CONDITION DE GEORGES ABDALLAH !

VIVE LA RÉSISTANCE LIBANAISE ET PALESTINIENNE !

VIVE L’INTIFADHA !

PALESTINE VIVRA ! PALESTINE VAINCRA !

A BAS L’IMPÉRIALISME, LE SIONISME ET LES ÉTATS RÉACTIONNAIRES ARABES !

Campagne Unitaire pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah

 

Source: http://www.pcmaoiste.org/actunationale/georges-abdallah-toutes-et-tous-a-lannemezan-samedi-21-octobre/

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Qui est Georges I. Abdallah ? – une biographie du Secours Rouge

À l’occasion de l’approche de la 34e année d’emprisonnement de Georges I. Abdallah, et des manifestations de solidarité internationale que cette anniversaire nous amène année après année, nous publions la biographie du révolutionnaire produit par le Secours Rouge (APAPC) 

 

 

Jeunesse

Georges Ibrahim Abdallah est né à Kobayath – Akkar, dans le Nord du Liban, le 2 avril 1951. Il a suivi ses études à l’Ecole Nornale à Achrafieh, et en est sorti diplômé en 1970. Georges Abdallah a grandi à une époque où la crise structurelle de l’entité libanaise devenait de plus en plus insurmontable. C’est l’époque où pour conjurer tout changement et contrer la radicalisation du mouvement des masses populaires et de la jeunesse, la bourgeoisie n’hésita pas à pousser vers la guerre civile confessionnelle.

L’affirmation de la réalité révolutionnaire palestinienne sur le devant de la scène régionale et libanaise a démultiplié la portée des diverses
luttes sociales au début des années 70. A la veille de la guerre civile de 1975, la crise du système a changé de nature et la portée des enjeux s’est modifiée. Les ’ceintures de la misère’ autour de Beyrouth, les villes et les villages du Sud et les camps de réfugiés aux abords des principales villes incarneront dès lors et pour de longues années les enjeux locaux, régionaux et internationaux du mouvement révolutionnaire…

Massacre de la Quarantaine, Beyrouth 1976 Beyrouth, janvier 1976. Les milices fascistes chrétiennes rasent le quartier palestinien de la Quarantaine, c’est une véritable boucherie d’hommes, de femmes et d’enfants. Une vieille palestinienne implore le milicien d’arrêter le massacre.

Cette réalité de lutte, de résistance et de sacrifice a construit la conscience politique de Georges Abdallah et déterminé son engagement révolutionnaire. Il choisit la résistance face aux massacres de masse perpétrés par les bourgeois confessionnalistes de tous bords et leurs alliés israéliens et franco-américains et commence son engagement politique dans les rangs du Parti National Social Syrien (PNSS, progressiste et panarabe) pour rejoindre ensuite la résistance palestinienne, en adhérant au FPLP.

L’invasion israélienne de 1978

Le 14 mars 1978, trois jours après l’action d’un commando palestiniens infiltré au Sud-Liban contre un bus, l’armée sioniste envahi le Liban pour y détruire les bases des organisations palestinienne au sud de la rivière Litani (qui marque la frontière du Sud-Liban). L’armée sioniste tue 1186 civils libanais, provoque le départ de 285.000 réfugiés, endommage 82 villages et rase complètement six d’entre eux. Georges Abdallah combat dans les rangs du FPLP cette invasion et sera blessé à cette occasion.

Cette invasion entrainera le conseil de sécurité de l’ONU à voter une résolution stipulant le retrait de l’armée israélienne et mettant en place une force « d’interposition » (la FINUL). Israël contourne cette résolution en remettant le Sud-Liban à une milice de Libanais chrétiens à sa solde, l’Armée du Liban Sud (ALS), qui fera régner une terreur blanche dans la région (ouverture du camp de concentration de Khiam).

Opération Litani (mars 1978) Un tank israélien surplombant le village de Ganata, au Sud Liban, le 3 mars 1978, lors de l’Opération Litani.

L’invasion israélienne de 1982

Après des mois d’agressions en tout genre (bombardements aériens et navals, raids héliportés, attaques menées par l’intermédiaire de supplétifs mercenaires comme l’Armée du Liban Sud), l’armée israélienne envahit le Liban le 6 juin 1982.

L’armée israélienne a perdu 670 soldats. 18.000 combattants arabes sont morts durant cette guerre [1]. Des centaines de militants arabes capturés et ’disparus’ dans les camps d’Ansar et de Khiam. Le bilan final de l’opération ’Paix pour la Galilée’ est éloquent : 25.000 morts, 45.000 blessés, Beyrouth dévasté par des semaines de siège et de bombardements.

Invasion du Liban de 1982 Entrée des troupes d’invasion sioniste au Liban en 1982


Massacres de Sabra et Chatila Le camp de réfugié de Sabra après le massacre

Les 16 et 17 septembre, c’est le massacre de Sabra et Chatila (deux camps de réfugiés palestiniens de Beyrouth-Ouest. L’armée israélienne qui a encerclé ces deux camps vides de tout combattants palestiniens laisse entrer les tueurs des milices fascistes chrétiennes et observent le massacre. Entre 1000 et 5000 civils désarmés sont froidement assassinés.

Les Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises

Cette invasion fut perpétrée avec la complicité générale des puissances occidentales. En réaction, des combattants libanais et arabes allèrent porter la guerre contre le sionisme et l’impérialisme dans le monde. Ce fut le cas des Fraction Armées Révolutionnaires Libanaises (FARL  ) qui entrèrent en action en Europe, et dont les principales actions, extrêmement ciblées et précises, furent la tentative d’attentat contre Christian Edison Chapman, le responsable en second à l’ambassade américaine en France (12 novembre 1981) ; l’exécution du colonel Charles Ray, l’attaché militaire à l’ambassade américaine en France (18 janvier 1982) ; l’exécution de Yakov Barsimantov, le secrétaire en second à l’ambassade israélienne en France et, surtout, responsable du Mossad   en France (abattu par une jeune femme le 3 avril 1982) ; la tentative d’attentat contre Rodrigue Grant, l’attaché commercial à l’ambassade américaine en France, qui se solda par la mort de deux artificiers de la police française qui tentaient de désamorcer la bombe placée sous la voiture du diplomate (22 août 1982) ; la tentative d’attentat de Robert Onan Home, le Consul Général des Etats-Unis à Strasbourg, qui échappa de peu aux balles tirées contre lui le 26 mars 1984.

Voici un des communiqué des FARL   (celui de l’action contre Yacov Barsimantov) :

Nous, FRACTION ARMÉE RÉVOLUTIONNAIRE LIBANAISE, nous nous adressons à tous ceux qui condamnent la terreur et le terrorisme, à tous ceux qui militent pour l’abolition de la société d’exploitation et de guerre. Nous avons exécuté YACOV BARSIMANTOV.


La presse impérialiste et les gouvernements qui soutiennent l’impérialisme, comme le gouvernement Français, crient au « terrorisme ». Qui sont les terroristes ? Ceux qui tuent un jeune Cisjordanien parce qu’il résiste à l’annexion de son pays par Israël, ceux qui bombardent les populations civiles du Sud Liban, ceux qui tuent aveuglément et osent se réclamer d’un pseudo « cessez le feu ».
Nous, nous attaquons ceux qui organisent le génocide du peuple Palestinien. Nous, nous sauvegardons la vie des innocents même au péril de notre propre sécurité.
Depuis sept ans le peuple Libanais subit la guerre. Depuis sept ans l’impérialisme, sous le couvert de la lutte contre les « fanatiques Palestiniens », détruit tout ce qui est progressiste au Liban.
C’est notre droit de nous défendre.
C’est notre droit aussi d’attaquer l’impérialisme partout où il sévit et en particulier là où il bénéficie du soutien politique du gouvernement en place.
Nous poursuivrons notre guerre à la guerre impérialiste jusqu’à la victoire.
À bas l’impérialisme Américain et ses mercenaires Européens.
La Victoire ou la Victoire.
Fraction Armée Révolutionnaire Libanaise
Paris. le 7 avril 1982

Le 6 août 1984. Les douaniers italiens arrêtent dans le train Ljubljana-Rome-Paris un jeune homme de 19 ans, Abdullah el-Mansouri, qui transporte environ huit kilos d’explosifs et qui se rend à Paris. Abdullah el-Mansouri ne dira rien, mais c’est semble-t-il en étudiant l’achat du ticket que la police italienne arrête Joséphine Abdo Sarkis (26 ans) et Daher Feriol Fayez (23 ans). Ils seront condamnés l’année suivant par un tribunal de Trieste à 15 années de prison.

Arrestation

Les autorités françaises arrêtèrent Georges Ibrahim Abdallah le 24 octobre 1984, après qu’un groupe du Mossad   et quelques-uns de ses agents libanais l’eurent suivi à Lyon. L’incarcération n’était motivée que par la détention de vrais-faux papiers d’identité : un passeport délivré légalement (avec une identité fictive) par les autorités algériennes.

Les autorités françaises avaient promis au gouvernement algérien la mise en liberté de Georges Ibrahim Abdallah. Dans ce but, elles avaient envoyé le chef du département des services secrets français (DST  ) en Algérie pour en informer le gouvernement algérien. Dans le journal-mémoire qu’il a fait éditer, Jacques Attali, le conseiller du président français François Mitterand, écrivait : ’Jeudi 28 mars 1985. Ive Bonnet, patron de la DST  , envoyé à Alger, explique qu’Abdallah, arrêté à Lyon, sera libéré pendant l’été en raison des faibles charges qui pèsent contre lui. Les Algériens lui répondent que le Français enlevé au Liban, Pyrroles [2], sera relâché si Abdallah l’est aussi. On obtient que celui-là précède celui-ci.’ [3]. Jacques Attali toujours : ’Lundi 24 mars 1986. Réunion chez le Président (Mitterrand) avec Ulrich (représentant Jacques Chirac), Giraud, Raimond, le général Forey et Jean-Louis Bianco. Le Président : ’… la DST   avait été autorisée à dire aux Algériens (qui servaient d’intermédiaires) que la libération d’Ibrahim Abdallah était envisageable dans le cadre de la loi française. La DST   a sans doute dit aux Algériens : on va le libérer tout de suite…’’ [4]

Mais les autorités françaises ne respectèrent pas cet engagement. Georges Ibrahim Abdallah fut traduit devant le tribunal le 10 juillet 1986 pour détention d’armes et d’explosifs ; une sentence de quatre années d’incarcération fut prononcée. Il refusa le procès mais n’objecta pas. Les Français manquaient à leur promesse.

