La reconnaissance des droits ancestraux des peuples autochtones doit avoir préséance par Pauline Easton

Les robes rouges suspendues dans le parc mémorial Lheidli T’enneh à Prince George le 17 septembre symbolisent les femmes et filles autochtones qui ont été assassinées ou qui sont disparues sur la Route des larmes et toutes les femmes et filles autochtones disparues et assassinées. (LML)

 

 

Le Marxiste-Léniniste Numéro 39 – 3 octobre 2017

 

Le sort réservé aux peuples autochtones de ce pays est un sujet de grande préoccupation pour tous. Cela comprend le gouvernement Trudeau. Malheureusement, la préoccupation de ce dernier n’est pas de redresser les torts historiques comme l’exige notre époque mais de réaliser ce que les gouvernements précédents n’ont pu réaliser, soit éliminer une fois pour toutes les droits autochtones pour pouvoir piller leurs terres et leurs ressources. Le premier ministre Justin Trudeau se préoccupe davantage de redorer l’image ternie du Canada à l’échelle mondiale en ce qui a trait aux droits humains, le Canada ayant acquis une réputation de violateur des droits humains à cause de sa négligence criminelle historique face aux conditions de vie des peuples autochtones et des crimes commis contre eux.

 

C’est surtout l’image du Canada qui préoccupait le premier ministre lorsqu’il s’est adressé à l’Assemblée générale de l’ONU le 21 septembre. Posant en homme d’État chevronné bien qu’il ne soit en fonction que depuis deux ans, Justin Trudeau a dit : « Dans les conversations que j’ai eues au cours des années lorsque j’ai suggéré que certains pays doivent mieux faire sur la question des droits de l’homme et leurs propres défis internes, la réponse a été : ‘Eh bien, parlez-moi du triste sort réservé aux peuples autochtones (au Canada)’. »
Quelques jours auparavant, le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CÉDR) a publié un autre rapport qui critique sévèrement le Canada parce qu’il ne s’attaque pas à la situation grave à laquelle sont confrontés ses peuples autochtones. Trudeau a profité de son passage à l’ONU pour blâmer les gouvernements précédents et laisser entendre qu’on peut compter sur son gouvernement pour changer cette situation.

Les gouvernements précédents ont « rejeté la protection du territoire et des eaux préconisée par les autochtones : le principe de penser toujours aux sept prochaines générations » et en faisant cela « nous avons, dans le passé, rejeté l’idée même que des générations entières d’autochtones puissent se définir et vivre dans la dignité et la fierté qui leur sont dues, a-t-il dit. L’incapacité des gouvernements canadiens successifs à respecter les droits des autochtones au Canada nous fait grandement honte. »

« Nous le savons que le monde entier s’attend à ce que le Canada adhère scrupuleusement aux normes internationales en matière de droits de la personne — y compris à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones — et c’est aussi ce que nous exigeons de nous-mêmes », a-t-il ajouté.

Diversion et duperie

Tout cela est de la poudre aux yeux. Non seulement le bilan de son gouvernement est-il similaire à celui de ses prédécesseurs, mais il comprend une dose beaucoup plus grande de diversion et de duperie avec la prétention qu’il va rétablir des relations de nation à nation. Un gouvernement ne peut pas descendre plus bas que cela à continuer de priver le peuple de son droit légitime à sa terre et à ses ressources et à empêcher que les torts historiques soient réparés et que justice soit faite.

 

« Nous travaillons de près avec les peuples autochtones au Canada pour mieux répondre à leurs priorités, mieux comprendre ce que l’autodétermination signifie pour eux et soutenir leurs efforts pour rebâtir leurs nations », a déclaré Trudeau devant l’Assemblée générale des Nations unies.

Depuis la Confédération il y a 150 ans et même avant, les gouvernements du Canada ont tenté d’éteindre les droits ancestraux des peuples autochtones et leur droit d’être. Cela équivaut à les éteindre comme peuples. La duperie de Trudeau et de ses ministres ne changera pas le fond du problème. Le premier ministre a maintenant créé un deuxième ministère des Affaires indiennes. Il a dans son conseil des ministres une procureure générale qui se revendique d’ascendance autochtone et qui parle de « nous » quand elle se réfère à l’objectif de son gouvernement de déposséder une fois encore les nations autochtones. Et maintenant le premier ministre parle d’abolir la détestée la Loi sur les Indiens sans tout d’abord reconnaître les droits ancestraux dans la loi.

