Parti communiste Maoïste: Pour un Secours Rouge de masse et populaire

 

Pour un Secours Rouge de masse et populaire !

La situation des prisonniers politiques dans l’État français

La situation de la répression dans l’État français appelle, particulièrement aujourd’hui en 2019, au développement d’une solidarité de classe plus importante contre l’État bourgeois. Nous pouvons prendre quelques exemples pour expliquer pourquoi la solidarité contre la répression est d’une importance capitale :

D’abord, prenons celui du Camarade Théo El Ghozzi, militant ouvrier révolutionnaire. Emprisonné depuis le 22 Juillet 2019 et en grève de la faim depuis cette date. Ce Camarade explique dans une lettre, publiée sur la Cause du Peuple, les conditions d’arrestation et de détention des prisonniers politiques dans l’État français aujourd’hui :

« La police est venue m’arrêter dans mon usine – je suis soudeur. Tout a été très vite ; les flics m’ont notifié que j’étais en rétention judiciaire par rapport à une action menée le 23 juin 2016 (lors du mouvement contre la loi travail) où j’avais été condamné à 6 mois de prison avec sursis. Je ne serais pas venu à des “convocations” envoyées à une adresse où je n’ai jamais résidé et desquelles je n’avais pas connaissance, alors ils auraient révoqué mon sursis. Le lundi à 18h, me voilà en taule !

Le lendemain de mon incarcération, j’apprends à la télévision que je suis là pour des dégradations sur l’appartement de De Rugy – jusque là, jamais ces faits n’ont été évoqués par les flics. Il est évident qu’il s’agit là d’une magouille politico-policière de la bourgeoisie française pour porter une attaque au mouvement révolutionnaire. Je ne me suis jamais caché, j’ai toujours travaillé de manière déclarée, je recevais même des lettres du trésor public à mon domicile.

Si ils voulaient m’arrêter, ils en avaient l’occasion depuis longtemps ! Alors pourquoi venir me chercher dans une usine dans laquelle je savais que je travaillerai seulement depuis le vendredi 19 juillet – fin de mission d’intérim précédente ? Le motif politique de mon emprisonnement est plus que flagrant ! »

Concernant son traitement depuis son emprisonnement, le Camarade Théo écrit : « La direction de la taule est au courant de ma grève de la faim, j’ai été convoqué par le chef des matons qui m’a dit que si je continuai, je me retrouverai en “unité psychiatrique, camisolé et entubé”. Voilà comment la “démocratie” bourgeoise française traite ses opposants. »

Le Camarade Théo, dans sa lettre, nous rappelle plusieurs leçons importantes. Tout d’abord que la bourgeoisie ne reculera devant rien pour écraser celles et ceux qui se dressent contre elle, que ça soit en bafouant ses propres lois, en utilisant des magouilles pour trouver des raisons d’emprisonner, ou en accusant ses opposants d’être des fous. Ensuite, le Camarade Théo lie son cas, celui d’un prisonnier arrêté récemment, avec la situation générale dans l’État français :

« – cette grève de la faim est également en solidarité avec les prisonniers politiques révolutionnaires et en particulier avec le camarade Georges Ibrahim Abdallah.

[…]

Liberté pour tous les prisonniers politiques !

Face à la répression, rendons coups pour coups !

À bas l’impérialisme et ses chiens de garde !

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

Osons lutter ! Osons vaincre ! »

En effet, d’autres cas particuliers de prisonniers politiques relèvent de cette situation, comme le cas emblématique du Camarade Georges Abdallah, libérable depuis 20 ans et maintenu délibérément dans ses geôles par les bourreaux de l’État français qui protègent leur impérialisme et ses alliés. Le cas des prisonnières et prisonniers kanaks, basques, corses, et en général de toutes les nations opprimées par l’État français, souvent mis en taule loin de chez eux, représente bien aussi cette situation. Ensuite, les militants et militantes antifascistes qui pratiquent un antifascisme réel, de terrain, lié aux luttes des masses, ont également été la cible de l’État français récemment. Le cas le plus emblématique est celui d’Antonin Bernanos qui subit sa deuxième peine de prison.