Georges Ibrahim Abdallah à son procès

Georges à son procès

Les autorités françaises étaient alors soumises à une pression directe des États-Unis. Le président américain Reagan lui-même aborda le sujet du procès de Georges Ibrahim Abdallah lors d’une rencontre avec le président français Mitterrand. De nombreuses immixtions américaines s’étaient exercées pour pousser les autorités françaises à ne pas relâcher Georges Ibrahim Abdallah. Les États-Unis s’étaient constitués partie civile dans le procès. Les pressions sionistes ne manquaient pas non plus. Attali : ’Vendredi 27 juin 1986. A l’ambassade de France à La Haye, petit déjeuner traditionnel entre François Mitterrand et Helmut Kohl… François Mitterrand : ’… Le conseiller pour la Sécurité de Ronald Reagan, John Pointdexter, nous télégraphie pour nous mettre en garde contre une éventuelle libération d’Ibrahim Abdallah avant son procès et avant que les autorités américaines n’aient toutes les preuves relatives aux charges contre lui. Son gouvernement, rappelle-t-il, s’est porté partie civile dans ce procès, et le Président américain y voit une occasion de démontrer la capacité et la volonté des sociétés démocratiques de faire pleinement justice contre ceux qui sont accusés de commettre des actes de terrorisme.’ Pourquoi nous écrit-on cela ? Nous ne savons rien de ce dont il retourne. Les Américains sont-ils au courant des tractations engagées à ce sujet par le gouvernement à l’insu de l’Elysée [5] ?’ [6]

Les attentats massacres, le CSPPA, l’intox

A ce moment, la France était sous l’effet d’une série d’attentats aveugles à Paris entre 1986 et 1987, et qui avaient fait de nombreuses victimes françaises innocentes (13 morts et plus de 300 blessés). Ces attentats étaient revendiqués par le CSPPA (Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes) qui exigeait la libération de Georges Ibrahim Abdallah, du Libanais lié aux services secrets iraniens Anis Naccache et de Varoudjian Garbidjian, un militant de l’Armée Secrète Arménienne pour la Libération de l’Arménie (ASALA). En fait, ces attentats étaient commis par un réseau proche de l’Iran, dirigé par le Tunisien Fouad Ali Salah, qui entendait faire payer à la France son soutien à l’Irak dans la guerre contre l’Iran.

Il est apparu par la suite que les services français savaient (sans en avoir identifier précisément les auteurs) de quel côté venaient ces attentats massacres. Mais à ce moment, les autorités françaises négociaient et débattaient avec les commanditaires du CSPPA (négociations secrètes qui d’ailleurs aboutirent et virent la libération des agents iraniens détenus en France). Pour couvrir ces négociations secrètes et rassurer l’opinion publique française (en la désinformant), les services secrets français accusèrent les frères de Georges Ibrahim Abdallah de ces attentats.

Les autorités françaises offrirent des sommes d’argent pour tout renseignement concernant les frères Abdallah. Elles diffusèrent les noms des frères dans le monde entier pour qu’ils soient poursuivis, et firent afficher leurs photos dans tous les postes frontières et dans les lieux publics en France. Les frères Abdallah nièrent immédiatement ces accusations calomnieuses à travers des conférences de presse. Les ’informations’ sur lesquelles les services secrets français prétendaient s’appuyer provenaient des rapports du Mossad   et de ceux de l’avocat de Georges Ibrahim Abdallah, Jean-Paul Mazurier, qui était devenu toxicomane et que les services secrets utilisaient comme informateur et comme désinformateur. Le syndicat des avocats le chassera plus tard de ses rangs, lorsque cette affaire fut rendue publique [7].

Article sur Mazurier

Officiellement sur base de l’étude des documente trouvés à Lyon chez Georges Abdallah, une commission rogatoire ordonnant la perquisition d’un appartement parisien, rendue par la juge d’instruction Kleidmann dès le 27 octobre 1984, est exécutée le … 2 avril 1985 au matin, juste avant la libération conditionnelle de Georges Abdallah ! On y trouve 23 kilos d’explosifs, des 3 détonateurs, des armes et des munitions, parmi lesquelles le pistolet tchèque qui a servi aux actions contre Roy et Barsimentov.

Le second procès

Le premier mars 1987, les autorités françaises jugèrent une deuxième fois Georges Ibrahim Abdallah sur base de cette ’découverte’ tardive et miraculeuse. Il fut accusé de conspiration dans des actes terroristes (d’avoir fondé les Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises et d’en avoir planifier les opérations). Un verdict de condamnation à perpétuité fut prononcé. Pour ce procès, les autorités françaises avait constitué une tribunal spécial antiterroriste pouvant prononcer ses verdicts sur base des données fournies par les services secrets, sans avoir recours aux preuves juridiques ou aux témoins, contrairement aux codes de procédure. Absolument personne ne s’était présenté en témoignage de l’implication de Georges Abdallah dans tout ce qu’on lui attribuait comme charges.

La condamnation à perpétuité de Georges Abdallah et l’accusation lancée contre ses frères servirent à désinformer le peuple français sous le choc des attentats-massacres du CSPPA, à satisfaire les Américains et les sionistes, et à faire apparaître la France comme un pays pouvant combattre le terrorisme.

La détention

En prison, comme en témoignent les textes que nous publions dans cette brochure, Georges Ibrahim Abdallah a continué a défendre la cause des peuples. C’est ainsi qu’il a adhéré à la Plate-forme du 19 juin 1999 qui a réuni dans une communauté de lutte une centaine de prisonniers révolutionnaires, communistes, anarchistes, antifascistes et anti-impérialistes, et qu’il a participé aux grèves de la faim de solidarité avec les prisonniers révolutionnaires en Turquie. En août 2002, en solidarité avec les prisonnières palestiniennes détenues à Neve Tirza (Israël) en grève de la faim pour dénoncer les humiliations quotidiennes dont elles font l’objet dans les geôles sionistes, Georges Ibrahim Abdallah et plusieurs dizaines de prisonniers détenus à Moulins (en fait, presque tous les prisonniers de la centrale) ont refusé le repas de l’administration pénitentiaire. Cette initiative lui a valu d’être, en compagnie de deux autres prétendus ’meneurs’ placé pendant plusieurs mois à l’isolement, à la prison de Fresnes.

Georges Abdallah a encore comparu le 1er décembre 2010 devant un tribunal de Tarbes pour « refus de se soumettre à un prélèvement ADN ». Il avait été condamné à trois mois de détention pour ce refus. Trois mois de détention alors qu’il est condamné à perpétuité !

Georges Ibrahim Abdallah

Georges I. Abdallah à la prison de Lannemezan

Le refus de libération

Depuis 1999, la libération de Georges Ibrahim Abdallah ne requiert pas de recours en grâce particulier, elle est possible juste par un simple arrêté administratif du Ministère de la Justice, conformément au code pénal français qui rend cette libération possible après quinze années d’incarcération.

En novembre 2003, la juridiction régionale de libération conditionnelle de Pau avait autorisé la libération de Georges Ibrahim Abdallah à condition qu’il quitte la France immédiatement. Sur ordre du ministre de la Justice Dominique Perben, le procureur général de Pau avait aussitôt fait appel de cette décision, saisissant de facto la juridiction nationale. La juridiction nationale de libération conditionnelle a rendu son verdict le 15 janvier 2004, en décidant le maintien en prison de Georges Ibrahim Abdallah, décision conforme aux conclusions de l’avocat général et au souhait du ministre…

Février 2005, Georges Ibrahim Abdallah présente une nouvelle demande de libération conditionnelle. Septembre 2005, le Tribunal de Grande Instance de Tarbes, présidé par le même juge qui avait statué positivement à la première demande de libération en 2003, rejette cette demande. Septembre 2005, appel de cette décision introduit par Georges Abdallah. Février 2006, nouveau refus.

Georges Ibrahim Abdallah a déposé une nouvelle demande de libération conditionnelle le 6 février 2007. Elle devait être examinée le mardi 26 juin 2007 à 15H30, soit quasiment à la limite du délai maximum de 6 mois autorisé par la loi. Rappelons que maintenant en France la justice d’exception s’effectue par Vidéoconférence. L’accusé est seul, ou avec son avocat, face à des caméras dans son lieu de détention, entouré de gardiens. Les juges, avocats des parties civiles, procureur quant à eux siègent à Paris dans les locaux du Palais de Justice. Le 6 février, personne ne savait faire fonctionner les caméras ! L’examen de la demande a donc été repoussé après les vacances judiciaires, au 4 septembre. Après un nouveau report, la demande sera rejetée le 10 octobre.

20 décembre 2007, la demande de libération conditionnelle de Georges Abdallah est examinée en appel. L’audience est fixée le 31 janvier 2008, puis reportée au 17 avril, puis au 4 septembre, puis au 8 janvier 2009, au 26 mars 2009 !!!


La cour va se baser sur un avis de la commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté de Paris rendu le 22 janvier 2009 concernant Georges Ibrahim Abdallah :


« Il [Georges Ibrahim ABDALLAH] revendique ses actes et les justifie par son engagement politique ; il se présente comme un « résistant » qui, à l’époque, luttait par la violence contre l’occupation du LIBAN par ISRAEL, avec la complicité des ETATS-UNIS.
(…)
La commission constate que Georges Ibrahim ABDALLAH n’a aucunement renoncé à la lutte armée et à l’action terroriste, y compris en France. Sa dangerosité est démontré par son indifférence pour le sort des victimes et la force intacte de ses convictions qui peuvent à nouveau, si le contexte politique s’y prêtait, le pousser à se comporter en activiste résolu et implacable.


La commission émet un avis défavorable à la demande de libération conditionnelle de Georges Ibrahim ABDALLAH. »

Le 5 mai 2009, la libération est refusée.

Le 21 novembre 2012, le tribunal d’application des peines (TAP) de Paris avait émis un avis positif de principe sur sa demande de libération. Début janvier 2013, la chambre d’application des peines de Paris, qui examinait l’affaire en appel, a accédé à la huitième demande de libération de Georges Abdallah, en la conditionnant à un arrêté d’expulsion du territoire français que le ministère de l’intérieur doit impérativement prendre d’ici au 14 janvier. Les Etats-Unis ont immédiatement fait part de leur opposition à sa libération en estimant qu’il constituait toujours une menace potentielle. Par ailleurs, a décision de libéreration a été reportée lundi au 28 janvier par TAP confronté au fait que le ministère de l’intérieur n’a pas signé l’arrêté d’expulsion du territoire français, qui est le préalable indispensable à cette libération. Le 28 janvier, le document n’ayant toujours pas été signé, son transfert de pour le Liban fut reporté au 28 février.

Durant toutes ces semaines, les initiatives, les actions et les manifestations de solidarité se multiplient à travers l’Europe et le monde arabe. Pour une vision d’ensemble, notamment de la journée internationale du 27 février 2013, consultez notre page spéciale.

