Manifestation de Storm Alliance et de La Meute samedi le 25 novembre 2017 à Québec

Face à la répression, la solidarité est notre arme!

 

Québec, 25 novembre 2017.

Après que la police de Québec ne leurs ait pavé la voie, Storm Alliance et La Meute ont manifesté dans la bonne humeur dans les rues de Québec.

Même le groupe d’extrême-droite Atalante est passé faire coucou tranquillement pendant que les contre-manifestants anti-racistes se faisaient frapper et poivrer devant l’Assemblée Nationale!

Police et fafs, même combat !

 

Abattre le capitalisme

Construire la solidarité

 

Source: https://vimeo.com/244601494

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ALERTE ANTI-RACISTE ET ANTIFA!

ALERTE ANTI-RACISTE ET ANTIFA!

Le Secours Rouge Canada soutient et appuie la mobilisation visant à contrecarrer la montée de l’influence de l’extrême-droite dans la société québécoise et invite touTEs ses membres à participer à la manif antifa du 25 novembre 2017 à Québec devant l’Assemblée nationale.

Mobilisation montréalaise vers Québec samedi le 25 novembre 2017
Opposons-nous au racisme et à l’Islamophobie ! Soutenons les immigrant.e.s et les personnes racisé.e.s!

-> Pour réserver un espace sur nos autobus et nos autos (ou pour offrir un lift), contactez solidaritesansfrontieres@gmail.com (mettez ’25 novembre’ dans le ligne objet).
-> Svp réserver AVANT 13h ce vendredi (24 novembre)
—–

ANTI-RACIST ALERT! Montreal mobilization to Quebec City on November 25
Oppose racism and Islamophobia! Support migrants and people of colour!

-> To reserve a space on our buses and cars (or to offer a lift) contact solidaritesansfrontieres@gmail.com (put ‘November 25’ in the subject line)
-> Please reserve BEFORE 1pm this Friday (November 24)

[English below]

Deux groupes d’extrême droite anti-immigration – Storm Alliance et La Meute – co-organisent une manifestation à Québec le samedi 25 novembre, à partir de 12h, à l’Assemblée nationale. Depuis le massacre à la mosquée de Ste-Foy en janvier dernier, ces groupes islamophobes ont intensifié leur présence et leurs activités publiques. Cette manifestation représente un moment clé pour le rassemblement des antiracistes afin de démontrer une opposition claire au racisme, à l’islamophobie, à l’antisémitisme et au fascisme croissant représentés par leur manifestation publique.

Tandis que ces groupes continuent à nier leur racisme, Storm Alliance et La Meute ont sans réserve permis la présence de trolls ouvertement islamophobes, antisémites, misogynes, transphobes, néonazis et racistes à leurs récentes manifestations. Leur manifestation prévue à Québec le 25 novembre fait partie de leurs efforts soutenus visant à rendre plus acceptables la haine et les reproches envers les groupes marginalisés de la société québécoise, en particulier les personnes musulmanes et/ou migrantes.

Des organisations antiracistes et antifascistes de la région de Montréal se mobiliseront pour se rendre à Québec le matin du 25 novembre. Cette mobilisation est un geste de soutien au Rassemblement populaire ‘Uni.e.s contre le racisme’ organisés par des groupes et allié.e.s de la région. (info: http://www.facebook.com/events/327052511094757/)

Nous encourageons la participation de toutes les personnes qui souhaitant s’opposer au racisme sous toutes ses formes, et dans la mesure du possible, nous nous efforcerons de garantir des espaces pour les personnes qui veulent participer de manière relativement sécuritaire.

Marquez le 25 novembre dans vos agendas pour vous assurer de pouvoir prendre le temps d’assister à la manifestation antiraciste et pro-immigration qui aura lieu à Québec, ou de soutenir d’autres personnes qui veulent y assister.

Opposons-nous au racisme sous toutes ses formes, ensemble et en solidarité!
— Un appel d’antifascistes et d’antiracistes de Montréal.

Info/Contact :
Web: www.Montreal-Antifasciste.info
Fb: www.facebook.com/MontrealAntifasciste/

-> Pour réserver un espace sur nos autobus et nos autos (ou pour offrir un lift), contactez solidaritesansfrontieres@gmail.com (mettez ’25 novembre’ dans le ligne objet).
-> Svp réserver AVANT 13h ce vendredi (24 novembre)
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* Informations générales sur les groupes d’extrême droite racistes et anti-immigration La Meute et Storm Alliance:

– Storm Alliance à Lacolle: Une manif pas raciste, mais…:
https://montreal-antifasciste.info/fr/2017/10/07/storm-alliance-a-lacolle-une-manif-pas-raciste-mais/

– Fiche de renseignements sur Storm Alliance :
https://montreal-antifasciste.info/fr/2017/09/14/fiche-de-renseignements-sur-storm-alliance/

– Membre néo-nazi de La Meute:
https://montreal-antifasciste.info/fr/2017/08/25/un-membre-supremaciste-blanc-de-la-meute-soi-disant-suspendu-etait-present-a-la-manifestation-de-quebec/

– La panique islamophobe du « Safarigate »:
https://montreal-antifasciste.info/fr/2017/07/05/elements-a-considerer-sur-la-panique-raciste-autour-du-safarigate/

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ANTI-RACIST ALERT! Montreal mobilization to Quebec City on November 25
Oppose racism and Islamophobia! Support migrants and people of colour!

-> To reserve a space on our buses and cars (or to offer a lift) contact solidaritesansfrontieres@gmail.com (put ‘November 25’ in the subject line)
-> Please reserve BEFORE 1pm this Friday (November 24)

Two far-right, anti-immigrant groups — the Storm Alliance and La Meute — are co-organizing a rally in Quebec City on Saturday, November 25 at 12pm at the National Assembly. Since the Ste-Foy mosque massacre in January, these Islamophobic groups have escalated their public presence and activities. Their upcoming rally in Quebec City represents a crucial and necessary moment for anti-racists to come together to oppose racism, Islamophobia, anti-Semitism and growing fascism.

While these far-right groups continue to deny their racism, the Storm Alliance and La Meute have unabashedly allowed the presence of open Muslim-haters, anti-Semites, misogynists, transphobes, neo-Nazis and racist boneheads at their recent protests. Their planned demonstration in Quebec City on November 25 is part of their continued attempt to mainstream their hatred and scapegoating of targeted and marginalized groups in Quebec society, particularly Muslims and migrants.

Local Montreal-area anti-racists organizations will be mobilizing to travel to Quebec City on the morning of November 25, in support of an anti-racist protest — Rassemblement populaire ‘Uni.e.s contre le racisme’ organized by local allies and organizers (info: http://www.facebook.com/events/327052511094757/)

We encourage the widespread participation of all who care about opposing racism in all its forms, and we will work to make space for people who want to participate in relatively safe and secure ways.

Mark your calendars for November 25, so that you can make time to attend the soon-to-be-announced anti-racist, pro-immigrant demonstration to take place in Quebec City, or to support others who would like to attend.

Together, in solidarity and support, let’s oppose racism in all its forms!
— A callout by local anti-racists and anti-fascists in Montreal.

Info/Contact:
web: www.Montreal-Antifasciste.info
fb: www.facebook.com/MontrealAntifasciste/

-> To reserve a space on our buses and cars (or to offer a lift) contact solidaritesansfrontieres@gmail.com (put ‘November 25’ in the subject line)
-> Please reserve BEFORE 1pm this Friday (November 24)
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* Background Information on the far-right, anti-immigrant, racist organizations Storm Alliance and La Meute:

– Storm Alliance at the Border: « We’re not racists but … »:
https://montreal-antifasciste.info/en/2017/10/10/storm-alliance-at-the-border-were-not-racists-but/

– Storm Alliance Factsheet:
https://montreal-antifasciste.info/en/2017/09/13/storm-alliance-factsheet/

– Neo-Nazi Member of La Meute:
https://montreal-antifasciste.info/en/2017/08/25/neo-nazi-member-of-la-meute-supposedly-suspended-present-at-quebec-city-demonstration/

– Islamophobic panic surrounding « Safarigate »:
https://montreal-antifasciste.info/en/2017/07/05/a-few-things-to-ponder-regarding-the-racist-panic-surrounding-safarigate/
Causes

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Tandis que ces groupes continuent à nier leur racisme, Storm Alliance et La Meute ont sans réserve permis la présence de trolls ouvertement islamophobes, antisémites, misogynes, transphobes, néonazis et racistes à leurs récentes manifestations. Leur manifestation prévue à Québec le 25 novembre fait partie de leurs efforts soutenus visant à rendre plus acceptables la haine et les reproches envers les groupes marginalisés de la société québécoise, en particulier les personnes musulmanes et/ou migrantes.