De manière plus large encore, les nombreuses et nombreux camarades prolétaires incarcérés et arrêtés lors du mouvement de masse des Gilets Jaunes depuis novembre, ou des Gilets Noirs en région parisienne très récemment, sont de très bons exemples de cette tendance de l’État français à intensifier la répression. Même les syndicalistes sont inquiétés et de plus en plus poursuivis pour leur engagement aux côtés des travailleurs et travailleuses, l’objectif étant de criminaliser tout mouvement social créant une menace potentielle pour le pouvoir.

Tous ces acteurs et actrices de la lutte de classe sont harcelés par la justice pour leur engagement et mis en prison pour leur dévotion à la lutte. Aujourd’hui, l’État n’hésite pas à frapper de grands coups, pensant dégoûter et briser des révoltés en leur infligeant des peines gonflées. Les instructions politiques sont partout dans la « justice », que ça vienne directement des ministères (notamment l’Intérieur, qui cherche à punir sèchement toute contestation), ou de la police, dont une partie appelle à la fin des « avocats militants », c’est-à-dire à suspendre le droit d’être défendu quand on est accusé pour des actes politiques.

Le traitement policier de la contestation tel qu’il était auparavant réservé aux quartiers populaires s’élargit progressivement à toute forme de contestation sociale pour peu qu’elle porte en elle un minimum de révolte.

Les évènements récents ont également montré que la police avait carte blanche pour tuer et mutiler en toute impunité. Adama, Rémi, Steve et les autres victimes directes ou indirectes de la police, les Gilets Jaunes, grévistes et supporters éborgnés, les centaines de personnes blessées témoignent de cette odieuse impunité. Aucun flic n’a fini en tôle durant les dernières années pour un meurtre qu’il aurait commis. Les syndicats de policier exercent une pression croissante sur les responsables politiques et les magistrats qui les couvrent systématiquement, alors que l’IGPN travaille à blanchir les pires assassins. Ce phénomène contribue à durcir la répression tout en alimentant une vraie haine de classe face à cette injustice.

A l’échelle de la société toute entière, du harcèlement policier à l’inégalité devant la « justice », c’est toute notre classe, le prolétariat, et son cœur, la classe ouvrière, qui reçoit coups sur coups de l’ennemi bourgeois. L’Etat n’hésite pas à séparer des familles, emprisonner, attaquer psychologiquement et physiquement, tout ça en pensant nous mater.

Pour un Secours Rouge de masse et populaire !

Face à cette situation, nous devons développer une solidarité de classe sans faille, qui s’exprime à tous les niveaux, contre l’intimidation quotidienne des prolétaires et militantes et militants, et contre l’emprisonnement de celles et ceux qui ont été touchés par la répression.

Des réseaux existent déjà : le travail local des Legal Team, les liens avec les avocats anti-répression, les événements culturels (type concerts), ou encore la solidarité de la famille et des amis. Grâce à un Secours Rouge, une organisation dédiée à la protection et à la défense sans faille de celles et ceux qui se sont fait condamner pour avoir lutté pour notre classe, cette lutte contre la répression prend une nouvelle dimension, celle d’un poing uni contre la bourgeoisie.

Ce Secours Rouge se construit autour des organisations révolutionnaires actuelles, et prend ses racines dans les masses populaires. Cela signifie qu’il se tient fermement aux côtés des prisonnières et prisonniers déjà mis en taule pour leur engagement révolutionnaire, pour leur détermination à affronter l’État bourgeois. En plus de cela, il a pour devoir et mission d’aller aux devants des prisonnières et prisonniers qui font face seuls à la répression, ainsi qu’à leurs familles qui peuvent se retrouver isolées et harcelées par la « justice » lorsqu’elles osent lutter.

Grâce à un Secours Rouge, la construction de la solidarité populaire concrète avec les prisonnières et prisonniers politiques s’active. Au dehors, elle renforce les liens entre les masses, elle lie les conditions d’un grand nombre de personnes et de leur entourage pour la même cause. A l’intérieur des prisons, la solidarité de classe du dehors retentit. Elle maintient nos camarades prisonnières et prisonniers dans un clair esprit de lutte, de transformation active de la prison réactionnaire dans laquelle la bourgeoisie les a placés en une tranchée de combat révolutionnaire.

Grâce à un Secours Rouge de masse et populaire, la lutte contre la répression s’intègre à la lutte de classe. L’objectif est que chaque personne qui ose relever la tête pour se révolter sache que même si elle subit la répression, elle aura le soutien que son engagement dans la lutte de classe mérite.