Le 28 février, la Chambre d’application des peines a examiné un appel du parquet, contestant le report de la décision finale du Tribunal d’application des peines (TAP) de Paris sur la demande de libération conditionnelle, dans l’attente d’un hypothétique arrêté d’expulsion signé par le ministère de l’Intérieur. Le 4 avril la cours de cassation a cassé et annulé la décision du 10 janvier 2013 et déclaré irrecevable la demande de libération conditionnelle de Georges Ibrahim Abdallah au motif que ’le condamné n’a pas été placé sous le régime de la semi-liberté. Disposition applicable à un étranger condamné qui n’est pas l’objet de l’une des mesures d’éloignement du territoire’.

Georges Ibrahim Abdallah 2010

La dernière photo (prise lors d’un transfert) de Georges Abdallah

Georges Abdallah dépose une nouvelle demande de liberté qui est examinée par une la Chambre d’application des peines (Chap) à Lannemezan le 30 septembre 2014. Verdict le 5 novembre. Cette comparution survient alors que Georges Abdallah entame sa 31e année de prison, et donne lieu à une nouvelle vague de solidarité voir notre page spéciale).

Manifestation pour la libération de Geoges Abdallah devant la prison de Lannemezan, le 25 octobre 2014

[1Soldats syriens, combattants de la gauche libanaise et des organisation palestiniennes

[2En réalité Peyrolles ; il s’agissait d’un diplomate français en poste à Tripoli, au Nord du Liban

[3Verbatim, tome l. Deuxième partie Chronique des années 1983-1986, p. 1202

[4Verbatim, tome lI. Chronique des années 1986 – 1988, Fayard, Paris, 1995, p.25

[5La France est alors sous le régime de la cohabitation : en raison du décalage des élections parlementaire et présidentielle, le gouvernement est de droite et la présidence (’l’Élysée’) de gauche. Le gouvernement menait en de nombreux points sa propre politique, en veillant à en écarter la Présidence.

[6Verbatim, tome lI. Chronique des années 1986 – 1988, p. 103, 104 et 105.

[7Cf le livre de Laurent GALLY : L’Agent noir. Une Taupe dans l’Affaire Abdallah

 

Source : https://secoursrouge.org/Biographie-de-Georges-Ibrahim,72

La reconnaissance des droits ancestraux des peuples autochtones doit avoir préséance par Pauline Easton

Les robes rouges suspendues dans le parc mémorial Lheidli T’enneh à Prince George le 17 septembre symbolisent les femmes et filles autochtones qui ont été assassinées ou qui sont disparues sur la Route des larmes et toutes les femmes et filles autochtones disparues et assassinées. (LML)

 

 

Le Marxiste-Léniniste Numéro 39 – 3 octobre 2017

 

Le sort réservé aux peuples autochtones de ce pays est un sujet de grande préoccupation pour tous. Cela comprend le gouvernement Trudeau. Malheureusement, la préoccupation de ce dernier n’est pas de redresser les torts historiques comme l’exige notre époque mais de réaliser ce que les gouvernements précédents n’ont pu réaliser, soit éliminer une fois pour toutes les droits autochtones pour pouvoir piller leurs terres et leurs ressources. Le premier ministre Justin Trudeau se préoccupe davantage de redorer l’image ternie du Canada à l’échelle mondiale en ce qui a trait aux droits humains, le Canada ayant acquis une réputation de violateur des droits humains à cause de sa négligence criminelle historique face aux conditions de vie des peuples autochtones et des crimes commis contre eux.

 

C’est surtout l’image du Canada qui préoccupait le premier ministre lorsqu’il s’est adressé à l’Assemblée générale de l’ONU le 21 septembre. Posant en homme d’État chevronné bien qu’il ne soit en fonction que depuis deux ans, Justin Trudeau a dit : « Dans les conversations que j’ai eues au cours des années lorsque j’ai suggéré que certains pays doivent mieux faire sur la question des droits de l’homme et leurs propres défis internes, la réponse a été : ‘Eh bien, parlez-moi du triste sort réservé aux peuples autochtones (au Canada)’. »
Quelques jours auparavant, le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CÉDR) a publié un autre rapport qui critique sévèrement le Canada parce qu’il ne s’attaque pas à la situation grave à laquelle sont confrontés ses peuples autochtones. Trudeau a profité de son passage à l’ONU pour blâmer les gouvernements précédents et laisser entendre qu’on peut compter sur son gouvernement pour changer cette situation.

Les gouvernements précédents ont « rejeté la protection du territoire et des eaux préconisée par les autochtones : le principe de penser toujours aux sept prochaines générations » et en faisant cela « nous avons, dans le passé, rejeté l’idée même que des générations entières d’autochtones puissent se définir et vivre dans la dignité et la fierté qui leur sont dues, a-t-il dit. L’incapacité des gouvernements canadiens successifs à respecter les droits des autochtones au Canada nous fait grandement honte. »

« Nous le savons que le monde entier s’attend à ce que le Canada adhère scrupuleusement aux normes internationales en matière de droits de la personne — y compris à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones — et c’est aussi ce que nous exigeons de nous-mêmes », a-t-il ajouté.

Diversion et duperie

Tout cela est de la poudre aux yeux. Non seulement le bilan de son gouvernement est-il similaire à celui de ses prédécesseurs, mais il comprend une dose beaucoup plus grande de diversion et de duperie avec la prétention qu’il va rétablir des relations de nation à nation. Un gouvernement ne peut pas descendre plus bas que cela à continuer de priver le peuple de son droit légitime à sa terre et à ses ressources et à empêcher que les torts historiques soient réparés et que justice soit faite.

 

« Nous travaillons de près avec les peuples autochtones au Canada pour mieux répondre à leurs priorités, mieux comprendre ce que l’autodétermination signifie pour eux et soutenir leurs efforts pour rebâtir leurs nations », a déclaré Trudeau devant l’Assemblée générale des Nations unies.

Depuis la Confédération il y a 150 ans et même avant, les gouvernements du Canada ont tenté d’éteindre les droits ancestraux des peuples autochtones et leur droit d’être. Cela équivaut à les éteindre comme peuples. La duperie de Trudeau et de ses ministres ne changera pas le fond du problème. Le premier ministre a maintenant créé un deuxième ministère des Affaires indiennes. Il a dans son conseil des ministres une procureure générale qui se revendique d’ascendance autochtone et qui parle de « nous » quand elle se réfère à l’objectif de son gouvernement de déposséder une fois encore les nations autochtones. Et maintenant le premier ministre parle d’abolir la détestée la Loi sur les Indiens sans tout d’abord reconnaître les droits ancestraux dans la loi.

Le rôle de l’État dans le camouflage des raisons pour lesquelles tant de femmes et de filles autochtones ont disparu demeure le sujet tabou que le gouvernement fait tout pour éviter. Les conseils de bande qui refusent de coopérer sont criminalisés, tandis que les gouvernements et les médias monopolisés nous disent que les Indiens ont le droit de parler et de protester mais dans le cadre de « limites raisonnables ». C’est le cas par exemple des Six Nations de Caledonia où les barricades contre le conseil de bande vendu ont été démantelées de force et où les réclamations territoriales ne sont toujours pas satisfaites malgré les engagements et les constatations juridiques favorables.

 

Tant que le droit d’être des peuples autochtones n’est pas reconnu dans la Constitution ou dans quelque autre loi ou consultation, peu importe l’accord que le gouvernement déclare avoir conclu, il n’a pas force de loi. Les droits des peuples autochtones leur appartiennent de droit. Les droits ne se donnent pas, ne s’enlève pas et ne s’abandonnent pas. Peu importe l’entente que les gouvernements parviennent à faire signer à un interlocuteur qui prétend représenter les peuples autochtones, les droits autochtones ne peuvent être abdiqués. Ils doivent être respectés et affirmés sinon ils n’ont aucun statut.

En tant que peuples autochtones, c’est-à-dire en tant qu’habitants originels, les peuples autochtones ont un droit ancestral à la souveraineté. Ils ont une réclamation légitime à la terre de leurs ancêtres et le droit de décider de ce qu’ils veulent en faire. Ce droit n’est pas perdu même s’ils ont été assujettis durant l’époque coloniale et que beaucoup d’entre eux ont été soumis à des traités qui tiennent le monarque britannique comme souverain. Ce droit ne peut être perdu tout juste parce qu’ils n’ont pas eu leur mot à dire à l’époque de la Confédération et depuis. Cette histoire ne fait que mettre en évidence qu’à l’heure actuelle la Constitution du Canada n’enchâsse pas le droit souverain des peuples autochtones de décider de leurs affaires ni leurs autres droits ancestraux.

En tant que peuples souverains, les peuples autochtones ont le droit de déterminer non seulement leurs affaires, mais toutes les affaires du Canada dans son ensemble dans la mesure où cela les affecte. Ils ont droit d’avoir voix au chapitre sur toutes les questions économiques, les affaires culturelles et les questions liées à la guerre et la paix. Qu’ils se reconnaissent citoyens du Canada ou non n’y change rien. Le peuple canadien tel qu’il est constitué aujourd’hui vit sur un territoire appelé Canada et est donc tenu de respecter les droits des peuples autochtones aux terres qui leur reviennent de droit. En outre, tous les territoires dont ils ont besoin pour vivre doivent être clairement délimités de manière à consacrer leurs droits dans la loi, et non en utilisant une certaine conception de la primauté du droit pour éteindre ces droits, voire pour commettre le génocide contre eux.

Si le gouvernement canadien reconnaissait en pratique les droits ancestraux des peuples autochtones, il n’y aurait pas tant de litiges et de causes devant les tribunaux ou tant de jeunes autochtones dans les prisons ; il n’y aurait pas tant de femmes et filles disparues et assassinées ou tant de suicides sur les réserves et dans les centres urbains. Les agences gouvernementales ne seraient pas autorisées à les priver de ce qui leur revient de droit, ce qui inclut l’affirmation de leurs droits en tant qu’êtres humains en matière de soins de santé, d’éducation et de logement.

La reconnaissance des droits ancestraux des peuples autochtones doit avoir préséance. Ce n’est pas une question de paroles mais d’actes. Voilà le fait fondamental auquel le premier ministre ne peut échapper quoi qu’il dise ou fasse.

 

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2017/Q47039.HTM

La politique des États-Unis et la crise de la résistance palestinienne/Barakat: United States policy and the crisis of the Palestinian Resistance Aug

Le Bureau des médias du Front populaire de libération de la Palestine a réalisé cette interview du camarade Khaled Barakat, qui commente les tout derniers développements de la cause palestinienne, et tout particulièrement la crise actuelle de la résistance et le danger posé par l’alliance entre l’impérialisme américain, la réaction arabe et le sionisme au début de l’ère Trump.