Des organisations antiracistes et antifascistes de la région de Montréal se mobiliseront pour se rendre à Québec le matin du 25 novembre. Cette mobilisation est un geste de soutien au Rassemblement populaire ‘Uni.e.s contre le racisme’ organisés par des groupes et allié.e.s de la région. (info: www.facebook.com/events/327052511094757/)

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Info/Contact :
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While these far-right groups continue to deny their racism, the Storm Alliance and La Meute have unabashedly allowed the presence of open Muslim-haters, anti-Semites, misogynists, transphobes, neo-Nazis and racist boneheads at their recent protests. Their planned demonstration in Quebec City on November 25 is part of their continued attempt to mainstream their hatred and scapegoating of targeted and marginalized groups in Quebec society, particularly Muslims and migrants.

Local Montreal-area anti-racists organizations will be mobilizing to travel to Quebec City on the morning of November 25, in support of an anti-racist protest — Rassemblement populaire ‘Uni.e.s contre le racisme’ organized by local allies and organizers (info: www.facebook.com/events/327052511094757/)

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L’extrême-gauche sous les feux des projecteurs!

Un mass media mainstream appartenant à Power Corp, pour ne pas le nommer,  enquête sur l’extrême-gauche du Québec

 

Les assauts de l’extrême gauche se multiplient au Québec

 

Plus de 1 million de dollars de matériel incendié en une nuit, des blessures graves infligées à coups de bouteille et de la machinerie sabotée : les attaques revendiquées par des groupes d’extrême gauche se multiplient depuis quelques mois au Québec, alors que tous les projecteurs sont tournés dans la direction opposée.

La police s’intéresse à une plateforme virtuelle où des anarchistes de tout le Québec se vantent de leurs exploits, a appris La Presse. Le site en question, « Montréal Contre-Information », enseigne aussi comment fabriquer des cocktails Molotov et saboter des oléoducs à la perceuse, et il appelle à profiter des tempêtes de neige majeures pour semer le « chaos social ».

Le site inquiète le Centre de prévention de la radicalisation, qui le compare à un blogue djihadiste, alors qu’un expert en sécurité constate une recrudescence récente des attaques perpétrées par cette mouvance.

Cachée derrière un mur informatique qui préserve l’anonymat de ses gestionnaires, cette plaque tournante de l’extrême gauche recense des dizaines d’attaques parfois inconnues jusqu’à maintenant et qui s’ajoutent au vandalisme à répétition perpétré contre des commerces qualifiés de « bourgeois » installés dans des quartiers populaires.

Des anarchistes y expliquent notamment avoir incendié des installations d’exploration pétrolière dans le Bas-Saint-Laurent en juillet dernier. Selon leur propriétaire, les pertes ont été évaluées à 1,2 million. Un chantier d’Hydro-Québec dans Lanaudière a été la cible de saboteurs en février : 50 000 $ en dommages, selon la société d’État. Un autre communiqué publié sur le même site revendique un « déboulonnage extrême » afin d’affaiblir des pylônes.

Des automobiles ont aussi été visées : des pneus tailladés dans une rue de « propriétaires de condos » en mars dernier et deux autos de luxe incendiées dans Saint-Henri en juillet.

Dans ce dernier cas, le site internet fait directement partie de l’enquête policière, a confirmé en entrevue le commandant Juan Vargas, qui dirige la section des incendies criminels du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

DEUX AGRESSIONS ARMÉES

En plus des dizaines d’attaques contre des bâtiments ou de l’équipement recensées sur cette plateforme, La Presse a appris que deux agressions armées survenues au mois d’août à Montréal – et qui font l’objet d’avis de recherche – étaient liées à l’extrême gauche.

Dans la nuit du 5 au 6 août, un homme aurait été attaqué à sa sortie du Bar L’Astral après avoir discuté de ses opinions politiques d’extrême droite avec son assaillant. Selon nos informations, la police soupçonne notamment un individu actif sur la scène musicale anarchiste, ainsi que deux femmes. « À un certain moment, le suspect prend la victime en encolure et la projette au sol », indique l’avis de recherche du SPVM.

«Pendant que la victime est maintenue dans cette position, les deux femmes la frappent avec un objet contondant, lui infligeant plusieurs lacérations sévères à la tête, à la main gauche, aux jambes et au corps.»

– Extrait de l’avis de recherche du SPVM

Puis, dans la nuit du 26 au 27 août, un groupe d’individus a été ciblé dans un bar du Plateau Mont-Royal par des militants « antifascistes ». « Ils sont venus dehors en tentant d’expliquer qu’ils n’étaient pas racistes », explique un communiqué envoyé à « Montréal Contre-Information ». « Après cinq secondes, une bouteille de bière était déjà cassée sur la tête de l’un d’entre eux. » Le texte conclut fièrement : « Disons qu’ils étaient tous en sang et pas mal amochés, trois d’entre eux ont été hospitalisés gravement. » Dans cette affaire, le SPVM recherche deux assaillants armés de bâtons télescopiques et un troisième armé d’une bouteille de bière.

« SIMILAIRE À UN BLOGUE DJIHADISTE »

Selon un expert en sécurité nationale et ex-agent des services de renseignement canadiens, les attaques commises par l’extrême gauche sont actuellement en recrudescence.

« Les statistiques démontrent bien que c’est en augmentation, » a affirmé Michel Juneau-Katsuya en entrevue téléphonique.

«On est aux prises avec une situation où l’extrême gauche fait autant partie du problème que l’extrême droite.»

– Michel Juneau-Katsuya, expert en sécurité nationale et ex-agent des services de renseignement canadiens

« Combien de bombes les islamistes radicaux ont réussi à faire sauter au Canada depuis le 11 septembre 2001 ? Zéro. Combien de bombes ont sauté au Canada depuis le 11 septembre 2001 ? Plus de 30 », a-t-il expliqué, en précisant que la majorité de ces attaques avaient été signées par des groupes d’écologistes ou d’extrême gauche.

De l’avis de Maxime Fiset, du Centre de prévention de la radicalisation, la plateforme « Montréal Contre-Information » est le produit d’un agent de radicalisation. « Il n’y a pas de doute là-dessus », a-t-il affirmé en entrevue téléphonique.

« Ce site centralise les informations destinées aux radicaux. Ils montrent aux radicaux comment employer la violence », a-t-il dénoncé.

M. Fiset n’hésite pas à faire le lien avec la mouvance islamiste. « C’est tout à fait similaire à un blogue djihadiste qui incite à aller en Syrie, a-t-il dit. La différence est dans la motivation idéologique, mais il n’en reste pas moins qu’un agent de radicalisation utilise un site pour inciter des gens à s’engager dans des actes de violence. »

Le ou les gestionnaires du site n’ont pas répondu aux courriels de La Presse. Leur hébergeur, l’entreprise française Gandi.net, n’a pas voulu révéler leur identité à La Presse.

Du côté de la Sûreté du Québec, on indique simplement que les enquêtes concernant ces attaques sont toujours en cours.

Des attentats à répétition

Si les attentats anti-embourgeoisement font la manchette de temps à autre, le contenu du site « Montréal Contre-Information » montre bien que les militants d’extrême gauche revendiquent des attaques un peu partout sur le territoire québécois.

50 000 $ EN DOMMAGES

Le 7 novembre dernier, à Verdun, des assaillants ont cassé la vitrine du magasin d’équipement de sécurité PSP, rue Wellington à Verdun, et ont aspergé la marchandise de peinture bleue. Le commerce « fournit les forces policières », justifient les responsables dans un communiqué publié sur Montréal Contre-Information. « À la suite de la montée de l’extrême droite au Québec, la police a défendu les racistes tout en leur permettant de répandre leur haine. » « Ils ont fait à peu près 50 000 $ de dommages », a expliqué Jason Campoli, copropriétaire, joint par La Presse. C’est son partenaire d’affaires qui a envoyé la lettre de revendication à la police.

DEUX VOITURES DE LUXE INCENDIÉES

Alors que la plupart des communiqués de revendication restent discrets sur le mode opératoire des responsables, les anarchistes qui disent avoir incendié deux voitures de luxe dans la rue Léa-Roback, dans le quartier Saint-Henri, décrivent la marche à suivre en détail, visiblement pour en inspirer d’autres. « Tout le matériel a pu être trouvé dans un magasin de camping », explique le texte. La photo publiée montre bien l’intensité des flammes. « Ne soyez pas surpris qu’on mette le feu à vos démonstrations de privilège éhontées », ajoute le communiqué. En tout, quatre voitures ont été endommagées.

De l'équipement de forage a été incendié en... (Photo tirée de l'Internet) - image 7.0

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De l’équipement de forage a été incendié en juillet dernier à Sainte-Jeanne-d’Arc, dans le Bas-Saint-Laurent, faisant 1,2 million en dommages.