La mission d’organiser ce Secours Rouge est aujourd’hui une des nombreuses tâches que les communistes et les révolutionnaires doivent assumer. Il devient une exigence criante lorsque tant de camarades de notre classe sont mis sous les verrous pour leur engagement révolutionnaire, et alors même que les bourgeois hypocrites continuent à prétendre qu’il n’existe pas de prisonniers politiques dans l’État français.

Les camarades du Pérou disent qu’il y a quatre façons de sortir de taule : par la mort, par la voie légale en fin de peine, en s’évadant, ou en étant libéré de l’extérieur par la victoire de la révolution. Au-delà de l’État dans lequel on vit, c’est une mission des communistes et des révolutionnaires de travailler à la libération des prisonniers politiques révolutionnaires à travers le monde, et notamment là où se développent des Guerres Populaires, et où la répression est extrêmement dure.

Liberté pour toutes et tous les prisonniers politiques révolutionnaires !

Construisons un Secours Rouge de masse et populaire!

Source : https://www.pcmaoiste.org/communique/pour-un-secours-rouge-de-masse-et-populaire/

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FRANCE: Comrade Théo Releases Letter, Enters Third Week of Hunger Strike — Incendiary

Cette lettre publique du camarade Théo (militant communiste, travailleur et prisonnier politique en grève de la faim depuis le 22 juillet) a été traduite en anglais de la version française partagée par Jeunes Révolutionnaires et porte la date du 31/07/2019. Les camarades peuvent faire un don à la caisse légale du camarade Théo ici.

 

Photo: Graffiti from the Languedoc. This public letter from Comrade Théo (a Communist militant, worker, and political prisoner who has been on hunger strike since July 22) was translated from the French version shared by Jeunes Révolutionnaires (Young Revolutionaries) and is dated 7/31/2019. Comrades can donate to Comrade Théo’s legal fund here. Graffiti from Quartier Rouge in […]

via FRANCE: Comrade Théo Releases Letter, Enters Third Week of Hunger Strike — Incendiary

Contre la police politique du SPVM: Campagne de levée de fonds en soutien avec une militante et activiste victime de violences policières

 

(English follow)

**Je refais une levée de fonds car l’autre est expirée. J.ai recolté un peu plus de 400$ mais j’ai toujours de besoins de fonds pour mes démarches pour enfin obtenir justice.

Sandra Cordero est une mère de famille monoparentale, travailleuse précaire, immigrante et militante. Elle est membre de ATTAP (Association des Travailleurs et Travailleuses d’Agence de Placement) et du CTI (Centre des Travailleurs Immigrants), membre et administratrice sur le CA du Comité Bails et membre de MAJ (Mouvement Action Justice).

Elle fut arrêtée de manière brutale et illégale durant la manifestation anti-capitaliste au Carré Philippe.

Le matin du 1er mai 2015, Sandra a participé à une manifestation avec des organismes communautaires contre l’austérité. La manifestation du soir, qui était anti-capitaliste, revendiquait également la même chose que celle du matin. Sandra, qui représentait le CTI, a fait un bref speech sur comment les mesures d’austérité touchaient les travailleuses comme elle.

La manifestation du matin et celle du soir n’ont pas eu le même encadrement policier. Au moment de prendre la rue, la police a lancé des gaz lacrymogène sur les femmes en tête de la manifestation, dont Sandra, malgré que la manifestation était pacifique. La manifestation du soir a été sévèrement réprimée, la police a même empêché les contingents des autres quartiers de se joindre à la manifestation principale au Centre-ville.

Sandra a malheureusement été victime de répression politique. Elle a été arrêtée, détenue et poursuivie au criminel. Elle a subi deux ans de procès pour finalement être trouvée non-coupable par la cour.

C’était la première fois que Sandra vivait de la répression politique. Le processus était long et traumatisant pour elle.

La police, et l’appareil judiciaire par extension, envoient un message à la population: si vous décidez de participer dans le mouvement anti-capitaliste, on va te donner une leçon. La police ne doit pas prendre une position politique, puisque l’appareil judiciaire doit rester neutre. Il est important d’avoir une multiplicité d’opinions pour qualifier une société de libre.

Ceci constitue la criminalisation de la pensée, ce qui brime la liberté de pensée, d’expression, et le droit fondamental de manifester.