Quel est selon vous le rôle de l’administration des États-Unis sous Donald Trump aujourd’hui, par rapport aux niveaux arabe et palestinien ?

Barakat. Je commencerai par le niveau palestinien en particulier. Les États-Unis sous l’administration Trump croient qu’ils vont pouvoir imposer ce qu’ils appelleraient « l’arrangement du siècle » ou ce que Trump a maintes fois qualifié d’« accord important » ou de « grosse opportunité ». Les États-Unis croient qu’ils peuvent agir de la sorte en raison de la reddition complète de la direction traditionnelle palestinienne sous l’autorité d’Abou Mazen [c’est-à-dire Mahmoud Abbas, NdT] et de la situation socioéconomique pénible des Palestiniens à Gaza et ailleurs. En bref, ce que cela signifie réellement, c’est que les capitalistes palestiniens acceptent la prétendue « gouvernance autonome » afin d’assurer leurs propres intérêts mesquins en échange de toute forme d’indépendance réelle. Les États-Unis croient aussi qu’ils peuvent faire la même chose dans un monde arabe éclaté et rendu exsangue par des troubles et des guerres sanglantes et cruelles. Aujourd’hui, il existe un camp bien réel, constitué par les régimes réactionnaires arabes et en même temps par Israël, afin non seulement de modifier le combat en un combat contre l’Iran plutôt que pour la libération de la Palestine, mais aussi pour traiter ouvertement avec Israël en tant que partie intégrante de ce camp.

10e anniversaire de la fondation du Front populaire de libération de la Palestine – 67-77. Non à l’implantation impérialiste. Non aux solutions défaitistes. Oui à la guerre populaire.

Le Front populaire a toujours identifié le camp de l’ennemi du peuple palestinien à ces puissances : l’impérialisme américain et occidental, le sionisme, les régimes arabes réactionnaires et Israël. C’est toujours le cas de nos jours, mais en y ajoutant le secteur palestinien qui a rallié désormais ce camp ennemi. C’était même le cas lorsqu’il n’y avait pas de relations publiques entre les régimes arabes et Israël, à l’exception de la Jordanie et de l’Égypte. Aujourd’hui, la normalisation s’est intensifiée au point de qualifier la résistance palestinienne de « terroriste », comme nous l’avons vu dans le journal officiel saoudien, al-Riyadh. Ceci n’a rien d’un changement de position, en fait, mais c’est bien un changement dans la publicité et le caractère évident de ces positions et dans la façon dont l’affaire est présentée clairement aux masses. Aujourd’hui, les relations entre Israël et l’Égypte, par exemple, se sont modifiées. Au départ, il s’agissait d’un partenariat et d’une collusion ; désormais, l’Égypte suit totalement la position et les impératifs israéliens. C’est tout aussi pertinent quand nous examinons les relations entre la Jordanie et Israël et certains des États arabes du Golfe, y compris dans le domaine des accords sur le gaz de la Méditerranée. En outre, nous assistons également aujourd’hui à une crise de la résistance palestinienne et nous devons être francs et honnêtes, à ce propos.

Dans quoi voyez-vous la crise de la résistance palestinienne se refléter, aujourd’hui ?

Barakat. Tout d’abord, à l’heure présente, la résistance palestinienne ne dispose toujours pas d’un front national unifié. On ne peut affirmer que l’OLP représente ce front national unifié, dans sa situation actuelle, sous la direction d’Abou Mazen et en l’absence de forces majeures issues de l’OLP même, pas plus que nous ne pouvons qualifier le Hamas de seul représentant légitime de la résistance palestinienne. La leçon fondamentale à tirer de tous les mouvements de libération nationale qui combattent l’impérialisme, le colonialisme, le colonialisme d’implantation, l’occupation et l’apartheid, c’est l’impérative nécessité d’un front national unifié. Ce n’est pas du tout la même chose qu’une direction nationale unifiée. Cette dernière est un produit du front national unifié, mais elle ne remplace en aucun cas le front ni ne s’exprime en son nom.

L’occupation se poursuit… Les implantations (israéliennes) se poursuivent… Donc, cessez de négocier Et poursuivez la lutte

La deuxième représentation de cette crise, c’est le chaos qui règne au sein des institutions palestiniennes mêmes, et ce chaos est un produit manufacturé à l’époque d’Oslo et de ses accords. Afin que la résistance palestinienne puisse présenter une alternative à cette ligne, à cette voie des négociations futiles, elle doit avoir un programme politique clair qui, sans aucun doute et sans la moindre remise en question, doit s’allier aux classes populaires palestiniennes, c’est-à-dire aux 99 pour 100 du peuple palestinien, et tout particulièrement aux personnes qui luttent dans la pauvreté et qui vivent dans des camps de réfugiés.

Finalement, nous devons encourager une nouvelle perception du terme « résistance », qui inclut toutes les formes de la lutte palestinienne et bien d’autres entités outre les « factions ». Malgré tout, cette résistance existe et elle est forte, et elle s’étend du Chili à Ain el-Helweh et à Gaza, parce que c’est la résistance du peuple palestinien même. La résistance palestinienne doit se faire l’écho des voix des Palestiniens partout où ils sont et pas seulement des Palestiniens d’une région particulière. Et la résistance palestinienne permet à tous les secteurs palestiniens, en particulier les jeunes et les femmes, d’être aux premières lignes du front et d’assumer la direction de cette résistance. Voilà, en bref, les principaux défis qui représentent la crise palestinienne en ce moment.

Quelle est la situation de l’OLP et de la crise de la représentation palestinienne ?

Barakat. L’OLP est tombée aux mains d’un groupe qui ne représente qu’un programme de la bourgeoisie palestinienne. Celle-ci s’est mise à abuser à son profit des réalisations historiques du peuple palestinien quand celui-ci a désigné l’OLP comme sa seule représentante légitime dans le monde arabe et dans l’arène internationale. Cette bourgeoisie utilise et manipule cette histoire pour la mettre au service du projet capitaliste palestinien prétendument appelé « État palestinien ». Elle en utilise la forme mais en tue le contenu, l’essence même de l’OLP. Ce projet ne représente pas la lutte nationale palestinienne en faveur du retour et de la libération. D’où l’OLP tire-t-elle cette légitimité ? De la reconnaissance dont elle a bénéficié depuis 1974… Aujourd’hui, elle n’est plus que sous le seul contrôle de Mahmoud Abbas et de son aile de la prétendue direction palestinienne. De plus, ce n’est pas l’OLP qui prend les décisions, aujourd’hui, mais l’Autorité palestinienne. Voilà où réside le processus décisionnel réel, aujourd’hui, dans les mains de l’AP et plus du tout dans celles de l’OLP. C’est pourquoi le Front envisage sérieusement, de nos jours, de se retirer de toutes ces institutions afin de ne pas fournir la moindre couverture à la direction de l’OLP et à l’AP dans leur programme de plus en plus élaboré visant la reddition ainsi que le sabotage destructeur de la cause palestinienne.

Organisation de la jeunesse palestinienne Lors du 30e anniversaire de sa création, le Front populaire de libération de la Palestine s’engage dans la lutte pour la victoire

Voilà la crise de représentation dont nous voulons parler. Qui représente le peuple palestinien ? Est-ce l’OLP, l’AP ou la résistance palestinienne en termes abstraits ? Oui, nous avons grandement besoin d’un front national qui unifie, mais il est impossible d’y arriver sous les auspices de l’actuelle direction officielle. C’est aujourd’hui une conviction que partagent vraiment la plupart des membres et cadres du Front, y compris les camarades qui donnent toujours la priorité à l’« unité nationale ».

Dernièrement, il a été question de réunir un Conseil national palestinien. Quelle est la situation, du côté du CNP ?

Barakat. La position du Front a été très claire, au vu de la déclaration qui a été faite par le Comité central l’an dernier, à propos de ce problème même. Et cette position est la suivante : Le Front ne participera pas à un seul Congrès national palestinien tant qu’il sera organisé sous les auspices de l’occupation. Ce Congrès doit constituer un pas vers l’unification de notre peuple tout entier. Il doit se tenir en dehors de la Palestine. Il doit redonner vie à la shatat (diaspora) et au rôle palestinien dans la diaspora. Il doit avoir lieu dans un contexte de liberté et de transparence, sous les auspices du peuple palestinien et non sous les auspices des régimes arabes ou des services de sécurité.

Oui, aujourd’hui, il y a de nouvelles tentatives de la droite palestinienne de créer un faux rassemblement du CNP à Ramallah. Nous ne voulons pas d’un congrès s’appuyant sur des quotas, mais plutôt sur des élections démocratiques et sur un consensus, et nous voulons redonner vie aux institutions populaires et syndicats palestiniens et leur rendre leur vigueur, qui a été prise en otage par l’ONG-isation de la société palestinienne et du mouvement national palestinien. On peut lire nombre de rapports prétendant qu’il existe actuellement des tentatives de liquider même le CNP et de créer ce qui s’appellera le « Parlement palestinien ». C’est se contenter de reproduire la même crise une fois de plus, sous des noms et des intitulés différents. Mais, naturellement, c’est particulièrement dangereux parce que cela limite la participation palestinienne à certaines régions de la Cisjordanie et que cela exclut les Palestiniens de Gaza, de Jérusalem ou de la Palestine de 1948, sans parler en plus des Palestiniens en exil et ceux de la diaspora, autrement dit, la majorité du peuple palestinien. Ceci est un reflet des priorités et du rôle réel de la classe capitaliste palestinienne. Nous voyons également que le rôle des capitalistes palestiniens prend de plus en plus d’importance quand il s’agit de ramasser les « miettes » des projets de normalisation, tel le projet hydraulique Mer Rouge – Mer Morte entre la Jordanie et Israël. En d’autres termes, sous un nom différent, il s’agit du même jeu – sauf que celui-ci est encore plus dangereux.

Vers la libération de la Palestine et l’instauration d’une société démocratique

Comment évaluez-vous les relations du Front avec les autres forces politiques palestiniennes ?

Barakat. Le Front évalue ses relations avec les forces palestiniennes en fonction de leur attachement à la voie du retour et de la libération, ainsi qu’au respect inconditionnel des droits du peuple palestinien, individuellement et collectivement, y compris la liberté de parole et les valeurs sociales et démocratiques.