Photo tirée de l’Internet

1,2 MILLION  EN DOMMAGES

L’événement était passé inaperçu jusqu’ici, mais de l’équipement de forage a été incendié en juillet dernier à Sainte-Jeanne-d’Arc, dans le Bas-Saint-Laurent, faisant 1,2 million en dommages. L’attaque a eu lieu sur un terrain de la firme d’exploration Squatex, mais l’équipement appartenait à l’entrepreneur Forages de l’Est. « Ils ont signé sur des conteneurs, cette gang de clowns-là », a expliqué le propriétaire de l’entreprise, Jacques Pelletier, sans préciser le nom utilisé. Selon un communiqué de revendication publié sur Montréal Contre-Information, les responsables se sont baptisés « Forces écosocialistes ». M. Pelletier a précisé que les enquêteurs lui auraient fait comprendre qu’en l’absence de témoins, l’enquête risquait d’être ardue.

PNEUS CREVÉS

Le 15 mars dernier, alors que le Québec affrontait une tempête d’une force rarement vue, un groupe d’anarchistes crevait les pneus de « près d’une douzaine de propriétaires de condos ». Le texte ne précise pas dans quel quartier de Montréal les méfaits ont été perpétrés. « Un peu moins de la moitié des voitures garées dans les stationnements des condos que nous avons visités avaient clairement une marque de luxe. Nous avons lacéré les pneus de toutes les voitures. Plusieurs yuppies décident de démontrer leur richesse autrement que par des BMW et des Mercedes », se justifie le groupe.

PYLÔNES AFFAIBLIS ?

La plus spectaculaire des attaques revendiquées sur la plateforme virtuelle date de septembre 2016 : « environ trente pylônes ont été les sujets d’une opération de déboulonnage » afin de les affaiblir, explique le texte accompagné d’une photo de dizaines de boulons et d’une autre de barres de fer. Le tout afin de protester contre une nouvelle ligne à haute tension. « On a ça sur notre radar », a expliqué Geneviève Chouinard, d’Hydro-Québec. Mais on s’interroge à la société d’État : « On n’a pas trouvé de vandalisme sur nos installations et même qu’après l’analyse de la photo, on doute que ce soit des pièces de nos équipements ». Fausse alerte ?

SABOTAGE DE 50 000 $

Dans un communiqué qui relate « des rumeurs » plutôt que de revendiquer directement l’action, des opposants à la construction de cette nouvelle ligne à haute tension affirment que des équipements situés sur un chantier d’Hydro-Québec à Saint-Émélie-de-l’Énergie, dans Lanaudière, ont été sabotés en guise de protestation. Vérification faite, « effectivement, il y a des véhicules qui ont été vandalisés », a expliqué la porte-parole Geneviève Chouinard. « On parle de dommages d’environ 50 000 $. » Ils appartenaient à un entrepreneur travaillant sur un projet de la société d’État. « Il paraît que le sous-contractant d’Hydro-Québec ne pourra prendre sa retraite comme prévu cette année à cause des dommages coûteux sur ses machines », se réjouit le texte.

MYSTÉRIEUX MÉFAIT

Le même communiqué mentionne « un sabotage du canon à neige de la station de ski Val Saint-Côme », toujours dans Lanaudière, toujours sans le revendiquer. « Il semble que les destructeurs de l’environnement n’ont pas de répit », indique le texte. Maxime Legros, directeur de la station, s’est dit surpris par le rapprochement avec l’extrême gauche. « Nous, on croyait plutôt que ça pouvait venir d’anciens employés ou d’employés insatisfaits », a-t-il dit, indiquant que les dommages étaient si importants que l’ouverture complète de la station a dû être retardée de 11 jours l’hiver dernier. Il estime les dommages totaux à 75 000 $.

PROJET MONTRÉAL ATTAQUÉ

Les restaurants et les épiceries fines ne sont pas les seuls à faire les frais de la lutte anti-embourgeoisement. Un groupe se vante d’avoir attaqué les bureaux de Projet Montréal dans Saint-Henri, le 19 mai dernier. « On s’était fait lancer deux ou trois roches, une dans le logo et une dans la vitrine à l’avant », a confirmé Youssef Amane, responsable des communications de la formation politique. Projet Montréal joue un rôle « dans la gentrification du quartier en sortant l’argument de la mixité sociale », dénoncent les auteurs de l’attaque. Le même soir, un supermarché IGA du coin a aussi été attaqué (« la bouffe y est trop chère »), tout comme un restaurant.

ATTAQUE À L’EXTINCTEUR

L’attaque à la peinture semble un modus operandi prisé des anarchistes. Au début du mois de juillet, des militants se sont vantés d’avoir coloré un train de VIA Rail en marche parce que sa locomotive arborait les couleurs du 150e anniversaire du Canada. Une vidéo diffusée sur la plateforme montre deux individus s’approchant de la voie ferrée et activant des extincteurs remplis de peinture. « Le Canada essaie de blanchir 150 années de violence coloniale », explique leur texte de revendication.

SABOTAGE DE MACHINERIE LOURDE

En août, la plateforme a diffusé un communiqué revendiquant le « sabotage de machinerie lourde » sur un terrain vague d’Hochelaga-Maisonneuve où est planifié un agrandissement du port de Montréal. « Trois machines ont été sabotées de plusieurs manières – des filtres à air ont été enlevés, des réservoirs d’antigel et d’essence ont été contaminés, d’autres réservoirs de fluides ont été vidés et des câbles électriques cachés ont été déconnectés », explique le texte. C’est l’entreprise Ray-Mont Logistics qui doit s’installer sur le terrain, mais elle fait face à une opposition citoyenne. L’entreprise n’a toutefois pas rappelé La Presse.

 

Source: http://www.lapresse.ca/actualites/201711/23/01-5144566-les-assauts-de-lextreme-gauche-se-multiplient-au-quebec.php

Manifestation antifa et antiraciste de Montréal pour s’opposer à la montée de l’extrême-droite

Les manifestantEs, estiméEs à environ 5 000 par les organisateursTRICES, ont marché dans les rues de Montréal ce dimanche 12 novembre pour s’opposer à la haine, au racisme, à l’extrême droite et à la loi sur la neutralité religieuse.

Réunis à la place Émilie-Gamelin, les marcheurs se sont rendus à la Place du Canada, au centre-ville, où la statue de l’ancien premier ministre du Canada John A. Macdonald et « Père de la Confédération canadienne » (1867) a été aspergée de peinture rouge dans la nuit de samedi à dimanche. Un groupe « antiraciste et anticolonialiste », déclarant ne pas faire partie de l’organisation de la marche, a revendiqué le coup d’éclat. L’un des Pères de la Confédération aurait été, selon eux, un « raciste ».

Par cette manifestation, les organisateurs visaient notamment les groupes ultranationalistes, tels que La Meute, et l’adoption de la loi 62 sur la neutralité religieuse, qui impose de donner et recevoir des services à visage découvert.

Des slogans ont également été scandés, notamment ceux-ci:  SoSoSo solidarité avec avec la Palestine; Make racist afraid again; un peuple uni jamais ne sera vaincu; un peuple armé jamais ne sera vaincu; À qui la rue, À nous la rue!

Abattre le capitalisme

Construire la solidarité

Brève histoire du Secours Rouge International (SRI/RHI) et de sa section belge

 

Décembre 1922 – Fondation du MOPR en Russie soviétique

C’est le 29 décembre 1922 que la Société des vieux bolcheviks, lors d’une de ses sessions, lance l’idée d’une association russe ’d’aide et de solidarité internationale aux combattants de la Révolution’ (MOPR) ; celle-ci reçoit le nom de Secours rouge. Très vite, l’idée est reprise par l’Internationale Communiste et le Secours Rouge s’adjoint de nombreuses sections nationales. Lors de sa première conférence, le Secours Rouge définit ses buts : ’La conférence souligne particulièrement la signification politique du S.R.I. comme un des leviers les plus importants du front unique pour attirer les larges masses des travailleurs et des paysans sans distinction de parti à la solidarité avec les combattants révolutionnaires emprisonnés.’ L’organisation se veut donc la plus large possible mais se dote d’une structure très centralisée : le congrès des associations nationales membres, réuni au moins tous les deux ans, élit un Comité Exécutif siégeant deux fois par an ; ce dernier choisit en son sein un Présidium de neuf membres.