Sandra veut obtenir justice. Elle revendique que la police soit tenu responsable pour leurs agissements. Elle dénonce la partialité du système, et revendique la liberté d’expression et la liberté de manifester.

Sandra a décidé de se battre contre cette injustice.

Elle a fait une application en 2016 en déontologie policière et est en attente d’une décision.

En 2018, Sandra a décidé de poursuivre la police au civil à la Cour du Québec. Malgré le fait que Sandra Cordero n’a pas trouvé d’avocat pour la représenter, elle se représente seule puisqu’elle croit dans la lutte et dans l’importance de faire valoir sa voix.

Sandra a besoin de votre soutien financier pour obtenir justice! Tous les dons sont les bienvenus.

C’est seulement ensemble que nous allons gagner la lutte pour une société plus libre!

P.S: Malheureusement, je ne peux pas émettre de reçu pour impôt, je ne suis pas un

organisme de bienfaisance

https://www.youtube.com/watch?v=p678IBbSbLE

 

————–English———-

Sandra Cordero is a single mother of 6, a precarious worker, an immigrant and an activist. She is a member of TAWA (Temporary Agency Workers Association) and of the IWC (Immigrant Workers Centre), a member of the board of the Comite Bails (local housing group called Lease Committee) and a member of MAJ (Mouvement for Action in Justice).

She was brutally and illegally arrested during the anti-capitalist demonstration at Philipps Square.

The morning of May 1st, 2015, Sandra participated in a demonstration against austerity mesures with community organisations. The evening demonstation, which was an anti-capitalist one, was protesting the same issues as the morning. Sandra, who was representing the IWC, made a short speech on how the austerity mesures affect workers like her.

The demonstration of the morning and the evening did not have the same police approach. As the protest was about to take the streets, police gassed the head of the demonstration, which was all women and included Sandra, despite the fact that they were being completely peaceful. The evening protest was severely repressed, and the police even blocked other contingents coming from other neighbourhoods from joining the main one downtown.

Sandra was unfortunately a victim of the repression. She was arrested, detained and criminal charges were pressed against her. She went through 2 years of trial for be found not guilty by the courts.

This was the first time experienced political repression. The whole process has been long and traumatising for her.

The police, and the judiciary by extension, are sending a clear message to thepopulation: if you participate in the anti-capitalist movement, we will teach you a lesson. The police should not be taking a political position, because the judicial system is supposed to be neutral. It’s important to have a multiplicity of opinions in order to say a society is truly a free one.

Therefore what happened to Sandra was the criminalisation of thought, which denies her the freedom of thought, expression, and the fundamental right to protest.

Sandra is looking for justice. She is demanding that the police be held responsable for their actions. She denounces the partial system, and insists on the freedom of expression and her freedom to protest.

She has decided to fight against this injustice.

She applied for a Police ethics review in 2016, and is still waiting for a decision. In 2018, Sandra decided to sue the police in the provincial court. Despite the fact that she could not find a lawyer, she is self-representing because she beleives in this struggle and the importance of having her voice heard.

Sandra needs all your financial support to obtain justice! All donations are welcome!!

It’s only together that we will win our struggle for a more free society!

**Sadly, I can’t make a receipt. I am not a charity organisation.

 

https://www.youtube.com/watch?v=p678IBbSbLE

 

Source: https://www.okpal.com/solidarite-avec-sandra-cordero-contre-une-police-2/?utm_campaign=01DFEP2XP3KSNHJVVBYYSWCA4J&utm_medium=campaign_endfunnel-okpuid_01D93H774AQ37NJWKTNY8RK98T-20190725&utm_source=share_facebook#/

Quatre minutes pour comprendre la crise d’Oka de 1990

À l’été 1990, la Sûreté du Québec démantèle une barricade érigée par des Mohawks de Kanesatake dans la pinède d’Oka. C’est le début d’une crise majeure qui durera 78 jours. En quelques minutes de vidéo, retour sur les événements pour mieux comprendre la crise d’Oka.

Vers une deuxième crise d’Oka?

Question d’informer nos lecteurs de la situation coloniale dans laquelle sont maintenus les Premières Nations au Canada, nous publions dans ce blog une présentation typique du genre de conflits auxquels les peuples autochtones du Canada font régulièrement face.