Le Front est d’accord avec le tout dernier discours d’Ismail Haniyeh, le dirigeant nouvellement élu du Hamas et il a évalué ce discours de façon positive, de même qu’il a mentionné clairement les fortes relations entre le Hamas et le FPLP. Mais nous savons que ceci concerne la vision politique défendant le maintien des droits nationaux palestiniens et la lutte armée en tant qu’important dénominateur commun entre les deux partis. Le Front a exprimé ses critiques à l’égard de certaines positions du Hamas, dont l’acceptation par ce dernier d’un État palestinien dans les frontières de 1967. Nous pensons que cette position est désormais dans une impasse et il semble même, comme nous disons en Palestine, « qu’elle fait route vers La Mecque alors que les gens sont déjà de retour du hajj (pèlerinage, NdT) ».

9e anniversaire de la fondation du Front populaire de libération de la Palestine, 11-12-1967.

En outre, le Front émet des réserves sur certaines des décisions politiques du Hamas concernant son alliance avec le Qatar et la Turquie. Le Front entretient une discussion ouverte avec le Hamas à propos de ces réserves, ainsi qu’à propos du rejet par le Front de toute forme d’oppression à l’encontre de notre peuple à Gaza, qu’il s’agisse d’oppression sociale ou d’oppression politique. Des résultats positifs sont sortis de ces dialogues. Nous considérons également que la priorité du soutien financier devrait aller aux classes pauvres de Gaza et renforcer les secteurs productifs qui ont permis à Gaza de tenir bon jusqu’à présent. Par ces secteurs, j’entends les agriculteurs, les pêcheurs et les travailleurs. Ces trois secteurs doivent constituer la priorité d’une « bonne gouvernance ». Nous voulons que l’argent de la « zakat » (aumône) aille à ces gens et non au secteur privé.

Le Hamas a lui aussi ses propres réserves sur certaines positions du Front – particulièrement sur la question de l’OLP – et il perçoit certaines de ces positions comme « déloyales ». De même, sur les questions du Yémen et de la Syrie, il existe un désaccord. Nous croyons que nous devons adopter une position forte vis-à-vis de l’agression des États-Unis et des Saoudiens contre le Yémen, alors que le Hamas ne dit mot à ce propos.

Quant aux relations avec le mouvement du Fatah, elles en sont absolument à leur point le plus bas. Le Fatah a manqué à ses responsabilités envers l’unification du peuple palestinien. Il s’est lui-même érigé en incubateur et défenseur du programme de Mahmoud Abbas. Nous comprenons que le Fatah soit le parti de l’Autorité en Cisjordanie et qu’il tire directement profit de l’Autorité palestinienne en fonction de ses propres intérêts directs, mais nous ne pouvons accepter la domination d’un groupe sur toutes les institutions, organisations, fondations palestiniennes, ni sur la gouvernance et la représentation du peuple palestinien. Plus important encore, la crise que connaît le Fatah se répercute aujourd’hui sur la totalité du mouvement national palestinien. Il y a tellement de forces différentes aujourd’hui au sein du Fatah et toutes, cependant, prétendent être « LA voix du Fatah ». Parfois, nous ne savons même pas avec qui parler, ni ne savons qui représente réellement le Fatah. Nos relations au sein de l’OLP ont généralement été conflictuelles. La camarade Khalida Jarrar, aujourd’hui en prison en Israël, s’est heurtée au président de l’Autorité quelques semaines à peine avant d’être arrêtée par les forces d’occupation et jetée en prison. Sur ce qui est arrivé à Khalida, nous n’avons rien appris de la bouche même du Fatah, rien, hormis un silence total. Il en va de même pour Omar Shehadeh, qui a été interpellé de la même façon par le président de l’AP. Quant aux relations du Front avec le Djihad islamique et les autres forces politiques palestiniennes, elles sont en général solides et positives.

Comment le Front perçoit-il le rôle des Palestiniens de la diaspora, aujourd’hui ?

Barakat. Aujourd’hui, le mouvement palestinien de la diaspora a la responsabilité historique de remettre notre peuple sur la voie du retour et de la libération. Les Palestiniens de la diaspora disposent de tant de forces, de pouvoir, de possibilités et de potentiel mais, malheureusement, tout ce potentiel n’est ni exprimé ni libéré au maximum de ses capacités. Ce ne sera possible que par le biais de la participation. Il n’y a pas de formule magique pour que les Palestiniens en exil lancent leur révolution une fois de plus. C’est le seul choix, en fait, pour que les Palestiniens restent unis et qu’ils maintiennent leur attention concentrée sur leur but principal et ce, où qu’ils se trouvent géographiquement. Leurs regards, leurs armes et leur attention sont tous concentrés sur la Palestine. Cela signifie que nous allons devoir reconstruire nos associations et organisations populaires, même à partir de zéro, de rien, dans certaines régions.

Et nous devons croire dans la jeune génération et dans le potentiel extraordinaire des femmes palestiniennes capables de diriger le mouvement en compagnie de tous ceux qui croient toujours en leurs principes et s’y cramponnent avec fermeté, de même qu’à leur vision et à leurs objectifs que sont le retour et la libération. Il y a eu quantités de changements politiques, sociaux et économiques vécus par les Palestiniens de la diaspora. La guerre en Syrie, les offensives et le siège contre Gaza, les conditions sociales et économiques pénibles des Palestiniens au Liban ont poussé une fois de plus les Palestiniens à la migration forcée et à la déportation. Et nous voyons que de nombreux Palestiniens choisissent l’Europe comme destination, et plus particulièrement l’Allemagne. La tâches des Palestiniens en Europe aujourd’hui consiste à jouer un rôle stratégique en s’opposant au mouvement sioniste en Europe et en soutenant les Palestiniens vivant dans des camps de réfugiés, où ils subissent la pauvreté et la marginalisation, et ce combat stratégique inclut la lutte contre le racisme dans les pays européens mêmes.

Faire progresser la révolution – Par les armes et par la pensée – Dans la quête de la libération et du socialisme

De même, nous devons ouvrir le plus largement possible les portes à la participation de notre peuple en Jordanie. Nous ne pouvons oublier le fait que des millions de Palestiniens vivent dans ce pays et qu’ils ne sont qu’à une heure de route de la Palestine. Ces Palestiniens ont le droit d’exprimer leur fierté à propos de leur identité, de leur participation à leur propre cause nationale, et à la lutte aux côtés du mouvement national jordanien pour la démocratie et pour la libération de la Palestine.

Il y a également les tâches concernant notre peuple au Liban. C’est un fait bien établi que les Palestiniens des camps de réfugiés au Liban vivent dans des conditions particulièrement extrêmes et pénibles. Leurs camps sont assiégés, dans certains cas ; ce sont des exclus, ils sont marginalisés. Il y a un profond sentiment d’isolement parmi les Palestiniens au Liban et, fait plus important, ils sont confrontés aux lois injustes et racistes du gouvernement libanais qui interdisent aux Palestiniens d’exercer plus de 70 professions.

Nous comprenons que chaque contingent palestinien vit dans des conditions différentes et est confronté à des problèmes spécifiques. Mais tous sont concernés par la voie de la lutte palestinienne pour les droits nationaux, les droits de l’homme et les droits civils. Nous savons que les gens de notre peuple qui vivent aujourd’hui aux États-Unis, au Canada, ainsi que nos jeunes générations impliquées dans cette lutte, que ce soit dans les universités, dans le mouvement anti-apartheid ou dans le mouvement BDS, nous savons qu’ils mènent tous un combat qui portera ses fruits. Ces luttes qui ont lieu actuellement peuvent parfois susciter l’impression que l’on s’époumone dans le désert. Mais ce sont des luttes qui permettent d’accumuler de l’expérience et qui se traduisent également par des gains.

1er juin – Journée de l’enfant – Enfant du soulèvemente, l’avenir t’appartient.

Chacune de ces contingences populaires palestiniennes peut renforcer leurs relations avec les mouvements en compagnie desquels elles luttent au sein de leurs communautés. Ainsi, en Amérique du Nord, nous devons renforcer nos relations avec le mouvement de libération des noirs, avec les peuples indigènes et natifs en lutte, avec les mouvements des pauvres et de la classe ouvrière, avec la lutte antiraciste, anti-impérialiste et anticapitaliste. Au Liban, nous devons renforcer nos relations avec le mouvement communiste, le mouvement progressiste et la résistance. En Europe, nous devons renforcer nos relations avec toutes les communautés arabes, y compris les communautés marocaines, syriennes, algériennes et toutes les communautés opprimées, dans leurs luttes visant à surmonter l’austérité et le racisme. En Amérique latine, nous devons participer aux luttes contre l’impérialisme américain et rallier les classes populaires dans leur combat contre les formes nouvelles d’agression et d’exploitation. Nous devons combattre ensemble et, surtout, nous devons le faire en nous appuyant sur une perspective de responsabilité et en participant pleinement, c’est-à-dire en tant que partenaires véritables et à part entière, à ces mouvements.

L’une des caractéristiques des Palestiniens de la diaspora, c’est qu’ils disposent généralement de plus de liberté de mouvement, en comparaison avec notre peuple sous occupation. Le deuxième avantage, c’est qu’ils communiquent avec le monde dans autant de langues qu’il n’y en a dans le monde. Un troisième avantage, c’est qu’un grand nombre de Palestiniens sont devenus partie intégrante de la société au sein de laquelle ils vivent désormais et qu’ils y jouent un rôle majeur. Le Chili est un bel exemple de ces pays où notre peuple peut jouer un rôle progressiste, non seulement au profit de la Palestine, mais aussi des pays où ils vivent aujourd’hui.

Pourquoi n’assiste-t-on pas à une escalade palestinienne de la lutte armée, de nos jours ?

Barakat. En guise de réponse honnête, disons qu’il s’agit d’une représentation de la crise de la résistance. Disons-le carrément, les organisations palestiniennes n’en font pas assez. Nous voyons des éléments positifs, particulièrement à Gaza dans l’accumulation de la force qu’on y trouve, mais la lutte armée est en fait un droit du peuple palestinien tout entier et je ne doute pas que, dans un futur proche, aussi bien que dans le long terme, nous verrons les Palestiniens passer de la défensive à l’offensive.

La voie de la lutte armée est la voie d’une Palestine libérée

Mais cela requiert de nombreuses décisions politiques et des décisions autres que militaires. Vous avez beau posséder des armes, mais si vous n’êtes pas animé d’une volonté politique, ces armes sont inutiles. Si vous n’avez pas des vues politiques claires, ces armes sont dangereuses. Si vous empruntez une voie différente, ces armes peuvent être utilisées contre notre peuple, comme vous pouvez le voir dans le cas des agences de sécurité mises en place sous les accords d’Oslo. La transformation de l’individu palestinien armé de fedayine en policier constitue un danger.