 

Le premier logo du SRI

 


Affiche du SRI : ’Au secours ! camarade / c’est pour toi que je suis en prison / ne l’oublie pas / ne m’oublie pas / adhère au Secours Rouge International’

 


Affiche du MOPR

1922-1924 – Julian Marchlewski, premier président du SRI

Julian Marchlewski était un des co-fondateurs, en 1893, avec Rosa Luxembourg du Parti social-démocrate de Pologne qui est dissout deux ans plus tard à la suite d’arrestations massives. Il prend part en Pologne à la révolution de 1905. Il rejoint le parti bolchevique, émigre en Allemagne où il est co-fondateur de la Ligue Spartakus et participe à la lutte révolutionnaire en Allemagne. Il est arrêté et plus tard échangé avec la Russie soviétique contre un espion allemand. En 1920, il dirige le Comité révolutionnaire polonais provisoire qui voulait proclamer la République socialiste soviétique polonaise, et qui est dissout après la contre-offensive des armées blanches et la victoire de la réaction en Pologne. Il sera le premier président du Comité Central du SRI jusqu’à sa mort, survenue en 1925.

 


Julian Marchlewski

 


Affiche pour le cinquième anniversaire du MOPR/SRI

Septembre 1924 – Le SRI compte déjà 19 sections nationales

En septembre 1924, le SRI tient sa première Conférence internationale. Il réunit à ce moment 19 sections nationales, à savoir :

Allemagne : Rote Hilfe Deutschlands
Autriche : Osterreichische Rote Hilfe
Bulgarie : Organisation für die Unterstützung für die Opfer der kapitalistischen Diktatur
Espagne : Socorro Rojo Internacional
France : Secours Rouge International
Grande-Bretagne : International Class War Prisoners Aid
Mexique : Liga Pro Luchadores Perseguidos
Norvège : Norges Roede Hjelp
Pays-Bas : Rode Hulp Holland
Pologne : Kommission für die Unterstützung von politischen Gefangenen
Suède : Internationella röda hjälpen – svenska sektionen
Union soviétique : Internationale rote Hilfe fûr die Kämpfer der Revolution
USA : International Labor Defense

 


N° du bulletin international du SRI (ici dans l’édition allemande) consacré à la première Conférence internationale du SRI.


Carte postale éditée par la section britannique du SRI lors du procès de 12 dirigeants du Parti communiste de Grande-Bretagne accusés de ’publications sédicieuses’ et ’d’appel à la mutinerie’. Les 12 furent jugés coupables par un tribunal londonien.

1921-1922 – SRI et SOI

Le Secours Ouvrier International est créé en 1921, un an avant le SRI. Son fondateur est Willy Münzenberg, proche de Lénine, futur député du parti communiste d’Allemagne, très lié aux milieux de l’avant-garde artistique. C’est l’époque du vote du Komintern en faveur de la politique de front unique, entraînant le développement d’organisations de masse. 1921, c’est aussi l’époque de la grande famine en URSS. Le 13 juillet, Maxime Gorki lance un appel international pour que l’on vienne en aide aux affamés. De retour d’un voyage dans ce pays, l’Allemand Münzenberg crée l’Internationale Arbeitershilfe (IAH, SOI en français) rassemblant de nombreuses organisations de gauche et des personnalités du monde entier, comme Albert Einstein, Anatole France, Henri Barbusse. Bientôt partiront du monde entier des bateaux de vivres, sous les auspices du SOI. Le SOI devient tellement puissant qu’il installe toutes sortes d’usines en URSS, bâtit des immeubles, répare les anciens.

Dans un second temps, le SOI devient l’organisation d’entraide internationale du prolétariat en lutte. Le SOI organise des collectes pour soutenir les grévistes, accueille les enfants des grévistes, etc. Les enfants des grévistes du Borinage seront ainsi recueilli par des familles ouvrières françaises et allemandes la durée de la grève.


Willi Münzenberg

 


Carnet de membre de la section belge du SOI


Septembre 1932. Solidarité du groupe de Daveil (région parisienne) du SOI avec les enfants de mineurs grévistes. A doite, assis, Denis, responsable du groupe draveillois du SOI. A droite, debout, Picard, responsable du groupe draveillois du SRI.

Ecouter Ernst Buch qui chante la marche du SOI: http://www.youtube.com/watch?v=ohrBwEcCDLA&feature=related

1924-1933 – Clara Zetkin, présidente du SRI

A la mort de Julian Marchlewski, c’est la grande dirigeante communiste féministe allemande Clara Zetkin qui assume la présidence du SRI. Née en 1857, elle fréquente dès le milieu des années 1870 les mouvements féministes et adhère au parti socialiste. Après l’interdiction du parti par Bismarck en 1870, elle s’exile à Zurich. A Paris, elle participe activement à la fondation de la Deuxième Internationale où elle réclame l’égalité complète des droits professionnels et sociaux de la femme ainsi que sa participation active à la lutte des classes. De retour en Allemagne après l’abrogation des lois anti-socialistes, elle développe le mouvement féminin socialiste et milite sans relâche pour les droits des femmes. En 1907, lors de la première conférence internationale des femmes socialistes, Clara Zetkin est désignée à la présidence du secrétariat international des femmes socialistes à Stuttgart. Le 8 mars 1910, lors de la 2e Conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, elle propose la création d’une ’journée de manifestation annuelle afin de militer pour le droit de vote, l’égalité entre les sexes, et le socialisme’. Cette initiative est à l’origine de la Journée Internationale des Femmes qui se déroule tous les ans le 8 mars. Elle participe à l’aile gauche du parti social-démocrate allemand et devient très proche de Rose Luxemburg. Opposante à la première guerre mondiale, elle participe avec Rosa Luxemburg à la création en 1915 de la Ligue Spartakiste et elle mène de nombreuses actions pacifistes, et organise notamment une conférence internationale pacifiste des femmes socialistes en 1915 à Berlin, ce qui lui vaudra d’être arrêtée à plusieurs reprises. La révolution allemande de novembre 1918 permet au mouvement féministe d’obtenir le droit pour les femmes de voter et d’être élues. Clara Zetkin adhère au Parti communiste d’Allemagne. Elle est ensuite députée du KPD de 1920 à 1933. Elle sera membre de la direction du KPD et de l’International communiste. En août 1932, présidant le Reichstag en tant que doyenne, elle appellera à combattre le nazisme. Contrainte à l’exil après l’arrivée des nazis au pouvoir et l’interdiction du Parti Communiste d’allemagne (KPD), elle meurt quelques semaines plus tard à Moscou.

 


Clara Zetkin

Voir notre dossier sur Clara Zetkin: https://secoursrouge.org/clara-zetkin

Mai 1925 – Fondation de la section belge du SRI

Son président en est depuis mai 1925 l’écrivain Charles Plisnier (membre du PCB depuis 1921) qui, outre à titre de dirigeant du SRI, participe à de nombreux congrès, voyage dans toute l’Europe comme émissaire de l’Internationale des Jeunesses Communistes, échappe de justesse à la terreur blanche qui sévit dans les Balkans, est nommé commissaire politique lors de l’insurrection soviétique de la Ruhr, participe au Congrès de Moscou et est élu au Présidium juridique international.

 


Charles Plisnier

1926-1927 – La campagne pour Sacco et Vanzetti


Sacco et Vanzetti

Les années 1919-1920 sont des années de crise aux Etats-Unis. En 1919, on recense 4,1 millions de grévistes qui réclament de meilleurs salaires et une réduction du temps de travail. Les grèves dégénèrent en violence et donnent lieu à des affrontements dans plusieurs grandes villes, comme à Boston. L’année 1920 est marquée par de nombreux attentats anarchistes : les responsables politiques sont touchés, comme le maire de Seattle ou celui de Cleveland, chez lequel une bombe explose. Les bureaux de la banque Morgan à Wall Street sont soufflés par un attentat qui fait 38 morts et 200 blessés. Les autorités prennent des mesures de répression contre les anarchistes mais aussi contre les communistes et les socialistes américains. Certains sont emprisonnés, d’autres contraints de s’exiler.

Le 5 mai 1920, deux anarchistes italiens, Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti sont arrêtés ; ils sont soupçonnés d’avoir commis deux braquages (le 24 décembre 1919 à Bridgewater et le 15 avril 1920 à South Braintree où deux convoyeurs sont tués). Le 16 août 1920, Vanzetti seul est condamné pour le premier braquage à 15 ans de prison. Le second procès qui se clôt le 14 juillet 1921 les condamne tous les deux à la peine capitale pour les crimes de South Braintree, malgré le manque de preuves formelles. Des comités de défense et le Secours Rouge y joue un rôle de premier plan. Le 12 mai 1926, leur condamnation à mort est confirmée. Le 26 mai, un bandit dénommé Madeiros avoue de sa prison être l’auteur du braquage de South Braintree, mais le juge refuse d’en tenir compte. Malgré une mobilisation internationale intense et le report à plusieurs reprises de l’exécution, Sacco, Vanzetti et Madeiros passent sur la chaise électrique dans la nuit du 22 au 23 août 1927, suscitant une immense réprobation. Le 23 août 1977, exactement 50 ans après, le gouverneur du Massachusetts absout les deux hommes.