 

Les tensions sont à leur comble entre le maire d’Oka et le grand chef de Kanesatake. Dans un geste sans précédent, les deux hommes politiques ont rencontré tour à tour mercredi les citoyens de la municipalité, inquiets de voir se profiler une nouvelle crise d’Oka.

( Quatre minutes pour comprendre la crise d’Oka de 1990https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/729298/crise-oka-video-images-retour-evenements-1990?depuisRecherche=true )

L’église d’Oka n’était pas assez grande mercredi soir pour contenir les plus de 500 Okois conviés par le maire Pascal Quevillon à une séance d’information; quelques Mohawks, mais surtout des citoyens d’Oka venus poser des questions au maire ou simplement pour l’écouter.

Au cœur du litige : une entente récente entre le conseil de bande de Kanesatake et un promoteur concernant le transfert de terres contestées aux Mohawks. Le chef Serge Otsi Simon et le maire Quevillon, à couteaux tirés, communiquent depuis quelques mois par voie de mises en demeure.

Une deuxième crise d’Oka, c’est la mort du village, a lancé au micro Jocelyne Lefebvre, faisant écho aux préoccupations de ses concitoyens, entassés dans l’église par une chaleur accablante.

Loin de calmer les appréhensions de ses citoyens, le maire d’Oka a martelé que la pérennité de la municipalité est en péril, dénonçant du même souffle le mutisme du gouvernement canadien, avec qui les Mohawks négocient une compensation depuis plus d’une décennie.

Ottawa reconnaît la validité des revendications autochtones sur l’ancienne seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes, un territoire de 600 km2 promis aux Mohawks au 18e siècle, et accepte de les dédommager.

Mais selon le maire Quevillon, le gouvernement canadien devrait également aider sa municipalité. Ce que nous voulons, c’est nous faire respecter, a estimé le maire d’Oka, dont les propos étaient accueillis régulièrement par des salves d’applaudissements.

La rencontre avait pourtant commencé de bien mauvaise façon pour le maire, quand trois membres du conseil ont pris la parole pour se dissocier de lui. La conseillère du district de la Pointe-aux-Anglais Stéphanie Larocque a dénoncé ses propos racistes et incendiaires, avant de quitter sa place aux côtés du maire.

Les tensions territoriales enveniment les relations entre le conseil de bande et la mairie d’Oka depuis de nombreuses années. Mais le ton est monté d’un cran cet hiver quand le grand chef Simon a envoyé une mise en demeure au promoteur d’un projet immobilier sur des terres contestées, un geste vivement critiqué par le maire d’Oka.

Puis, récemment, le grand chef s’est entendu avec le propriétaire Grégoire Gollin, qui propose de transférer aux Autochtones une partie du terrain qu’il possède dans la pinède, épicentre de la crise d’Oka. Mais M. Gollin possède 95 % des terres développables à Oka, a déploré le maire lors de la rencontre, carte à l’appui.

Le chef Simon rassurant

À quelques mètres de là, à la Kanehsatake United Church Hall, le chef de Kanesatake avait organisé un peu plus tôt sa propre rencontre pour rassurer les résidents d’Oka au sujet du développement des terrains.
Lors d’échanges vifs mais courtois, quelques dizaines d’Okois sont venus faire part de leurs préoccupations au chef Simon. La crainte, c’est d’avoir de la marijuana partout dans le territoire, a soulevé le citoyen d’Oka Gilles Normandin. Un autre a affirmé s’être fait intimider par des Mohawks sur la route 344. Au Québec, ce ne sont pas des valeurs qu’on souhaite avoir, a-t-il affirmé.

Le grand chef Simon estime ne pas avoir les ressources suffisantes pour contrôler les comptoirs de cigarettes ou de cannabis qui se multiplient sur son territoire. Des doléances maintes fois réitérées par le chef de la communauté, qui n’a plus de police locale depuis 15 ans. Ce n’est pas une différence de valeurs, mais de ressources, dit-il.

Serge Otsi Simon fait par ailleurs face à de la dissidence dans sa propre communauté, ayant dû organiser la veille une rencontre avec ses concitoyens. Plusieurs d’entre eux reprochent au chef son manque de transparence en ce qui concerne son entente avec Grégoire Gollin.

Mercredi soir, de nombreux Mohawks ont assisté à l’une ou l’autre des deux rencontres, choisissant d’adopter un rôle d’observateur. Le maire Quevillon utilise des tactiques d’intimidation, et alimente les craintes sans connaître les faits, regrette Nicole, venue avec d’autres Mohawks chanter et jouer du tambour devant l’église d’Oka.