Mais nous devons également concevoir la lutte armée comme un moyen de lutte créatif et non comme quelque chose que l’on fait simplement pour faire valoir des arguments, même si, parfois, il est important de le faire en combattant un pouvoir colonial plus grand, plus fort et bien armé. Mais ce doit être une lutte avec un but politique et elle doit être menée par des combattants bien informés et éduqués au sein du mouvement. Et elle doit être connectée aux conditions des Palestiniens dans chaque stade de leur mouvement. Ce doit également être une lutte menée à toutes les frontières avec la Palestine, aux frontières jordanienne, syrienne et libanaise aussi bien qu’à l’intérieur même de la Palestine. Ce sont des questions très importantes mais, jusqu’à présent, il n’existe pas d’arène ou de forum palestinien véritable pour discuter de telles questions ou pour les définir. Et ceci, c’est un autre symptôme de la crise de la résistance palestinienne.

 

Traduction: http://www.pourlapalestine.be/la-politique-des-etats-unis-et-la-crise-de-la-resistance-palestinienne/

Version originale: http://pflp.ps/english/2017/08/07/barakat-united-states-policy-and-the-crisis-of-the-palestinian-resistance/

A propos des interventions impérialistes en Syrie et au Kurdistan

Nous publions cette analyse de l’organisation OCML VP parce qu’elle reflète les préoccupations des révolutionnaires et activistes de la cause palestinienne dans notre région du monde

 

 

On aurait pu croire qu’une crise de l’envergure de celle en cours en Syrie et en Irak aurait provoqué une intervention militaire terrestre impérialiste massive. Or, le gouvernement Obama s’y est refusé. Sur la base de leur échec en Irak, les Américains ont fait le constat qu’il ne suffisait pas d’envahir un pays pour régler ce genre de problème, mais qu’il fallait être capable d’y installer et maintenir un gouvernement stable. C’est ce qu’on entend appeler « Doctrine Obama » dans les médias.

Les impérialistes n’ont pas (ré-)envahit la Syrie et l’Irak massivement parce qu’ils sont conscients, malgré leur force militaire, de leur faiblesse politique. Il s’y rajoute le fait qu’une invasion de ces deux pays entraînerait des réactions de la Russie et de l’Iran. Les USA n’ont pas la volonté de se lancer dans des occupations militaires et des affrontements diplomatiques coûteux. Quant à la France, elle ne peut de toute façon pas avoir des ambitions à cette mesure. Elle n’est pas en mesure d’occuper un pays comme la Syrie ou l’Irak.

Nous disions déjà que les interventions impérialistes, militaires, économiques, diplomatiques, directes ou indirectes, en creusant la contradiction pays impérialistes/peuples dominés, créent ces situations de crise semble-t-il incontrôlables. Ces interventions ne peuvent qu’attiser ou du moins semer les graines du chaos. Nullement une volonté calculée et consciente des impérialistes, contrairement à ce que pourraient affirmer certains dans une veine complotiste, qui revient à surestimer la capacité des impérialistes à maîtriser les contradictions. Ce n’est juste qu’un résultat inévitable des interventions impérialistes. La République démocratique du Congo (ex-Zaïre), où depuis des décennies des milices sanguinaires contrôlent des régions entières du territoire, est un exemple de la perpétuation durable de ce genre de situation. C’est la manifestation de la crise de l’impérialisme. Les attentats que nous subissons ici en sont la conséquence, dont les centres impérialistes ne peuvent rester à l’écart. Il est juste de dire que ce que nous avons subi le 13 novembre à Paris ou le 14 juillet à Nice est peu de choses comparés à ce que subissent en permanence les Syriens (bombardements d’Alep) ou les Congolais.

La « Doctrine Obama » montre également que les impérialistes sont plus faibles qu’on ne le croit, qu’ils n’arrivent pas à tout maîtriser. C’est objectivement encourageant pour les opprimés et les exploités, même si les faiblesses impérialistes ne signifient pas forcément en retour un renforcement du camp du peuple.

Il est également important de combattre le pseudo « anti-impérialisme » opportuniste qui consiste à soutenir le régime fasciste d’Assad, ou les interventions militaires russes et iraniennes en Syrie, sous prétexte que toutes les alliances seraient justifiées pour s’opposer à la volonté hégémonique de la superpuissance US. Ce n’est pas parce qu’il s’oppose aux USA, à la France et à la Grande-Bretagne que le régime syrien est une force anti-impérialiste conséquente ; il est par ailleurs soutenu à bout de bras par la Russie qui est bel est bien une puissance impérialiste (concurrente des USA) qui cherche à maintenir et étendre son influence.

Sur l’alliance militaire entre les Kurdes et les Impérialistes

De nombreuses questions se posent par rapport aux liens qui existent entre le PYD, le parti dirigeant au Rojava, et ses unités armées, les YPG/YPJ [1] avec les impérialistes. VP a toujours défendu le principe général d’opposition à toute intervention impérialiste, directe ou indirecte, dans les pays dominés.

Actuellement, les YPG/YPJ sont en alliance militaire ouverte avec une coalition impérialiste en Syrie [2]. Cette alliance s’est constituée au moment du siège de Kobanê. A ce moment là, sans l’intervention aérienne massive des puissances occidentales en faveur des forces Kurdes assiégées, il est probable que le Rojava aurait été écrasé par Daesh. Par ailleurs, les Impérialistes ont constaté que les YPG étaient la seule force sur place conséquente pour combattre Daesh. Leurs tentatives de mettre sur pieds des unités télécommandées de l’Armée Syrienne Libre se sont soldées globalement par des échecs.

La politique impérialiste face à Daesh se fait à l’heure actuelle à courte vue. Aujourd’hui, ils soutiennent les Kurdes comme seule force anti-Daesh efficace. En même temps, ils soutiennent la Turquie, membre de l’OTAN, qui combat les Kurdes.

D’ailleurs, l’armée turque est entrée à Rojava plus pour combattre les Kurdes que pour combattre Daesh. Malgré cela, les USA ont souhaité que la Turquie et les Kurdes de Rojava concluent une sorte d’accord pour se partager le contrôle territorial du nord de la Syrie, et ont exprimé qu’ils s’opposeraient à un Etat kurde indépendant.

Les stratégies qu’ils ont tenté de mettre en place pour constituer des forces sous leur contrôle (Armée syrienne libre, Conseil national Syrien, etc.) pour renverser Assad et détruire Daesh ont échoué. Du coup, ils sont contraints de négocier avec le régime syrien, et de soutenir les forces qui existent déjà pour au moins contenir Daesh, mais qui ont des objectifs politiques qui ne sont pas les leurs. C’est là encore une manifestation d’une faiblesse relative de l’impérialisme. En même temps, ils doivent sûrement espérer corrompre le mouvement kurde pour lui faire abandonner son objectif initial, en faire une force clairement pro-impérialiste, sur le modèle du pseudo « Gouvernement Régional du Kurdistan » d’Irak, confié par les impérialistes à la clique de Barzani.

Les États-Unis leur ont livré des armes. Des forces spéciales occidentales (US,
Britanniques et Françaises) sont aux côtés des YPG/YPJ et peut-être même les forment. Ces forces spéciales sont également là pour coordonner les frappes aériennes occidentales avec les offensives des YPG/YPJ contre Daesh ; la Turquie s’est même plainte que les forces spéciales US portent des insignes des YPG [3]. Ces soldats impérialistes ont même construit leurs propres bases permanentes sur le territoire du Rojava, avec l’accord de son gouvernement. Tout cela est public et reconnu par les YPG/YPJ. Des articles de presse (qui s’appuient sur des affirmations du régime syrien et de l’Observatoire syrien des droits de l’homme) affirment également que les Américains ont construit ou construisent une base aérienne dans le nord-est de Rojava. Il ne s’agit cependant pas de sources fiables. Et les YPG l’ont démenti [4].

Le soutien au Bataillon International de Libération au Rojava

La position de VP, c’est de soutenir le mouvement d’émancipation des peuples, notamment du peuple kurde, mais sans esquiver les débats. D’un côté, certains vont prendre prétexte de cette alliance pour jeter le bébé avec l’eau du bain, dénigrer la lutte du peuple kurde, lui refuser son droit à l’autodétermination. De l’autre, certains vont dire que puisqu’il faut soutenir le peuple kurde, il ne faut émettre aucune critique vis à vis des organisations qui dirigent sa lutte.

Comme pour la lutte du peuple palestinien, la distinction est claire entre le soutien de principe à la lutte de libération du peuple kurde, la distinction dans le soutien entre les différentes forces qui y participent. Notre soutien actif va d’abord aux organisations communistes et révolutionnaires de Turquie et du Kurdistan, comme le TKP/ML ou le MLKP [5].

Le soutien au mouvement de libération national kurde doit être d’abord un soutien politique aux forces révolutionnaires et non pas principalement humanitaire.
L’humanitaire est une nécessité, dans la mesure où il permet de faire vivre la solidarité internationale, mais il doit être dirigé par le point de vue politique. Ce soutien n’exclut pas la critique franche et honnête à l’encontre des organisations kurdes lorsque nous avons des désaccords avec elles. C’est ce que fait l’OCML VP en ayant rejoint une campagne de soutien au Bataillon International de Libération – IFB – au Rojava à l’initiative du Secours Rouge International [6]. Ce Bataillon fondé en juin 2015 est composé de révolutionnaires étrangers, anarchistes et communistes, qui se battent aux côtés des Kurdes du Rojava [7]. Le Bataillon combat sous commandement militaire des YPG/YPJ.

C’est exactement le contraire que fait l’ICOR via sa campagne de « Brigade Internationale pour Kobané » [8]. En effet elle mène une campagne politique de soutien au peuple kurde sans aucune critique à l’égard de la direction du PYD, ce qui la mène de fait à une campagne humanitaire lisse et apolitique (projet de construction d’un hôpital).

Le Bataillon International de Libération, et ses différentes composantes a une expression politique autonome. Dans ses déclarations, il a clairement dénoncé l’impérialisme [9] et une de ses brigades a remis en cause le soutien militaire des USA [10]. Par ailleurs, certaines forces de ce Bataillon, comme le TKP/ML [11], ont mis en garde sur le risque de cette alliance.

Si l’OCML VP a rejoint cette campagne en janvier 2016, c’est que nous considérions à la fois qu’elle portait un contenu anti-impérialiste et révolutionnaire clair sur la situation régionale tout en soutenant, y compris concrètement, les forces révolutionnaires actives dans le conflit. Depuis, nous avons organisé et participé à différents événements [12], récolté des milliers d’euros, diffusé les prises de positions en français du Bataillon International [13] etc.