Manifestation pour Sacco et Vanzetti à Paris le 7 août 1927

 


30 mai 1927 : Manifestation à Bruxelles du Secours Rouge pour Sacco et Vanzetti

 


Les banderoles du Secours Rouge pour la manifestation du 30 mai 1927 à Bruxelles

Notre dossier sur l’affaire Sacco et Vanzetti: http://www.secoursrouge.org/L-affaire-Sacco-et-Vanzetti

Avril-juillet 1928 – La crise avec la fraction trotskiste

En 1928, Plisnier et quelques membres de la section belge du SRI (dont le secrétaire général Guyomard) s’alignent sur Trotsky, en opposition à la direction collective Staline-Zinoniev-Kamenev (la ’troïka’). La fraction, qui contrôle le Comité Central, essaie d’entraîner la section belge du SRI dans la voie d’un conflit avec l’Internationale Communiste. La direction internationale (le Comité Exécutif et le Présidium) du SRI prononça la dissolution du Comité Central belge au motif qu’il aurait violé la plate-forme du SRI, tandis qu’au sein de la section belge, la lutte de lignes est acharnée (les fédérations bruxelloise et liégeoise rejetèrent ouvertement la ligne du Comité Central contrôlé par les trotskistes et cessent de lui remettre les cotisations). La crise se solda par l’exclusion des trotskistes, et principalement de Plisnier. Celui-ci continuera un temps son engagement trotskiste, puis renoncera très vite à toute activité politique pour se consacrer à la littérature (prix Goncourt 1937 pour Faux passeport, roman basé sur son expérience d’émissaire de l’Internationale Communiste).


La brochure par laquelle la fraction trotskiste de la section belge du SRI a tenté d’obtenir, en juillet 1928, le ralliement de l’ensemble du SR.

Décembre 1928 – Pierre Vermeylen, président de la section belge du SRI

Après l’exclusion de Plisnier, c’est le brillant avocat Pierre Vermeylen qui prend la direction de la section belge du SRI. Pierre Vermeylen avait été membre des Jeunesses Communistes puis du Parti Communiste. Il démissionna du Parti Communiste en 1930, en raison de plusieurs désaccords politiques, sans pour autant renoncer à son engagement dans le Secours Rouge. Sous sa présidence le Secours Rouge connaîtra en Belgique un grand développement.

Pierre Vermeylen était alors entouré d’une remarquable équipe d’avocats qui s’engagera dans la Résistance et sera décimée par la Gestapo : Maurice-Robert Beublet (décapité à la hache à Berlin), l’avocat Jean Bastien (mort au camp de concentration de Sachsenhausen) ou Robert Lejour (qui lui succédera à la tête du SR et qui sera abattu par ses geôliers à la prison de Liège). D’autres survécurent comme l’avocat cinéphile Jean Fonteyne (futur sénateur communiste entre 46-49), comme Albert Van Ommeslaghe (qui sera également sénateur du PCB après-guerre), Luc Peereboom (futur juge de paix), Georges Van Steenbeek, Israël Joudanine, Jacques Cyprès, et quelques autres.


Pierre Vermeylen plaidant en Cour d’assises. A sa gauche, maître Luc Peereboom, également membre du Secours Rouge.

Juin-juillet 1932 – La grande grève des mineurs

La crise économique touche durement les charbonnages et le patronat en fait peser le poids sur les mineurs qui vivent déjà dans une misère noire. Le chômage touche un ouvrier sur cinq à une époque où l’assurance chômage n’est pas universelle et où les conditions d’attributions viennent encore d’être réduites. De nouvelles baisses de salaires sont décidées alors que, les mois précédents, les salaires avaient déjà chutés de 30% ! Le 28 juin, la grève éclate au Borinage, elle s’étend dans le Centre. Le 7 juillet, il y a 30.000 grévistes au Borinage et 15.000 dans le Centre et à Charleroi. Les puissantes organisations socialistes n’interviennent pas ; seuls le Parti Communiste, le Secours Rouge et, surtout, le Secours Ouvrier International organisent la solidarité. La répression policière et patronale est terrible : manifestants tués, familles grévistes expulsées de leur maison, etc., et cela dans le black-out médiatique. A Roux, le bourgmestre socialiste décrète l’interdiction de rassemblement. Les femmes prennent alors la tête des manifestations, afin de tempérer quelque peu la répression, en brandissant banderoles et calicots sur lesquels on peut lire ’Non à la crise’, ’Plutôt la mort que la faim pour nos enfants’, obtenant des travailleurs des autres secteurs qu’ils se joignent à la grève. Les dirigeants socialistes et les syndicats réformistes dénoncent les travailleurs révolutionnaires à la police. L’Etat de siège est proclamé à Mons, Charleroi et Liège, les rassemblements de plus de 5 personnes étaient interdits en rue. La grève prend un caractère insurrectionnel : des barricades sont construites, le château d’un directeur de charbonnage est incendié. Le gouvernement fait intervenir l’armée qui doit protéger non seulement les charbonnages mais aussi les Maisons du Peuple contre les grévistes rendus furieux par la trahison des socialistes. Les enfants des familles grévistes sont accueillis dans des familles ouvrières allemandes et françaises membres du SOI. Voyant le prolétariat dénoncer sa politique de plus en plus largement, les centrales socialistes tentent de reprendre le contrôle. Elles décrètent une grève, obtient des avantages mineurs et organise la fin du mouvement.

 


Manifestation dans le Borinage (Roux) en hommage à un ouvrier assassiné dans cette localité par la police lors de la grève de 1932, filmée par Jean Fonteyne en 1933.


9 juillet : notre SR fleurit le monument Tayenne au cimetière de Marchienne

 

Juillet 1932 – Le gouvernement interdit le Secours Rouge

Alors que la grève des mineurs prend un caractère insurrectionnel, le gouvernement tente de proscrire les seules forces qui soutiennent les mineurs. Il fait poursuivre le Parti Communiste pour ’complot’. Il fait arrêter les principaux dirigeants communistes : Glineur, Lahaut, Cordier, Thon, Leemans, et bien d’autres encore (on n’osa toutefois pas s’en prendre à Jacquemotte, devenu député). Les journaux communistes sont purement et simplement interdits tout comme la Centrale Révolutionnaire des Mineurs (CMR), l’Opposition Syndicale Révolutionnaire, les Amis de l’URSS… et le Secours Rouge. C’est l’équipe des avocats du Secours Rouge qui s’occupa de la défense des dirigeants communistes et des organisations poursuivies. Elle arracha la libération des dirigeants et, après des mois de guérilla juridique, obtint le non-lieu pur et simple. Le ’complot’ n’irait jamais devant un tribunal.

1932-1933 – ’Misère au Borinage’

En 1933, un membre important de la section belge du Secours Ouvrier International, (il dirigeait sa Commission de politique sociale) le docteur Paul Hennebert, mène l’enquête sur 25 familles du coron d’un charbonnage où les représailles patronales consécutives à la grève de 32 sont féroces. Ni les syndicats socialistes ni l’Assistance publique n’interviennent. Les familles sont expulsées de leur maison. Le résultat de l’enquête paraît dans une brochure publiée par la section belge du SOI en juillet 1933, une brochure bouleversante intitulée On crève de faim au levant de Mons. De son côté, l’avocat cinéphile Jean Fonteyne, membre du Secours Rouge, avait filmé la manifestation pour Tayenne.
Cela amène André Thirifays (animateur du Club de l’Ecran) à proposer à Henri Storck de réaliser un film sur le sujet. Jean Fonteyne qui était à la fois responsable au Secours Rouge et animateur du Club de l’Ecran, réalise des repérages, trouve un financement, obtient la collaboration des familles ouvrières qu’il connaissait bien, puisqu’il les avait plus d’une fois défendues en tant qu’avocat du Secours Rouge. Henri Storck, auquel s’est joint Joris Ivens, commence la réalisation. Avec très peu d’argent, devant se cacher de la police mais soutenus par toute la population, le tournage se passa dans des conditions difficiles et exaltantes. Comme tout documentaire, il mêle la réalité et la fiction et ceci d’autant plus prodigieusement que ce mélange ne relève pas de la volonté directe des réalisateurs. En effet, dans le film, les deux auteurs avaient organisé, avec des figurants borains, une manifestation de mineurs marchant derrière un portrait de Karl Marx. Les manifestants tenaient en fait leur propre rôle dans la manifestation d’hommage à un ouvrier gréviste tué par la police. Les habitants du corons y participèrent comme à une vraie manifestation. La gendarmerie prit aussi cette reconstitution pour une vraie manifestation et intervint brutalement pour la disperser, ce que la caméra de Storck et Ivens filma également.