Le rôle de l’État dans le camouflage des raisons pour lesquelles tant de femmes et de filles autochtones ont disparu demeure le sujet tabou que le gouvernement fait tout pour éviter. Les conseils de bande qui refusent de coopérer sont criminalisés, tandis que les gouvernements et les médias monopolisés nous disent que les Indiens ont le droit de parler et de protester mais dans le cadre de « limites raisonnables ». C’est le cas par exemple des Six Nations de Caledonia où les barricades contre le conseil de bande vendu ont été démantelées de force et où les réclamations territoriales ne sont toujours pas satisfaites malgré les engagements et les constatations juridiques favorables.

 

Tant que le droit d’être des peuples autochtones n’est pas reconnu dans la Constitution ou dans quelque autre loi ou consultation, peu importe l’accord que le gouvernement déclare avoir conclu, il n’a pas force de loi. Les droits des peuples autochtones leur appartiennent de droit. Les droits ne se donnent pas, ne s’enlève pas et ne s’abandonnent pas. Peu importe l’entente que les gouvernements parviennent à faire signer à un interlocuteur qui prétend représenter les peuples autochtones, les droits autochtones ne peuvent être abdiqués. Ils doivent être respectés et affirmés sinon ils n’ont aucun statut.

En tant que peuples autochtones, c’est-à-dire en tant qu’habitants originels, les peuples autochtones ont un droit ancestral à la souveraineté. Ils ont une réclamation légitime à la terre de leurs ancêtres et le droit de décider de ce qu’ils veulent en faire. Ce droit n’est pas perdu même s’ils ont été assujettis durant l’époque coloniale et que beaucoup d’entre eux ont été soumis à des traités qui tiennent le monarque britannique comme souverain. Ce droit ne peut être perdu tout juste parce qu’ils n’ont pas eu leur mot à dire à l’époque de la Confédération et depuis. Cette histoire ne fait que mettre en évidence qu’à l’heure actuelle la Constitution du Canada n’enchâsse pas le droit souverain des peuples autochtones de décider de leurs affaires ni leurs autres droits ancestraux.

En tant que peuples souverains, les peuples autochtones ont le droit de déterminer non seulement leurs affaires, mais toutes les affaires du Canada dans son ensemble dans la mesure où cela les affecte. Ils ont droit d’avoir voix au chapitre sur toutes les questions économiques, les affaires culturelles et les questions liées à la guerre et la paix. Qu’ils se reconnaissent citoyens du Canada ou non n’y change rien. Le peuple canadien tel qu’il est constitué aujourd’hui vit sur un territoire appelé Canada et est donc tenu de respecter les droits des peuples autochtones aux terres qui leur reviennent de droit. En outre, tous les territoires dont ils ont besoin pour vivre doivent être clairement délimités de manière à consacrer leurs droits dans la loi, et non en utilisant une certaine conception de la primauté du droit pour éteindre ces droits, voire pour commettre le génocide contre eux.

Si le gouvernement canadien reconnaissait en pratique les droits ancestraux des peuples autochtones, il n’y aurait pas tant de litiges et de causes devant les tribunaux ou tant de jeunes autochtones dans les prisons ; il n’y aurait pas tant de femmes et filles disparues et assassinées ou tant de suicides sur les réserves et dans les centres urbains. Les agences gouvernementales ne seraient pas autorisées à les priver de ce qui leur revient de droit, ce qui inclut l’affirmation de leurs droits en tant qu’êtres humains en matière de soins de santé, d’éducation et de logement.

La reconnaissance des droits ancestraux des peuples autochtones doit avoir préséance. Ce n’est pas une question de paroles mais d’actes. Voilà le fait fondamental auquel le premier ministre ne peut échapper quoi qu’il dise ou fasse.

 

Source: http://cpcml.ca/francais/Lmlq2017/Q47039.HTM

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