C’est une manière concrète de discuter de la situation au Moyen-Orient avec les gens autour de nous, de montrer qu’il existe des forces progressistes et révolutionnaires, de convaincre que, même si cela se passe à plusieurs milliers de kilomètres de chez nous, nous ne sommes pas impuissants : c’est une manière de combattre l’abattement et la résignation. D’ailleurs, cette campagne est un succès et a permis de récolter plusieurs dizaines de milliers d’euros en Europe, d’acheminer des centaines de pansements hémostatiques et de faire largement connaître le Bataillon International.
Et puis pour avoir la légitimité de porter la critique et d’affirmer un point de vue, il ne suffit pas d’être spectateur, il faut être dans la lutte. A notre échelle, c’est ce à quoi nous travaillons.

Peut-on « s’allier avec le diable » ?

Il y a donc une contradiction à être à la fois « en général » opposé aux interventions impérialistes, et à admettre la nécessité d’une alliance à certains moments. Ce qui détermine l’aspect principal, c’est évidemment la situation concrète, le rapport de force entre les uns et les autres, jusqu’à quel point les forces progressistes peuvent compter sur leurs propres forces sans avoir besoin de nouer ce type d’alliances.

Toute alliance militaire avec l’impérialisme représente un gros risque. Car l’impérialisme a des objectifs fondamentalement opposés à ceux de l’émancipation des peuples et espère que son alliance avec le Rojava lui permettra d’assurer une présence permanente en Syrie. Car l’impérialisme est le responsable de la situation générale du Moyen-Orient. La contradiction avec l’impérialisme reste, historiquement, la contradiction principale pour les peuples de la région, et l’alliance actuelle ne peut être que tactique et temporaire.

On voit déjà que les tactiques militaires impérialistes brutales sont complètement à l’inverse de la tactique militaire des Communistes. Ainsi, les frappes aériennes occidentales en soutien aux Forces Démocratiques Syriennes ont déjà commis des massacres de populations civiles. Accepter la présence de militaires impérialistes à Rojava, c’est prendre un risque, leur laisser prendre leurs marques, faire de l’espionnage, tenter de se rallier certaines forces. Et il est certain qu’ils le font. A un moment donné, ce sera l’heure de vérité. Le PYD devra choisir entre l’alliance avec l’impérialisme et la poursuite des droits nationaux et démocratiques du peuple kurde. Les impérialistes, avec les USA à leur tête, ne cachent d’ailleurs pas qu’ils n’en veulent pas le moins du monde. Ils l’ont d’ailleurs prouvé maintes fois par le passé [14].

Il est excessif d’affirmer que les YPG/YPJ combattent « sous direction impérialiste ». Des hauts dirigeants du PKK et du PYD [15], comme Rıza Altun [16], Cemil Bayık [17] ou Saleh Muslim [18] ont publiquement exprimé que les puissances impérialistes intervenaient avant tout pour leurs propres intérêts et pas dans ceux des peuples, que leurs engagements ne sont pas fiables, etc.

Cependant, il ne suffit pas que la direction du mouvement kurde exprime publiquement sa méfiance vis à vis des impérialistes. Deux choses sont par ailleurs indispensables : Premièrement, quelles sont les limites posées à la pénétration effective des forces impérialistes en Syrie ?

Ensuite, dans quelle mesure les masses sont-elles éduquées dans un état d’esprit anti-impérialiste ?

Déjà, on peut s’inquiéter du fait qu’il ne semble pas y avoir de conditions claires posées par le gouvernement du Rojava à l’implication toujours plus poussées des forces impérialistes. Les forces kurdes ont d’abord accepté un soutien aérien, puis de recevoir des armes, puis la présence de soldats des forces spéciales US ou françaises, puis enfin que celles-ci installent leurs propres bases et acheminent leurs propres véhicules blindés. Lorsqu’il y a eu des affrontements entre les YPG/YPS et l’Armée turque à la frontière, ce sont des soldats US qui ont parfois fait tampons entre les deux. Où est la limite entre l’aide militaire qui peut être acceptée sans mettre en péril le pouvoir démocratique et populaire, et celle qui permet aux forces impérialistes d’être en mesure, demain, de faire un coup de force ? Au Rojava même, il existe des forces foncièrement réactionnaires qui, aujourd’hui, sont obligés d’accepter la direction des forces démocratiques, comme des chefs de tribus arabes, ou une partie de la population kurde fidèle au clan Barzani, mais qui demain pourraient se ranger du côté des impérialistes lorsque ceux-ci se retourneront contre les forces démocratiques. Car cet affrontement aura nécessairement lieu si le gouvernement du Rojava maintient sa ligne démocratique.

Par ailleurs, si la direction centrale du mouvement kurde a, du moins en parole, un point de vue anti-impérialiste, ce n’est pas le cas de toutes ses structures. En Europe par exemple, celles-ci portent des mots d’ordres auxquels nous ne pouvons souscrire, car ils n’expliquent pas clairement ce qu’est l’impérialisme, c’est-à-dire au final un ennemi des peuples, et propagent des illusions sur ce que le peuple Kurde pourrait attendre par exemple du gouvernement français ou de l’Union européenne [19].

L’affrontement avec l’impérialisme est inévitable

L’alliance entre des mouvements révolutionnaires et des Etats impérialistes a parfois été justifiée. Par exemple au cours de la Seconde guerre mondiale, lorsque le Front antifasciste englobait légitimement les USA et la Grande-Bretagne. L’alliance militaire entre la résistance populaire et les armées alliées était juste, comme l’échange de renseignements, l’envoi d’armes, etc.

Le Parti communiste chinois avait alors accepté des armes et un entraînement militaire de la part d’agents américains, tout comme la présence de bases aériennes dans les bases rouges pour bombarder le Japon.
Ailleurs, les mouvements de partisans dirigés par des partis communistes en Yougoslavie, en Albanie, en Grèce, ont été suffisamment fort pour pouvoir libérer leurs pays seuls, en ayant eu besoin de très peu d’aide étrangère.

En 1944, cela était impossible en France. Il était correct que la résistance populaire dirigée par le Parti communiste s’allie tactiquement aux puissances alliées. Cependant, le PCF a fait preuve d’opportunisme en se soumettant à de Gaulle et à la direction du mouvement antifasciste (Jean Moulin), et à la Libération, de trahison en maintenant un front uni avec la bourgeoisie pour l’aider à reconstruire l’impérialisme français.

Toute alliance est envisageable du moment que les forces révolutionnaires ont une vision claire des limites de cette alliance, et qu’elles sont conscientes qu’un jour il faudra la rompre pour aller de l’avant. Cela doit être clairement exposé aux masses. Une alliance militaire avec l’impérialisme, même temporairement justifiée, n’exonère pas de mener une critique acerbe de celui-ci, de combattre les illusions à son propos, dans les rangs du mouvement mais aussi de manière ouverte. En France comme à Rojava, il faut dénoncer la duplicité des impérialistes, pointer leur responsabilité dans la situation. Il faut pointer les contradictions de la politique impérialiste, qui montre qu’au final il ne fait que défendre sa main-mise sur la région, et non pas les droits des peuples. Exposer son soutien à des forces réactionnaires intégristes [20] tout en prétendant combattre Daesh, sa duplicité par rapport au régime d’El-Assad, son soutien au régime turc… Il faut aider les masses à comprendre ce qu’est l’impérialisme et à le combattre.

Il faut également coûte que coûte préserver l’indépendance politique et organisationnelle du mouvement révolutionnaire, ne pas se placer dans une situation de dépendance, de quelque sorte que ce soit, vis-à-vis de ces impérialistes. Malgré l’alliance, il est vital de conserver une indépendance militaire et politique, de conserver ses secrets. Les opprimés et exploités doivent en profiter pour faire progresser et consolider leurs organisations. Il faut avant tout compter sur ses propres forces, c’est une règle d’or du mouvement révolutionnaire. Le gouvernement du Rojava est le représentant du peuple kurde en Syrie. Son programme démocratique et antifasciste en fait l’expérience politique la plus progressiste au Moyen-Orient, ce qui contrecarre objectivement les visées impérialistes. Dans des sociétés marquées par le féodalisme, le patriarcat et les régimes fascistes c’est une lueur d’espoir. Cependant, nous devons rester vigilant par rapport à l’évolution des contradictions politiques, des alliances, et aux ingérences des forces impérialistes, qui cherchent à tout instant à corrompre les forces nationales et démocratiques.

L’OCML VP continuera à soutenir la résistance légitime du peuple kurde. Cela passe par dénoncer les impérialistes, en premier lieu l’impérialisme français, comme les ennemis des peuples de la région. Mais aussi en soutenant, les forces révolutionnaires sur place, qui défendent un projet politique porteur de libération nationale et sociale [21].

OCML Voie Prolétarienne, août 2017

In italiano : ICI
In english : ICI

[1] YPG : Unités de Protection du Peuple. Branche armée. YPJ : Unités de Protection des Femmes. Branche armée des femmes.

[2] https://www.theguardian.com/world/2014/oct/20/us-drops-weapons-to-kurds-in-syria

[3] https://www.youtube.com/watch?v=wYaBW9e80TQ

[4] http://www.kurdistan24.net/en/news/e8920a6c-e4fe-4023-a4b2-aeffa59c2ae1/U-S–airbase-in-Syriadespite-Kurds-denial

[5] TKP/ ML : Parti Communiste de Turquie Marxiste-Léniniste. MLKP : Parti Communiste Marxiste-Léniniste

[6] Campagne qui se donne comme objectif notamment d’acheter des pansements hémostatiques qui permettent d’arrêter les hémorragies causées par les plaies par balles sur le front. Plus d’infos ici : http://www.rojava.xyz

[7] Et en particulier le TKP/ML et le MLKP.

[8] Coordination Internationale des Partis et Organisations Révolutionnaires. Regroupement international auquel nous avons refusé d’adhérer, voir ici : http://ocml-vp.org/article1375.html
Plus d’infos sur cette campagne : https://www.youtube.com/watch?v=6Pkx2mgQqFg

[9] Voir la vidéo de la déclaration de fondation en juin 2015 de ce bataillon : https://www.youtube.com/watch?v=NeqOHDy93fY

[10] https://twitter.com/bobcrowbrigade/status/776434881123405824

[11] Nous avons interviewé un combattant du TKP/ML TIKKO dans Partisan Magazine qui précise ses critiques sur cette question : http://www.ocml-vp.org/article1796.html

[12] Par exemple, nous avons organisé un meeting/concert « Kurdistan : féminisme et résistance » en février 2016 à Toulouse dans la cadre de cette campagne qui a rassemblé plus de 200 personnes. Voir ici : http://ocml-vp.org/article1579.html

[13] https://www.youtube.com/playlist?list=PLiZhBiuZ6XviEBZFeZ5kuaLMkhBprEno7

[14] Notamment par leur soutien stratégique avec la Turquie, membre de l’OTAN.

[15] Parti d’Union Démocratique, mouvement qui dirige de facto la Région autonome du Rojava.