’Crise dans le monde capitaliste. Des usines sont fermées, abandonnées. Des millions de prolétaires ont faim !’ C’est sur ces mots de manifeste et de révolte que s’ouvre ce film fondateur du cinéma belge et une des références les plus importantes du film documentaire. Le film est dur, magnifique. Il a gardé toute sa force, son impact émotionnel d’indignation et de compassion. Il a donné à la classe ouvrière les images les plus fortes de son histoire et de ses luttes. Parmi elles : les expulsions, l’entassement des enfants dans les maisons taudis, leurs visages émaciés et absents, la procession avec le portrait de Karl Marx, le ramassage du mauvais charbon sur les terrils à l’aube, le mineur mendiant etc., sans oublier le choc du raccord des plans : les maisons vides, alors que des sans-abri dorment dehors, une quasi-famine et aucune aide tandis que des sommes importantes sont dépensées pour la construction d’une église…


Joris Ivens, Henri Storck et Jean Fonteyne sur le tournage de Misère au Borinage

Pour en savoir plus sur le film: http://www.fondshenristorck.be/index.php?option=com_virtuemart&page=shop.product_details&flypage=shop.flypage&category_id=1&product_id=42&Itemid=50&vmcchk=1&Itemid=50

Novembre 1932 – Premier congrès du Secours Rouge International

C’est en novembre 1932, à l’occasion du dixième anniversaire du SRI, qu’eu lieu, à Moscou, dans la célèbre salle des colonnes de la Maison des syndicats (là où s’était tenu le congrès de l’Internationale syndicale rouge, où l’on exposera la dépouille de Staline), le premier Congrès international du Secours Rouge. Le SRI compte à cette époque 71 sections nationales totalisants 13,8 millions de membres (5.556.000 pour l’URSS). Pierre Vermeylen y représentait la section belge tandis que la section française était représentée par Marie-Louise Cachin, fille du fondateur du PCF, brillante avocate.


La brochure reprenant des textes et résolutions du premier congrès international du SRI

Octobre 1934 – Pour les insurgés asturiens

 

Affiche du SR d’Espagne en soutien aux familles des insurgés des Asturies

En octobre 1934, des insurrections prolétariennes ont lieu à Madrid, en Catalogne et dans les Asturies. Dans les deux premiers cas, la contre-révolution triomphe assez facilement. En revanche, des soviets sont organisés dans la seule région qui y soit prête, la région minière des Asturies. Cette insurrection est parfois appelée la ’Commune espagnole’ ou la ’Révolution d’octobre’ puisqu’elle culmine en octobre 1934 lorsque l’armée rouge des mineurs contrôle un territoire de quelques 1.000 km² autour d’Oviedo et au sud de cette ville. L’insurrection est matée dans le sang par les troupes d’Afrique commandées par Franco. La répression ordonnée par le gouvernement est terrible : 1.000 morts et 20.000 prisonniers pour lesquels le Secours Rouge International fait campagne.

Notre dossier sur l’insurrection des Asturies: http://www.secoursrouge.org/En-el-pozo-Maria-Luisa

Années ’30 – Le SRI au zénith

Le danger fasciste augmenta considérablement les responsabilités, les tâches, mais aussi l’écho et la popularité du Secours Rouge International. De nouvelles sections nationales apparaissent, tandis que celles qui ne souffrent pas directement de la répression fasciste (comme en Pologne, en Italie et bientôt en Espagne et en Allemagne) connaissent un grand développement.

Voir à ce propos le document suivant : http://www.contre-informations.fr/archivesfrance/pcf2/doc22.pdf

Rapport sur le Secours Rouge en France en 1935http://www.contre-informations.fr/archivesfrance/pcf2/doc22.pdf

Der Rote Helfer (’Le secouriste rouge’), mensuel de la section allemande du SRI (1928)

Labor Defender

Labor Defender, mensuel de la section américaine (1932)

Réunion de la section mexicaine

Réunion de la section mexicaine du SRI, photo de Tina Modotti, qui était une dirigeante importante du SRI.

Le chant du Secours Rouge

- Pour briser l’ardeur des meilleurs combattants,
- Pour vaincre l’essor ouvrier montant,
- Le Bourgeois fait donner sa police.
- Prison, tribunaux, matraqueurs, répression,
- Fascistes tout prêts à servir les patrons,
- Ont jeté tout un peuple au supplice.

- Contre ce monde malade
- Jusqu’au jour de l’assaut final
- Protégeons nos camarades
- Qu’un régime infernal
- Frappe dans nos rangs
- Secours à nos combattants !

- Martyrs blancs et noirs des pays coloniaux,
- Chinois et Roumains tous unis au tombeau,
- Innocents qu’on refuse d’absoudre
- Vos cris resteraient sans écho, sans espoir
- Si chacun de nous comprenant son devoir
- N’allait vers vous par le Secours Rouge.

- Refrain

- Chacun des méfaits du bourgeois assassin
- Dressant contre lui tout le genre humain
- Porte atteinte à sa propre puissance.
- Unis par ses coups ceux qu’il frappe si fort
- Invinciblement lui préparent le sort
- Du tsarisme écroulé dans sa fange.

- Refrain

Pour écouter la musique

Francesco Lo Sardo

L’avocat Francesco Lo Sardo, premier communiste sicilien à entrer au parlement italien (en 1924), dirigeant de la section italienne du SRI, arrêté en 1926 par la police mussolinienne et condamné par un Tribunal spécial. Il mourut à la prison de Poggioreale le 30 mai 1931

Septembre 1933 – Le procès et de contre-procès du Reichstag

Le 27 février 1933, le Reichstag (parlement) était en feu. Les nazis hurlèrent au complot communiste et instaurèrent un régime de terreur. La police allemande avait arrêté à Berlin le dirigeant communiste Dimotrov et deux autres bulgares et l’accusait de l’incendie du Reichstag en complicité avec un vagabond hollandais arrêté sur les lieux de l’incendie, Van der Lubbe, et le président de la fraction communiste au Reichstag, Torgler.

Willi Münzenberg organisa un grand contre-procès. Le président de la section belge du Secours Rouge, Pierre Vermeylen, était le seul ’apparenté communiste’ du jury. Münzenberg avait veillé à ce qu’il fut pluraliste. Le président du contre-procès était le King’s Councellor Pritt du barreau de Londres. A ses côtés siégeaient l’avocat new-yorkais célèbre pour avoir défendu Sacco et Vanzetti. Siégeait aussi dans la commission le bourgmestre socialiste de Stockholm, un avocat français, une parlementaire libérale néérlandaise, etc. Le contre-tribunal siégea à Londres et rendit son verdict trois jours avant l’ouverture du procès de Berlin, le 18 septembre, en déclarant qu’il était bien probable que le véritable incendiaire fut Hermann Goering, alors ministre de l’intérieur du Land de Prusse.

Au procès, Dimitrov se défendit froidement des accusations et réplique en accusant ses accusateurs, poussant Goering à la faute. Ce procès vaudra à Dimitrov une renommée mondiale. Après avoir été acquitté, il gagne l’Union Soviétique, devient secrétaire général de l’Internationale Communiste de 1934 à sa dissolution en 1943. En 1944, Dimitrov retourne en Bulgarie dont il dirige le Parti communiste, et fonde la République populaire de Bulgarie.

Procès du Reichstag

Procès du Reichstag : Debouts, à gauche Van der Lubbe, au centre Dimitrov.

Contre-procès

Le contre-procès : Pierre Vermeylen est le dernier à droite au dernier rang.

1934 – Bob Claessens, responsable à la section belge du SRI

En 1934, Bob Claessens devient secrétaire régional pour Anvers de la section belge du Secours Rouge International, et finalement membre du Comité exécutif du SRI en Belgique. Avocat, il plaide dans tous les procès politiques. C’est pour le SRI qu’il part en 1937 en Espagne avec mission d’unifier l’aide sanitaire et de rationaliser le service de santé militaire (un de ses deux parrains au Parti, Pierre Ackerman, commissaire politique de la 12e Brigade Internationale, tombe à ce moment sur le front de Madrid). Claessens participe aux travaux du Bureau Européen du SRI en 1937, à Paris, et devient secrétaire international de l’organisation.

Arrêté par la Gestapo en juin 40, il est détenu à Breendonck puis déporté à Neuengamme (où il commença son oeuvre de conférencier au profit de ses co-détenus), puis à Dachau. A la libération, il collabore au journal du Front de l’Indépendance où ses articles sur l’art sont remarqués, plaide et travaille dans le cabinet d’un ministre communiste jusqu’en 46. En 47, il devient responsable des intellectuels du Parti communiste. En 48, il est élu au Comité central et devient responsable à l’appareil de propagande. Il donnera dès lors libre cours à son éclatant talent de conférencier devant des salles combles d’où sortira le Cercle d’Education Populaire. Le succès populaire de ses conférences amena la RTBF à l’inviter pour des causeries sur la peinture à la radio et à la télévision à partir de 1963. En 1969, Claessens publie son chef d’œuvre : Notre Breughel. Il aura le temps d’en mesurer le succès avant de mourir le 7 août 1969.