La militante mohawk Ellen Gabriel, qui était sur la ligne de front en 1990, était également présente à l’église, pour écouter ce que les gens ont à dire. Et puis aussi, je ne veux pas que les gens du village aient peur de nous. Nous vivons ensemble depuis 300 ans, après tout, souligne-t-elle.

La solidarité est notre arme !

Ottawa choisi l’entrepreneur générale : C’est l’heure d’agir contre la nouvelle prison pour migrant.es !

08Une conférence de presse a été organisée le 15 juillet à Laval, en réponse à l’annonce du choix de l’entrepreneur général qui sera responsable de la construction de la nouvelle prison migrante, soit Construction Tisseur Inc, une petite entreprise basée à Val-David. Il est donc attendu que les travaux commenceront sous peu.

La conférence de presse visait à envoyer un seul message à Yannick Tisseur, président de Tisseur Inc. : « ceci n’est pas un projet comme les autres. En acceptant ce contrat, vous choisissez un camp et c’est celui qui vise à priver à des personnes de leur liberté et sécurité. Vous vous positionnez du côté d’un système mondial d’apartheid de la richesse et des privilège.»

Alors que la conférence de presse devait avoir lieu sur le chantier de la nouvelle prison, des employés de Service correctionnel Canada ont déclaré aux journalistes qu’ils ne pouvaient pas filmer sur place. Malheureusement, les journalistes ont refusé de faire valoir leur droit en tant que média d’information.

La conférence de presse se tenait en présence des porte-paroles de l’Association des juristes progressistes, de Justice Climatique Montréal, de la Fédération des femmes du Québec, de Mexicain-es uni-es pour la régularisation et de Solidarité sans frontières, ainsi que des alliées du Centre des femmes de Laval et d’autres membres de la communauté.

Photos ici.

Vidéo de la conférence de presse :
partie 1
partie 2
partie 3

Couverture médiatique ici.

Ajouter votre nom à la déclaration contre la constrution de la nouvelle prison pour les migrantes à Laval ici.

Plus de contexte :
www.solidarityacrossborders.org/fr/background-immigration-detention-in-canada-and-the-new-refugee-prison-in-laval
www.stopponslaprison.info   

Source:  http://www.solidarityacrossborders.org/fr/general-contractor-announced-take-action-against-the-new-migrant-prison

« Il n’y aura pas une prison de plus ici », disent d’une même voix des groupes communautaires à propos de la décision d’Ottawa de confier le contrat d’entrepreneur général pour la construction d’une nouvelle prison migrante à Laval

QUOI : Conférence de presse
OÙ : 400 Montée Saint-François, Laval, QC H7C 1S7
QUAND : Lundi le 15 juillet 2019 à 10h30
CONFERENCIER·IÈRE·S :
Amy Darwish, Solidarité sans frontières
May Chiu, Association des juristes progressistes
Carmelo Monge, les Mexicain-es uni-es pour la régularisation
Marlihan Lopez, Fédération des femmes du Québec
Morgan McGinn, Climate Justice Montreal
etc.

Les journalistes sont invité·e·s à une conférence de presse en réponse à l’annonce, par Ottawa, du nom de l’entrepreneur générale qui sera responsable de la construction de la nouvelle prison migrante à Laval. Cette étape importante indique donc que la construction pourrait commencer très prochainement.

La conférence de presse aura lieu sur le site où la nouvelle prison est censée être construite.

Plus de soixante dix organisations ont déjà signé une déclaration ( http://www.solidarityacrossborders.org/fr/no-to-a-new-prison-for-refugees-and-migrants-in-laval ) les engageant à œuvrer contre la construction de la nouvelle prison migrante à Laval.

Le gouvernement fédéral a annoncé l’investissement de 138 millions de dollars pour la construction de deux nouvelles prisons migrantes, une à Surrey (Colombie-Britannique) et une à Laval (Québec). À ce jour, des contrats d’une valeur de cinq millions de dollars ont été accordés à deux firmes, Lemay et Groupe A.

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Source : Solidarité sans frontières

http://www.solidarityacrossborders.org/fr/background-immigration-detention-in-canada-and-the-new-refugee-prison-in-laval