[16] Fondateur du PKK et Porte-parole du Conseil Exécutif du Koma Civaken Kurdistan (KCK), regroupement international des différentes organisations dirigées par le PKK.

[17] Fondateur du PKK, président du KCK.

[18] Coprésident du PYD

[19] Par exemple ici : http://www.akb.bzh/spip.php?article1035

[20] Par exemple, lors de la « Conférence de paix » de Genève en janvier 2016, les impérialistes avaient refusé l’entrée au PYD mais avaient invité l’Arabie Saoudite qui représentait le Front Al-Nosra (anciennement membre d’Al Qaïda). Voir ici : http://www.secoursrouge.org/Syrie-Le-PYD-refuse-par-l-ONU-les-USA-et-la-Turquie-a-la-conference-de-Geneve

[21] C’est le cas à travers la campagne de soutien au Bataillon International de Libération. Par ailleurs, nous ne soutenons pas l’idéologie du Confédéralisme démocratique adoptée par le PYD. Vous pouvez retrouver notre critique ici : http://ocml-vp.org/article1637.html

 

Source: http://ocml-vp.org/article1816.html

Une milice armée d’extrême droite s’implante au Québec

Des membres présumés de la milice du III % du Québec Photo : Facebook/Tirée de la page Canadian Three Percenters

La milice armée d’extrême droite du III % (milice du trois pour cent) s’implante actuellement dans plusieurs régions du Québec. Pour devenir membres du mouvement des « threepers », les aspirants doivent notamment détenir un permis de possession d’arme à feu.

Un reportage de Maxime Corneau

Radio-Canada a observé pendant plusieurs mois les échanges entre les membres de ce regroupement sur les réseaux sociaux. La milice se définit comme un rassemblement de « patriotes » assurant la « résistance » aux abus des gouvernements en place.

Barbara Perry, professeure à la Faculté de sciences sociales de l’Institut universitaire de technologie de l’Ontario, connaît bien ce mouvement. Elle souligne qu’il est apparu aux États-Unis il y a une dizaine d’années.

« Ils idéalisent un Québec francophone, blanc et sans immigration [traduction] », résume Mme Perry en parlant des factions québécoises du groupe fondées depuis environ un an.

Bien que les membres affirment être pacifistes sur les réseaux sociaux, ils font tout de même une apologie de l’armement.

 


Lors du processus d’accès au groupe, un questionnaire demande aux candidats s’ils sont propriétaires d’armes à feu. Photo : Facebook/Tirée de la page III% Québec

Depuis peu, pour devenir membres des différentes cellules des III % au Québec, les candidats doivent confirmer être détenteurs d’un permis de possession d’arme à feu.

Sur une page Facebook du mouvement au Canada anglais, des images d’entraînement paramilitaire de membres québécois ont été publiées. On y voit une dizaine d’individus anonymes qui s’exercent aux techniques militaires en milieu forestier.

Pourquoi III %?

Le mouvement est nommé ainsi, car la croyance propagée par les fondateurs du groupe aux États-Unis veut que seulement 3 % des colons américains aient combattu l’armée britannique lors de la guerre de l’Indépendance américaine.

Membres présumés de la milice III % du Québec lors d’un exercice Photo : Facebook/Tirée de la page Canadian Three Percenters

 

Les membres du groupe publient d’ailleurs souvent des images de leurs armes et de leurs équipements de combat.

 

Un mouvement d’extrême droite 

 

Un membre présente son équipement tactique sur les réseaux sociaux. Photo : Facebook/Tirée de la page III% Québec

Maxime Fiset, un agent de prévention au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, voit sortir de l’ombre ce mouvement venu de nos voisins du sud. « Il existe quelques chapitres des III % au Québec », précise-t-il.

Il explique qu’il est très difficile de quantifier le phénomène puisque les activités officielles du groupe se font généralement entre membres en règle qui ne cherchent pas la publicité.

« C’est un mouvement d’extrême droite, c’est d’ailleurs l’un des mouvements qui est le plus à surveiller en termes de potentiel de violence. Les membres ne sont peut-être pas violents dans l’immédiat et ne le seront peut-être jamais, mais ils sont équipés et entraînés. »

Pour M. Fiset, il ne fait aucun doute que le mouvement du III % est une milice qui fonctionne sous forme de petites cellules autonomes. « C’est une milice! […] Ils s’entraînent, avec des armes, pour le combat dans divers scénarios. Pour eux, un individu qui n’est pas armé et prêt à se défendre par la violence n’est pas un membre qui vaut la peine d’être recruté. »

Policiers au fait du phénomène

Tant du côté de la Sûreté du Québec que de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), on affirme être au fait de l’existence de ce mouvement, sans toutefois préciser si des enquêtes sont en cours.

Une publication sur la page des III % Photo : Facebook/Tirée de la page III% Québec

Annie Delisle, de la GRC, rappelle que la Gendarmerie royale du Canada « n’enquête pas sur des mouvements ou des idéologies, mais plutôt sur les activités criminelles perpétuées par des individus portant une menace à la sécurité des Canadiens ».

Cette réponse est similaire à celle donnée par la Sûreté du Québec.

Anti-immigration

Lors de l’observation des activités du groupe sur Internet, Radio-Canada a relevé des commentaires anti-immigration et islamophobes.

L’actuel premier ministre du Canada, Justin Trudeau, est d’ailleurs souvent représenté comme une menace à la sécurité nationale, principalement en ce qui a trait à ses positions sur l’immigration.

Des membres des III % de l’Ontario ont participé à un rassemblement anti-immigration du groupe d’extrême droite Pegida à London le 26 août dernier. Les membres de la milice, munis d’équipements de protection militaires, assuraient la sécurité.

Barbara Perry confirme que les membres des milices III % partagent l’idéologie de plusieurs groupes d’extrême droite, ce qui l’inquiète.

« C’est ce qui me terrifie avec ces groupes. C’est un mélange d’idéologie, d’hostilité envers certaines communautés, d’armement et d’entraînement tactique. »

 

Des membres du groupe III % de l’Ontario lors d’une manifestation à London Photo : Radio-Canada/Amanda Margison

Maxime Fiset affirme avoir vu lors de la manifestation de La Meute à Québec des individus arborant des symboles du groupe en marge du rassemblement.

Les membres des groupes québécois du III % contactés par Radio-Canada ont tous décliné nos demandes d’entrevue.

 

Source: http://beta.radio-canada.ca/nouvelle/1054852/une-milice-armee-dextreme-droite-simplante-au-quebec

Le commandant de YPJ en Syrie rejette le passage aux exigences des États-Unis

Publié la première fois le 15 juillet 2017

 

TEHRAN (FNA) – Le commandant des unités de protection des femmes kurdes (YPJ) Nasrin Abdullah a souligné que les forces kurdes qui luttent contre les terroristes en Syrie n’agiront pas sur les demandes des États-Unis.

« Il est vrai que, aujourd’hui, les États-Unis fournissent des armes à nos forces, mais cela ne signifie pas que nous avons l’intention d’agir sur les exigences américaines », a déclaré Abdullah samedi.

« Nos relations avec les États-Unis sont limitées à la lutte contre l’ISIL et les deux parties ont souligné ce fait », at-elle ajouté.

Le YPJ est une organisation militaire entièrement féminine. Il comprend des Kurdes, des Arabes, des Assyriens, des Circassiens et des volontaires étrangers. C’est l’équivalent féminin de la milice des unités de protection du peuple (YPG).

Dans des remarques pertinentes en juin, le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, a déclaré que Washington continuerait à fournir des armes aux combattants kurdes syriens après la fin de la bataille pour expulser les militants ISIL de Raqqa.

Décrivant les assurances américaines en Turquie selon lesquelles les États-Unis retireront les armes aux Kurdes syriens après la lutte ISIL, Mattis a déclaré que cela dépend du moment ou de la prochaine mission.

Et il a également émis un ton de mise en garde lorsqu’on lui a demandé si toutes les armes seraient renvoyées. « Nous ferons ce que nous pouvons », at-il déclaré aux journalistes qui voyagent avec lui en Allemagne.

Plusieurs militants soutenus par la Turquie ont été tués dans des affrontements avec des combattants kurdes au nord de la Syrie.

TEHERAN (FNA) – Les groupes militants, affiliés à l’armée turque, ont perdu plusieurs combattants et leur matériel militaire a subi des dégâts majeurs lors de combats intenses avec les unités de protection du peuple kurde (YPG) dans les régions Al-Shahba et Afrin dans le nord d’Aleppo.

Les militants soutenus par Ankara ont lancé des attaques d’artillerie sur les villages de Mar’anaz et al-Bilouniyeh dans la région de Shara depuis leurs positions à l’est de la ville d’Azaz.

Les forces du YPG ont ouvert un tir de représailles aux positions des militants de la Turquie qui ont provoqué de lourds combats entre eux.
Selon les dépêches, trois militants soutenus par Ankara ont été tués et quatre autres ont été blessés dans les affrontements.

Des sources de terrain ont déclaré que les unités d’artillerie de l’armée turque et ses militants affiliés ont bombardé les villages et les villes de Tal Rifat, Cheikh Issa, Qarnateh, Haliseh, Hiseh, Qol Sarouj, Tal Jihan, Jal Madhiq, Tal al-Anab, al-Nayereh et Ein Daqneh à al-Shabba.

Les sources ont ajouté que les forces démocratiques syriennes, majoritairement kurdes, ont ouvert de lourds tirs d’artillerie et de mortier sur les lignes de défense des militants soutenus par Ankara dans le village de Tawis et la ville de Mare’a en réponse à leurs attaques d’artillerie, causant des pertes importantes sur la Turquie Des militants soutenus.

Selon les médias, vendredi, l’armée turque a renforcé sa présence militaire près de la région d’Afrin, dans la province d’Alep.
Selon les informations de Hawar, l’armée turque a augmenté le nombre de ses forces militaires aux frontières entre Afrin et la région de Bakur au Kurdistan dans les villages d’Ali Karo et Beykeh dans la région de Balbaleh.

L’armée turque a également mis en place deux tours de guet entre les villages d’Ali Karo et Beykeh et a rassemblé ses forces dans la région.
Il a également établi trois bases entre Beykeh et le village de Jorjio à Bakur, en les équipant de canons lourds et de munitions.

 

– YPJ Recognize, Acknowledge US-NATO Betrayal
– Kurds in Iraq, Syria are Exploited by the US to Divide the Middle East
– Turkish Army Reinvigorates Deployment Near Afrin
– Russia Asks Kurdish Forces to Withdraw from Northern Aleppo to Block Turkey’s Attacks

 

Source: https://syria360.wordpress.com/2017/07/15/ypj-commander-in-syria-rejects-bowing-to-us-demands/