Bob Claessens

Bob Claessens après-guerre, en conférencier du CEP

1935 – Robert Lejour, président de la section belge du SRI

En 1935, Pierre Vermeylen s’oppose à son tour à la ligne du Praesidium du Secours Rouge International. Il démissionne de son poste, et s’éloigne du mouvement communiste pour se rapprocher du parti socialiste, dans les rangs duquel il sera après-guerre sénateur et ministre. C’est l’avocat Robert Lejour, devenu membre du Parti Communiste, et qui avait accompagné Vermeylen à Moscou en juillet 1934 lors de la discussion entre le Comité Central de la section belge et le Praesidium international, qui en devient président. Sous l’occupation nazie, Robert Lejour fut le fondateur du mouvement ’Justice Libre’, qui regroupait les avocats, les juristes et les juges résistants dans le cadre du Front de l’Indépendance. Il dû passer à la clandestinité le 16 décembre 1942. Il commanda une unité de partisans armés jusqu’à son arrestation le 9 mai 1944. Robert Lejour fut abattu le 22 juin à la prison de Liège par un geôlier nazi.

Robert Lejour

Robert Lejour

1936-1939 – La guerre d’Espagne

Préparé de longue date, le soulèvement militaire fasciste éclate le 17 juillet 1936, mais sa mise en échec partielle contraignit les militaires putchistes (soutenus par l’Eglise, Hitler et Mussolini), et le gouvernement de Front Populaire (soutenu par l’URSS et, très timidement, par les démocraties occidentales) à se livrer une guerre totale, imprévue, longue et meurtrière. Dans la logique du Front Populaire, le Secours Rouge est devenu en France le Secours Populaire : il est en première ligne pour aider l’Espagne républicaine. En Belgique comme partout, les membres du SRI organisent des quêtes pour acheter du lait pour les enfants d’Espagne, des collectes de vivres et de vêtements. Des camions de la solidarité parcourent la campagne, on affrète des péniches, des trains et des bateaux.

Affiches du SRI catalan

Affiches du SRI catalan

Affiche du comité de Valence

Comité de Valence du SRI espagnol

1933-1940 – Le soutien aux antinazis exilés ou emprisonnés

Les campagnes pour dénoncer les crimes nazis, celle exigeant l’acquitement de Dimitrov, celle exigeant la libération de Thaelmann (dirigeant du Parti Communiste d’Allemagne) eurent un grand retentissement. Le Comité Thaelmann, créé à Paris en mars 34, avait organisé en outre un grand nombre de meetings (rassemblant plus de 100.000 personnes rien qu’en 1935 !), lâché des centaines de ballons sur l’Allemagne sur lesquels étaient écrit Freiheit für Thälmann, envoyé des délégations, organisé un contre-tribunal avec 300 juristes, etc.

Le Secours Rouge allemand souffrira beaucoup de la répression nazie. Par milliers, ses membres et ses dirigeants sont envoyés en camp de concentration. Ils seront nombreux à être exécutés, comme Johanna Kirchner qui avait été emprisonnée par Vichy et livrée à la Gestapo en 1942. C’est une des rares dirigeantes du Rote Hilfe qui venaient du parti socialiste. D’abord condamnée à dix années d’emprisonnement, Johanna Kirchner fut rejugée et exécutée le 9 juin 1944. Le Secours Rouge a pu maintenir une activité clandestine sporadique. C’est ainsi qu’un autre dirigeant du Rote Hilfe, Wilhelm Beuttel qui avait reconstitué l’organisation en Allemagne fut arrêté par la Gestapo en 1943 et exécuté en 1944.

Le Défense

Le Défense, journal de la section suisse du SRI (juillet 1935). Le Secours Rouge suisse organisa en grand l’accueil des réfugiés antinazis.

Tribunal

Tribunal, journal de la section allemande du SRI (Mars 1936). Ce type de journal était soit imprimé et diffusé clandestinement dans le Reich, soit imprimé dans les pays voisins et introduit clandestinement en Allemagne.

Affiche de la section belge

Affiche de la section belge du SRI dénonçant l’expulsion par la justice et la police belge d’antinazis allemands vers le Reich hitlérien (1936). Dessin de Wilchar.

1936-1939 – Dans les griffes de la Gestapo

Le site Nicht mehr anonym (’Plus jamais anonyme’) a mis en ligne les fiches des personnes arrêtées par la Gestapo de Vienne. Voici les fiches de quelques membres du Secours Rouge autrichien clandestin.

Léopold Blatsky

Le chauffeur automobile Leopold Blatzky a été arrêté le 23 mars 1943 comme cotisant au SR. Condamné le 18 novembre 1943 pour ’haute trahison’ à 10 ans de réclusion. Détenu jusqu’à la fin de la guerre.

Ernst Bohl

Le porteur de valise Ernst Bohl a été arrêté le 22 février 1944 comme cotisant au SR. Condamné le 2 juin 1944 pour ’haute trahison’ à 3 ans de réclusion. Détenu jusqu’à la fin de la guerre.

Alfred Eschner

L’ajusteur Alfred Eschner organisait dans l’usine à gaz Leopoldau, dans le cadre du SR, le soutien aux familles des collègues de travail antifascistes emprisonnés. Arrêté le 21 janvier 1942, condamné à mort le 19 décembre 1942 pour ’haute trahison’, et exécuté à Vienne le 13 avril 1943.

Josef Fatina

Le retraité Josef Fatina donnait et encaissait les cotisations pour le SR. Arrêté le 26 mai 1941 et condamné le 4 février 1943 pour ’haute trahison’ à 6 ans la réclusion. Sa femme, Franziska Fatina, a également été arrêtée.

Johann Dragosits

Le chauffeur Johann Dragosits recrutait et récoltait des dons pour le SR. Arrêté en septembre 1942, condamné à mort le 15 mars 1944 pour ’haute trahison’ et exécuté le 24 mai 1944.

Josef Blaschek

L’employé des postes Josef Blaschek a été arrêté le 24 février 1944, membre du SR, il aide un militant communiste évadé, Friedrich Schwager. Condamné à mort le 30 juin 1944 pour ’haute trahison’ et ’aide à l’ennemi’. Exécuté le 30 août 1944 à Vienne.

1940-45 – La section belge du SRI se fond dans ’Solidarité’, la ’Croix-Rouge du Front de l’Indépendance’

En 1941 est fondé, à Bruxelles, dans la clandestinité, le Front de l’Indépendance qui regroupera vite l’ensemble de la Résistance anti-hitlérienne – à l’exception de la droite catholique-royaliste et de quelques réseaux d’espionnages liés aux services secrets anglais.

En 1942, le Front de l’Indépendance se dote d’une organisation d’aide aux victimes de la répression nazie et à leurs familles, aux réfractaires au travail obligatoire, aux illégaux, aux persécutés. Ce sera ’Solidarité’, la ’Croix-Rouge du Front de l’Indépendance’. Le Secours Rouge se dissout dans cette nouvelle organisation large qui aura bientôt son organe clandestin national intitulé Solidarité.

A cela s’ajoutent des organes de presse régionaux. Ainsi par exemple, au cours de l’été 1943, paraissent deux mensuels édités par le comité régional Huy-Waremme de ’Solidarité’. L’Entr’Aide est fondé en juin 1943. Ronéotypé puis imprimé (à 2.000 exemplaires), il compte au total 5 numéros et est diffusé jusqu’à juillet 1944. Le second, Bulletin intérieur de Solidarité, connaît une existence bien plus brève.

Cassandre

Article du journal collabo Cassandre dénonçant ’Solidarité’ comme façade du Secours Rouge et dénonçant la participation de membres de l’ex-Secours Rouge à l’attentat contre l’usine d’ammoniaque de Willebroeck (septembre 1943).

Février 1971 – Première refondation du Secours Rouge en Belgique

Dans les années 1970, en plein essor du militantisme en Europe, dans le but de venir en aide aux militants arrêtés durant les manifestations et les grèves, le Secours Rouge était une première fois refondé. Cette refondation fut menée à bien par des organisations marxistes-léninistes comme le Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Belgique (PCMLB), les maoïstes de l’organisation ’Université Usine Union’ et de ’Tout le pouvoir aux travailleurs’ et par les trotskistes de la Jeune Garde Socialiste (organisation de jeunesse de la Ligue Révolutionnaire des Travailleurs, l’actuelle LCR).

Journal du SR

Journal du Secours Rouge belge (1971)
SR ULB 1971

Affiche d’un meeting où, finalement, Sartre n’est pas venu… (1971)

1971-1976 – Echec de refondation d’un Secours Rouge International

Cette refondation du Secours Rouge n’était pas propre à la Belgique. De semblables démarches en France (sous la présidence de l’ancien commandant de la résistance armée communiste Charles Tillon et avec l’adhésion de Jean-Paul Sartre), en Italie (avec l’adhésion de Dario Fo et de Franca Rame) et ailleurs. Parmi les fondateurs du SR italien, Sergio Spazzali, avocat des brigadistes rouges et militant communiste lui-même, puisqu’il fut l’un des fondateurs de la ’Cellule pour le PCC’, un des courants constitutifs du PCPM  . Sergio Spazzali est mort en exil, à Paris. Finalement, seul le nouveau Secours Rouge allemand (Rote Hilfe) passera le cap du reflux des luttes à la fin des années ’70, et le projet d’unir ces organisations en un nouveau SRI échoua.

Charles Tillon, Secours rouge

Charles Tillon au meeting fondateur du Secours Rouge de France (1968)

Affiche du SR italien A

ffiche du Secours Rouge italien (1972, dessin de Crepax)

Affiche du Secours Rouge de France

Affiche du Secours Rouge de France

Livre du SR italien

Livre du Secours Rouge italien (1976)

Décembre 1985 – Fondation de l’Association des Parents et Amis des Prisonniers Communistes (APAPC)

Le 15 décembre 1985, quatre militants des Cellules Communistes Combattantes sont arrêtés et placés à l’isolement carcéral. Leurs proches se forment aussitôt en Association des Parents et Amis des Prisonniers Communistes (APAPC). Ils lutteront d’abord pour que soit mis fin au régime d’isolement, ensuite pour que soit appliqué aux prisonniers les procédures de libération conditionnelle.

Affiche de l'APAPC

Affiche de l’APAPC (1985)

Affiche de l'APAPC

Affiche de l’APAPC (1996)

Pour en savoir plus sur la lutte des Cellules Communistes Combattantes

Décembre 2000 – Fondation de la Commission pour un Secours Rouge International

Logo du SRI

Le logo de la Commission

Le premier ’tour de table’ pour la refondation d’un Secours Rouge International, convoqué par l’Association des Familes et des Amis des Prisonniers Politiques (Espagne) a rassemblé à Lyon, en décembre 2000, des délégués de Belgique, France, Suisse et Italie. L’APAPC y représentait la Belgique. C’est à la suite de cette réunion que sont issus la Commission pour un SRI, et la Plate-forme pour un SRI.

Pour en savoir plus sur la Commission pour un SRI

Janvier 2001 – L’APAPC devient Secours Rouge/APAPC, section belge de la Commission pour un Secours Rouge International

A la suite de la réunion de Lyon, la question s’est posée pour l’APAPC de se convertir en Secours Rouge. Cela supposait plusieurs changement, et notament un élargissement du cadre de travail et un nouveau caractère politique. Quelques proches des prisonniers des CCC   qui s’étaient engagé sur base de rapports personnels avec eux prirent un peu de distance (en continuant à participer aux initiatives consacrées à ces prisonniers), mais l’essentiel de l’APAPC réalisa sans difficulté sa ’conversion’ en Secours Rouge/APAPC, et celui-ci, sur ces nouvelles bases, avec un apport de nouveaux membres venus notamment de l’ex-PCMLB, connu une phase de croissance qui coïncida avec la fin de la campagne pour la libération de Pierre Carette, le dernier prisonniers des CCC  .

Manifestation pour Pierre Carette

Rassemblement du Secours Rouge/APAPC pour la libération de Pierre Carette, sur les marches du palais de justice de bruxelles (2002)

Décembre 2005 – Le Secours Rouge/APAPC fête ses vingt années d’existence

Au moment où le Secours Rouge/APAPC fête ses vingt années d’existence, il connait des tensions internes qui se résoudront l’année suivante. Le travail militant n’en ralentit pas pour autant. Le Secours Rouge/APAPC est alors une des forces fondatrices de la Coordination Anti-Répression avec l’Espace Marx   et le ’Collectif des plaignants du 23 février 2003’ (fondé après la brutale répression de la manifestation de Steenokerzeel). La Coordination Anti-Répression organisera plusieurs conférences (sur la criminalisation des luttes, le pays basque, sur les lois anti-terroristes, sur la sécurité informatique) jusqu’à sa mise en veilleuse suite à la dissolution du ’Comité des plaignants’ dont les derniers membres actifs ont rejoints le Secours Rouge/APAPC. Par ailleurs, le Secours Rouge a développé une relation particulière avec le Bloc Marxiste-Léniniste dans la mesure où un tiers des membres du SR étaient alors également membres du Bloc ML. Cette relation privilégiée prendra fin en 2009.

Solidarité

Le n°14 du bulletin du SR/APAPC, qui consacre sa couverture à son vingtième anniversaire

Logo CAR

Le logo de la Coordination Anti-Répression

Novembre 2005 – Vers la refondation du Secours Rouge International

En novembre 2005, se tient la première Conférence internationale de Bâle, à l’initiative de la Commission pour un SRI, visant à relancer la lutte internationale contre la répression. 42 délégués de 25 organisations de 7 pays ont participé à cette première conférence. Au fil des conférence s’est constitué un ’groupe de Bâle’ pour la refondation d’un véritable SRI. Le passage de la simple coordination de groupes indépendants à la construction d’une organisation internationale centralisée, est complexe. Surtout qu’il s’agit de forces ayant des histoires, des cultures politiques, des réalités militantes et des terrains de luttes très différentes. Chaque conférence enregistre des progrès qui sont expérimentés/vérifiés dans la pratique commune les mois séparant les conférences.

Délégués à Bâle

Les délégués de la conférence de Bâle 2006 venaient d’Italie, de France, de Belgique, de Turquie, d’Allemagne et d’Espagne.

Juin 2008 – Le Secours Rouge/APAPC dans le collimateur…

Début 2007, la police italienne découvre les photos de quatre membres du Secours Rouge chez un révolutionnaire italien. Pendant un an et demi, la police belge espionne les 4 militants : écoutes téléphoniques, étude des mails et des comptes bancaires, caméras vidéo braquées sur les domiciles, etc. En vain : l’espionnage ne révèle que des activités politiques légales et publiques. Tentant le tout pour le tout, la juge d’instruction envoie le 5 juin, à 5h du matin, dans dix domiciles, des commandos anti-terroristes, armés et cagoulés pour éveiller les militants, leurs familles et leurs proches. Les perquisitions se révèlent également infructueuses. La juge s’acharne pourtant. Elle met les militants en prison et les inculpe de ’participation à activité terroriste’ ! Deux mois plus tard, les chambres du conseil avaient remis en liberté tous les inculpés, en attendant de décider si il y aura ou non matière à procès.

Manifestation pour le SR belge

Manifestation pour la libération des membres du SR (19 juillet)

Manifestation pour le SR belge

Mai 2009 – La rupture entre le Secours Rouge/APAPC et le Bloc ML

L’émergence d’un courant majoritaire dans le Bloc Marxiste-Léniniste souhaitant l’instrumentalisation du Secours Rouge dans le cadre des luttes de ligne (antitrotskiste, anti-anarchiste, etc.) va engendrer d’abord une scission au sein du Bloc ML, ensuite une rupture entre le Bloc ML et le Secours Rouge. Les militants de la minorité du Bloc, qui ont défendu le respect de la plate-forme du Secours Rouge jusqu’à la rupture d’avec leur ancienne organisation, fondent le collectif ’Classe contre classe !’ (troisième du nom).

En savoir plus sur le collectif ’Classe contre classe !’

2010-2013 – Vers le procès des 4 du Secours Rouge…

Tandis que le Secours rouge poursuit ses activités, le dossier d’instruction de « l’affaire du 5 juin [2008] » et les instances judiciaires se réunissent pour décider si il y aura procès, et sur base de quelles accusation. Un première décision favorable aux accusés (un procès mais sans l’accusation de « participation à un activité terroriste ») est prise le 16 avril 2012, l’accusation fait appel et gagne celui le 28 février 2013, mais cette décision est annulée par la cour de cassation le 5 juin 2013. La date d’une nouvelle audience n’est pas encore fixée.

Cliquer ici pour suivre l’affaire

Collage pour un des rassemblements solidaires avec les 4 inculpés.

Pour nous aider à compléter cet historique et à monter une exposition itinérante sur le sujet, merci de nous faire parvenir des documents d’époque ou de bonnes reproductions de documents sur l’histoire du Secours Rouge.

 

 

Source : https://secoursrouge.org/histoire-du-secours-rouge

Tribune anarchiste à la Librairie Dira

Une soirée anarchiste au cours de laquelle le Secours Rouge Canada présentera son projet d’atelier ou « workshop » d’écriture de lettres à des prisonniers révolutionnaires.

 

Il y sera également présenté le vidéo YouTube sur l’histoire du Secours Rouge International/Red Help International.

 

 

Mercredi, le 18 octobre 2017 à 18h30 

au 2035, blv. St-Laurent à Montréal, QC